La Blogothèque

Rhâââ, cadeaux et cadavre

Le Rhâââ Lovely ne faisant pas les choses à moitié, ce n’est pas moins de 4 motifs de réjouissance que le festival nous offre cette semaine :

- une neuvième édition à l’affiche riche et relevée (pour les distraits, petit rappel ici-même) qui se tiendra ce samedi 29 mars.

- une compilation mp3 présentant un titre de chacun des groupes à l’affiche cette année, téléchargeable gratuitement là-bas.

- 5 x 1 entrée gratuite pour le festival, pour toi, lecteur, en répondant à la question suivante : comment se nomme l’auteur de la BD dont le festival Rhâââ Lovely emprunte le nom ? (Google est ton ami). Envoyez vos réponses à l’adresse rhaaa.blogo@gmail.com. Concours terminé ; bravo aux gagnants !

- l’équipe du Rhâââ Lovely a accepté de se prêter au jeu du cadavre exquis , exercice que nous affectionnons tout particulièrement. L’idée est toujours aussi simple : réaliser une compilation sous forme de cadavre exquis où chaque participant choisit un morceau en ne connaissant que le choix de son prédécesseur. Exercice de rebonds et d’associations d’idées, de mots, de sens, de notes, d’impressions. Un exercice ludique auquel les membres du Rhâââ Lovely se sont livrés avec passion et sérieux. En résulte une compilation tout en décibels, pleine de souvenirs et de surprises, que ses auteurs commentent ci-dessous. Enjoy.


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Téléchargez la compilation ‘Le cadavre du Rhâââ Lovely’ (lien alternatif) (.rar)


01. Slint – Good Morning, Capitain

(extrait de Spiderland)

“Ce choix peut paraître “bateau” car évident, mais il s’impose, tant Slint a marqué un tournant dans ma “vie musicale”. Pour la petite histoire, j’ai d’abord jeté une oreille distraite sur cet album, intrigué par le fait que tant de monde autour de moi en parlait. J’ai trouvé ça inécoutable… Ce n’est que 2 ou 3 ans plus tard (mais il y a pas mal de temps quand même) que j’ai vraiment pu en apprécier la substantifique moëlle. Pour moi cet album est un des précurseurs du “post-rock”, avec cette manière de fuir comme la peste le classique “couplet-pont-refrain” pour expérimenter des structures plus alambiquées, moins mélodieuses. La tension qui transparaît à l’écoute de ce morceau particulier est également remarquable ! A ces égards, pour faire un lien avec l’affiche du festival, je trouve la démarche d’Enablers très semblable: un peu moins de tension certes, mais avec une approche plus poétique dans les textes…” (Mika )


02. Shipping News – The Human Face

(extrait de Flies The Fields)

“Passer après Slint, c’est me pousser contre le mur et me passer sur le corps en même temps. Que pondre après un monument pareil ? Je me retranche donc dans mes derniers quartiers pour en ressortir le groupe qui m’a le plus marqué de tous les Rhâââ Lovely du monde. Shipping News fut pour moi une découverte majeure, une claque comme on en a rarement dans sa vie et The Human Face fait partie des summums du groupe. Bref, une perle rare dont j’aurais beaucoup de mal à me passer…” (Fred )


03. Unwound – Envelope

(extrait de New Plastic Ideas)

“Après Shipping News (sans doute envoyé par Fred…?) qui nous avait fait grand plaisir à venir au Rhâââ Lovely presqu’à leurs frais – encore merci à eux et à leurs convictions. Voici Unwound, un groupe que nous (moi en tous cas) aurions voulu faire venir au Festival. Ils ont malheureusement splitté trop tôt mais tout espoir n’est pas perdu au vu d’un des derniers t-shirts officiels du groupe affichant: “Unwound 1991-2091″… A l’époque, accueillir Shipping News était un peu
miraculeux ce qui me fait quasi automatiquement choisir Unwound pour les succéder dans cette compil. Je dis quasiment parce que j’aurais pu choisir Prohibition pour les mêmes raisons mais musicalement “Envelope” d’Unwound colle mieux au morceau précédent.” (Cédric )


04. Codeine – Kitchen Light

(extrait de The White Birch)

“Pour faire suite à Unwound, hérauts abrasifs et noisy de la scène post-hardcore américaine, je retiens sans hésiter l’autre versant de ladite scène: Codeine, les inventeurs malgré eux d’un style qui allait ensuite faire florès, le slowcore. Codeine termine sa carrière en 1994 avec son second et, selon moi, meilleur album The White Birch (dont est extrait le morceau “Kitchen Light”), à l’heure où des groupes comme Low, Idaho, ou les Red House Painters n’en sont qu’à leurs premiers balbutiements. Introspections angoissantes sur les cauchemars du quotidien, rendues dans des atmosphères denses, tendues et implacablement lentes. Codeine ne survivra pas à ce disque cathartique et les deux musiciens principaux du groupe, Stephen Immerwahr (basse et chant) et John Engle (guitare), encore très jeunes pourtant, raccrocheront définitivement leurs instruments. Depuis le début des années 90, un groupe donc essentiel dans ma discothèque.” (Ronald )


05. Reiziger – Everthing = Slow

(extrait de The Kitten Become a Tiger)

“Voila à qui me fait penser Codeine ! A un groupe Belge de la région de Gand qui a malheureusement splitté. Il se nomme Reiziger avec le titre “Everything = Slow” extrait de l’album The Kitten Becomes a Tiger ” (Vincenzo )

(en l’absence de toute photo disponible, nous avons choisi d’illustrer ce choix par un célèbre homonyme. Toutes nos excuses au groupe (et aux Madrilènes), Ndlr)


06. The Appleseed Cast – On Reflection

(extrait de Low Level Owl vol. 1)

“L’année de sortie de ce morceau coïncide plus ou moins avec la “fin” de l’emocore tel qu’on le connaissait à l’époque, et dont Reiziger a d’ailleurs été une sacrée référence (avec The Lapse par exemple, dans la même période). Le mouvement s’essoufflait clairement, il avait besoin d’un peu de sang neuf, et cet album d’Appleseed Cast est à cet égard une superbe réussite. Leur emo lorgne du côté de la dreampop, du shoegazer. Mais il frappe aussi par tout le soin apporté à la rythmique, aux ambiances. Du clavier et de l’électronique dans de l’emo, ce n’était pas commun ! Je ferais un parallèle entre leur démarche et celle de Mutiny On The Bounty ou de El Dinah, d’obédience emocore de toute évidence, mais avec une recherche d’originalité par des touches de math rock, de technique, de hardcore même…” (Mika )


07. Three, Stranded Horse – Le Sel

(extrait de Churning Strides)

“Allongez-vous, fermez les yeux, écoutez. Voici six minutes quarante-huit secondes de bonheur ascétique, contemplatif, un peu triste il est vrai. Vous êtes face à la mer, l’immensité et vous. Le bonheur, oui. La vie se joue entre les ressacs et Thee, Stranded Horse, alias le français Yann Tambour, le sait. Une pure merveille, hors du temps.” (Ronald )


08. Djivan Gasparyan – Dark Sools

(extrait de Black Rock)

“Thee, Stranded Horse m’évoque en soit pas mal de choses. Un très bon concert, une simplicité française que je rapproche parfois à mon préféré Sylvain Chauveau, et puis… ici… paf ! Djivan Gasparyan qui, révélé à moi par monsieur Peter Gabriel, me glace le sang de beauté sur ce morceau en clôture d’un album subtil et rocailleux, en collaboration avec le guitariste canadien Michael Brook, et qui revisite avec force grâce les standards arméniens. Dark Sools, dernière plage de l’album, s’abandonne ainsi à une mélancolie toute ‘gasparyenne’ qui, à chaque écoute, m’oblige à reposer mes gestes aux sons de son doudouk et de sa voix inaltérable. un délice…” (Fred )


09. Goodbye Diana – On First Date

(extrait de Mobilhome)

“Après ce moment de léger endormissement, il faut quelque chose qui bouge mais pas trop non plus. Un réveil doux mais certain avec des basses en avant. Pour ce faire, quoi de mieux que Goodbye
Diana? Je ne sais pas… Alors voici le morceau “On First Date” issu de l’excellent 6-titres des monpelliérains: Mobil Home . Ils viennent de sortir un LP dans la même veine, Odds&Ends , que je
vous invite à découvrir. Trois morceaux sont en écoute sur Myspace. Pourquoi s’en priver?!” (Cédric )


10. L’Enfance Rouge – Iparalde

(extrait de Krisco-Valencia)

“Un groupe qui ressemble un peu au MP3 reçu ? J’ai choisi le groupe italien L’Enfance Rouge avec le titre Iparalde extrait de l’album Krsko-valencia ” (Vincenzo )