La Blogothèque » Séries » Têtes de Lecture http://www.blogotheque.net Thu, 05 Apr 2018 14:58:08 +0000 fr-FR hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.8.1-alpha Têtes de lecture #10 http://blogotheque.net/2010/05/07/tetes-de-lecture-10/ http://blogotheque.net/2010/05/07/tetes-de-lecture-10/#comments Fri, 07 May 2010 15:01:22 +0000 http://www.blogotheque.net/2010/05/07/tetes-de-lecture-10/ Il y a maintenant bien longtemps, dans des temps très très anciens, les mp3 blogs n’étaient qu’une fraction marginale de la prescription de disques. Puis les artistes ont commencé à s’y intéresser, suivis des maisons de disques, et enfin les sociétés de droit d’auteur. En Irlande se déroulent des négociations intéressantes qui pourraient avoir une influence sur le devenir des audioblogs en général. C’est ce qui introduit nos nouvelles Têtes de lecture, également composées de rap somalien, de vinyles au microscope, de Discogs, de Dylan et de quelques autres suggestions dont il convient de bien profiter, au calme. Bonne lecture.

Illustration du bandeau : Dale Murray (qui illustre de jolis tee-shirts)

Cash machine

Les blogs musicaux irlandais doivent payer. La société chargée de récolter les revenus de diffusion des artistes (l’IMRO, l’équivalent de la Sacem) mettait en demeure les audioblogs de régler eux aussi pour la diffusion de titres. Réaction consternée des blogueurs, qui soulèvent plusieurs contradictions dans la démarche.

«Gardenhead», from Asleep on the Compost Heap, was more direct in his language. «Hey I’m no lawyer, he wrote, but surely Irish music blogs, tending as they do to host single MP3s and promote gigs rather than encouraging the wholesale downloading of albums, should be nurtured – not slapped with some shite about a licence fee that is going to cause half of them to quit in confusion and frustration.»

Une réunion a eu lieu hier entre quelques-uns des blogueurs les plus impliqués (et pas des moindres) et la société de perception des droits. Le compte rendu, laisse apparaître une IMRO loin d’être arc-boutée sur des principes obsolètes. Elle ferait même preuve d’un esprit de conciliation assez intéressant. Fait notable, il est même évoqué une réflexion sur une licence ad hoc, prenant en compte les spécificités des mp3 blogs.

IMRO were very keen to listen to our concerns about the proposed licence especially considering two of the blogs in question were strictly non-commercial. A common interest in solving this was reached. They have agreed to address our concerns internally, to explore possible solutions and to clarify the issues raised. Namely:
– to see if there is a possibility to introduce a non-commercial licence which would cover non-commercial blogs and sites (Darragh and Shane for example).
– to see what kind of solutions can be reached in terms of online licensing in future.


Si une telle licence voit le jour, et qu’elle gagne par capillarité les autres pays, le mp3 blog tel qu’on le connaît depuis six ou sept ans, disparaitra. D’ailleurs, les solutions évoquées (arrêt de la mise à disposition du fichier, passage à des outils de streaming) sont déjà en partie utilisées par de nombreux blogs.
Cette possibilité de licence n’en demeure pas moins pleine de questions, mais l’existence même d’une réflexion à ce sujet par une société de collecte des droits d’auteur est une nouveauté.

Mon nom est personne

La crise de l’industrie musicale touche absolument tout les maillons de la chaîne, y compris les patronymes de groupe. Il y a quelques semaines, le Wall Street Journal en faisait le constat : tous les noms de groupes sont déjà pris, ou tout du moins les plus compréhensibles. L’originalité et le nonsense sont désormais indispensable pour se démarquer, ressortir dans les moteurs de recherche et, par extension, éviter tout conflit juridique.

Music veterans agree that for acts already gaining momentum, changing a name can be disastrous. In 1992, a newly formed band from Scotland called Captain America was endorsed and invited on tour by Nirvana front man Kurt Cobain, who was at the peak of his fame. After a bidding war, Captain America was signed by Atlantic Records, just as Marvel, publisher of the Captain America comic book, sent the band a cease-and-desist order. With its first U.S. record already in the pipeline, the group rechristened itself Eugenius, a reference to leader Eugene Kelly. [...] Mr. Kelly agrees that the «worst name ever» derailed Eugenius. «A band name should pass the taxi-driver test: You shouldn’t have to tell him twice» , says the Glasgow singer.

Exit Through The Gift Shop Door, un groupe britannique, a d’ailleurs reçu pour 300 000 dollars de dédommagement, après avoir accepté de changer de nom. D’accord, il s’agissait là de répondre à une demande de Banksy lui-même.

Aime tes groupies

Les artistes ont tout intérêt à développer le rapport à leur public. C’est la thèse de Don’t believe the hype, qui tente de le démontrer, exemples à l’appui (Trent Reznor, Amanda Palmer – qu’on évoquait ici – entre autres). Il faut donner de sa personne et ne pas avoir peur de se lancer dans le vide. Le jeu en vaudrait la chandelle.

Alors là, on me dira, oui, mais est-ce qu’un artiste doit faire ça, ce n’est vraiment pas son métier… Oui mais d’abord, c’est quoi être un artiste maintenant ? Ne doit-il pas se poser la question constamment de comment monétiser, de comment se rendre visible, aller chercher du public… Et puis enfin, personne n’a obligé Freese à quoi que ce soit. Il a composé ses packages et s’est amusé tout seul. Et il ne conseille à personne de le faire. Et je ne le conseille pas non plus, ce qu’a fait Freese est plutôt radical.

Mais en se faisant connaître, en créant sa base fans, en leur donnant quelque chose qui avait réellement de la valeur (et qui lui plaisait), il a crée un business model qui a marché.

Extrait d’un graphique de David McCandless, publié sur Information is beautiful
(les sources des chiffres sont disponibles).

De la surabondance des albums

It resonates with how the decade actually felt: diasporic, scenes splintering into sub-scenes, taste bunkers forming, the question “Have you heard X?” increasingly likely to meet a shake of the head or a look of incomprehension.


En 2010, on en est encore à refaire l’histoire des meilleurs albums des sixties, des groupes cultes oubliés qui-aurait-pourtant-leur-place-au-Panthéon-rock et des classements à n’en plus finir. Mais le rassemblement autour de totems musicaux est en voie de régression, de disparition. En cela, cette décade des noughties s’est retrouvé fragmentée, éparpillée à une échelle jusque-là inconnue. Au point d’avoir du mal à partager les mêmes écoutes. Simon Reynolds, du Guardian , analyse cet état nouveau, prenant comme exemple les rétrospectives des dix dernières années publiées par Pitchfork et l’équipe de feu Stylus.

Le rap en Somalie

La situation actuelle de la musique en Somalie est difficile, et c’est peu de le dire. Un blog regroupe plusieurs articles et dépêches d’agence consacrés au sujet ces derniers mois. La survivance difficile du rap contestataire dans ce pays (et surtout à proximité de ses frontières); l’héritage culturel, l’existence précaire et menacée des radios musicales : un panorama triste du pays.

Discogs, place du marché du vinyle

Resident Advisor s’est intéressé à Discogs, source précieuse de vérification discographique, et à son économie. L’article vaut moins pour la description du site – déjà largement connu – que pour le volet consacré au marché du disque qu’il héberge derrière sa fonction première de base de données. Un marché ayant connu un croissance exponentielle en quatre années, qui a obligé les boutiques et revendeurs à s’adapter, le volume de disques échangés n’y étant pas pour rien.

More and more sellers—both record shops and your average consumer—are making the switch from eBay to Discogs, partly because it enables them to list their stock for an unlimited time until it is sold, and also because they don’t have to pay a fee to simply list something. The site has gone from selling 76,000 items in the marketplace’s first year (October 2005-06) to almost 1.2 million items in the past twelve months—a fifteen-fold increase in under five years. Beatdown’s Nick Wrightson made the change over to Discogs a year-and-a-half ago, but he cites another reason for switching sites. «eBay’s unfair – in my opinion – multiple charges and imposed policies on shipping costs meant that we ended up almost losing money on any new records sold at regular prices.»

Et si votre esprit curieux a été titillé par cette phrase: «Its growth hasn’t all been a smooth ride, however, as Lewandowski and his team came under fire in 2008 because of a number of changes that were made to the site’s contribution process.» , précipitez-vous sur un article très complet, publié dans Trax de décembre 2008, qui se penchait sur la genèse du site et les tensions nées de l’évolution relativement opaque de son fondateur.

Un sillon de vinyle pris au microscope électronique, par le chercheur Chris Supranowitz.

C’est beau et c’est synthétisé ici.

Dis-nous, dis-nous Dylan…

Dylan ! Dylan brisé, Dylan martyrisé, mais Dylan libéré… En 1975, le Zim enregistre le disque de la rupture, du divorce – autant personnel que musical. Trente-cinq ans plus tard, Blood on the tracks a été l’objet d’une littérature conséquente, d’exégèse qu’on ne réserve d’ordinaire qu’aux manuscrits de la mer Morte, comme le relève PopMatters. Le site y consacre un épais dossier, bourré de témoignages et d’analyses sur la lettre et l’esprit du disque, s’attachant à la fascination dont il est le sujet.
Blood on the tracks , métaphore d’une journée où la conscience d’être seul se révèle.

Blood on the Tracks can be seen as an album-length act of defiance on Dylan’s part. Gone are the politics for which he’d been most famous. The album concerns itself instead with the politics of the heart. For this reason, Blood on the Tracks represents Bob Dylan at his most powerful.

The album purportedly chronicles the dissolution of his marriage to Sara Lowndes, and while the album is a rather naked display of emotions, it never sounds as though the emotions expressed are Dylan’s. To the contrary, Dylan functions as a storyteller rather than a confessor and as such he vividly tells stories of various love lives without ever sounding as though he is telling the story of his own.

Mais que fait la police ?

Cooper Black est présente sur Stakes is high de De La Soul, vous la connaissez certainement si vous avez l’album chez vous. A moi aussi, ça ne disait pas grand-chose : ni ghost track , ni alternate take , il s’agit de la typo utilisée sur la pochette. Rockthatfont s’est piqué de développer de petits billets sur les polices typographiques utilisées sur quelques fameuses covers de la musique. C’est à lire en parallèle de Hard Format, dont on vous parlait il y a trois mois.

- Se replonger dans les précédents Têtes de lecture.

]]> http://blogotheque.net/2010/05/07/tetes-de-lecture-10/feed/ 0 Têtes de lecture #9, à l’écoute http://blogotheque.net/2010/01/20/tetes-de-lecture-9-a-lecoute/ http://blogotheque.net/2010/01/20/tetes-de-lecture-9-a-lecoute/#comments Wed, 20 Jan 2010 13:33:54 +0000 http://www.blogotheque.net/2010/01/20/tetes-de-lecture-9-a-lecoute/ Une fois n’est pas coutume, il sera autant question de lettres que de sons. On y trouve l’histoire de la musique électro par la vénérable BBC, la chanson la plus diffusée sur les radios françaises durant la dernière décennie, du format physique magnifié et du vinyle fondu. Et aussi de la rupture, sans cela, ce ne serait pas un vrai billet de blog.


Sculptures de vinyle

Des arts sonnants regroupe dans un très bon billet plusieurs artistes qui utilisent les 33 et 45 tours comme matériau d’œuvre. Le vinyle concassé, fondu, remodelé dans des usages peu communs. On y trouve des liens en pagaille, une foule de découverte et la curiosité pour des usages déviants.
D’ailleurs, en parlant de vinyles, Eilon Paz, le fameux crate-digger photographe, a publié un nouveau portrait. Il est évidemment hautement recommandé d’aller y jeter un œil.

Tu le sens, mon format physique ?

Toujours dans le vinyle, le site Hardformat est à voir absolument. Des billets consacrés au design de pochettes, des ébauches documentaires de fameux designers et une mine de petits liens.
Ils aiment le format physique et c’est beau.

The Great Bleep Forward écoutable

En octobre dernier, la BBC diffusait Synth Britannia , riche documentaire consacré à l’impact de la musique électronique sur la culture populaire britannique. Il est d’ailleurs apparu en ligne il y a quelques jours (visible ici). Un autre documentaire, audio cette fois-ci, complète le propos. The Great Bleep Forward n’est pas nouveau, ce long programme en quatre volets date de 2004 ; mais il a été rediffusé en octobre sur BBC6. Il s’intéresse plus généralement à l’histoire de la musique électronique, débutant par le Moog pour ensuite filer vers Kraftwerk.
Les quatre épisodes ne sont plus disponibles sur le site de la Beeb, mais on les retrouve ailleurs, ou écoutables en totalité ici.

Radio Gaga

Hé, dites, vous savez qui est l’artiste dont la chanson a été la plus diffusée durant les dix dernières années ? Aznavour ? Hallyday ? Non, ce n’est pas celui à qui je pensais. Le vent nous portera est classée deuxième. Mais le premier ? Qui ?
Yacast a fait le bilan de la décennie et tout est à lire dans leur résumé, téléchargeable ici.

La nouvelle Peel

John Peel bel et bien enterré depuis 2004, sa succession n’a jamais été clairement identifiée. Tout du moins sa succession directe. En Grande-Bretagne, il est cependant couramment admis que Mary Anne Hobbs en est dans la droite lignée. Sa passion débordante, son enthousiasme, son goût sûr et le défrichage pointu auquel elle se livre sont autant d’arguments. Là où Peel officiait dans les guitares, Hobbs met à jour tout un pan de culture urbaine, notamment le dubstep, dans son émission sur BBC1.
The Art Desk publie une interview fleuve de l’animatrice. Elle y parle de John Peel, évidemment, mais aussi de son rapport à la musique, de ses passions successives pour le punk et le metal, et surtout de l’incroyable dynamisme du dubstep londonien.

Now, though, dubstep is a fantastic, sustainable model for how an entire scene can operate without patronage from the wider industry at large: that is a miraculous and revolutionary thing for me to see. It is a brand-new model – I think, Jesus Christ, look at what in the space of three years has become from a tiny micro-scene with sometimes literally 10 people at a rave, has become this enormous global international concern, and yet still absolutely retain 100 per cent control of what they are doing. And those empires that began as the most unbelievably tiny concerns, be it [south London club/label] DMZ or [Bristolian label] Tectonic recordings or [Kode 9's label] Hyperdub, are expanding literally month-by-month on a global basis.

C’est pas à moi que ça serait arrivé, un prof qui passe du rock en cours

L’Histgeobox est l’un des audioblogs francophones les plus originaux. Bien documenté, réactif sur l’actualité, il lie un titre à des cours d’histoire et de géographie et s’en sert comme illustration à part entière.

Je ne t’aime plus mon amour

This American Life est une émission très bien foutue de la Chicago Public Radio. Il y a un an et demi, l’une des épisodes avait opté pour la break-up song .
A cette occasion, ils avaient même ouvert un concours original : composer les arrangements accompagnant le texte de la chanson. Ils ont récolté 129 titres – ou comment annoncer une rupture tantôt en complainte larmoyante, tantôt en power pop. Hum… si vous comptez rompre avec quelqu’un, il y a de quoi faire.

L’Inrock est mort !

Et si vous vous intéressez au devenir des Inrocks , futur «news générationnel» , Mathieu Pigasse, nouveau patron du magazine, était l’invité de Masse critique, sur France Culture, dimanche. Le podcast est toujours disponible pendant une semaine.

Crédits photos (sous Creative Commons) : bandeau par Sylvain W // Installation Moog par Maschinenraum // Mary Anne Hobbs par Mike Reger.

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Tête de lecture Top 2009 http://blogotheque.net/2009/12/29/tete-de-lecture-top-2009/ http://blogotheque.net/2009/12/29/tete-de-lecture-top-2009/#comments Tue, 29 Dec 2009 10:34:06 +0000 http://www.blogotheque.net/2009/12/29/tete-de-lecture-top-2009/ Avant les tops des rédacteurs de la blogo dont la gestation prend comme chaque année un temps infini (c’est à cause des interminables réunions du Comité Central d’Entreprise sur le plan d’intéressement aux résultats – on est dé-bor-dés !), on se penche un coup sur ceux des autres.

Honneur aux forts, comme le chantaient les Frères Jacques : on commence donc avec les 75 chansons de l’année de Said The Gramophone, amoureusement dépiautées et présentées par les toujours très beaux textes de Sean Michaels (teneur en Sharon Van Etten garantie). Ce top, c’est encore Philippe Dumez qui en parle le mieux :

J’ai l’impression d’être passé à côté de tout. Et c’est ce que j’aime en le lisant : savoir que, contrairement aux désolants classements avec lesquels la presse écrite nous rebat les oreilles, les meilleurs disques sortis cette année m’attendent encore. Mais que j’ai encore jusqu’à fin décembre pour me rattraper en écoutant en boucle 75 MP3 triés sur le volet par un Canadien fan de Shakira et Julie Doiron. Tous les ans, Sean Michaels me botte le cul. Vas-y Sean, tape là où ça fait mal. Moi, je n’attends que ça.

Le top des blogueurs, c’est l’exacte opposée de la démarche blogo qui ne propose que des tops individuels de ses rédacteurs et pas de résultats agrégés qui viendraient lisser la subjectivité de chacun. 37 votants, ça lisse énormément : au final, y’a Fever Ray et Marie Flore, Vic Chesnutt et Biolay. Et un gagnant surprenant. Du contraste, en somme.

De l’autre côté de l’Atlantique, Pitchfork a naturellement publié le sien, assez attendu et sans grandes surprises (pour faire plus chic et branché, vous pouvez pousser la porte du Bygone Bureau). Ce qui est assez intéressant, c’est de le comparer aux ventes réelles. On a souvent glosé sur la prétendue énorme influence du géant américain sur le monde indie (on se souvient notamment de Bon Iver qui racontait que la chronique de For Emma, Forever Ago avait changé le cours de sa carrière). Les surprises sont plus ou moins grosses : Phoenix vend beaucoup, [Wilco, qui n'est pas dans le top, vend toujours plus qu'Animal Collective->Combien ont vendu ? http://perpetua.tumblr.com/post/293484776/pitchfork-top-10-albums-in-us-sales]. On apprend aussi en commentaires un fait assez marquant : depuis sa sortie, le dit For Emma, Forever Ago a vendu 230 000 exemplaires aux Etats Unis dont … 53% de vente digitale et seulement 40% de CD.

Envie de découvrir des choses différentes ? On pourra commencer du côté de Tiny Mixtapes. On connait d’emblée suffisament d’artistes pour ne pas se sentir perdu : Antony est 50ème, The XX 48ème, St Vincent est là aussi, de même que les réjouissants Real Estate. Mais on peut aussi choisir de découvrir Gesellschaft Zur Emanzipation Des Samples ou L’Autopsie Phénoménale De Dieu . Les 10 premiers sont moins surprenants, mais Sunn O))) est sur le podium ! Et de toutes façons, quiconque met en avant le grand MF Doom a le droit à mon respect éternel.

Envie d’autres tops pointus ? Allez donc voir dans des registres différents The Milk Factory, Textura (Balmorhea inside !) ou Thanu. Un Thanu qui a d’ailleurs participé à un top commun de blogueurs spécialisés en americana : The Bird List.

Côté petits rigolos, Esquire nous place U2 dans un top 10 des chansons que vous n’avez probablement pas entendu… mais ce n’est peut-être pas si aberrant que ça. Les caustiques de Vice ont publié quasiment le même texte que l’an dernier. Les Dirty Projectors y ont remplacé Elbow, mais l’ex de Joanna Newsom est toujours #30, les British Sea Power toujours #21 et en première position c’est encore :

Number 1: Coldplay (Q), Arctic Monkeys (NME), Sven Vath (Mixmag), Neil Young (Uncut), Neil Young (Mojo), Neil Young (Classic Rock), Neil Young (Home & Garden), people humming transcendentally over distorted tape loops of concrete being laid (Wire).

Paste Magazine de son côté s’est fendu d’une liste des [
8 albums les plus sous estimés de 2009->http://www.pastemagazine.com/blogs/lists/2009/12/eight-criminally-underrated-albums-from-2009.html]. Flavorwire fait la même chose et nous cause pour l’occasion de Marissa Nadler, Julie Doiron, Califone et d’un groupe qui s’appelle Eat Skull. Pendant ce temps, Drowned In Sound, avant de publier son top de fin d’année, avait consacré une série intitulée “The Lost 9 of ’09″, soit 9 disques que la rédaction a aimé mais pas chroniqué, avec entre autres Tartufi Jeffrey Lewis et The Antlers.

La fin de l’année 2009, c’est aussi l’occasion de se lancer dans une rétrospective plus large sur la décennie qui s’achève. Il y a bien entendu ceux qui ergotent et voient plutôt la fin de la décennie dans un an. Et il y a les autres, qui font des choses intéressantes :

Deux anciens blogueurs, qui écrivaient autrefois sur Interprétations Diverses, tiennent désormais le blog musique de Slate. Leur classement est par là et commence par un grand oublié de la décennie qui a fait pourtant de bien belles choses avant de se perdre en route : Ryan Adams. En cours de route, vous croiserez un disque qui sortira en 2010. Le Top 10 – 4 vient de paraître. Rendez-vous le 30 décembre pour le trio de tête.

Au Village Voice, on n’est que fiel, rancœur et méchancetémasochisme, alors on fait le top des pires chansons des années 2000. A la fin, ce sont les Counting Crows qui gagnent.

Au rayon blogueurs, deux garçons se sont lancés, à rebours du format top (qui implique un classement), dans l’exercice plus subtil de la rétrospective : l’un le fait année par année ; l’autre disque par disque. Honneur à un ancien de la maison, Kill Me Sarah ressort ses David Sylvian, Elliot Smith, son Low fétiche et son Sunn o))). Chez l’Individu Incertain, ce sera Young Gods, Built To Spill, Fugazi, Albert Ayler et encore bien d’autres. C’est du très subjectif encore, mais c’est ça ce que j’aime chez eux. Ça et la qualité de leurs plumes.

Toujours dans la catégorie top décennal, on ne pourra pas accuser Rawkblog de faire dans l’attendu. Leur #1 de la décennie est à chercher du côté des favoris de la Blogo mais pas forcément ceux auxquels vous penseriez en premier. Ni Radiohead, ni Sufjan Stevens ni même … hum … Julian Casablancas. Nope, c’est d’Alligator , le somptueux troisième album de The National qu’il s’agit, un disque sorti à l’époque où le groupe jouait à la Guinguette Pirate plutôt qu’à l’Elysée Montmartre.

There are dozens of these, these lines that shudder with imagistic magic, windows into a darkened noir fantasy. Berninger’s protagonists are sarcastic, self-involved, depressive, hubristic, would-be Bonnies and Clydes — it’s an album about towering over the staid limits of modern life from the safety of one’s cubicle. An album about the mysterious, heroic selves we can’t be.

Le successeur de Boxer est annoncé pour le mois de mai. Pour patienter, la piste du disque se remonte ici et (fin de la digression). Plus largement, chez Rawkblog, vous trouverez Sigur Ros, les Weakerthans, Jim O’Rourke et Hayden, tous dans le peloton de tête. Puis Spoon et Jens Lekman, à peine décroché. Un top qui prend parti et qui le fait bien !

Puisqu’on est sur les décennies qui s’achèvent, terminons avec une information qui n’a rien (ou tout) à voir : ATP a eu 10 ans. Longue vie à eux !

En 2010, il parait que Baxter Dury sera sous les feux de la rampe. En tout cas, c’est ce qui se dit ici.

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http://blogotheque.net/2009/12/29/tete-de-lecture-top-2009/feed/ 1
Têtes de lecture #8 http://blogotheque.net/2009/11/26/tetes-de-lecture-8/ http://blogotheque.net/2009/11/26/tetes-de-lecture-8/#comments Thu, 26 Nov 2009 11:19:48 +0000 http://www.blogotheque.net/2009/11/26/tetes-de-lecture-8/ La vente de disques baisse, mais ce n’est déjà plus là que se jouent les revenus présents et futurs de l’industrie musicale. Ce sont les fans, les vrais, les amateurs véritables qui sont maintenant la base principale : ceux qui achètent leur place, qui interagissent avec les groupes et qui sont prêt à dépenser de l’argent quasi de main à main. A Brooklyn, cela sert de support à une scène en plein boum, cela aide Amanda Palmer à vivre, c’est à eux que s’adressent les Kings of Convenience. Et c’est aussi eux qui permettent à Lady Gaga de gagner 167$ (mais bien plus en vérité).


Boom boom Brooklyn

Le New York Magazine s’est penché sur le retour en grâce de Brooklyn comme scène musicale excitante. Et le dossier est conséquent.
Outre un papier fort documenté, chiffré et balayant une très grande partie de ce qui constitue la moelle de ce dynamisme retrouvé, on y découvre un classement des groupes à suivre évoluant entre Glassland, l’Union Pool et le Pete’s Candy Store, un petit tour des salles à fréquenter et les conseils avisés des blogueurs du coin.
Le dossier à garder sous le coude pour la prochaine virée à New York.

Les salaires réels des cadres franc-maçons (heu, non, de Lady Gaga)

C’est l’histoire d’une chanteuse qui n’aurait gagné que 167 $ malgré son million et quelque d’écoutes de son titre phare sur Spotify. La presse suédoise lance l’info, relayée très vite. Riposte chez Spotify, qui dément. De son côté, Philippe Astor démonte la théorie sur son Jukebox. Où l’on découvre par la même occasion des chiffres très intéressants sur la rémunération à chaque écoute.

En moyenne, le taux de royautés de l’artiste interprète (qui peut être très variable) est de l’ordre de 10 %. Soit 1000 € pour un million de titres écoutés à la demande sur Spotify, contre 130 € pour chaque million d’auditeurs de son tube sur une radio hertzienne.

A noter que ces 1000 € de revenus estimés en tant qu’artiste interprète ne portent que sur le territoire de la Suède et uniquement sur les revenus générés par Spotify lors des cinq premiers mois de son lancement.

Peu après son article, Philippe Astor a mis à jour ses chiffres. Et les informations fournies sont encore plus éclairantes : un titre en streaming rapporterait 35 fois plus qu’une rotation sur une radio hertzienne. Mais tout cela est à prendre avec beaucoup de précautions quant à l’impact financier réel.

A propos des revenus de la Sacem, on vous conseille d’aller (ré)écouter le rafraîchissant sujet d’Arte Radio réalisé avec Dominique A où il parle avec franchise de ce qu’il touche par la diffusion de ses titres à la radio.

Vous avez des courbes ravissantes, belle industrie

Le Times publie une étude sur la hausse des revenus de l’industrie musicale britannique. D’une part, on observe que globalement, les revenus ne faiblissent pas. Et ce sont désormais ceux des concerts qui tirent les revenus vers le haut. S’il y a crise de la vente des disques, ce n’est pas le (encore) le cas des prestations live. Même si l’étude du Times laisse encore des zones d’ombres sur la répartition des revenus entre gros et artistes plus petits, la pérennité des artistes passent bien par la rencontre avec le public, sur scène, là où la musique se vit.

Our data – compiled from a PRS for Music report and the BPI – make two things clear : one, that the growth in live revenue shows no signs of slowing and two, that live is by far and away the most lucrative section of industry revenue for artists themselves, because they retain such a big percentage of the money from ticket sales.

Un article du New-Yorker s’intéressait en août dernier au business des concerts. La version complète de «The Price of the ticket» n’est toutefois disponible qu’en archive payante, mais elle vaut le coup.


Graph par Owen Kelly (sous Creative Commons)

Vous taper de la thune ? Aucun problème avec ça !

En mai dernier, coup sur coup, Amanda Palmer réussit à vendre pour 11 000 dollars de tee-shirts, à récolter 6000 dollars pour une petite session retransmise sur le net et à dégager 1800 dollars après un concert secret payé sur le principe du don libre, grâce à chaque fois à des appels lancés sur Twitter, qu’elle utilise assidûment.

TOTAL MADE THIS MONTH USING TWITTER = $19,000
TOTAL MADE FROM 30,000 RECORD SALES = ABSOLUTELY NOTHING.
turn on, tune in, get dropped!!!!!

Fin septembre, elle détaille sur son blog qu’elle assume parfaitement de demander directement de l’argent à ses fans, de leur taper 10 dollars et que les critiques à cet égard peuvent aller se faire voir. Elle explique très directement que c’est le moyen qu’elle a trouvé, par Twitter, de continuer à vivre de sa musique.

if you think i’m going to pass up a chance to put my hat back down in front of the collected audience on my virtual sidewalk and ask them to give their hard-earned money directly to me instead of to roadrunner records, warner music group, ticketmaster, and everyone else out there who’s been shamelessly raping both fan and artist for years, you’re crazy.

Les rois de la discrétion

Si vous avez regardé la vidéo de la Soirée de poche de Kings of Convenience, vous aurez remarqué qu’ils ont demandé au public de manifester leur contentement en frottant les mains, tout en priant les invités ne pas prendre de photos durant la soirée. Bref, pas de surprise, ce n’était pas qu’une lubie à cette unique occasion? Sur leur Myspace, ils se livrent à une petite mise au point à destination des photographes dans les salles.

It is important to capture the moment, but if the entire audience is more focused on their cameras than the music, there might not be any “moment”. the “moment” might just pass us all by.

Les Ethiopiques en étude

On ne peut que se réjouir. Francis Falceto, fondateur de la collection Ethiopiques, a livré une étude sur la musique éthiopienne que l’on trouve dans La Revue africaine . On ne va pas, vous mentir, j’ai découvert ce texte dense il y a à peine quelques jours et je suis loin de l’avoir parcouru en totalité. Mais la trentaine de pages qu’il comporte fait très envie.

Crédit photo (fantastique) du bandeau : Dan Deacon à Coachella 2008, par Mick Orlosky

Les précédents Têtes de lecture sont à lire par ici.

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http://blogotheque.net/2009/11/26/tetes-de-lecture-8/feed/ 0
Têtes de lecture #7 http://blogotheque.net/2009/04/23/tetes-de-lecture-7/ http://blogotheque.net/2009/04/23/tetes-de-lecture-7/#comments Thu, 23 Apr 2009 15:40:58 +0000 http://www.blogotheque.net/2009/04/23/tetes-de-lecture-7/ Tu veux monter un blog musical aujourd’hui ? Tu arrives trop tard sur le marché. Tu veux devenir vidéaste musical ? Tu as de l’avenir si tu t’y prends bien. Tu veux être pirate musical parce que des études disent que tu achètes des disques ? Tu devrais peut-être relire les conclusions. Tu veux te réfugier au Montana pour faire de la musique ? Jason Lytle l’a fait avant toi.

QUEL AVENIR POUR LES AUDIOBLOGS ?

PDA, le blog du Guardian consacré aux contenus numériques, s’est penché sur la place et l’intérêt réel que représente désormais pour les fans la blogosphère musicale, analysée comme étant arrivée à saturation. Ou comment le simple fait de commenter l’actualité apparaît désormais presque vain. Fini le site éditorialisé, bienvenue aux agrégateurs ?

«The music blogosphere feels absolutely saturated with bad editorial and far too much of the same music content» , says James Penycate, a digital marketing strategist for Brilliantly Different. [...] «There’s no real business model for starting a music editorial magazine online. It needs to be viewed like fanzines were. Anyone who thinks they can do it for a living without spending three years living off baked beans is delusional.» (Sean, Drowned in sound)

Sur ce même thème, la discussion reproduite par Sean, est remarquable à plusieurs égards. Il note à juste titre que les blogs en général ne sont que des miroirs répétant souvent à l’infini ce qui s’écrit peu ou prou à côté.
Au lieu d’aller voir chez le voisin ce qu’il se dit et éventuellement de le répercuter, chacun se recentre sur ses propres publications, quitte à simplement rajouter sa voix à l’écho. Une position que l’on retrouve avec beaucoup de similarité dans les sessions vidéos proposées par de nombreux sites désormais (pour en lire plus, les commentaires de cet article du Hiboo alimentent le débat).

«it’s like a hall of mirrors in a nuclear echo chamber and no-one is really saying anything, just repeating things and it gets a bit Chinese whispers»

Au final, et par extension, le seul endroit où le “journalisme de liens” (qui faisait la force de l’audioblogging) ait régressé, c’est dans la musique.

D’autre part, il s’interroge sur la pertinence des sites musicaux tels qu’ils existent aujourd’hui, nourris de trois ou quatre années d’expansion gigantesque. Il se montre également critique et pessimiste pour les nouveaux arrivants sur ce qui est désormais un vaste paysage de la review musicale. Et croyez bien qu’on se sent concerné, à la Blogo.

«the biggest one is the cost of living to carry something off you need at least one person working on it full-time or 10 people doing it as a hobby if you want it to be as big as DiS, Pitchfork, Stereogum, etc»

VIDEO KILLED THE RADIO STARS

Vous êtes plutôt vidéos pourraves sur Youtube, HD sur Vimeo ou qu’importe le pixel tant qu’on a le son ? Après un article lu dans Wired , Shout Ring Out s’est mis en tête de pousser un peu plus loin l’enquête sur le retour en grâce de la vidéo comme outil inventif de promotion musicale.

James: [...] In what way do you feel music video made a “comeback”?


Jake: I’m not sure if comeback is the right word, but it definitely feels like music videos have become more of a part of the cultural conversation again in way they weren’t for a while. And this is mainly due to the fact that nearly every single music video past or present is now on YouTube.


Et on apprend que Youtube n’a manifestement pas plus d’intérêt à promouvoir les vidéos musicales émergentes que les pauvres maladroits qui se plantent en trampoline.

PIRATAGE : L’IMPORTANT, C’EST LA QUESTION

L’étude récente qui lierait téléchargement illégal et achat de musique est sujette à débat (et pas seulement dans les commentaires argumentés de notre article).
Cela commence chez Idolator, avec une remise en cause de ce qu’on peut trouver dans cette étude, et la diversité des comportements face au téléchargement. Le problème n’est pas l’étude : c’est ce qu’on veut lui faire dire.

One of the key things that quantitative researchers have to always watch out for is the phrasing of their questions. There’s always the chance of there being a HUGE gap between institutional/academic understandings of a term and a 15 year-old kid’s. Qualitative research is always the best way to go toward actually understanding human everyday behavior. Extensive observations, interviews, etc. But then again, that sort of research is NEVER used in newspaper articles. anyone in class know why ? Anyone ?

Eric Harvey (cité ci-dessus) développe ensuite sur son propre blog une réponse circonstanciée à un commentaire de l’article précédent.

Talking to people about what music does for them when it’s mediated through the Web and Internet will hopefully reveal new paradigms through which we can understand how people invest meaning in art that’s become infinitely accessible, replicable, and freshly sedimented in the most mundane of everyday activities (answering one’s phone, for instance).

MA CABANE AU MONTANA

Jason Lytle, ancien leader de Grandaddy, a tout laissé tombé un beau jour pour se réfugier dans le Montana, laissant son groupe s’occuper seul de la dernière sortie discographique puis se séparer. Revenant sur tous ces épisodes passés chez Aquarium Drunkard, il parle de sa manière d’appréhender la musique, de la faire et surtout de la vivre.

You spend chunks of time not talking to anyone or seeing anyone and there’s this weird transitional period where you have to realize, okay, it’s time to come back. Some people get this from drugs or drinking, but at some point you have to come back, there is this period of re-entry. I’ve found that in order for me to be good at being a human and at doing art, I have to go pretty deep into each one of them. But there is always this transitional period and I likened it to commuting, like commuting to and from work. I found myself constantly falling back on that concept. I’m just fascinated with it and I’ve seen over the years it really does take a concerted effort at getting better at that re-entry phenomenon.

- Photo d’illustration (Creative Commons) : Eric Rice.

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Tête de lecture – Spécial Tops http://blogotheque.net/2008/12/19/tete-de-lecture-special-tops/ http://blogotheque.net/2008/12/19/tete-de-lecture-special-tops/#comments Fri, 19 Dec 2008 12:40:24 +0000 http://www.blogotheque.net/2008/12/19/tete-de-lecture-special-tops/ En attendant nos top (plein de consensus mou, d’artistes dont on a jamais parlé avant, et de contributions de rédacteurs dont ce sera le premier billet de l’année), penchons nous un peu sur les autres…

Cynisme de fin d’année

Pour commencer, débarrassons nous d’emblée du cynisme qui accompagne généralement ce genre d’exercice : à chaque fin d’année sa foultitude de tops, et sa poignée d’articles expliquant que ça ne sert à rien et que c’est débile. C’est Vice UK qui s’en charge cette année avec une liste pré-remplie :

Number 13: Hyper-obscure album everyone was bamboozled into voting for cos Pitchfork gave it a 9.9, despite sounding like every other folk album ever.
Number 12: Rapper facing child sex charges.
Number 11: Dizzee/Bizzle (pop grime slot shared on a rotational basis)
Number 10: Album described as a ‘groundbreaking fusion of dance and rock’.
Number 9: Tape of Bob Dylan coughing up some phlegm in June 1972, found in someone’s attic, dusted off, reissued, and hagiographised in the Sunday papers as a heartbreaking work of staggering genius.

Pendant que nous y sommes, tous ceux qui aimeraient s’adonner au sport favori des cyniques de cette fin d’année, soit le Fleet Foxes Bashing, voici un argument magnifique pour vous. Il a été classé dans le top de l’année de Ryan Adams, au milieu de Mariah Carey, Metallica, Testament et Coldplay. Et pour ceux que Bon Iver agacerait, qu’ils se rangent aux côtés du NME, qui mettent For Emma, Forever ago 24e… juste derrière l’album de Scarlett Johanson.

Blogs are together

On saluera l’esprit de groupe des blogueurs français, qui s’y sont mis à quinze pour sortir un top fédéré : Bashung y est second, et le résultat est publié chez :

- Blog Culturel
- Dans mon Mange Disque
- Des Oreilles Dans Babylone
- Force Critique
- I left without my hat
- J’écoute de la musique de merde
- Good Karma
- Le Choix de Mlle Eddie
- Le Hiboo
- Let’s Be Critical
- L’Oreille en Feu
- Parlhot
- Playlist Society
- Pop Revue Express
- The Man of Rennes

Dans la même veine (tout le monde ensemble), on pourra aller lire la liste de listes postée chez Alain Filkelkrautrock

On peut tout classer, même le prog rock

On ne parle pas assez de jazz sur la Blogo, ni de hip-hop, ni de musique latine, ni de country, ni de prog rock, tiens, alors vu que certains font bien mieux le travail que nous dans des genres que nous ne connaissons pas nécessairement assez bien, voici :

- Les 10 meilleurs albums de Hip-Hop par Micro-Wav

- Les 10 meilleurs albums de musique latine selon le Miami New Times

- Les meilleures rééditions Jazz de l’année par AllMusic

- Les meilleurs albums Jazz selon PopMatters et la radio WNYC

- Les 50 meilleurs albums de prog rock selon Dr of Prog Rock (qui nous apprend que Marillion est toujours en activité)

- Les 10 meilleurs albums de folkeuses par… Women Folk

- Les 10 meilleures reprises de 2008 pour CoverMe (comprenant une reprise de Africa de Toto, si, si)

Sur Facebook aussi

2008 ayant été l’année de l’ascension phénoménale de Facebook, on s’en voudrait de ne pas pointer vers ce grand ragoût de tops perso par pas mal de gens qui s’y connaissent plutôt bien.

Le gramophone le dit

On l’a déjà mentionné en passant, mais l’un des tops qu’on attend le plus chaque année, ce sont les 50 chansons préférées de Sean sur Said The Gramophone. Parce que ce type est un grand amoureux de la musique, un gars qui va bien au-delà de l’éclectisme en plus d’être une sacrée plume. Parce que c’est le seul top individuel que je connaisse qui parle aussi bien de Beyoncé et d’Anthony et qui sort en plus un obscur track electro featuring Lykke Li (qui est vachement bien en plus) de derrière les fagots.

Et en vrac

C’est plus une liste qu’un top, mais c’est assez drôle : une vidéo posthume qui rend hommage à tous les groupes qui ont splittés en 2008 sur Stereogum

Et enfin, puisque qu’au final, les tops servent surtout de matière à d’autres tops qui se veulent la photo définitive de l’année, voici ceux de Metacritic et la moyenne de 6 tops anglais et 6 tops américains

PS : Ce billet n’aura pu être réalisé sans le travail hallucinant de Large HeartedBoy et Fimoculous, grands maniaques des listes

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Tête de lecture #6 http://blogotheque.net/2008/11/29/tete-de-lecture-6/ http://blogotheque.net/2008/11/29/tete-de-lecture-6/#comments Sat, 29 Nov 2008 00:02:41 +0000 http://www.blogotheque.net/2008/11/29/tete-de-lecture-6/ UNE CRITIQUE AUSSI MYTHIQUE QUE SON OBJET

Difficile de l’ignorer, ça y’est, après 14 ans d’attente, Chinese Democracy le nouvel album des du Guns N’ Roses. Que vous l’ayiez écouté, acheté, piraté ou pas, il faut lire l’article que Chuck Klosterman a consacré à l’album sur A.V. Club . Une pure merveille, que l’on aime Axl Rose ou pas, avec des passages délicieux comme celui-ci :

On (…) “Sorry,” Rose suddenly sings an otherwise innocuous line (“But I don’t want to do it”) in some bizarre, quasi-Transylvanian accent, and I cannot begin to speculate as to why. I mean, one has to assume Axl thought about all of these individual choices a minimum of a thousand times over the past 15 years. Somewhere in Los Angles, there’s gotta be 400 hours of DAT tape with nothing on it except multiple versions of the “Sorry” vocal. So why is this the one we finally hear? What finally made him decide, “You know, I’ve weighed all my options and all their potential consequences, and I’m going with the Mexican vampire accent.

L’article est en ligne depuis dix jours, est passé un peu partout, et commence à être l’objet d’un culte en lui-même. Pour prolonger l’expérience, on peut relire la critique imaginaire du disque que Klosterman avait écrite il y a deux ans, ou la critique de la critique publiée par The Bygone Bureau .

Et pour lire une critique sans pitié de l’album, on ira chez Self Titled

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L’INSUPPPORTABLE DEVENDRA ?

Deux journalistes de Fader se demandent, dans une conversation, si Devendra Banhart ne fait pas actuellement la musique la plus intéressante de sa carrière et pourquoi les gens le détestent maintenant.

ED: I don’t know. He seems pretty comfortable with who he is.

DA: I agree, but he’s also a total caricature who has never seemed to have any objection to the attention he was getting. He’s an interesting icon in that way. Being so used to these tortured artists, he seems to love the spotlight.

ED: I remember when they had the ArthurFest here in LA in 2005 and he was playing in Vetiver. Everyone was running around outside in flowing skirts and facepaint, and there were literally five dudes basically dressed up as Devendra Banhart with no shirt and metal headdresses. Then he showed up wearing a button up shirt and a vest and his hair in a ponytail

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COMMENT ACCEPTER LA PUB

Le magazine américain Miller-McCune publie l’interview de Bethany Klein, chercheuse à l’université de Leeds qui a consacré une thèse aux relations entre la musique et la publicité. Elle y parle de la plus grande souplesse avec laquelle les artistes et leurs fans acceptent cette relation, de l’importance des Beatles et de Nick Drake dans l’histoire de la publicité musicale, et de l’aveuglement des majors.

In my book, I devote a chapter to The Shins. They licensed “New Slang” to McDonald’s, relatively briefly, maybe just during the Olympics a few years ago. And that case was an amazing example of “Oh, people do still care.” You could see in all the interviews that James Mercer, their singer, did about this — and it got brought up in every interview — he was really struggling with the idea: “What’s the big deal? This is just a commercial — it happens all the time.” And, on the other hand, he could recognize how painful it would be if, say, The Smiths got used in a commercial and how terrible that would make him feel as a fan.

(Et le site offre dix exemples marquants d’association entre une chanson et une pub)

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AMOUR NEO-ZELANDAIS

Gonzaï est tombé amoureux des Flight of the Conchords, assez pour faire quelques recherches et tomber sur un film inédit avec Jemaine, mis en musique par le groupe neo-zélandais ‘The Phoenix Foundation’. Chouette article, chouette découverte.

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TRISTES VISAS

Télérama revient sur les difficultés croissantes que rencontrent les musiciens africains qui voudraient venir jouer en France, en butte à une administration buttée sur sa lutte contre l’immigration illégale. Jusqu’à l’absurde, comme l’explique le directeur du festival Musiques métisses d’Angoulême.

« Il a même été demandé à certains d’apporter leur instrument et de jouer pour prouver qu’ils sont musiciens »

(Et François Gorin a écrit sur Tom Waits et les Ramones, et c’est bien)

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JARVIS SANS REGRETS

Superbe article du Guardian sur Jarvis Cocker, dans lequel il parle d’un voyage au pôle Nord, des filles qui se plaignaient qu’il dévoile leur vie privée dans les chansons, des six mois au bout desquels il a découvert que l’alcool, la coke et les jolies filles à volonté ne le rendaient pas heureux.

If he were so shy, why on earth did he want to be a pop star? “Oh well that’s easy to answer because it’s a way of being sociable but at a safe distance. You’re on a stage but people are a bit away. You’re singing songs that are a personal expression, but you’re not doing it individually to people; you’re doing it to a mass of people. I find it much harder to be open with someone I’m intimate with.”

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Têtes de lecture #5 http://blogotheque.net/2008/11/10/tetes-de-lecture-5/ http://blogotheque.net/2008/11/10/tetes-de-lecture-5/#comments Mon, 10 Nov 2008 15:53:23 +0000 http://www.blogotheque.net/2008/11/10/tetes-de-lecture-5/ LA MOTOWN PAR SES SURVIVANTS

Dans Vanity Fair , il y a beaucoup beaucoup de publicités et, au milieu, de longs articles impressionnants, fouillés, denses. Ce mois-ci, on y trouve par exemple une passionnante histoire du label Motown, raconté par une petite brochette de ses principaux acteurs : Berry Gordy bien sûr, mais aussi Smokey Robinson, Stevie Wonder, Lamont Dozier, Martha Reeves, des membres des Four Tops et des Temptations…

Smokey Robinson : Way before we started Motown, Berry said, “I’m going to work with you and your group,” and he just turned my whole life around. I played him about 20 of my songs, and he critiqued every song. He told me the songs made no sense because I was talking about five different things in one song; the first verse had nothing to do with the second verse, and the second verse had nothing to do with the bridge. He told me a song has got to be a short book, a small movie, or a short story. He taught me how to structure my songs.

Martha Reeves : You can’t really have a good house party unless you play some Motown.

Smokey Robinson : Bien avant que nous ne lancions Motown, Berry m’a dit “Je vais bosser avec toi et ton groupe,” et il a complètement bouleversé ma vie. Je lui ai joué une vingtaine de mes chansons, il les a toutes critiquées, une par une. Il m’a dit qu’elles n’étaient pas cohérentes, parce que je parlais de 5 choses différentes dans la même chanson; le premier vers n’avait rien à voir avec le second, et le second n’avait rien à voir avec le pont. Il m’a dit qu’une chanson devait être comme un livre ou un film court, une nouvelle. Il m’a appris comment structurer.

Martha Reeves : Votre soirée ne sera pas réussie si vous n’y jouez pas un peu de Motown.

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GIRL TALK ET TOUS SES SAMPLES

Greg Gillis, plus connu sous le nom de Girl Talk, est connu pour deux choses : être une bête de scène avec pour seule arme un laptop, et utiliser des samples par centaines pour ses compos, au point de frôler l’illégalité. Lui vante le droit de citation, comme le résume le NYTimes :

Mr. Gillis says his samples fall under fair use, which provides an exemption to copyright law under certain circumstances. Fair use allows book reviewers to quote from novels or online music reviewers to use short clips of songs. Because his samples are short, and his music sounds so little like the songs he takes from that it is unlikely to affect their sales, Mr. Gillis contends he should be covered under fair use.

Mr Gillis affirme que ses samples tombent sous le droit de citation, ce qui, dans certaines circonstances, constitue une dérogation à la loi sur les droits d’auteur. Le droit de citation autorise les critiques littéraires à citer des extraits de romans, ou les critiques musicales à utiliser de courts extraits de chansons. Parce que ses samples sont courts, et que sa musique ressemble si peu aux morceaux qu’il pioche à droite à gauche qu’il est peu probable que cela affecte leur vente, Mr Gillis soutient qu’il devrait être couvert par le droit de citation.

Le dernier album de Girl Talk, Feed the Animals , est disponible ‘à la Radiohead’, sur Illegal Art. Le DJ y a samplé 322 morceaux. On ne savait pas lesquels. Heureusement, il y a les geeks :

Andy Baïo, sur son site Waxy, a cherché, et a réussi à presque tout trouver, en partant d’une liste imprimée livrée avec le CD. Les chansons samplées y sont écrites en tout petit, mais après un scan minutieux, Waxy a pu sortir cela : un tableur excel avec les 322 morceaux qui ont permis la construction de Feed the Animals

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LES HIGH LLAMAS RENDENT HOMMAGE À ‘ASTRAL WEEKS’

Pour rester dans l’obsession, vous pouvez aller lire le très très long article écrit par Sean O’Hagan des High Llamas sur le Astral Weeks de Van Morisson (que le vieux monsieur va interpréter en intégralité cette semaine à New York).

And it is that voice, by turns flinty and tender, beseeching and plaintive, that is the most extraordinary instrument of all. It is the sound of someone singing to himself, utterly immersed in the words that are pouring out of his mouth. This is that adolescent aloofness transmuted into a kind of enraptured self-assurance.

Et c’est cette voix, tour à tour impassible et tendre, suppliante et plaintive, qui est l’instrument le plus extraordinaire de ce morceau. C’est le son de quelqu’un se chantant à lui-même, parfaitement absorbé dans les mots qui se déversent de sa bouche. C’est cette distance adolescente transformée en une sorte d’assurance béate.

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RADIOHEAD vs FREE JAZZ

Le Guardian a eu une idée folle, dont le résultat est plus fou encore : demander à des musiciens de jazz contemporain d’écouter ‘Nude’ de Radiohead, de l’assimiler et de l’interpréter. Le résultat est déconcertant, chaque chanson accompagnée des commentaires de l’interprète :

Jonathan Gee : ‘Nude’ seems at first like a standard rock harmony, but Radiohead’s music is multilayered and they’re great at arrangement and texture. If you had the sheet music, you could easily just strum along on a guitar and it would sound roughly like Nude. But that’s not the point. You can pick the bare bones of a Duke Ellington tune out on the piano, but then there are a million possibilities for enriching it. I tried to do this the way Ornette Coleman might have: painting the picture of the melody, and then commenting on it, concentrating on a sound, rather than trying to repeat it in a string of different ways.

Jonathan Gee : ‘Nude’ semble être au départ une harmonie rock traditionnelle, mais la musique de Radiohead est multi-couches et ils excellent dans les arrangements et les textures. Si l’on avait la partition, on pourrait facilement gratter sa guitare et ça ressemblerait grossièrement à Nude. Mais là n’est pas la question. On peut pianoter un refrain sommaire et plutôt dépouillé de Duke Ellington, mais il y a des millions de possibilités de l’enrichir. J’ai essayé de faire ça comme aurait pu le faire Ornette Coleman: peindre l’image de la mélodie, et ensuite la commenter, en se concentrant sur un son plutôt que d’essayer de la répéter d’une dizaine de manières différentes.

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Têtes de lecture #4 http://blogotheque.net/2008/10/29/tetes-de-lecture-4/ http://blogotheque.net/2008/10/29/tetes-de-lecture-4/#comments Wed, 29 Oct 2008 00:13:29 +0000 http://www.blogotheque.net/2008/10/29/tetes-de-lecture-4/ Sur le front de la musique en ligne, nous avions relayé l’annonce de la fermeture temporaire de Muxtape. Elle est désormais définitive, et son fondateur raconte toute l’histoire de sa tentative de négociation d’un accord de licensing ici :

Around the same time I got a call from the VP of anti-piracy at one of the majors. After I picked up the phone his first words were, “Justin, I just have one question for you: where do I send the summons and complaint?” The conversation picked up from there. There was no summons, it was an intimidation tactic setting the tone for the business development meeting he was proposing, the true reason for the call.

(…)

Over the next week I learned a little more, mainly that the RIAA moves quite autonomously from their label parents and that the understanding I had with them didn’t necessarily carry over

Pendant ce temps, EMI va vendre de la musique dans des machines placées dans les aéroports

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Où l’on apprend que les paroles de Sigùr Ros sont bien en islandais et pas en hopelandic. Cette langue imaginaire n’était qu’un truc pour attirer l’attention des médias, et “Gobbledigook” est le terme islandais qui sert à désigner le son des sabots d’un cheval.

I think there’s a big misunderstanding about us, about the language and the lyrics. We actually do take great care in writing lyrics, we really try to do our best. We don’t want to just say anything. And 95% of it is in Icelandic. So it is in a language. I hate to even say it– the Hopelandic stuff is mostly a media thing, it’s only a few songs.

Par ailleurs, un peu comme Stones Throw l’avait fait et après une première tentative avec le DVD de Heima, le groupe essaie à sa façon de trouver un avenir au support physique avec une édition deluxe de leur petit dernier.

Et la photo de Jónsi qui illustre cet article est l’œuvre d’Entro_py. Et elle est vraiment très belle !

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Un article qui date un peu chez The Stranger : comment aurait-on pu prévoir la nomination de Sarah Palin comme colistière côté républicain ? Très simplement en se penchant sur le hit-parade américain qui a sacré cet été le brûlot pseudo-féministe de Katy Perry.

She kisses a girl—sure, okay. She likes it—um, and? Oh, and she hopes her boyfriend doesn’t mind, because sexual autonomy is inextricable from the male gaze, and that’s fucking awesome. “I Kissed a Girl” is infuriatingly ass-backward: cynical adherence to outdated values made into titillation, snide calculation dressed up as the underdog, the same old bullshit disguised as rebellion.

Espérons que le parallèle entre les deux femmes se poursuivent encore un peu.

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On vient de lancer, comme vous le savez, le site dédié aux Soirées de Poche. Les musiciens des Chicros en ont profité pour nous signaler leur contre-chronique de concert parue sur Brain Magazine. Une contre-chronique, c’est quoi ? C’est un concert raconté par un musicien et plus par un spectateur ou un critique. Kim, invité de la Soirée de poche Herman Düne, s’est prêté à l’exercice sur son blog. Là en l’occurrence, les Chicros parlent des concerts en appartement qu’ils organisent en incluant des tickets d’or à la Roald Dahl dans leur dernier maxi. Si vous en trouvez un, ils viennent jouer en acoustique chez vous pour vos potes.

Et c’est là que s’opère un truc bizarre : nous commençons à jouer nos chansons, complètement lestés de tous les oripeaux qui habituellement séparent le Groupe du Public, et de tout ce qui confère au Groupe un statut particulier et une majuscule. En effet, il n’y a ni sono, ni amplification, ni micros, donc ce qu’on dit n’est pas plus fort que ce que peuvent dire les autres mecs. Pas non plus de spots sur nos gueules et d’obscurité ailleurs pour que tous les regards convergent naturellement sur nous. Ni d’estrade pour nous surélever par rapport au Public.

(…)

A la fin seul un petit filet de son émane de nos instruments ; putain, les mecs sont complètement suspendus au son, ils tendent l’oreille — littéralement, c’est drôle à regarder d’ailleurs. La plupart des gens ne sont même pas aussi attentifs quand ils écoutent leur iPod seuls chez eux.

Voilà qui nous rappelle pourquoi on se bat et de très jolis souvenirs

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Enfin, la pub va-t-elle sauver l’industrie musicale ? C’est la question que pose Brain Magazine (encore eux, oui) au responsable synchro d’Universal France.

La musique en pub doit illustrer des discours. Et aujourd’hui le discours tarte à la crème des marques c’est : « On est près de vous, on respecte l’environnement ». C’est une horreur, ils ont tous ce discours-là. Donc on met des musiques organiques, fraîches, simples, pas sur-orchestrées, fragiles, un peu délicates avec des voix de nanas, qui veulent dire : naturel, simplicité, proximité. L’autre axe, c’est la modernité, donc plutôt électro. Numericable par exemple, ils avaient une très mauvaise image. En choisissant Justice, ils disent : avant-garde, technologie.

Et justement, la petite Lykke Li, notre suédoise préférée du moment, vient quant à elle de connaître les joies d’une synchro pub. “Dance, dance, dance! ” chante-t’elle pour … cette marque. Heureusement qu’il coupe avant la fin du refrain : “Words would never make up for what you do ”…

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Têtes de Lecture #3 http://blogotheque.net/2008/10/11/tetes-de-lecture-3/ http://blogotheque.net/2008/10/11/tetes-de-lecture-3/#comments Sat, 11 Oct 2008 08:04:00 +0000 http://www.blogotheque.net/2008/10/11/tetes-de-lecture-3/ REAL FRIENDS

On commencera cette journée de lecture par une mise au point, dans laquelle il est question d’amitié. C’est un billet de quelques lignes, rédigé par Daniel Rossen des groupes Department of Eagles et Grizzly Bear, posté sur le blog de ce dernier. Il s’y agace des articles (sur le NYTimes, notamment) qui ne peuvent parler de son album solo sans le comparer à Grizzly Bear, et inventer des tensions entre lui et Edward Droste.

The last thing I want is for this DoE record to be seen as some kind of affront to him or the band. It absolutely isn’t. It’s a tangent from the band that happened while we took some time off.

Pour prouver cela, Daniel poste des photos faisant preuve de leur grande amitié. La Blogothèque, a aussi de telles preuves. Voyez plutôt :

En même temps, que le New York Times s’intéresse aux relations dans votre groupe, c’est plutôt bon signe, non ?

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LEÇONS D’ECRITURE MUSICALE

Nico Muhly a 26 ans, compose de la musique classique, est le chouchou à la fois des vieilles dames de l’Opéra et des jeunes indies un peu pointus. Il écrit des ballets, des pièces expérimentales, des musiques de films, et en plus de ça a un blog intéressant. Le genre de garçon qui agace (on l’a filmé pour se venger…).

Dans l’un de ses billets, après avoir découvert qu’en fait il aimait Andrew Bird, il parle d’un prélude de Stravinsky, parle des compositeurs classiques, avant de donner ses règles pour parler de musique :

1. Talking about music is either going to be trashy and gossipy (Mozart wrote this bassoon line for some guy who used to fart a lot, Bach hated the oboist at church and gave him whole notes only, whatever) or super analytical and divorced from biography. Notes, rhythms, shapes: this pitch, this duration, this texture. Similarly, I’m going to talk about it either totally personally (when I hear this, I feel this, which reminds me of that one time) or completely apersonally: telling the truth about what the music is up to.

2. I’m not ever going to compare anything to anything else to give an example of how it sounds. “Like Moondog meets Final Fantasy” or “Alban Berg plus Rufus Wainwright minus Jacques Brel plus Minnie Riperton” — it’s just a waste of everybody’s time.

Puis il poste des extraits du Cendrillon de Disney. Voilà, please meet Nico Muhly.

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OU TROUVER DES SOUS

On ne vous l’apprendra pas : aujourd’hui, qu’on soit un artiste ou un label, impossible de reposer sur la seule vente de ses disques pour nourrir sa famille ou ses colocs. Cela peut confiner au ridicule, comme on l’a vu récemment avec les Kool and the Gang confiant la distribution de leur dernier album à un détergent des années 80, et laissant leur major déclarer sans sourciller :

“Ce partenariat exclusif entre Bonux et Kool & the Gang renforce notre volonté de développer la distribution de musique de manière originale et novatrice sur un marché qui ne demande qu’à être révolutionné”

Une autre major, ceci dit, fait assez fort dans la recherche de profits inédits. On apprend ainsi qu’EMI s’apprête à faire fructifier les paroles des chansons de leurs artistes en les licenciant pour impression sur TShirt. Allez, une autre chouette phrase d’un patron de major ?

“Classic songs are part of the fabric of everybody’s lives and we’re delighted that people will now be able to wear their favourite songs through this deal”


YOULICENCE ET COMPIL GRATUITE

Il existe aussi d’assez belles initiatives, économiques certes, mais dans un bon esprit. Par exemple, cette start-up israélienne, YouLicence, qui met en relation des artistes et des personnes souhaitant utiliser leur musique pour un film, un jeu, une présentation. Leur site est un facilitateur, aidant ceux qui cherchent une musique à la trouver et à entrer en contact avec l’artiste pour une négociation individuelle. Et ça marche, explique le Listening Post. Ils ont les Stone Roses dans leur catalogue, et des clients inattendus :

“Suddenly, out of word of mouth, a lot of these long tail guys came in (saying), ‘I’m a film school student, I want it for my wedding DVD or for my photography website for between $10 and $200,’ and we’re seeing many of these each day,” he says. “Now, we’re putting ourselves in a space that we didn’t even think of, ahead of time.”

Tiens, on reste sur le Listening Post, on reste sur les bonnes initiatives. Insound offrira désormais chaque mois une compil gratuite à tout acheteur d’un album en mp3. Ils financent ça avec la pub, ultra-discrète : un pdf dans le package et le nom de la marque dans les tags… La première est dispo ici, avec du Of Montreal, du Jolie Holland, du Horse Feathers…

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LES MECHANTS BLOGUEURS

Si vous avez un peu de temps, ce WE, plongez-vous dans la lecture du premier mémoire consacré aux… mp3blogs, par un blogueur de Winnipeg, au Canada. Un garçon qui aime beaucoup écrire (pas un billet de moins de trois feuillets), et qui a pas mal bossé. Ça s’appelle ‘Does the NME even knows what a music blog is ?’, et ça contient quelques perles, ainsi ces paroles d’un dirigeant de Matador à propos des blogueurs :

C’est comme s’ils se sentaient une espèce de droit naturel.. comme s’ils se prenaient pour Nick Kent… Le simple fait d’avoir un blog ne justifie pas de venir en limo à un concert de Cat Power et de faire un karaoké avec elle. Je pense aussi que si la plupart d’entre eux se prennent pour des découvreurs de talents, la majorité n’ont pas une connaissance assez approfondie de la musique pour l’être vraiment, ce qui fait finalement d’eux des suiveurs de talents.

Sur le même sujet (les méchants blogueurs vont-ils tuer les critiques traditionnels ?), mais à regarder plus qu’à lire, il y a aussi ce débat vidéo en 2×10 min, avec Ryan Schreiber de Pitchfork, Maura Johnston de Idolator, qui expliquent comment les maisons de disques ont réussi à intégrer les blogs dans leur cycle promotionnel en offrant des mp3 et les obligeant ainsi à suivre plus ou moins leur calendrier. Michael Azerrad, célèbre pour avoir écrit parmi les meilleurs opus sur Nirvana, reconnait quant à lui aimer l’écriture crûe de certains blogs, ‘pour leur énergie’. (Et beaucoup d’autres choses intéressantes).


DU MAUVAIS SON, DU BON VIEUX SON

Le blog québecois Les Oreilles en Chou-Fleur nous explique que le dernier disque de Metallica est mieux produit dans sa version ‘Guitar Hero’ que sur le CD. Il cite le gars qui a fait le mastering :

“In this case the mixes were already brick walled before they arrived at my place. Suffice it to say I would never be pushed to overdrive things as far as they are here. Believe me I’m not proud to be associated with this one, and we can only hope that some good will come from this in some form of backlash against volume above all else”.

Et pour finir sur un joli texte, le vétéran Kill Me Sarah se souvient de son adolescence et de la découverte de Pink Floyd et de Piper at the Gates of Dawn :

Je n’y connaissais rien. Ce que j’entendais le plus dans ce premier disque du Floyd, que je préférais à Dark Side parce qu’il était plus bizarre et qu’il était potentiellement plus effrayant pour mes parents, c’était l’orgue Farfisa aux sonorités parfois orientalisantes de Rick Wright. Je rêvais de jouer de l’orgue comme lui. La guitare est venue ensuite. Au départ c’était l’orgue. A cause de Richard Wright.

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