La Blogothèque » Séries » Back On Stages http://www.blogotheque.net Thu, 24 May 2018 07:20:04 +0000 fr-FR hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.8.1-alpha Dirty Projectors, live at Gaîté Lyrique http://blogotheque.net/2012/11/07/dirty-projectors-live-at-gaite-lyrique/ http://blogotheque.net/2012/11/07/dirty-projectors-live-at-gaite-lyrique/#comments Wed, 07 Nov 2012 17:07:23 +0000 http://blogotheque.net/?p=19719 La réussite d’un live peut tenir à peu de choses. A un morceau par exemple. Juste un morceau qui embarquera tout le monde, de gré ou de force, et convaincra même les plus réticents de se laisser emporter. C’était plus que palpable, ce soir-là à la Gaîté Lyrique, à un tiers du concert des Dirty Projectors : quand Amber et les deux autres choristes ont pris la main et ont entamé “Beautiful Mother”, rien ne laissait pressentir cette espèce de chose qu’elles feraient avec leurs trois voix sur le refrain (c’est à 15’30).

On ne sait pas si cela a un nom, mais ça n’en a pas même besoin, tant cela existe, cet accord soudain, inattendu entre trois voix lancées à toute vitesse, qui en se mêlant donnent naissance à quelque chose d’autre, quelque chose en plus. Un peu comme lorsque le blanc surgit après qu’on a fait tourner vivement une roue multicolore. A chaque occurrence, on sentait l’excitation d’un public médusé et fasciné. A chaque pause suivant la prouesse, ce public hurlait plus fort. Et tous les morceaux suivants eurent un peu de piquant en plus, une touche d’intensité supplémentaire. Chaque chanson lancée dans la fosse y résonnait plus fortement.

Ce fut fort, donc. Mais cela ne permit pas de répondre correctement à LA question : “c’est quoi les Dirty Projectors ?”. L’oeuvre d’un iconoclaste, d’un artiste véritable, juste assez timbré pour sortir une sève musicale à nulle autre pareille ? Ou un ensemble qui tire sa force d’un assemblage hardi, presque impudent de talents hétéroclites, de voix contraires ? Est-ce Dave ? Est-ce Amber ? Dave et Amber ? Dave plus Amber ? Le dernier album semblait vouloir dire “Dave d’abord”. Ce concert montra que ce n’était pas si simple.

Et c’est tant mieux. Car les Dirty Projectors font partie de ces groupes que l’on n’aime pas voir s’assagir. Ils n’en sont parfois pas loin. Il leur reste heureusement de la fougue, de l’intranquilité, une délicieuse impunité. Et des voix de filles qui ne laissent pas le garçon tranquille.

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WU LYF – Live http://blogotheque.net/2011/10/31/wu-lyf-live/ http://blogotheque.net/2011/10/31/wu-lyf-live/#comments Mon, 31 Oct 2011 11:28:20 +0000 http://blogotheque.net/?p=15412 En juin dernier, les très attendus WU LYF donnaient enfin leur premier concert à Paris.
Fidèles à leur réputation et pour faire un petit cadeau aux membres français de la Lucifer Youth Foundation, le quatuor décidait d’investir la Mécanique Ondulatoire la veille pour un concert qui se voulait secret (et ne le fut pas tant que ça).

L’occasion étant trop belle, pour la première fois, The Drone (un peu les meilleurs intervieweurs du web du moment) et la Blogothèque ont décidé d’associer leurs talents pour faire parler le groupe – qui se veut avare en interviews – et le filmer en live dans le cadre parfait de cette cave exiguë.

Filmées presque à même la peau d’Ellery Roberts les images disent tout : de la chaleur ce jour là, des murs et des peaux qui ruissellent, de l’intensité du moment, du jeu de batterie de celui qu’on ne voit jamais assez, d’un groupe habité par sa musique et de ses imperfections.
Mais les images disent un peu plus que ce que l’on pourrait voir depuis la fosse: les échanges de regards furtifs, les visages des premiers rangs, les bras levés d’une cave entière. C’est être, le temps de quelques morceaux, le cinquième membre du groupe.

Le même jour, donc, The Drone a réalise une interview du groupe, que voici…

PS : WU LYF sera en concert mercredi 2 novembre dans le cadre du Festival des Inrocks. Il sera retransmis en direct sur Arte Live Web.

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Pedro Soler et Gaspar Claus – Live à la Gaîté Lyrique http://blogotheque.net/2011/07/11/pedro-soler-et-gaspar-claus-live-a-la-gaite-lyrique/ http://blogotheque.net/2011/07/11/pedro-soler-et-gaspar-claus-live-a-la-gaite-lyrique/#comments Mon, 11 Jul 2011 18:47:52 +0000 http://www.blogotheque.net/?p=13618 Il y a quelques années, Vincent Moon nous envoyait un concert à emporter à part, réalisé avec son ami Gaspar Claus, violoncelliste, et son père Pedro Soler, guitariste flamenco. Le film était sublime, témoignage d’une rencontre, évidente et inédite à la fois, entre la musique d’un père et celle de son fils. Une occasion rêvée, fixée pour une fois, pensait-on.

On a depuis vu et entendu Gaspar un peu partout. Puis l’on a appris que le père et le fils avaient décidé de ne pas en rester là. Qu’ils enregistraient ensemble. Qu’un disque allait sortir. Que l’on allait pouvoir les revoir.

Ce fut un dimanche du mois d’avril, dans la toute nouvelle Gaîté Lyrique. Il y avait là un mélange improbable : de tous les âges, des amateurs érudits, des branchés curieux, des enfants enchantés, dans une salle improvisée dans un couloir. On voyait passer quelques visiteurs des expositions du dessous, surpris par la solennité et la beauté de ce qui se passait là.

Ce qui se passait là, c’était le même jeu délicieux entre deux instruments, le sage et l’impétueux, la rythmique sûre d’elle, la mélodie qui a tant à dire. C’était le même jeu entre le père et le fils, qui se regardaient plus que de raison, semblaient bien souvent n’être là l’un que pour l’autre. Ce père qui croisait les bras sur sa guitare pour être là lorsque son fils ouvrait les yeux après s’être étourdi sur un solo. Ce fils qui souriait embarrassé lorsque son père parlait trop entre les morceaux. On est toujours un peu trop fier de son fils, on est toujours un peu embarrassé par son père. Il y avait du lien cette après-midi là.

Gaspar nous avait demandé si nous voulions bien fixer le moment. Nous ne pouvions pas dire non.

PS : Une troisième vidéo, inédite. 

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RIEN http://blogotheque.net/2010/07/05/rien/ http://blogotheque.net/2010/07/05/rien/#comments Mon, 05 Jul 2010 18:13:15 +0000 http://www.blogotheque.net/2010/07/05/rien/ Le soleil est encore bien haut lorsque que nous pénétrons dans l’Elysée Montmartre, où une foule éparse attend 65 Days Of Static, Don Niño ou encore… Rien. Mieux vaut attendre Rien, d’ailleurs, puisqu’ils ouvrent la soirée par un set ramassé, puissant, mémorable. Leur post-rock, plus épique qu’hypnotique, efface peu à peu les cinq musiciens. C’est d’une seule voix qu’ils entonnent The Sun Is Always Right. Avec sa rythmique musculeuse, flanqué de guitares précises et de claviers bruitistes, ce morceau athlétique tutoie sans peine le meilleur d’un genre dont on croyait avoir fait le tour.

Lorsque nous sortons, le soleil semble timide, mais il est toujours là, vaillant dans l’été parisien.

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Kill Your Pop 2009 – Dijon http://blogotheque.net/2010/04/15/kill-your-pop-2009-dijon/ http://blogotheque.net/2010/04/15/kill-your-pop-2009-dijon/#comments Thu, 15 Apr 2010 09:48:00 +0000 http://www.blogotheque.net/2010/04/15/kill-your-pop-2009-dijon/ A quelques jours de l’ouverture de sa septième édition qui se tiendra du 28 avril au 2 mai 2010 avec entres autres Gablé, Errors et Zombie Zombie, quelques souvenirs en vidéo pour revrivre le festival dijonnais Kill Your Pop de l’année passée. Avec pour guides Barzin, Saroos, Notwist et Joanne Robertson, sur scène, dans le coin feutré d’un appart, sur la grande place de Dijon ou encore dans une cave sombre…

Fraîchement débarqué en gare de Dijon, Boris et Chantal m’accueillent chaleureusement. Rendez-vous est pris avec Joanne Robertson, qui a donné son concert la veille. Pieds nus, elle gribouille sur un petit cahier d’écolier. Textes et dessins se chevauchent. Encore un peu dans sa nuit, nous décidons d’aller prendre le soleil qui accompagnera cette première session. Dans la petite cour, elle repousse ses cheveux derrière ses oreilles. Quelques accords de guitare, puis sa voix, fragile et douce, se pose sur ce petit matin.

Ce petit jeu de cache-cache terminé (pour le petit jeu d’ailleurs… cherchez l’araignée !), nous laissons Joanne à la gare et rejoignions les Barzin. Ils se préparent et posent leurs instruments au coeur d’un appartement du centre ville. Les chanceux invités arrivent peu à peu, s’asseoient en tailleur et lèvent les yeux.

Une ambiance bien romantique flotte dans l’air après leur concert. La voix suave du chanteur n’y est pas pour rien. Avec eux, on décide d’aller un peu plus loin, et de chercher un endroit pour faire une autre vidéo. On se tourne vers le propriétaire des lieux. Bien qu’un peu occupé à ranger le chantier, ils nous invitent dans un endroit… étonnant.

La nuit est bercée par la musique des Barzin. Nous nous retrouvons le lendemain matin pour partager un café, un peu fatigués. Dehors, toujours ce soleil accueillant. Il est presque midi, et l’envie prend aux Barzin d’aller visiter Dijon, instruments à la main.

Une insolation plus tard, nous nous préparons pour cette dernière soirée, avant de repartir en capitale. Profitons du calme des rues, du sourire des passants. Nous rapprochons du centre étudiant, en grève d’ailleurs, et où va avoir lieu le concert évènement du soir avec les Allemands de Notwist. Attendus avec impatience, c’est Saroos, projet parallèle de quelque membres de Notwist, qui ouvre la scène et fait chauffer les enceintes…

Les oreilles échauffées, l’ambiance est posée. Les Notwist prennent le relais. Beaucoup de machines, de mouvements, d’agitation. Entre expérimentation électronique, rugissements métalliques et simplicité pop, la musique prend.

Le temps file, le concert arrive à sa fin. Une dernière mélodie, un public chaleureux, et il est temps qui quitter Dijon. Déjà.

Rendez-vous dans quelques jours pour la prochaine édition !

- Nat

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Festival Vortex http://blogotheque.net/2010/04/09/festival-vortex/ http://blogotheque.net/2010/04/09/festival-vortex/#comments Fri, 09 Apr 2010 20:37:32 +0000 http://www.blogotheque.net/2010/04/09/festival-vortex/ Alors que nous nous rendions à Reims, et plus précisément à la Cartonnerie pour tourner le Back on Stages de Mogwai, le programmateur de l’endroit, Rodolphe, nous parle d’un festival qu’il organise la semaine prochaine. Une fusion de genres, entre rap et électro, entre impro survitaminée et douceur pop. Intrigués, et un aller-retour à Paris plus tard, nous voici au coeur du Vortex.

L’ambiance est d’emblée posée. Nous nous retrouvons un endroit radicalement différent, plongé dans une obscurité inquiétante, des cercles concentriques, symboles du Vortex, un peu partout. On se fraie un chemin dans la fumée poisseuse qui nous entoure. La grande scène de Mogwai a été abandonnée, au profit d’endroit plus étranges, comme l’ascenseur dans lequel l’ocelle mare prend place, ou encore le vestiaire pour MC Xander. Les performances musicales s’enchainent et il suffit de se balader à son instinct pour tomber sur les concerts. Gablé est là, et bricole sa musique avec un aspirateur ou une perceuse. Mais surtout avec une belle énergie et devant un public survolté. Explosion d’hormones autour de Duracell, le batteur fou qui s’installe en plein milieu de la salle d’accueil pour y frapper à toute vitesse ses toms et ses cymbales. Et puis, une rencontre magnifique avec les Kill the Vultures, qui prennent place dans une salle minuscule pour nous y donner un concert privé.

Chapitres :
1// Gablé
2// Kill the Vultures
3// Psykick Lyrikah
4// Singers
5// l’ocelle mare
6// Magic Markers
7// MC Xander
8// Duracell
9// Gablé
10// Chewbacca
11// Kill the Vultures (impro)

Nat

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Young French Connexion http://blogotheque.net/2009/10/02/young-french-connexion/ http://blogotheque.net/2009/10/02/young-french-connexion/#comments Fri, 02 Oct 2009 16:11:12 +0000 http://www.blogotheque.net/2009/10/02/young-french-connexion/ Petit tour d’horizon de quelques très bons groupes français vus (et donc filmés) en concert ces mois derniers. Du confirmé François Virot aux prometteurs Lug-Na, en pensant par les Roken is Dodelijk, découverts en concert à emporter, et Lena Deluxe, leur petite protégée.


ROKEN IS DODELIJK

Après la Route du Rock, j’ai rejoint les Roken is Dodelijk, en plein enregistrement de leur premier album, en Bretagne. Les Lillois y travaillaient déjà depuis plusieurs semaines et il y faisait bon vivre. Qui plus est, leurs nouveaux morceaux sont autant de pépites. Ce n’était pas une surprise, depuis leur concert à emporter d’il y a presque un an, je les avais trouvé grandis en les voyant en concert au tout début de l’été, au Nouveau Casino. Plus assumés et plus puissants, ils n’en ont pas oubliés leurs sourires et leur pop dansante. Ici, deux nouveaux titres, “King of This Town”, au clavier disco irrésistible, et “Never”, où il faut bien clapper dans ses mains, même devant son écran. Ou bien, en les accompagnant ce vendredi 2 octobre, à Mains d’Oeuvre où ils seront en concert.

-www.myspace.com/rokenisdodelijk

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LENA DELUXE

Au sein des Roken, il n’y a qu’une fille, Lena. Elle a tellement souffert des railleries de ces camarades masculins, qu’elle s’offre des récréations avec son autre projet, Lena Deluxe. Royale formation plus orientée rock planant où Lena fait éclater une voix cristalline accompagnée de Lili, à la batterie. C’est donc au festival les Femmes s’en Mêlent que j’ai eu l’occasion de les filmer. Moment magique lors du rappel (et de la dernière chanson de cette vidéo) où le groupe charme totalement un premier rang composé de bikers tout chamboulés par tant de grâce…
- www.myspace.com/lenadeluxe

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FRANÇOIS VIROT

Il était bien étrange d’être ce soir là au point FMR. François Virot ouvrait pour les Handsome Furs, et on se demandait bien ce que ces deux groupes avaient en commun. Peut-être le fait qu’ils aiment autant jouer avec leur public. Ainsi, François Virot, comme d’habitude seul avec sa gratte, se lance en rappel à nous interpréter une reprise improbable. Petit moment de blind-test délicieux. Une bien belle soirée, finalement.
- www.myspace.com/francoisvirot

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LUG-NA

C’était mon premier concert de cette année. Un 3 janvier au froid inhumain. Surtout quand les videurs de la flèche d’or s’en mêlent et décident de nous faire poireauter dehors. La tâche à Lug-Na, résidents rennais, de nous réchauffer. Mission accomplie, toute en énergie et en rock furieux.
- www.myspace.com/lugna

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Mogwai @ Reims / Revival Kensuke http://blogotheque.net/2009/03/27/mogwai-reims-revival-kensuke/ http://blogotheque.net/2009/03/27/mogwai-reims-revival-kensuke/#comments Fri, 27 Mar 2009 15:29:22 +0000 http://www.blogotheque.net/2009/03/27/mogwai-reims-revival-kensuke/ N’ayant pas pu les croiser, ni les filmer à Paris, Nat est allé jusqu’à Reims pour filmer Mogwai sur un long morceau. Et en profite pour nous montrer la vidéo d’un groupe français, Revival Kensuke.


On est tous pareils. Une fois par mois, on scrute les plannings des salles, histoire de ne pas passer à côté d’un bon concert. Arrive cette fois, où l’on fait une erreur de manipulation, étendant sa recherche à toute la France. C’est ainsi que j’ai découvert que Mogwai allait poser ses guêtres du côté de Reims. Le groupe était passé quelques mois plus tôt dans la capitale et nous les avions loupés. L’idée de les rejoindre là-bas est vite venue. Elle fut aussi vite concrétisée.

Mogwai fait partie de ces groupes inadaptables en concerts à emporter. Ce qui ne nous empêche en riend e les aimer. Surtout que même après plus de dix ans d’existence, Stuart Braithwaite et sa bande restent des joyeux drilles adorables. La caméra sous le bras et un tour en TGV plus tard, me voici à Reims. Découverte un peu laborieuse d’une salle de concert ultra moderne, légèrement en périphérie. Et comme souvent en province, des gens tout gentils qui travaillent là dedans. Mogwai, lui, fait un peu plus la gueule. Ecossais qu’ils sont, ils prennent mal que la France leur ait mis une petite déculottée au rugby le jour même.

J’étais un peu intimidé à l’idée de croiser le regard de Stuart, juste un des types fondateurs du post-rock. Mais très vite, il met tout le monde à l’aise. C’est finalement juste un mec normal : nous entamons une petite discussion sur la possibilité de filmer sur scène… Mogwai trouve ça super, la sécurité tique un peu plus. Le rock gagnera la lutte et c’est bien à deux mètres de Stuart que je passerais l’une des plus grosses claques de ma vie.

Plus le morceau se prolongeait, plus je me disais que je n’y arriverais jamais. J’espérais juste qu’il dure un peu moins longtemps que sur l’album, soit autour de 16 minutes. Au final, oui, ce furent 12 minutes de sport. 12 minutes de portage d’une caméra qui ne m’a jamais semblé aussi lourde. Mais ce son, ces explosions, cette violence m’ont fait oublier tout ça. Ce morceau ‘Mogwai fear Satan’ représente si bien la puissance du groupe écossais. Des vagues de son qui t’arrivent en pleine tête. Entre sacs et resacs, cette sensualité qui s’élève aux sons des coups de gratte. Et cette montagne de flotte finale qui surprend totalement, et sous laquelle on se noie avec un plaisir.

Sur le retour dans la capitale, j’avais bien sûr Mogwai dans la tête mais aussi quelques autres groupes de post-rock. Parmi eux, ce chouette groupe français, Revival Kensuke. Ed les avait filmé lors du tremplin Fallenfest quelques semaines plus tôt et je trouvais la vidéo bien. Au final, nous pensons que cela a parfaitement sa place ici, comme une douceur offerte après Mogwai… Car oui, je pense que tout autant que les Explosions ou les Mono, les « RevKen » ont leur places parmi les dignes rejetons du groupe écossais.

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Sonic Protest http://blogotheque.net/2009/02/21/sonic-protest/ http://blogotheque.net/2009/02/21/sonic-protest/#comments Sat, 21 Feb 2009 16:06:04 +0000 http://www.blogotheque.net/2009/02/21/sonic-protest/ Festival Sonic Protest . Point Ephemere. Le dernier concert de mon année 2008.

Y aller en y pensant, à ce happy ending. Pouvoir finir sur une note parfaite avec ceux avec qui j’ai commencé mon « année blogothèque ».

Ca s’est passé vite, la veille ou l’avant veille, osciller un centième de seconde entre l’opportunité d’un Concert à Emporter ou d’un Back on Stages avec Berg Sans Nipple. Et finalement, c’était simple et clair, Lori & Shane, c’était sur scène et nul part ailleurs.

Il y avait eu l’attente, un mois ou deux, toujours l’excitation à l’idée de les retrouver, réentendre les nouveaux morceaux de ce disque qu’on en peut plus d’attendre (et qui devrait arriver l’été prochain, si tout va bien).

L’espace d’un instant l’excitation a laissé place à l’inquiétude, à la crainte que ce ne soit pas leur meilleur concert qu’il soit donné de capturer.

Il y a eu peu de lumière, beaucoup de fumée et un final sans rappel du a des problèmes techniques qui ont laissé un goût un peu amer aux plus fidèles, de quoi croire que le rendu ne serait pas parfait.

Et finalement, A new soul , l’un des meilleurs titres de leur premier fantastique album “Form of”, la façon singulière qu’a Shane de se mouvoir sublimée, la montée en puissance. Ne rien avoir perdu, au passage, des regards qui font tant pour la symbiose du duo. Et les bribes d’un nouveau morceau prometteur.

 

Pour couper court à l’angoisse du ratage, j’étais arrivée tard. Le temps de scruter les visages, d’apprécier une décoration à ballons gonflables nacrés dignes d’un bal de promo des années 80 et Die Goldenen Zitronen a fait son entrée en scène. Des styles dépareillés, des instruments qui tiennent avec de la corde, des partitions avec des pinces à linges.

Die Goldenen Zitronen, groupe phare de le Neue Deutsche Welle, se livre à une véritable ronde des instruments. Il y a cette basse tenace caractéristique et cette façon de hacher menu les mots, les rythmes, indissociable dans mon esprit de la langue allemande.

 

Retour un peu plus en arrière. La soirée avait été amorcée, sans moi, par Salmigondis et Ero Babaa.

Salmigondis porte bien son nom ([Salmigondis, n.m.: Assemblage disparate, mélange confus de choses ou de personnes - Ramassis d'idées, de paroles ou d'écrits formant un tout disparate et incohérent]) et nous précipite dans une confusion sonore et verbale : un univers freak qui glisse sur une scie musicale et rebondit sur les éructions, tantôt d’un saxophone tantôt d’un batteur-aboyeur déguisé en chaperon rouge. Ce soir, ils sont accompagnés par Thierry Müller aka Ilitch, musicien d’avant-garde des années 70.

 

Avec ces images j’ai aussi découvert et regretté mon absence au cirque chaotique d’Ero Babaa ou la musique se joue à la même le sol, encerclée par le public. Comme un ring qui verrait se rencontrer la guitare de J.F. Pichard (alias Rompé) et le saxophone du canadien Philémon, la bataille des sons.

Vidéos réalisées par Nat (Berg Sans Nipple & Ero Babaa) / Ed (Die Goldenen Zitronen et Salmigondis)

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Why et Son Lux http://blogotheque.net/2008/12/10/why-et-son-lux/ http://blogotheque.net/2008/12/10/why-et-son-lux/#comments Wed, 10 Dec 2008 14:35:31 +0000 http://www.blogotheque.net/2008/12/10/why-et-son-lux/ Parfois, c’est à la « campagne », comme certains disent, que ça bouge. Et chaque année, le BBMix de Boulogne Billancourt s’occupe de remettre les pendules à l’heure. Un an après le passage des Dirty Projectors et un concert mémorable des Young Marble Giants, C’est au tour de Why? de débarquer en banlieue parisienne.

Why?, c’est la figure emblématique d’un son hip hop/folk un peu étrange, co-fondateur du label Anticon, originaire de Cincinnati et composé de quatre membres sur scène dont les tout-en-cheveux frères Wolf. Ni une, ni deux, c’est décidé, nous y serons.

Restait encore à y arriver. Alors, Boulogne Billancourt, c’est tout au bout de la ligne 10. Bien après des stations déjà sacrément provinciales comme Michel Ange–Molitor, c’est dire. Là-bas, les distances entre les stations sont décuplées, c’est un peu comme prendre l’Eurostar… Trêve de plaisanteries : fraîchement sortis, du métro nous découvrons une ville calme, voire vide. Pour rappel, nous sommes samedi soir, il est 20h. Hum.

Un peu de marche, un peu perdus, la salle enfin. Toute neuve. Dedans, c’est la propreté de l’endroit qui étonne, loin des crasseuses salles de la capitale. C’est grand aussi. Pas de bousculade à l’entrée, ni pour accéder au bar. Plein de place aux chiottes… C’est sûr, nous avons investi la quatrième dimension. Les organisateurs nous accueillent, plus que charmants. Paris est loin.

Nous prenons place dans la salle de concert. Jolis fauteuils rouges que nous regrettons rapidement… Car bien trop confortables. Joli premier groupe, songwriter qui nous fait voyager et nous endort finalement. Allez zou, bières/clopes. Dehors, les gens parlent Why?, les attendent même pour réveiller la soirée. Il ne reste plus qu’un groupe avant eux, tant mieux.

Sans trop y croire, nous allons jeter une oreille à l’avant-dernier groupe, Son Lux. Son set a déjà commencé. Un gamin derrière un laptop et un clavier. Un batteur l’accompagne pour la tournée. La claque est immédiate, les sièges nous aident à la contenir. Mélange de nappes électros, de choeurs bibliques et de percus bien sèches. Et puis la voix de ce poupon. Sur le fil mais puissante, tout en souffle et en cassures. Des textes simples et bouclés qui nous touchent terriblement. La surprise est totale, son set, déjà fini.

Re-bière/clope. Pour s’en remettre. Car finalement, c’est Why? que nous sommes venus filmer. Un petit tour dans leur loge pour les prévenir. Les frères Wolf ne sont pas là, les deux restants sont plongés dans leurs mails. Tant pis. Banco pour les filmer, comme un air d’habitude pour eux. Heureusement, le concert commença quelques minutes plus tard. Alors, malgré les sièges, l’odeur de trop neuf du lieu et les endormissements du début de soirée, tout explose. Why? est le parfait prolongement d’un Son Lux qui nous avait mis sur le cul. Retour de claque.

Fin de soirée. Tout lessivé. Why? range son barda et étale son merchandising. Hésitants mais insistants, on se dit qu’il y a un truc à tenter avec ces gars-là. Un truc en plus. Alors, on leur parle des Concerts à emporter. Tout de suite plus réactifs, les Why? nous sourient d’un coup. Vincent Moon les avait déjà shootés et ils avaient trouvé l’expérience passionnante. Non loin de là, Ryan de Son Lux laisse traîner ses oreilles. La Blogothèque ne lui est pas inconnue. Loin de là même. Fan et remixeur de Beirut, et pote de My Brightest Diamond, le minot lâcherait bien son stand à CD pour pousser la chansonnette avec nous. Il nous emmène donc et Yoni Wolf, leader de Why? nous suit, curieux de s’être ainsi fait piquer sa vidéo.

Parce qu’après il fallait bien rentrer chez soi. Ryan est ému, les Why? rieurs, et nous ravis. Yoni nous achève d’un tendre « anytime, anywhere ». Retour à la réalité : Boulogne à 1h du mat’, même un samedi soir, c’est pas la fête à tous les coins. Tant mieux, les saveurs de cette soirée résonnent encore plus fort dans ce silence.

Mais Boulogne n’était qu’un commencement. Quelques jours plus tard nous prend l’idée un peu incongrue d’aller voir Why?… à Metz. En manque sans doute, comme un junkie peut parcourir Paris pour aller dégoter son fix. Après quelques heures d’autoroute, la capitale de la Moselle s’offre à nous. Why? joue donc dans le cadre d’un festival «Musiques Volantes» et ne sont pas prévenus que nous venons. Là encore, les membres de l’organisation sont adorables. S’éloigner de Paris est définitivement revigorant. Tout le monde se dit bonjour et se sourit, c’est étonnant. En plus, le lieu est magique. Sorte d’ancienne abbaye consacrée à la musique. Nous débarquons dans les loges. A l’inverse de Boulogne, les mêmes Why? lâchent leurs mails pour nous accueillir avec le sourire, ravis de nous retrouver pour de nouvelles aventures. Et avant de monter sur scène, Yoni avait quelques idées en tête…

Tard dans la nuit, épuisés, nous désespérons de trouver quelque nourriture pour remplir nos estomacs affamés. De surprise en surprise, on dégote un kebab ouvert à 2 du mat’. Vive Metz !

Le lendemain, le FC Metz (Ligue 2) va battre le septuple champion de France de foot lyonnais chez lui. Etrange coïncidence…

Nathanaël

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