La Blogothèque http://www.blogotheque.net Fri, 27 May 2016 08:39:24 +0000 fr-FR hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.8.1-alpha Fractured Air x Blogothèque – S01E05 | May mix http://blogotheque.net/2016/05/27/fractured-air-x-blogotheque-s01e05-may-mix/ http://blogotheque.net/2016/05/27/fractured-air-x-blogotheque-s01e05-may-mix/#comments Fri, 27 May 2016 08:39:24 +0000 http://blogotheque.net/?p=24800 Each month, Craig and Mark from Irish music website Fractured Air will curated an exclusive mix on Blogothèque with old favourites, new comers, excerpts of interviews and premieres.
Listen to previous episodes -

fracturedairmix_may16

For May’s mixtape we are delighted to present a pair of exclusive tracks by two of Ireland’s finest songwriters: Adrian Crowley and Katie Kim.

Since his debut release at the turn of the century (A Strange Kind), Adrian Crowley has quietly established himself as one of the finest songwriters of his generation. With seven studio albums to date (Crowley’s most recent record is Some Blue Morning, released in 2014 via Glasgow-based label Chemikal Underground) Crowley’s reputation has been built upon his poetic lyricism, distinctive baritone and a natural gift for storytelling. Presented here exclusively for this mix is Adrian Crowley’s haunting cover version of U.S. folk legend Jackson C. Frank’s “Milk And Honey”.

While the Buffalo-born musician Jackson Carey Frank only released the one album during his lifetime (his Paul Simon-produced self-titled debut from 1965) Frank’s reputation has steadily grown in recent times, in no small part due to Ba Da Bing’s release of The Complete Recordings (2015) and the 10” vinyl issue of Forest Of Eden (Secret Records, 2013), a collection of previously unreleased tracks and demos.

We’re equally thrilled to present an exclusive track by another of Ireland’s best-loved and consistently intriguing songwriters, Katie Kim (the pseudonym for Waterford-born Katie Sullivan). With two full-length albums to date (2008’s Twelve and 2012’s double LP Cover&Flood) a third LP, entitled Salt, is scheduled for release later in 2016. Katie Kim has supported the likes of Low and Slint to date while her diverse influences stem from the realms of experimental, folk, post-rock, shoegaze, ambient and outsider folk.

Also presented in May’s mixtape is a number of long-established cornerstones to the independent music scene who have debut records for their latest projects:

Four-piece Liima features Efterklang’s Mads Brauer, Casper Clausen and Rasmus Stolberg who are joined by Finnish percussionist Tatu Rönkkö. The band’s 4AD debut is entitled ii.

Dieterich & Barnes is the new collaboration between Jeremy Barnes (A Hawk And A Hacksaw, Neutral Milk Hotel) and Deerhoof’s John Dieterich who released their scintillating debut The Coral Casino on LM Duplication earlier this year.

You + Your D.Metal Friend” is the latest improvisational project from Cico Beck (Joasihno, Aloa Input, the Notwist) and Markus Acher (the Notwist, Tied & Tickled Trio, Rayon). The duo’s debut album Sonnier is available via the forever-dependable German independent label Alien Transistor.

01. William S. Burroughs – “Origin and Theory of the Tape Cut-Ups” (excerpt) (Sub Rosa)
02. Jóhann Jóhannsson – “Melodia (I)” (4AD)
03. Moondog – “Each Today Is Yesterday’s Tomorrow” (Columbia)
04. Mark Pritchard – “Beautiful People” (feat. Thom Yorke) (Warp)
05. Tim Hecker – “Music of the Air” (4AD)
06. Andy Stott – “Too Many Voices” (Modern Love)
07. Kaitlyn Aurelia Smith – “Envelop” (Western Vinyl)
08. Joasihno – “Wondrous Sibling” (Alien Transistor)
09. Dieterich & Barnes – “What” (LM Duplication)
10. Liima – “Amerika” (4AD)
11. Wildbirds & Peacedrums – “Soft Wind, Soft Death” (The Leaf Label)
12. Max Richter – “Path 5” (Mogwai Remix / Edit) (Deutsche Grammophon)
13. Adrian Crowley – “Milk And Honey” (Unreleased)
14. The Beacon Sound Choir – “Drone 1” (excerpt) (Infinite Greyscale)
15. You + Your D. Metal Friend – “Sonnier 6” (Alien Transistor)
16. Homeboy Sandman – “God” (Stones Throw)
17. DJ Danger Mouse – “Interlude” (Self-Released)
18. Dick Dale & His Del-Tones – “Angry Generation” (Ace)
19. DJ Shadow – “Nobody Speak” (feat Run The Jewels) (Mass Appeal)
20. Ria Bartok – “Tu La Revois” (Ace)
21. Julianna Barwick – “Same” (Dead Oceans)
22. Georges Delerue – “Paul” (Le Mépris OST, EmArcy)
23. Katie Kim – “Warm Bait” (Unreleased)
24. Christina Vantzou – “Stereoscope” (Steve Hauschildt remix) (Bandcamp)
25. Marissa Nadler – “Waking” (Bella Union / Sacred Bones)
26. Harold Budd – “Afar“ (All Saints)

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Fractured Air is an online music webzine based in Cork, Ireland, which focuses on the best of independent music. Having started in July 2012, Fractured Air offers in-depth interviews, insightful reviews, original artwork and frequent mixes (including guest mixes), spanning the broad spectrum of today’s independent music scene.

Compiled by Fractured Air, May 2016. The copyright in these recordings is the property of the individual artists and/or record labels.
If you like the music, please support the artist by buying their records.

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The Great Escape 2016 : notre playlist http://blogotheque.net/2016/05/25/great-escape-2016-notre-playlist/ http://blogotheque.net/2016/05/25/great-escape-2016-notre-playlist/#comments Wed, 25 May 2016 08:57:19 +0000 http://blogotheque.net/?p=24797 Il y a quelque chose d’assez perturbant mais aussi de grisant à passer d’un groupe à l’autre, d’un genre à l’autre, d’une salle à l’autre toutes les vingt minutes pendant trois jours sans vraiment savoir sur quoi on va tomber, si on va aimer ou détester un artiste, y être totalement indifférent ou au contraire, en tomber follement amoureux.

Comme chaque année, on était parti au Great Escape avec un stock de chouchous, d’espoirs, de conseils, de groupes déjà confirmés, de doutes (de boules Quies et de paracetamol). Comme chaque année, on en revient avec une playlist non-exhaustive de ce qu’on a vu, aimé (ou raté de peu parfois, il faut bien l’avouer) à Brighton.

Mention spéciale : à la voix étourdissante de Isaac Gracie et son “Terrified” qu’on a bien du mal à s’enlever de la tête (surtout depuis qu’on l’a filmé pour un Concert à Emporter qui arrive bientôt, promis) ; à la folk fascinante d’Alice Phoebe Lou qui, du haut de son petit 1m55, et de son timbre merveilleusement doux, n’a pas hésité à hurler au fond de la salle de se taire pendant qu’elle “mettait son âme à nue” sur scène ; au Canada qui nous aura apporté deux belles surprises – la captivante électro-pop de la Montréalaise Foxtrott et la coolitude rock absolue de The Velveteins qui feraient passer cet horrible mois de novembre mai pour le plein été ; aux très chevelus Blaenavon dont le songwriting habité et les nouveaux titres à vif, attendus pour la rentrée, vont sans trop de doute faire chavirer pas mal de coeurs et secouer pas mal de têtes ; à l’électro affreusement contagieuse de Makeness, en full band sur scène, trombones compris ; aux chiens fous de Shame, qu’on est bien triste d’avoir manqué ; aux Californiens Lewis Del Mar, grosse claque du festival ; et à nos chéris de Money (pas franchement une découverte, certes) qui ont clôturé, pour nous, le festival en beauté.

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Concert privé : Ala.ni au Château de Fontainebleau http://blogotheque.net/2016/05/12/concert-prive-alani-au-chateau-de-fontainebleau/ http://blogotheque.net/2016/05/12/concert-prive-alani-au-chateau-de-fontainebleau/#comments Thu, 12 May 2016 08:43:56 +0000 http://blogotheque.net/?p=24788

Nous sommes tombés amoureux d’elle lorsque nous l’avons filmée, seule, à la Chapelle Expiatoire.
Nous sommes tombés amoureux d’elle lorsque nous l’avons filmée au même endroit en duo improvisé avec Villagers.
Nous sommes de nouveau tombés amoureux d’elle lorsqu’elle a joué, avec une harpiste, en première partie de la folle Soirée de Poche de St Paul & The Broken Bones.
Nous sommes encore tombés amoureux d’elle lorsque nous avons tourné le clip de “Circle” dans le Sud de la France l’été dernier.

Nous allons tombés amoureux d’elle une fois encore lorsqu’elle donnera, le mercredi 18 mai, un concert privé accompagnée de l’ensemble instrumental CODE dans le magnifique cadre du Château de Fontainebleau où nous l’avons invitée.

Pour assister à ce concert exceptionnel, il vous suffit d’envoyer un mail à blogotheque@gmail.com en précisant si vous voulez 1 ou 2 places avant le samedi 14 mai, 23h59.

Le tirage au sort a eu lieu et les gagnants ont été prévenus par mail !

Si vous n’avez pas de moyen de locomotion perso ou que vous voulez éviter le Transilien, un bus spécialement affrété pour l’occasion vous emmènera au Château (départ à 19h à Porte d’Orléans) et vous ramènera (au même endroit) après le concert.
Merci de préciser dans votre email si vous souhaitez prendre ce bus – les places sont limitées !

Et pour ceux qui n’auront pas la chance d’être tirés au sort, pas de panique : des places sont aussi à gagner sur la page Facebook d’Arte Concert, et le concert lui-même sera diffusé dans son intégralité en livestream et en replay sur Arte Concert.

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Gaspar Claus & Pedro Soler – La Petenera (excerpt) http://blogotheque.net/2016/04/29/gaspar-claus-pedro-soler-la-petenera-excerpt/ http://blogotheque.net/2016/04/29/gaspar-claus-pedro-soler-la-petenera-excerpt/#comments Fri, 29 Apr 2016 12:08:34 +0000 http://blogotheque.net/?p=24775 C’est un père et son fils, une guitare et un violoncelle. Nous les avons filmés dans la chaleur du Sud de la France, dans des salles de concert et des déserts. Nous les avons suivis au fil des années, les avons maintes fois racontés, et je pense que jamais je ne pourrai dépasser le premier texte que ces deux-là m’ont inspiré, il y a huit ans déjà.

Je ne me lasserai jamais de cette danse, de cette interaction, de Gaspar qui ne regarde nulle part, de Pedro qui regarde Gaspar. C’est cette fois-ci en Islande, où les deux étaient partis enregistrer leur album qui au final s’est fait ailleurs. Colin était avec eux, il en a tiré un beau film sur les fantômes. Ce Concert à emporter en est extrait.

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Okay Kaya http://blogotheque.net/2016/04/27/okay-kaya/ http://blogotheque.net/2016/04/27/okay-kaya/#comments Wed, 27 Apr 2016 13:34:13 +0000 http://blogotheque.net/?p=24736 Les chansons d’Okay Kaya ont toute en commun une lenteur exceptionnelle. Elles se déploient chuchotées, prennent chacune le temps d’arriver, comme si elles étaient conscientes de la fragilité de la voix qui les porte. Peut-être est-ce parce que Kaya est grande et mince, qu’elle a appris à faire sienne une délicatesse démesurée, afin de ne pas se cogner, afin d’être en instable harmonie avec le monde.

Et c’est tellement doux, tellement bas, qu’elle a beau être la moins bruyante, elle est celle vers qui on tend l’oreille. Pour que peu à peu, on soit si près que les tintements des verres et des assiettes deviennent à peine plus qu’un brouillard.

Il y avait eu une chanson chantée comme celle-ci, chuchotée à un seul et enregistrée dans la multitude. C’était “If I ever love someone” de My Brightest Diamond. Je suis heureux de la parenté de ces deux concerts à emporter.

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Replay : tous les concerts du Arte Concert Festival 2016 http://blogotheque.net/2016/04/20/replay-les-concerts-du-arte-concert-festival-2016/ http://blogotheque.net/2016/04/20/replay-les-concerts-du-arte-concert-festival-2016/#comments Wed, 20 Apr 2016 10:22:52 +0000 http://blogotheque.net/?p=24732 C’était ce weekend, on a encore du mal à s’en remettre, mais c’était fou, et beau (et fou) (et beau).

De nos chouchous de Ought à Anna B. Savage dans l’entre-foyer de la Gaité, de Nada Surf au merveilleux retour de The Divine Comedy, de la soirée électro avec Carl Craig, Brandt Brauer Frick, HVOB, Kiasmos, André Bratten, GordonChloé et Ivan Smagghe, à la soirée piano menée par les prodiges Lubomyr Melnyk, Grandbrothers, Francesco Tristano & Bruce Brubaker, et terminée en apothéose par Patrick Watson, feat. Matthieu Chedid et Marie-Pierre Arthur, vous pouvez dès maintenant revoir tous les concerts de la première édition du Arte Concert Festival sur le site d’Arte Concert, et ci-dessous.

Parce qu’on a vécu un moment incroyable avec notre BFF canadien, on vous conseille vivement de commencer par le concert intégral de Patrick Watson, qui s’est fini, en acoustique, dans le foyer de la Gaité Lyrique.

Ought

Nada Surf

Anna B. Savage

The Divine Comedy

HVOB

Brandt Brauer Frick

Carl Craig

Kiasmos

Gordon

André Bratten

Chloé B2B Ivan Smagghe

Lubomyr Melnyk

Grandbrothers

Francesco Tristano & Bruce Brubaker

Patrick Watson & friends (feat. Matthieu Chedid & Marie-Pierre Arthur)

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The Strangest Creature on Earth. http://blogotheque.net/2016/04/13/strangest-creature-earth/ http://blogotheque.net/2016/04/13/strangest-creature-earth/#comments Wed, 13 Apr 2016 12:07:12 +0000 http://blogotheque.net/?p=24725

Un Concert à emporter consiste souvent à enregistrer et à filmer une chanson que l’on connaît, dans des lieux qu’on ne connait pas. On espère secrètement en froisser la défroque, lui extirper un peu de beauté franche, la prendre à une autre température, ou – pourquoi pas ? – faire exister chez elle une possibilité que le travail en studio n’avait pas exploré.

Il arrive, et c’est plus rare, qu’il devienne un moment de création complète. C’est ce qui nous est arrivé quand les OISEAUX-TEMPÊTE ont joué “The Strangest Creature on Earth”, un morceau sorti de nulle part, ex nihilo et parti d’un seul jet, pendant cette session qui nous avait permis de capter plus tôt dans l’après-midi “Ütopiya/On Living”.

On se souvient des feuillets épars, les quelques vers du rougeoyant Nazım Hikmet : «Tu es terrifiant, mon frère,/ Comme la bouche d’un volcan éteint.» La lumière au dehors était déclinante. On assista d’abord à un changement de configuration qui fut aussi la naissance d’un nouveau foyer. Au vide laissé au centre de la configuration circulaire succéderait un harmonium totem. Un reed-organ plus précisément. On apprend qu’il fut probablement construit en 1906 à Brattleboro en Utah. On avait posé une lampe dessus juste à côté d’une figure égyptienne en position christique. Par dessus l’épaule, on voyait des mains officier, de l’ivoire des tirants aux touches du clavier, poussant-tirant-ajustant, pour aller ensuite mimer un peu fébriles quelques accords fictifs. Elles se poseraient ensuite sur les cuisses, renonçant momentanément à l’affairement, et les pieds viendraient prendre position sur le pédalier.

Il y eut ensuite le poème sur lequel on s’accorde en quelques mots et regards. « Comme le moineau, mon frère,/Tu es comme le moineau,/dans ses menues inquiétudes. » On se rapproche. Une autre bouche s’approche d’un bec, les lèvres se posent au plus près de l’anche, les doigts courent le long du corps cylindrique sur un jeu d’anneaux et de clés, se déliant sur des sons lâchés staccato, puis sur des suites plus sinueuses, cahotantes et irrégulières. Le plancher craque sous les pas tandis que les paradoxes de Nazım s’égrènent : «Tu es comme le mouton mon frère, quand le bourreau habillé de ta peau/quand l’équarrisseur lève son bâton/tu te hâtes de rentrer dans le troupeau/et tu vas à l’abattoir en courant presque fier ». On commence à comprendre de quoi ça parle. C’est la voix de Jos qu’on entend. Il marmonne. Il ressasse. Il y a bien dû y avoir quelques vannes ou vacheries entre temps. De l’autre côté, l’archet posé sur la six cordes est tendu. Le corps est courbé, penché sur l’ouvrage, et le bras levé. Puis les pieds ont dû commencer à actionner le pédalier, le vent s’est engouffré, les anches ont vibré et ils y sont allés. Ce sont les images qu’on a gardées. De mémoire. Puis on s’est éclipsé. Le reste, on ne l’ a pas vu.

« Comme le scorpion, mon frère, tu es comme le scorpion/ dans une nuit d”épouvante ».

Le reste est cette sacrée chaire de poule restée absolument intacte qui vous prend à l’écoute de “The Strangest Creature on earth”. On a pu l’entendre derrière une cloison pendant qu’Elie filmait,  comme vous pourrez l’entendre sur ce nouvel album intitulé UNWORKS & RARITIES (Subrosa) qui sortira le 4 mai prochain. Il existe des images de ce moment-là, mais le morceau existe sans, depuis le début, et l’on ne mentirait guère si l’on vous dit que son pouvoir de suggestion n’en est que décuplé. Il est des objets que l’art judicieux doit offrir à l’oreille et reculer des yeux disait un partisan des Anciens. Il est vrai que l’on peut préférer la figure à l’objet, la rêverie que la figure suggère aux circonstances réelles. On peut aussi considérer que cette image de Saint ou de cet Empereur d’Orient au visage effacé, raturé, qui orne la pochette vous en dise beaucoup plus, au fond, sur l’étrange créature que ce que nous avions pu saisir à la caméra, de ces corps en mouvement et à l’oeuvre : les tensions qu’elle dessine entre la présence et l’absence, la puissance et sa vanité, le sacré et le sacrilège, entre la vénération des images et leur détestation, l’ouvert et le clos, le visible et l’invisible.

“Tu es la plus étrange des créatures, en somme,/Plus drôle que le poisson…”

Il y avait Frédéric D. Oberland au Reed-organ, Stéphane Pigneul à la basse VI, G.W. Sok au chant et Gareth Davis à la clarinette basse. C’est Guillaume de la Villeon qui avait assuré la prise de son.

Les OISEAUX TEMPÊTE sont en concert au Badaboum (le 13/04, à Paris) et peut-être pas très loin de chez vous ces prochains jours. Ils passent notamment au Printemps de Bourges. Courez les voir, ils reviennent de Beyrouth et ont probablement plein de choses à vous raconter et à vous faire écouter.

Le Concert à emporter des OISEAUX-TEMPÊTE : http://www.blogotheque.net/2016/01/13/oiseaux-tempete-feat-gw-sok-gareth-davis/

Le site des OISEAUX-TEMPÊTE : http://www.oiseaux-tempete.com/tour.html

Extraits de “Dünyanın en tuhaf mahluku” dans la traduction de Munevver Andac et de Guzine Dino (Nrf/Poésie/Gallimard).

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Le Arte Concert Festival en détail http://blogotheque.net/2016/04/11/le-arte-concert-festival-en-detail/ http://blogotheque.net/2016/04/11/le-arte-concert-festival-en-detail/#comments Mon, 11 Apr 2016 09:48:36 +0000 http://blogotheque.net/?p=24713 Le Arte Concert Festival, c’est ce weekend !

Du 15 au 17 avril, à la Gaité Lyrique, se succèderont The Divine Comedy, Nada Surf, Ought, Patrick Watson, Francesco Tristano et Bruce Brubaker, Carl Craig, Kiasmos et bien d’autres.

Pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’avoir de places (eh oui, le festival est complet), la bonne nouvelle, c’est que nous poserons nos caméras à la Gaité dès vendredi pour filmer tous les concerts du festival qui seront retransmis, en direct, sur Arte Concert (et sur Arte, la chaine, pour une partie de la soirée du samedi, sisi).

Autre bonne nouvelle : pendant toute la durée du festival, vous pourrez aussi revoir un paquet de lives et de concerts privés rediffusés exceptionnellement sur Arte Concert – cela inclut les Soirées de Poche de Beirut, Vampire Weekend, Feist et Son Lux.

Les horaires de chaque concerts et de tous les évènements libre d’accès (projections, ateliers pour enfants avec Gordon et Grandbrothers, brunch, carte blanche Inrocks Lab, Club Docu de Konbini) qui auront lieu autour du festival sont à retrouver ci-dessous.

(Cliquez sur l’image pour l’ouvrir en grand)

ARTECONCERT_lineup-web

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Arte Concert Festival, du 15 au 17 avril 2016 à La Gaité Lyrique Toutes les infos sur le site d’Arte Concert et de la Gaité Lyrique.

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Bitch better have my Money http://blogotheque.net/2016/04/07/bitch-better-money-2/ http://blogotheque.net/2016/04/07/bitch-better-money-2/#comments Thu, 07 Apr 2016 09:12:58 +0000 http://blogotheque.net/?p=24702 Il était 15h – 15h30 peut-être – un vendredi après-midi d’automne. Je venais de rentrer d’un studio de banlieue parisienne où on m’avait convoquée pour jouer les doublures talons d’une actrice pour l’un de nos films (véridique). Un peu plus tôt dans la semaine, Simon de Bella Union m’avait envoyé l’album de Money, lequel attendait depuis sagement que je trouve le moment idéal pour l’écouter.

Le bureau était calme. Chacun vaquait à ses occupations dans le silence le plus complet, alors j’ai enfilé mon casque, je me suis coupée du monde, j’ai mis le volume au maximum, et j’ai appuyé sur play sans me douter que quelques minutes plus tard, j’allais devoir essuyer discrètement les larmes qui coulaient de façon tout à fait désordonnée le long de mes joues.

J’aimerais expliquer ce qui s’est passé de la manière la plus juste qui soit, mais je sais déjà que je n’y arriverai pas aussi bien que je le voudrais. Le mieux que je puisse faire, c’est peut-être de dire que c’était avant tout une réaction physique, une décharge électrique puissante, étourdissante, mais pas écrasante. Un peu comme dans ces films où le personnage principal se retrouve pris dans un tourbillon d’émotions trop fortes pour être disséquées convenablement, trop brutes pour être identifiées sur le moment. Ou comme ces déluges d’été qui se déchainent pendant de longues minutes avant de laisser soudainement place au soleil, aveuglant, entre des amoncellements de nuages noirs menaçants.

“What I’m trying to say it’s that I don’t want to be god
I just don’t want to be human”

J’ai toujours été fascinée par les orages, par leur facilité à passer de la violence la plus pure au calme le plus total, de la noirceur à la lumière en une fraction de seconde – clac ! -, et je crois que c’est exactement ce que Suicide Songs m’a fait, en particulier “I Am The Lord”, “I’m Not Here” et “Night Came” dont je ne me remets toujours pas.

Jusqu’à sa conclusion, le tremblant, titubant et diablement beau “Cocaine Christmas And An Alcoholic’s New Year”, j’ai pris cet album en pleine tête, comme lorsqu’on fonce dans un mur après une course folle – sauf qu’ici, le mur s’ouvre au premier accroc, et on se retrouve, sans bien comprendre comment, de retour au point de départ. Un mythe de Sisyphe mélodique.

“If I can give you a piece of myself
I would give you a box of night”

Avant même de finir de l’écouter, je savais déjà que Suicide Songs allait devenir l’un de ces rares disques qui me porteraient pendant des années. Un album que j’allais écouter compulsivement, certes, mais aussi pas n’importe où et pas n’importe quand. En haut de mes montagne. Sur les longues routes désertes d’Islande, au milieu des champs de lave. La nuit, en traversant Paris vidée de sa vie. La nuit, surtout.

Sauf que nous étions l’après-midi du vendredi 13 novembre. Et que tout allait basculer.

“Night came very fast
As if it had fallen over drunk”

Pendant des jours, calfeutrée chez moi, hagarde, je n’ai plus pu écouter de musique. Des heures de silence et de vide qu’un seul disque est pourtant venu combler : celui de Money.

J’étais terrifié à l’idée de l’intégrer à cet après où rien n’avait de sens. Non pas parce que je ne voulais pas l’associer à la mort et la torpeur, mais parce que l’effet qu’il m’avait fait la première fois, cet “avant” dont ma mémoire ne garde aujourd’hui que des souvenirs flous, était tellement démesuré que je craignais de m’effondrer, avalée par ce trop plein d’émotions.

Je me trompais.

“All my life, I’ve been searching for something
So I always ended up with nothing”

Chacun des titres de Suicide Songs est une tempête intérieure, mais aussi une lumière inouïe au milieu de l’infinie obscurité.

Ces notes de guitares pleine de reverb qui sentent presque la quiétude de l’été. Ces percussions qu’on semble caresser pour ne pas les blesser. Ce timbre indéfinissable, entre l’appel à l’aide et la plénitude absolue. Cette lenteur, trop rare dans un monde où le calibre d’une popsong ne devrait soit-disant pas dépasser les deux minutes trente. Ces cuivres plaintifs à la majestueuse mélancolie. Ce tourbillon de mots qui dansent comme s’ils avaient été cousus ensemble par les plus délicates des mains; d’arrangements à en perdre la tête; de cordes qui grimpent le long des murs; de choeurs célestes venus d’un autre monde. Ce déchainement de sons, d’instruments, d’assemblages complexes qui jouent aux montagnes russes. Et cette voix, toujours, fil d’Ariane au milieu du chaos, qui s’emballe comme si elle perdait pied, explosant à la surface avant de replonger, remonter, replonger, remonter, invariablement.

Et puis plus rien.

“When I was a child I made a deal against the sun
That if it died out that I would carry on
So you can feel and you can see
That it’s all real
And you won’t have to cry”

La tempête est passée. Personne n’en est sorti indemne. Elle a laissé des traces visibles, mais aussi un nouvel espoir chevillé au corps.

Je n’ai jamais été dans l’oeil d’un cyclone, mais j’imagine que ce bref sentiment d’apaisement avant le retour des éclairs et des bourrasques s’approche de ce que Suicide Songs a réussi à faire musicalement. Il porte en lui, dans l’agencement de ses notes, dans sa construction mélodique et dans la manière dont il est enluminé par les poèmes de Jamie Lee, la folle espérance qu’une porte de sortie existe toujours, qu’il y a bien une fin au tunnel. Une respiration possible. Cet air qui me manquait cruellement dans les semaines qui ont suivi ce vendredi 13 novembre. Cet air qui me manque aussi quand la vie finit inévitablement par devenir étouffante.

“I’m married to the sky
I’m a servant of the hour
I’m open as time
And I’m perfect without power”

Depuis, j’écoute Suicide Songs en boucle, n’importe où, n’importe quand. Le jour. La nuit. Sous terre. En l’air. Dans mon lit. Dans celui des autres. Dans des lieux idylliques. Dans les endroits les plus glauques. Quand j’arrive en haut de l’escalator et que le jour m’aveugle d’un coup. Quand je roule trop vite. Quand les heures avancent trop lentement. Quand j’ai besoin de reprendre haleine sans me sentir étranglée. Comme si chaque chanson était le début d’une perpétuelle épiphanie. Comme une délivrance insoupçonnée quand l’asphyxie approche.

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Suicide Songs est disponible sur le site de Bella Union.
Toutes les dates de concert du groupe sont à retrouver sur le site de Money.

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La grande évasion http://blogotheque.net/2016/04/07/la-grande-evasion/ http://blogotheque.net/2016/04/07/la-grande-evasion/#comments Thu, 07 Apr 2016 06:24:07 +0000 http://blogotheque.net/?p=24710 Brighton, son Pier, sa météo pas toujours clémente et surtout, son Great Escape, festival de découvertes musicales qui investit chaque année, au printemps, la ville pendant trois jours.

Avant de sauter dans l’Eurostar et d’aller écumer tous les bars et salles de concert de la ville le mois prochain, on a essayé de démêler la (très) longue programmation du festival britannique pour lister quelques uns de nos favoris pour l’édition 2016.

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Isaac Gracie
Il a suffit d’un email pour que l’on tombe amoureux d’Isaac Gracie, de ses cheveux savamment mal peignés et de sa voix à la Jeff Buckley qui aurait mangé Kurt Cobain (sans sauce). On est apparemment pas les seuls puisque Huw Stephens, qui a invité le jeune homme à jouer sur la scène de la BBC à Austin, n’en finit pas non plus d’encenser le songwritter anglais qu’on a donc hâte de voir en live pour la première fois.

Diet Cig
D’un côté, Alex, guitariste, chanteuse, pile électrique. De l’autre, Noah, batteur monté sur ressorts. Ensemble, ils forment Diet Cig, duo Marsupilami au rock lo-fi parfait pour un road-trip d’été cheveux au vent.

Jacob Collier
Jacob Collier, c’est un peu comme si ton petit frère de 15 ans se mettait à chanter et que sortait de sa bouche une voix de jazzman du Montreux Jazz Festival. Star de YouTube (ahem), adoubé par Dieu Quincy Jones, le multi-instrumentaliste sait à peu près tout chanter et tout jouer. Confirmation au Great Escape ?

Blaenavon
Ils n’étaient même pas majeurs quand on les on avait fait jouer à l’une de nos soirées d’été il y a trois ans. Impressionnants de maîtrise, carrés jusque dans l’explosion juvénile, le rock de Blaenavon nous avait tellement bluffé qu’on n’avait plus pu décrocher de leurs ep pendant de longs mois, avant de les revoir au Great Escape 2014. L’obsession est revenue depuis qu’on a recroisé le trio à SXSW cette année (et vue cette vidéo) : voix aussi mélancolique qu’enragée, riffs lunaires, percussions taillées au scalpel – les Anglais devraient revenir, on l’espère, avec de nouveaux titres cette année qu’on aura peut-être la chance d’écouter au festival.

Sudakistan
Ça sent le souffre chez Sudakistan, et ce n’est pas pour nous déplaire. On a plus vraiment l’âge de pogoter, mais on va quand même certainement le faire au concert de ces Suédois au nom de ville imaginaire digne d’une BD d’Hergé et au rock bordélique et crade comme on les aime.

Mothers
Ok, on triche un peu : ce sont des copains des Districts, nos chouchous découverts il y a deux ans au festival, et ils ont tournés avec Of Montreal. Menés par Kristine Leschper, guitariste au timbre céleste, le quartet navigue aisément entre rock orchestral et rock nineties de slacker.

Bayonne
C’est aérien et tribal, illuminé et répétitif, et on a bien du mal à mettre un nom sur les boucles mélodiques de ce producteur d’Austin qu’on découvrira pour la première fois en live.

Kojey Radical
On aime le flow rapide de ce poète, danseur et musicien londonnien, ses productions dépouillées et leur ambiance de fin du monde.

Alice Phoebe Lou
À 17 ans, Alice quitte son Afrique du Sud natale pour venir jouer dans les rues de Paris. Quelques années plus tard, c’est en première partie de la légende Sixto Rodriguez qu’on la retrouve, guitare en main, voix de coton bâtie pour les mélodies orchestrales. Son premier album, prévu ce mois-ci, va faire tourner bien des têtes, on en est sûr.

Makeness
La meilleure façon de planner et de danser jusqu’à l’aube, sans la moindre drogue. On se remet difficilement de la découverte de l’électro contagieuse (et ultra-efficace) de ce producteur écossais signé chez Handsome Dad Records, ancien label de Spring King, co-fondé par le batteur de Money (oui, la scène musicale de Manchester est très incestueuse).

Let’s Eat Grandma
Elles ont des voix d’enfants, des cheveux longs bouclés, et un gros penchant pour les harmonies vocales angéliques, et la pop lente, minimaliste (et le saxophone). Quelques rares titres trainent ça et là sur l’Internet mondial et on est très curieux de voir ce que ce duo signé chez Transgressive donnera sur scène après le visionnage de l’unique vidéo live du groupe.

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L’édition 2016 du Great Escape se tiendra du 19 au 21 mai à Brighton.
Retrouvez le line-up intégral du festival par ici.

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