La Blogothèque http://www.blogotheque.net Thu, 24 Jul 2014 15:53:18 +0000 fr-FR hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.8.1-alpha Peter Matthew Bauer http://blogotheque.net/2014/07/23/peter-matthew-bauer/ http://blogotheque.net/2014/07/23/peter-matthew-bauer/#comments Wed, 23 Jul 2014 12:39:38 +0000 http://blogotheque.net/?p=22676 Les trombes d’eau de la matinée avaient menacé de nous faire annuler le Concert à Emporter, jusqu’à ce qu’un épais brouillard ne transforme les dix minutes de marche qui séparait les bureaux du label Mexican Summer du parc Msgr. McGolrick à Greenpoint en une traversée du Styx. Celle-ci conduisit Peter Matthew Bauer, Skyler Skjelset et moi à un simple banc, parfait décorum pour le râga de Peter.

Un râga est une suite de quatre ou cinq notes sur lesquelles une mélodie se construit et doit refléter les sentiments du musicien, une teinte ou une couleur qui peut refléter une nuance psychologique ou une certaine perception des choses.

Dans ce Concert à Emporter, il a joué son “Philadelphia Raga”, un titre hommage à la ville dans laquelle il a enregistré son premier album solo, un hymne au passage, à l’éparpillement et à l’épiphanie.

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“Arua Amusica” : les Concerts à Emporter au Brésil (4/5) http://blogotheque.net/2014/07/17/arua-amusica-les-concerts-emporter-au-bresil-45/ http://blogotheque.net/2014/07/17/arua-amusica-les-concerts-emporter-au-bresil-45/#comments Thu, 17 Jul 2014 13:44:17 +0000 http://blogotheque.net/?p=22662 Tulipa Ruiz

Sao Paulo. Mars 2011. Avril 2012.
Tulipa est une des chanteuses les plus charismatiques du Brésil, sa puissante présence scénique et son sens de l’humour sur scène sont une juste projection de sa personnalité.
Elle a grandi dans une famille de musiciens et a travaillé très tôt dans un magasin de disques à Sao Paulo. Elle apporte ce passé avec elle sur scène puisqu’elle y joue avec son père Luiz Chagas et son frère Gustavo Ruiz tous deux guitaristes.

Tulipa a une voix particulière facilement reconnaissable dans ses vibrantes notes aiguës. Son premier album « Efêmera » (2010) est un disque fourmillant de chansons aux douces mélodies, attachantes dès la première écoute et qui a conquis un large public dès sa sortie.
Les attentes étaient grandes après « Efêmera », Tulipa est revenue avec un album sombre et profond, cathartique, loin de là où beaucoup l’attendaient.

Ces vidéos ont été filmées avant la sortie de Tudo Tanto, et elle y chante deux extraits de « Efêmera », « Borcal Dorado » filmée sous un kiosque dans un parc en 2011 et «Ás Vezes » à Augusta, la rue de Sao Paulo qui ne dort jamais.


(Texte par Filipe Franco)

Thiago Pethit

Sao Paulo. Mars 2011.
Thiago Pethit est un des représentants majeurs de la nouvelle scène musicale de Sao Paulo.
Son premier album « Berlim Texas » (2011) est un disque délicat de chansons minimalistes-folk arrangées de façon simple et organique, avec de fortes influences du cabaret européen et de la pop américaine. Sa musique est en ce sens représentative de la ville de Sao Paulo, ou le cosmopolitisme et les croisements de cultures sont continuellement présents.

En 2012 Thiago sort un deuxième album, ‘Estrela Decadente’ (‘Etoile Decadente’), album théâtral dans lequel il se distancie de ce minimalisme-folk qui le caractérisait et incarne un personnage plus trash, plus dandy, avec beaucoup d’ironie, de sexe… de décadence.

Dom La Nena et lui sont devenus amis quelques jours avant ces films, se rendant compte qu’ils avaient habité en même temps a Buenos Aires dans la même rue quelques années auparavant.. Doma alors invité Thiago a chanté en duo « Buenos Aires » sur son premier album « ELA » et elle l’a accompagné à plusieurs reprises sur scènes… et dans ces vidéos tournées 25 étages au-dessus de l’avenue Paulista.

C’était un dimanche typique avec rien de particulier à faire sinon s’amuser un peu entre amis, et la ville s’étendant à perte de vue nous a rappelé la Mapa Mundi (mappemonde) que Thiago chante dans sa chanson.


(Texte par Filipe Franco)

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ALB http://blogotheque.net/2014/07/16/alb/ http://blogotheque.net/2014/07/16/alb/#comments Wed, 16 Jul 2014 16:42:28 +0000 http://blogotheque.net/?p=22656 Il y avait ce musicien. Il n’avait que trois lettres à son nom et un certain nombre d’idées folles dans ses tiroirs, dont certaines qu’il réussissait à concrétiser. Il avait ainsi réalisé un clip angoissant qui infestait votre ordinateur en y laissant les traces d’une vénéneuse amourette, un Liaison fatale dont vous êtes le héros.

Quand on a commencé à parler de faire une série de Concerts à Emporter avec lui, il a poussé quelques bricoles, pour dégager une boîte étiquetée Reims, sa ville d’origine. Et là, du restaurant d’en bas de chez lui, au marché du samedi, des idées par pelletées, si bien qu’au lieu de se contenter d’un morceau, nous sommes partis en filmer sept.
Parmi eux, ce premier film, pas le moins fou, avec ce défi en phase avec la saison : pourquoi ne pas faire un plan séquence, avec un drone, dans un stade, et plein de choristes, et aussi plein de cuivres, et une batterie et un piano au milieu du gazon ?

Ben on l’a fait. Et c’était bien… Voyez donc !

ALB jouera en concert à Rock en Seine le 23 août prochain !

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Un nouvel album de Half Japanese http://www.blogotheque.net/bloc/nouvel-album-de-half-japanese/ http://www.blogotheque.net/bloc/nouvel-album-de-half-japanese/#comments Thu, 10 Jul 2014 07:00:49 +0000 http://www.blogotheque.net/?post_type=bloc&p=22645 Non, vous ne rêvez pas. 13 ans après Hello, les moitié-de-japonais sont de retour. Joyful Records, qui accueille déjà Jad Fair en résidence pour un coffret de quatre LPs, vient d’annoncer la publication prochaine de Overjoyed, déjà disponible en pré-commande. Pour marquer le coup, l’annonce est accompagnée d’un petit film dans lequel la crème de la crème des groupes qui ont été marqués par les frères Fair et leurs potes nous rappellent l’importance considérable de ce groupe, pionnier du DIY à l’américaine. C’est peu dire qu’on va attendre le 2 septembre avec impatience.

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Cate Le Bon http://blogotheque.net/2014/07/09/cate-le-bon/ http://blogotheque.net/2014/07/09/cate-le-bon/#comments Wed, 09 Jul 2014 12:56:24 +0000 http://blogotheque.net/?p=22640 Tout semblait un peu de guingois, tout semblait un peu ancien, des boucles de Huw aux lunettes de soleil de Cate (qu’elle ne quittera jamais), sans parler de cette pièce froide, vide, dans laquelle le Louxor avait fini par nous laisser nous préparer.

Il y avait là deux canapés et une série de portraits de spectateurs, tous pris dans le même cadre. Dehors, Barbès était bruyante, la pluie menaçant. Tout semblait n’être qu’inconfort.

Mais c’est sans doute ce qui convenait le plus à sa musique, à ces mélodies qui font toujours un pas de côté, à ces voix qui volent juste un poil trop haut, et qui semblaient s’amuser de jouer ce jour là pour une ville qui de toute façon, ne les entendrait pas, tant elle était grise et bruyante.

C’était aussi tout ce que Cate accepterait. Elle refusa poliment de sortir dans la rue pour jouer, nous sortant l’excuse la plus inattendue : “je sentirais que je m’impose aux gens, et je ne veux pas être malpolie.”

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Damon Albarn et Alexis Taylor en direct de Days Off http://blogotheque.net/2014/07/09/damon-albarn-en-live-days/ http://blogotheque.net/2014/07/09/damon-albarn-en-live-days/#comments Wed, 09 Jul 2014 08:08:10 +0000 http://blogotheque.net/?p=22627 On a déjà longuement déclaré notre amour à Damon Albarn sur la Blogo. Alors pour prouver une nouvelle fois qu’on l’aime vraiment très fort, on le filmera à la Salle Pleyel à Paris ce mercredi dans le cadre du génial festival Days Off.

Après Alexis Taylor d’Hot Chip, dont on retransmettra aussi le live à partir de 20h, le concert (complet) sera à suivre en direct ici même et sur Arte Concert à partir de 21h15. Et pour avoir déjà vu le monsieur à l’Alhambra en mai, on vous assure que ce serait bête de le manquer.

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Honey Wild http://blogotheque.net/2014/07/08/honey-wild/ http://blogotheque.net/2014/07/08/honey-wild/#comments Tue, 08 Jul 2014 10:34:08 +0000 http://blogotheque.net/?p=22636 Découvrir ce 7’’ d’Honey Wild avec quelques mois de retard ça n’est pas si grave. Après tout, ces deux morceaux se prêtent moins à un automne frileux qu’à quelques pas de danses estivaux, les pas dansés que l’on fait jusqu’à la valise des vacances pour y glisser joyeusement un maillot de bain.

Ces deux morceaux d’Honey Wild, au premier abord, m’ont donné l’impression de retourner pour quelques instants dans le Brooklyn de 2007. Cette année faste pour beaucoup de groupes du coin. Je jurerais avoir entendu un peu de Vampire Weekend de ce bon vieux temps dans les premières notes de “Garden”.

Passé les deux premières écoutes de cette discrète sortie de Shorewave Records, on se demande comment ça a pu m’échapper. Ce 7’’, finalement c’est évident, c’est surtout l’influence de notre préféré de ces deux dernières années : le phrasé, le timbre, le jeu de guitare, tout ici rappelle Mac DeMarco et on serait bien ingrats de s’en plaindre.

Un EP d’Honey Wild est prévu pour aout sur le même label et le groupe ne s’en cache pas – voir le revendique – : il suit encore plus nettement les traces du bien aimé Mac. Ça tombe assez bien, deux titres c’était un peu court pour voir ce qu’ils ont vraiment dans le ventre.

On croise juste les doigts pour que le quatuor de Brooklyn évite le piège du simple pastiche. Rendez-vous à la fin de l’été.

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“Arua Amusica” : les Concerts à Emporter au Brésil (3/5) http://blogotheque.net/2014/07/04/arua-amusica-les-concerts-emporter-au-bresil-35/ http://blogotheque.net/2014/07/04/arua-amusica-les-concerts-emporter-au-bresil-35/#comments Fri, 04 Jul 2014 13:05:29 +0000 http://blogotheque.net/?p=22618 Metá Metá

Metá Metá est un groupe de Sao Paulo formé par le guitariste, chanteur et compositeur Kiko Dinucci, la chanteuse Juçara Marçal et du saxophoniste Thiago França. Après avoir sorti leur première album éponyme en 2011, ils sont devenus un des groupes émergents les plus célébrées dans la ville ces dernières années, avec un public grandissant vite et un succès critique unanime. Il est difficile de dire où ils se placent dans le vaste histoire musical du Brésil et de ses courants, mais il est possible de distinguer des motifs de musiques africaines, la musique urbaine mené de riffs d’Itamar Assumpção et de plusieurs rythmes brésiliens comme la samba ou le jongo.

Kiko et Thiago sont des instrumentistes experts et inventifs, et Juçara une chanteuse puissante et inspirée, ils densifient l’espace et souvent on croirait qu’ils sont beaucoup plus sur scène, joints par une audience entre l’hypnose et la transe qui chantent des refrains dans un langage dont ils ne comprennent pas un seul mot – le dialecte Yorubá qui a aussi été une inspiration pour leur nom de scène qui signifie « Trois en même temps ». Comme eux, populaire et étrange.

Metá Metá a sorti deux albums jusqu’ici : Metá Metá (2011) et Metal Metal (2012). Leur premier album est basé sur le trio et est surtout tenu par les chansons. Pour le deuxième, ils ont invité d’autres musiciens et ils explorent un son afro-punk beaucoup plus agressif et des trips soniques comme dans Man Feriman.

Ce film a été tourné dans le quartier de Kiko à São Paulo, Cambucci. Chez lui en attendant les autres, il nous a montré un extrait du film O Bandido da Luz Vermelha (« Le bandit de la lumière rouge ») de Rogério Sganzerla, considéré comme un des symboles du cinéma marginal brésilen des années 60, et le documentaire qu’il a lui-même réalisé sur les religions afros du Brésil Dança das cabaças (« La danse des têtes »)

Sous le soleil automnal de cet après-midi à Cambucci et devant les graffitis des frères Os Gemeos, le trio a joué deux hantons de Kiko « Engasga Gato » et « Oranian » co-écrite avec Douglas Germano. Ils ont réussi à délivrer une superbe version de la première chanson malgré l’enthousiasme un tantinet polluant d’un des passants.

 

(Texte de Fernando Rischbieter)

 

Dom La Nena

Dom La Nena est une violoncelliste et chanteuse Brésilienne originaire de Porto Alegre. Elle chante principalement en Portugais et en Espagnol, mais aussi parfois en Français et en Anglais.

« O Vento » (Le Vent) est extrait de son premier album Ela sorti début 2013 et ayant reçu un accueil chaleureux et enthousiaste autant en Amérique qu’en Europe. Les 13 chansons de l’album évoquent une certaine mélancolie nostalgique de l’enfance de Dom qui n’a vécu que jusqu’à 8 ans dans son pays, soit pour suivre ses parents à Paris pour leurs études ou pour aller étudier le violoncelle seule à 12 ans à Buenos Aires avec la prodigieuse Christine Waleska.

Cet album saudade écrit à 21 ans dans le 12e arrondissement et enregistré dans les Cévennes chez Piers Faccini est d’une douceur tendue, où la tristesse et la joie co-existent en une profonde harmonie. Les souvenirs des lieux laissés viennent hanter ceux où elle s’installe, et dans cet album Dom semble avoir trouvé une place apaisante aux fantômes de tous ceux qui lui manque. Comme si elle y avait inventé son propre pays.

C’est toujours plus facile de trouver le bon moment pour filmer un musicien lorsqu’on vit ensemble… Quand du 25e étage au dessus de l’avenue Paulista, nous avons vu cet impressionnant orage avancer au-dessus de São Paulo, nous avons tout de suite pensé à cette chanson de Dom « O Vento » qui évoque les inondations dramatiques survenus récemment au Brésil.

Dom La Nena sortira un deuxième album en Février 2015, et sera entre-temps sur la route, entre autre, avec Rosemary Standley pour leur duo Birds on a wire.

 

Emicida

Tout le monde aime Emicida. En plus d’être un compositeur respecté et un écrivain suivi, il est devenu un porte-parole du peuple. La scène rap de São Paulo a longtemps été confinée à l’obscurité, Emicida l’a amené dans la lumière.

Entouré par une bande d’amis fidèles, il a commencé une carrière très DIY, produisant ses mixtapes & singles, et en enregistrant et gravant ses propres CD pour les vendre de la main à la main. Ainsi il a vendu plus de 30000 disques.

Il ne pouvait en être différemment, Emicida est différent, et a une manière bien à lui de faire co-exister rimes et mélodies avec une aisance bluffante.

Emicida a commencé sa carrière avec un single qui a eu beaucoup de succès « Triunfo » et de là il a immortalisé son cri A rua é nos (La rue est à nous). Un an plus tard il publie sa première mixtape Pra quem Já Mordeu um Cachorro pro Comida Até que eu Cheguei Longe (“Pour un mec qui a une fois mordu un chien parce qu’il avait faim, je viens de loin”). Son dernier album s’appelle O Glorioso Retorno De Quem Nunca Esteve Aqui (“Le glorieux retour de celui qui ne fut jamais là”).

Le train nous a emmené au Laboratorio Fantasma, – la compagnie qu’il dirige avec ses amis. Nous étions guidés par le journaliste Peu Araújo qui habitait le même quartier dans la banlieue nord de São Paulo. Emicida nous a reçu avec un de ses grands amis et collaborateurs Rael Da Rima qui a chanté avec lui cette chanson « A Cada Vento » rajoutant un puissant élément mélodique à ses rimes.

Nous avons tourné du balcon du frère d’Emicida qui a aussi joué de la guitare sur la chanson. De là nous avons improvisé une petite scène et ils jouaient pour les passants plus bas, derrière les barreaux de sécurité de rigueur São Paulo.

 

(Texte de Filipe Franco)

 

Retrouvez tous les épisodes de notre série de Concerts à Emporter brésiliens par ici.

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Spanish Bombs http://blogotheque.net/2014/07/04/spanish-bombs/ http://blogotheque.net/2014/07/04/spanish-bombs/#comments Fri, 04 Jul 2014 08:01:27 +0000 http://blogotheque.net/?p=22612 On attribue (et quand je dis “on”, je veux bien évidemment dire “Wikipedia”) à Blaise Galland la définition actée de la glocalisation. Quoique la paternité du concept soit plus ancienne et multiple, le sociologue va, au milieu des années 90, éclairer l’effrayante mondialisation d’une lueur d’espoir. Non seulement le niveau local n’aurait pas disparu dans les processus de libre échange globalisés, mais il serait, débarrassé de ses enjeux économiques, devenu le territoire du partage des valeurs et de la culture. Mieux encore, l’invention d’un “cyberespace”, lieu immatériel et immédiat, aurait permis l’éclosion d’un territoire metaspatial. Un local qui est celui de celui qui souhaite que ce soit le sien. “Le village global” ils l’appelaient à la télé dans les pubs pour des imprimantes.

Une application concrète du concept de glocalisation rapporté à la musique, c’est par exemple le fait que les scènes physiques n’aient pas disparues en tant que fournisseuses de vocabulaire, de motifs vus comme des valeurs sur un plan esthétique, en une séquence temporelle donnée, mais que tout le monde y a accès en temps réel. “Je suis à coin sur le néo-psyché californien en ce moment”“vous avez un transsibérien de retard mon vieux, tout se passe à Cape Town à présent”.

J’ai un souvenir assez vif de ma découverte, relativement tardive, d’une scène indé espagnole. C’était en 2001 ou 2002. Avant que la musique devienne libre et accessible depuis le moindre terminal mobile. Plusieurs fois par semaine je me rendais à la Fnac St Lazare pour m’enquérir de l’état d’avancement de ma commande du coffret Dischord – il a mis pas loin de 4 mois à arriver. Les supermarchés culturels allaient alors plutôt bien. Ils avaient tué les disquaires indépendants et récupéré leurs tenanciers comme chefs de rayons. En discutant avec l’un d’eux, j’ai fini par acheter le disque qu’il était en train de diffuser. Une compile du label Acuarela.

Intello et proprette, la scène indie espagnole de l’époque était boursoufflée de brit-pop et griffonnée d’alternatif américain. Ce qui, à bien des égards, la rapprochait de dEUS et de ses suiveurs belges. Une sorte de charlequinisation du rock quoi.

À la faveur du développement d’Internet et de la glocalisation, l’Espagne a redécouvert ses propres archives. Nous aussi nous y avons eu accès. Contentons nous ici d’évoquer la cold-Dance batcave de Los Iniciados.

Il n’y a pas d’idées précises derrière la sélection qui suit. Je ne sais pas grand chose de la scène indie espagnole si ce n’est qu’elle existe. Qu’elle est aujourd’hui, comme toutes les scènes du monde, plurielle, nourrie des architectures math comme de l’éther de Birmingham, de la cogne dance punk comme des vapeurs shoegaze, du cambouis néo garage comme du diabète de la variété merdique qu’on clame avec conviction et sans retenue la nuit au karaoké dans les rue de Las Letras.

De ces chansons glanées au hasard des ruelles du village, je ne sais rien ou pas grand chose des auteurs, de leurs relations entre eux, de leurs labels, de leurs festivals. J’ai juste choisi de les réunir ici parce qu’elles me semblaient toutes enveloppées de cette lumière confuse et diffractée qui éclaire cette faille temporelle qui sépare la douce ivresse de la fin d’un après-midi caniculaire de l’hébétude brutale de l’aube aux peaux trempées de la sueur d’un tour de cadran de danse. Quiconque a fait la fête dans une métropole de l’autre coté des Pyrénées sait de quoi je parle. Et puis bon. C’est l’été quoi, merde.

Photo © Urbon

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Le disque le plus important de l’univers est en cours de conception et il s’appelle Scott O))) http://blogotheque.net/2014/07/02/le-disque-le-plus-important-de-lunivers-en-cours-de-concepion-il-sappelle-scott-o/ http://blogotheque.net/2014/07/02/le-disque-le-plus-important-de-lunivers-en-cours-de-concepion-il-sappelle-scott-o/#comments Wed, 02 Jul 2014 15:33:58 +0000 http://blogotheque.net/?p=22609 Par des tweets sobres et sibyllins mais qui ne laissent que peu de place aux doutes, 4AD, le label de Scott Walker et Southern Lord la maison de Sunn O))) ont annoncé un projet intitulé Scott O))). Contacté par The Quietus, 4AD a confirmé qu’une collaboration était en cours et qu’un disque verrait le jour au cours de l’année.

Auteur d’au moins 4 des meilleurs albums pop des années 60 en son nom propre, et avant ça de deux autres au sein des Walker Brothers, Scott Walker produit depuis la fin des années 70 un album par décennie environ pour remettre les pendules de la musique à zero. Son dernier en date, Bisch Bosch, publié en 2012 a terminé de déconstruire la musique et ouvert un nouveau champ des possibles.

Sunn O))) de son coté, explore depuis plus de 20 ans les registres de la perception du son en poussant son drone ambient électrique au seuil d’indifférenciation de la douleur et du plaisir. Ici, on se roule un peu par terre en attendant que paraisse la première note (et elle risque d’être longue) du projet.

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