La Blogothèque http://www.blogotheque.net Fri, 24 Jul 2015 06:32:18 +0000 fr-FR hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.8.1-alpha Alvvays, la petite musique de l’été dernier http://blogotheque.net/2015/07/22/alvvays-la-petite-musique-de-lete-dernier/ http://blogotheque.net/2015/07/22/alvvays-la-petite-musique-de-lete-dernier/#comments Wed, 22 Jul 2015 08:35:08 +0000 http://blogotheque.net/?p=23877 Cinq jours que la place de concert pour Alvvays n’a pas bougé et lui non plus… Ça la rend folle de le voir comme ça. Elle ne lui demande pourtant pas des montagnes, du style vacances à Saint-Barth ou des restos toutes les semaines ou de trouver un job. Elle sait bien qu’il est pas dans le moule, qu’il aura jamais la carte. Elle s’en fout, de tout ça. Il fait beau, l’été est déjà là : elle lui demande juste d’arrêter de se prendre la tête avec ce boulot qu’il n’a pas. Elle lui demande juste de s’intéresser un peu à elle, à eux. À ce qui compte. Et puis c’était bien, l’été dernier, quand ils écoutaient l’album… Quand ils ont roulé sans trop de thune au hasard pendant dix jours. Leurs grandes vacances au petit bonheur. Jusqu’à la côte, regarder le soleil se coucher sur les vagues.

Mais ce soir, devant ce club de la rue des Taillandiers, elle se demande juste qu’est-ce qu’on va foutre cet été si ça continue comme ça. Elle qui pensait souffler un peu avec un cadeau surprise, voir son mec se refaire une beauté devant le miroir et cirer ses Converse, c’est raté. Ce soir encore, il n’a rien dit ou presque.

Si, si… bien sûr que ça me fait plaisir” il a murmuré, en commandant les demis au comptoir de la salle. Cet album, il l’a aimé. Et oublié. Depuis l’été dernier, il n’y a pas retouché. Il pense : c’est que ça devait pas être aussi bien que ça. Et puis la salle est à moitié vide, c’est nul.

Suivie de ses copains d’école, Molly Rankin entre sur scène avec sa moue de timide du fond de la classe. Ils se regardent, se sourient et commencent à jouer.

“Au moins, eux, ils sont contents d’être là” elle pense en soupirant. Mais quand ils plaquent les premiers accords de Next of kin, elle ne se décourage pas : elle le tire par la manche jusqu’au rebord de la scène. Lui ne moufte pas. Il a pas intérêt, d’ailleurs.

C’est tout petit, ici. Faut en profiter tant que c’est pas le Zénith.”

 

Dans la salle, la température monte. Comme souvent dans les concerts, on retrouve les mêmes bouilles. Les trois cinquantenaire bourrés avec des physiques de nudistes qui ont atterri là on sait pas trop comment mais qui s’éclatent. Les petites louloutes qui cherchent le regard des mecs sans être capables de leur retourner un sourire. Pour le reste, c’est moitié fans-et-sourire-béat, moitié experts-en-concert-et-sourcils-froncés-sur-le-troisième-accord-du-couplet.

Et comme toujours dans un concert, il y a les inédits du groupe qui déconcertent un peu tout le monde. On regarde son téléphone. On essaye de retenir le refrain sans trop y croire.

À mi-concert, il finit par lui répondre. “J’aime pas le Zénith, de toutes façons. Mais quand même, c’est dingue… que ce soit pas plein…. ‘

Un instant, il a l’air ailleurs…

“… Tu vois, on le savait en écoutant l’album…mais les titres s’enchaînent et on les écoute avec l’envie de les boire en même temps que sa bière… ”

Elle l’écoute.

“…On a envie de les retenir tous… ”

Elle pense : « Encore » en insistant du regard. Ça marche.

“… Les uns après les autres…comme des parfums qu’on connaissait mais qu’on avait oublié.”

Elle clôt ses paupières une seconde, juste pour refaire en pensée ce qu’il vient de dire… C’est vrai : il y a le parfum iode, c’est celui qui revient le plus souvent. Le parfum regarde la lune se lever sur le Pacifique et embrasse-moi. Le c’était si bien entre nous, pourquoi c’est plus pareil ? Et tous ces titres avec leur parfum sont d’une évidence enfantine… C’est comme si on avait entendu ces mélodies dans le ventre de notre mère. Ça n’a l’air de rien, mais il faut vraiment bien connaître son boulot de musicien pour donner naissance à un album comme celui-là ; faire un si long collier de petites perles pop qui brillent sans clinquer.

À la fin de son film, la fille rouvre les yeux et regarde son mec en loucedé. Pas de doute : il bouge la tête. Hey… Même qu’il bouge son petit cul. He’s alive ! Putain, ce qu’elle l’aime, quand il est comme ça. Quand il se laisse avoir par une grande petite pop qu’à l’air de rien mais qui raconte tout ce que nos foutues tracasseries veulent dire et les transforme en bande-son de vie quotidienne. Alvvays, c’est ça : c’est comme si un groupe jouait en permanence ce qui t’arrive pour te montrer que rien n’est grave. Quand ta copine ou ton mec te quitte, Alvvays te rappelle qu’en réalité, une rupture ne dure pas plus de trois minutes trente. Quand tu bois la tasse, Alvvays te tape dans le dos et ça passe en deux quarante-huit. Alvvays est un psy qui ne te coûte rien parce qu’Alvvays fait une musique qui contourne ton nombril pour te montrer combien les petits plaisirs sont importants. Un concert avec ta nana. Ton mec avec une esquisse de sourire. Une bière. Le début de l’été. De la pop aux accents 60′s, ces années qui ne savaient même pas ce que voulait dire le mot insouciance et dont on les a affublées trente ans plus tard.

L’insouciance, c’est maintenant. On n’en a jamais eu autant besoin.

Et c’est là que Molly entame le riff d’intro de Party Police. Déjà le parfum d’un classique. Il n’y a qu’à entendre le râle de bonheur qui parcourt le public.

Elle se souvient qu’ils s’étaient demandés ce que ce titre signifiait. Ça leur avait pris la journée.

“La police de la fête ? Ça veut rien dire.

- La fête de la police, alors ? Non, c’est con, comme titre.

Ouais, non, ça peut pas être ça.

Silence.

-Aucun rapport avec Sting…

Aucun…

-Bah là, je vois pas…”

C’est en cherchant un peu qu’on se rend compte de ce que la pop veut dire : rien. Tout. La pop est personnelle. C’est ta vie. Tu choisis ce que la pop veut dire. La party police, pour elle et lui, après une journée entière à tourner autour de ce titre, ça voulait dire « les convenances de la fête ». Ça voulait dire on fait ce qu’on veut dans cette soirée et on s’en fout des autres. Encore une histoire d’insouciance.

 

Au dernier rappel, le public était à point. Quand bien même ils méritaient un meilleur tourneur et trois cents personnes en plus, on sentait que les canadiens avaient fait davantage que le boulot.

Je me suis avancé vers la scène pour le dernier titre et les beaux yeux de Molly.

La fille et le mec s’étaient mis un peu en retrait, en zone no man’s land, bras-dessus, bras-dessous. Le concert se terminait sur un inédit imparable. Encore une évidence de trois minutes trente qui donnait envie de sauter partout pour crier que la musique est une des plus belles inventions de l’humanité. Qu’avant de poser le pied sur la lune, Neil Armstrong aurait dû allumer un transistor pour l’accompagner. Vous imaginez le Be my baby des Ronnettes sortant d’un scaphandre en Mondovision ? Ç’aurait eu une sacrée gueule. Parce que tout ça n’est pas très sérieux. Parce rien n’est sérieux. Rien n’est grave. Tout s’arrange, toujours. Le couple. Les ruptures. Le boulot ou son absence. Le petit quotidien et ses grandes tracasseries.

Sans savoir pourquoi, j’ai tourné la tête vers le fond de la salle. Elle l’avait chopé par les revers de sa veste. Ils s’embrassaient. Un vrai baiser de cinéma hors-champ. L’acteur et l’actrice qui fricotent sans que personne ne les voit.

Puis les lumières se sont rallumées. Comme Molly et ses potes, déjà ils n’étaient plus là.

Ce qu’ils ont fait en rentrant, je l’imagine très bien…

Ils ont fait tout ce qui compte.

L’air était doux. La nuit tombait à peine, il restait un grand bout de jour au-dessus des toits.

Ils ont ouvert les fenêtres, les arbres bruissaient d’un doux vent de juin. Ils se sont posés dans leur canapé et sur la platine, ils ont joué leur musique de l’été dernier…

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Tahiti Boy & The Palmtree Family http://blogotheque.net/2015/07/10/tahiti-boy-palmtree-family/ http://blogotheque.net/2015/07/10/tahiti-boy-palmtree-family/#comments Fri, 10 Jul 2015 12:58:03 +0000 http://blogotheque.net/?p=23925 La dernière fois, c’était il y a 8 ans. On a tous un peu vieilli, mais pas tant que ça. On s’est offert un plus grand piano, et une pièce bien plus spacieuse. On a remplacé la veste par une casquette et un blouson rétro. On a remplacé les copains par une chorale gospel, mais c’est à peu près tout ce qui a changé. Tahiti Boy est toujours assis à son piano, il rassemble autour de lui, il fait attention au moindre détail, et il lance des chansons énormes, des mélodies faites pour être portées par une bande, par plein de voix qui se mêlent, plein de mains qui claquent.

Chez lui, les chansons naissent avec des ambitions démesurées, des envies de grandeur. Quand il pose les premières notes sur le piano, ça doit faire des feux d’artifices dans la tête de Tahiti Boy, le ciel doit y être bien haut, bien vif, et les couleurs y faire des pirouettes insensées. Il est là, dans une salle de réception, il est assis à son piano. La pièce est bien trop grande pour y accueillir juste un musicien, sa violoncelliste et un gospel. On aurait pu inviter 100 personnes, mais non, c’était très bien comme ça : on a pu entendre deux chansons gambader dans tout cet espace, et c’était bien beau, tant de liberté.

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Leon Bridges – River http://blogotheque.net/2015/07/08/leon-bridges-river-2/ http://blogotheque.net/2015/07/08/leon-bridges-river-2/#comments Wed, 08 Jul 2015 13:44:13 +0000 http://blogotheque.net/?p=23914 C’est l’un de ces quartiers où l’on a sacralisé le tourisme, où l’on contingente tout le reste. Notre-Dame, ses touristes et ses flics à pied, sa cathédrale et ses flics à vélo, ses bistrots hors de prix et ses flics en Segway, là pour interrompre le moindre sursaut de vie, pour suspecter celui qui n’est pas en train de faire son selfie.

On gardera la longue histoire pour plus tard (les flics qui se méfient d’un chanteur soul). On a préféré d’abord vous montrer la récompense. Nous venions de croiser trois musiciens dépités, forcés par les policiers à ranger leurs instruments. Nous venions de nous faire rejeter par quatre bistrotiers peu enclins à accueillir des musiciens sur leur terrasse. L’un d’eux a fini par dire oui. Nous étions sous les arbres, c’était une magnifique journée, mais l’environnement était lourd. Enfin, jusqu’à ce que Leon ne chante ‘River’.

On l’avait vu ce jour-là chantonner pour lui-même, on l’avait vu faire de petits pas de danses sur les ponts historiques, mettre son corps entier au service d’un groove : Leon ne joue pas, il est un gamin de la soul, il se laisse porter par ses chansons, il est leur marionnette. Là, encore : il s’est donc assis à une table de bistrot, et du moment où il a commencé à chanter, son regard n’a plus porté nulle part. Il n’est plus là, il y a juste ce gospel apaisé, aussi vieux que les arbres autour de nous, aussi léger que le vent qui bruisse dans les feuilles. Ce qui est bien c’est que Paris, jusqu’ici peu encline à nous laisser jouer, s’est soudainement apaisée et ouverte à nous. Ce n’est pas une fille facile.

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Chansons du Pérou/Canciones del Perú http://blogotheque.net/2015/07/03/chansons-du-perou-le-nouveau-projet-de-vincent-moon/ http://blogotheque.net/2015/07/03/chansons-du-perou-le-nouveau-projet-de-vincent-moon/#comments Fri, 03 Jul 2015 09:13:24 +0000 http://blogotheque.net/?p=23902 Il est aujourd’hui au Brésil en train d’explorer les formes de sacré – hybrides – qui sont nées du métissage entre les cultures des indigènes américains, des esclaves africains et des colons portugais. Mais en 2013, Vincent Moon partait trois mois au Pérou pour réaliser 33 films, aujourd’hui montés et visibles sur son site des Petites Planètes.

Pour prolonger aujourd’hui cette aventure péruvienne, il s’associe une nouvelle fois aux francs-tireurs du label Le Saule, comme il l’avait fait après son voyage en Russie, pour sortir un fabuleux 33 tours. “Chansons du Pérou” devrait donc faire suite à “Chansons de Russie” paru il y a un an .

Sur ce disque, il y a de fortes chances que vous puissiez retrouver cet ensemble invraisemblable de la vallée de Huancayo, perchée dans les montagnes andines du Pérou, l’Orquestra Tipica : ces hommes en noirs, costard-cravate, qui, avec leur harpe triangulaire, leur violon, leur clarinette et surtout leurs 20 saxophones, passent de maisons en maisons, irriguant le village de musique, mettant les corps en mouvement et en tension, à chaque endroit où ils s’arrêtent. Vous les verrez faire entrer dans le temps de la fête, une famille de paysans, un couple, les consommateurs d’un marché et agréger dans cette joyeuse procession, poules, masques virevoltants et passants aux vêtements multicolores et aux chapeaux noirs.

Vous y découvrirez aussi, capté in extremis sur les toits de Lima, le grand Manuelcha Prado, que je ne connaissais pas, mais dont Moon nous dit qu’il est considéré comme l’un des plus grands guitaristes d’Amérique du sud. Il m’évoque une sorte d’Athualpa Yupanqui péruvien, enroulé dans son écharpe blanche, la barbe et le cheveu broussailleux. Tous ceux qui connaissent le concert du maître argentin enregistré à Mar del Plata, Buena noches compatriotas… comprendront à quel niveau de jeu, de raffinement et de poésie on peut se situer. Les autres courront se le procurer puisque par chance, cela se trouve encore assez aisément dans nos contrées, à la différence de ceux de Manuelcha. L’homme a pourtant enregistré pas moins de 10 albums. Ses 45 ans de carrière se fêtent en grande pompe au Grand Théâtre National de Lima tandis qu’on le surnomme le “saqra” de la guitare, comprenez, le sorcier. Comme Luzmila Carpio, sa cousine bolivienne, Manuelcha Prado chante en Quechua.

Mais le projet pour aboutir a besoin de votre soutien. Il reste une petite vingtaine de pré-commandes pour qu’il puisse voir le jour. Vous pouvez les faire ICI.

On ne dira jamais assez combien ces musiques du bout du monde sont infiniment précieuses, parce qu’elles portent en elles d’autres scènes, d’autres usages de la musique. Elles font exister des lieux : on y entend d’autres voix, d’autres langues, d’autres sonorités, d’autres histoires et d’autres formes pour les dire. Le projet est bénévole. Il ne reste que deux jours ! On ne saurait trop vous encourager à être de l’aventure.

 ”Y mentras las penurias quedan dormidas,/ todos es color y ritmo sobre la tierre.”  (Athualpa Yupanqui)

 

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Le disque : http://fr.ulule.com/vincent-moon/

Le label : http://lesaule.fr/

Les films : http://www.vincentmoon.com/list.php?cid=13&PHPSESSID=7e736a1031db9498937bb6383650a062

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Fictonian http://blogotheque.net/2015/07/02/fictonianv/ http://blogotheque.net/2015/07/02/fictonianv/#comments Thu, 02 Jul 2015 13:08:41 +0000 http://blogotheque.net/?p=23900 Cela ne nous était quasiment jamais arrivé : ne rien savoir du groupe que nous allions filmer avant de le filmer.

De Fictonian, nous ne savions donc rien. Il était Anglais, venait de Londres, c’est tout. Pas de nom, pas d’âge, pas de visage, aucune histoire, rien… Nous ne connaissions que deux chansons : “Double Negative”, une balade évidente, légère, et surtout “Full Circle Influence”, ce couplet simple répété, décliné comme un mantra, montant lentement en puissance avec ses bruits grinçants, ces bibelots qui scandent les mêmes sons ad libitum

 

C’était assez pour nous donner envie. Les chansons précèdent le chanteur, ce petit gars au nez fin et aux yeux pâles, discret et sûr de lui, qui n’en dira pas beaucoup plus. Il a une façon toute anglaise d’être élégant dans la réserve, de vous faire sentir qu’il est heureux sans en faire trop.

Avec ses deux musiciens, nous jouerons à nous glisser dans des lieux de passage des Buttes Chaumont. A nous placer, immobiles, dans des endroits où les autres passent. Et ce groupe assis par terre, ce musicien qui fait grincer une poignée de valise, cet autre qui joue de la guitare accroupie, sont à peine des incongruités pour ces passants. Un bel agrément, une mélodie décidée à nous accompagner pour quelques moments encore. Les chansons de Fictonian ont confirmé leur force ce jour là. Évidentes, entêtantes, sans doute parce qu’aussi légères, naturelles, que les sons d’un grand parc.

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Darkside : le DVD du live à Nantes http://blogotheque.net/2015/06/30/darkside-le-dvd-du-live-nantes/ http://blogotheque.net/2015/06/30/darkside-le-dvd-du-live-nantes/#comments Tue, 30 Jun 2015 16:03:46 +0000 http://blogotheque.net/?p=23887 C’était le 21 mars 2014. Nicolas Jaar et Dave Harrington, réunis sous le nom de Darkside, foulaient la scène de Stereolux à Nantes dans le cadre d’une tournée qui allait se terminer plus de six mois plus tard à New York.

Ils étaient concentrés. Ils avaient les yeux rivés sur leurs machines et leurs pédales. Il y avait une foule compacte, un jeu de lumière millimétré et étourdissant. Il y avait surtout le feu sous la glace, tant les titres obsédants et charnels de Psychic semblaient être, en live comme sur disque, la sensualité, l’érotisme, la lascivité et la perte de contrôle incarnés.

Nous avons eu la chance ce jour-là de filmer ce show, et c’est aujourd’hui avec une immense fierté qu’on vous annonce que le DVD de Psychic live est disponible via le tout nouveau site de Darkside (qui propose aussi de chouettes t-shirts et des posters de la tournée), et en streaming sur le site Qello. Dépêchez-vous, le DVD n’est édité qu’à 1000 exemplaires !

On profite de cette annonce pour remercier ici toute l’équipe de Darkside, Jake, Nico, Dave, Arte Concert et Télé Nantes pour qui nous avions filmé ce live, Stereolux qui nous a gentiment accueilli, le label Beggars, et bien sûr, notre équipe de réalisateurs image et son qui ont, une fois de plus, accompli un travail de titans que nous sommes très heureux de partager avec vous.

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Cabourg, Mon Amour : sous la plage, la scène http://blogotheque.net/2015/06/30/cabourg-mon-amour-la-plage-la-scene/ http://blogotheque.net/2015/06/30/cabourg-mon-amour-la-plage-la-scene/#comments Tue, 30 Jun 2015 12:19:49 +0000 http://blogotheque.net/?p=23895 On vous le disait il y a quelques semaines : nous nous associons, pour sa troisième édition, au bien cool festival Cabourg, Mon Amour aux côtés de l’agence Super! et de Premier Amour.

Du 24 au 26 juillet, La Blogo déménage en Normandie sur la plage de Cabourg pour trois jours de live et de DJ set avec, entre autre, Isaac Delusion, Ben Khan, Bambounou, Grand Blanc, Burning Peacocks, Curtis Harding, Pain Noir, Only Real, Barnt, Agua Roja, Torb, Superpoze, Gandi Lake et Napkey – la programmation complète est à retrouver sur le site de Cabourg et en bas de cet article (Notez que la journée de concerts du dimanche est gratuite !)

Première bonne nouvelle : viennent se rajouter à ces lives des afterparty qui auront lieu au Casino de Cabourg avec Anthony Naples, Y@nosh, Nathan Melja, D.K. (Antinote) et Doline en DJ set, et pour lesquels vous pouvez vous procurer des places sur place. Pour les heureux détenteurs d’un pass deux jours, l’entrée est moins chère.

Seconde bonne nouvelle : Cabourg, Mon Amour sera aussi l’occasion de bien manger et de faire tout un tas d’activités (babyfoot, pétanque, beach volley…) qui, on en est certains, vont au choix, donner naissance à de nouvelles amitiés, ou provoquer des guerres de clans. Lesquelles se règleront autour d’un plat chez les Niçois ou d’un burger au Réfectoire qui se délocalisent à Cabourg le temps du festival, au stand de découvertes musicales de nos amis des Balades Sonores ou au concept store Noir Gaazol.

Dernière bonne nouvelle, et pas des moindre : après consultation des astres et une cérémonie sacrificielle au dieu du soleil, on peut d’ores et déjà vous annoncer qu’il fera beau ce weekend-là à Cabourg. Vous n’avez plus d’excuses.

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Cabourg, Mon Amour Du 24 au 26 juillet à Cabourg
Pour prendre vos billets, c’est par ici.
Plus d’infos par là.

PROGRAMMATION

Vendredi 24 juillet (15h – minuit – plage de Cabourg)
Isaac Delusion, Ben Khan, Bambounou, Grand Blanc, Burning Peacocks, Torb, Saje (DJ set), Fellini Felin (DJ set), Bon Entendeur et Paradoxe Club
After (23h30 – 3h30 – Casino de Cabourg) : Anthony Naples et Y@nosh.

Samedi 25 juillet (15h – minuit – plage de Cabourg)
Curtis Harding, Only Real, Barnt, Ron Morelli, Agua Roja, Clément Bazin (live), Inigo Montoya, Napkey (DJ set) et Zaltan.
After (23h30 – 3h30 – Casino de Cabourg) : Nathan Melja, D.K. (Antinote) et Doline

Dimanche 26 juillet (12h – 20h30 – plage de Cabourg, gratuit)
Superpoze (DJ set), Jacques (en direct), Pain Noir, Gandi Lake, Novembres (live) et Chevaliers Play.

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Soirée de Poche #48 : St Paul and The Broken Bones http://blogotheque.net/2015/06/26/soiree-de-poche-48-st-paul-broken-bones/ http://blogotheque.net/2015/06/26/soiree-de-poche-48-st-paul-broken-bones/#comments Fri, 26 Jun 2015 08:22:51 +0000 http://blogotheque.net/?p=23880 C’est le genre de groupe qui prend par surprise. Qui est capable de passer de la fatigue la plus absolue à une terrasse de café parisienne, à un show délirant et bouleversant en plein milieu de la cour Carrée du Louvre en un claquement de doigt.

Ce sont de brillants musiciens qui n’ont pas besoin de répéter, qui jouent à l’instinct, même quand on les oblige à bricoler une caisse claire portative avec un foulard, qu’on les branche sur des mini-amplis de fortune, et qu’on leur demande, au dernier moment, de se passer de clavier, faute de prise disponible.

C’est un chanteur à la voix inépuisable. 1m70 de puissance vocale capable d’atteindre les notes les plus hautes comme les plus basses, sans avoir l’air de faire le moindre effort, en témoigne ses pas de danse d’un autre siècle dont le groove n’a rien à envier aux légendes soul des sixties.

C’est un groupe que nous avons déjà filmé en Concert à Emporter, et que l’on attendait avec impatience de pouvoir inviter de nouveau devant nos caméras.

St Paul and The Broken Bones prendront les rênes de notre 48e Soirée de Poche qui aura lieu ce mardi 30 juin dans l’est de Paris.

Il y aura des larmes, de la sueur, des chorégraphies improbables et endiablées, des reprises, des surprises aussi, et on est déjà persuadés que les Américains – qui viennent d’ouvrir pour les Rolling Stones aux US, rien que ça – sauront rendre ce show mémorable avec leur soul old school et leur chanteur/danseur/crooner fou.

Comme d’habitude, pour assister à la soirée, le principe est simple : envoyez un mail à blogotheque@gmail.com avant 22h ce vendredi 26 juin en précisant si vous voulez une ou deux places.
Un tirage au sort sera effectué et les gagnants seront prévenus par mail dans la foulée.

Pour les malchanceux, pas d’inquiétude, la Soirée de Poche sera disponible en ligne après l’été sur Arte Concert.

Bonne chance !

 

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Chromatics, Chanel et Zolpidem… http://blogotheque.net/2015/06/25/chromatics-chanel-zolpidem/ http://blogotheque.net/2015/06/25/chromatics-chanel-zolpidem/#comments Thu, 25 Jun 2015 09:11:17 +0000 http://blogotheque.net/?p=23859 Tout est flou, Betty. Et tu ne te souviens de rien. Je le sais, car ce n’est jamais simple de se souvenir quand on ne s’est pas vus depuis si longtemps. Mais les premiers notes de l’album ? La grande et belle reprise de Neil Young ? Moelleuse comme une banquette de Limousine. Fiévreuse comme Sunset boulevard avant l’overdose. La parfaite perspective des seize autres titres à venir. Je suis certain que tu t’en souviens.

 

Et le nom de la chanteuse, Betty ? Ruth Radelet. Elle nous faisait penser à Blondie. Bien sûr, avec un patronyme comme celui-là, on l’imaginait davantage vendre des tartes aux pommes pour l’association des retraités de Portland qu’avec une moue de star hollywoodienne et les yeux d’une enfant perdue…

Non. Tu ne te souviens pas. Comme l’été avait commencé. Les nuits caniculaires. Le calme de juillet, quand plus rien ne bouge. Tu avais Marco et tu avais l’amour. La vue dégagée, comme on dit. Quand il n’était pas là, il me demandait de passer et c’est moi qui venais voir comment tu allais. Je surveillais tes blisters de cachetons. Ta consommation. Lui ou moi nous te suivions des yeux des nuits entières en écoutant les Chromatics.

Ce qui te plaisait par-dessus tout, c’était le titre de l’album. T’en parlais comme d’un monument. C’en est un. Le Pont des Soupirs franchissant le Grand Canyon.

« Kill for love, c’est beau comme titre, Kill for love, non? C’est punk. C’est romantique. C’est moi, ça, Kill for love… Si tu ne tues pas, c’est que ça ne vaut pas la peine. »

Ce qu’on dit comme conneries, quand on est à bout de souffle… Je te regardais, en me demandant combien de temps Marco survivrait à tes bras qui s’ouvraient toujours dans le mauvais sens. Tu partais souvent. En vrille. En soleil. En boule dans la gorge. Toutes sortes de formes à la longue trop complexes à comprendre.

Oui, je m’en souviens, de cette chanson éponyme de l’album. Elle semblait avoir été écrite dans le lit d’un hôpital avec des barreaux aux fenêtres. Une comptine qu’on sert bien fort dans ses bras avant de dormir. Des mots qu’on chante tout bas avant d’éteindre. Avec dehors un ciel qui ressemble aux vacances qu’on a jamais eues.

I drank the water and I felt all right,
I took a pill almost every night…

Je pensais à toi quand j’entendais ces mots. Sauf qu’à l’époque, il n’y avait rien d’almost. C’est bien connu : les addicts ont toujours tendance à minorer.

 

Rappelle-toi, Betty. Les guitares distordues sous les claviers vintage. Les cordes délavées, les voix et les sons expirant sur l’horizon, comme des cœurs qui s’embrasent une dernière fois à la lueur d’un  rayon vert.

Chaque fois qu’une question ne te plaisait pas, tu embrayais sur la musique.

« C’est de la synthpop, Chromatics? De l’italo-disco, tu dis ? Ouais. Si on veut. De l’époque-musique, surtout. »

C’était sacrement vrai, ce que tu disais… Des autoroutes à huit voies passées à l’Auto-Tune. Des zones d’activité transformées en chambre de réverbs à ciel ouvert. Quelque chose d’incompréhensible. Des nuits comme nous n’en avions jamais vues. Des nuits de plein soleil sous les halogènes de parkings. Les mêmes paysages que le Sprawl II de Régine Chassagne – la copine de tartes aux pommes.

Merde, c’était vrai, Betty…

Et elle te ressemblait, cette musique entre chien et loup. Un peu trop, même. Une musique de grande banlieue triste et riche, de résidences aux enfants et aux jardins bien peignés. Ce ne sont pas les maris qu’on y trompe : c’est l’ennui. C’est soi-même. Avec des ordonnances de Chanel et de Zolpidem longues comme le bras. Et l’on se réveille avant l’aube, les brumes cendrées de Candy dans la tête, sa mélodie atone, presque éteinte. Zombie. Tout droit exhumées d’une VHS d’un film de Carpenter, les nappes hémophiles de Johnny Jewel n’arrangent rien à l’affaire. Kill for Love ou comment la tête pensante du label Italians do it Better pose son arrêt maladie sur les consoles et fait corps avec les Korgs – ou autre créature synthétique et spectrale.

Comme toi, j’adorais At your Door. Ses nipponeries à la Sakamoto. Ses claviers aussi collants qu’un dimanche au Xanax, avant la semaine de bureau ; son give me your hand sorti du bac à sable où les enfants jouent -mais va savoir, avec cette époque, si ce ne sont pas les gosses qu’on fait courir après les bonus et les parents qui cherchent une main.

Comme toi, j’étais soufflé par les derniers mots prononcés sur There’s a light out on the horizon. C’était ceux d’un répondeur. Une voix de synthèse lâchant un merci de votre appel froid comme la mort, après qu’une amoureuse éperdue y ait laissé son I Love You

Comme toi, comme Marco, je n’ai pas dormi, cet été-là. De nuit, dans le noir, nous t’entendions te relever, aller et venir, pieds nus, sans savoir quoi faire de toi. De ton jardin, tu regardais ta grande banlieue sud. Les champs en pleine blondeur à perte de vue. Le rouge lancinant des balises des pylônes électriques. Et au loin, très loin, le dôme violet des lumières de Paris.

Rappelle-toi, Betty. Les échos de Lady traversaient nos reflets dans la baie vitrée. À croire que déjà, on ne se voyait plus.

 

Je ne sais pas, Betty…

Je ne sais pas si l’adjectif cicatriciel sera un jour accolé à celui d’une autre musique. Peut-être dans un autre temps, une autre vie que la nôtre.

Je ne sais pas si un jour, une nuit d’été en banlieue d’une grande ville de notre hémisphère ressemblera autant qu’à Kill for Love.

Je ne sais pas si on inventera un jour un album à la fois aussi innocent et aussi lascif et aussi tendrement triste que celui des Chromatics.

Car, loin d’une collection de hits entrecoupés de longues plages instrumentales, c’est bien d’un album qu’il s’agit. Comme dans album d’images, cet objet tout droit venu de l’enfance, lourd, précieux, aux pages qui craquent quand on les tourne. Une longue histoire jalonnée de soleils éclipsés. De dessins naïfs en clair-obscur. Un conte pour adultes de notre temps, en somme. Gorgé de toutes ces questions auxquelles l’époque ne répond plus autrement qu’avec une voix de synthèse.

Rappelle-toi, Betty : un jour de septembre, tout le monde est parti.

Marco.

Moi.

L’été.

Tout ceux qui t’entouraient.

On n’avait pas arrêté de t’appeler. De te demander de revenir. Revenir à toi. Oui, nous t’avons laissée, lassés que nous étions de nous perdre dans tes fils emmêlés. Dans les cachets au fond de tes poches cachés. Tes ordonnances mal ordonnées. Comme toi sans doute, nous écoutons encore Kill for Love. Une douce tristesse s’empare alors de notre être. Une présence. Le soleil de septembre sur un parking vide. Un jour clair après un été gâché. Et nous le prolongeons à l’infini en mémoire, certain que toi, Betty, un jour, tu te souviendras qu’il peut toujours recommencer. Que juillet n’est jamais trop loin pour bien faire.

Mais avant de nous rappeler, rappelle-toi, Betty. Kill for Love est seulement de la musique. À ce détail près qu’une fois aimée, une musique est beaucoup plus que ça.

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FFS en direct du Bataclan http://blogotheque.net/2015/06/23/ffs-en-direct-du-bataclan/ http://blogotheque.net/2015/06/23/ffs-en-direct-du-bataclan/#comments Tue, 23 Jun 2015 14:51:33 +0000 http://blogotheque.net/?p=23863 FFS, c’est Franz Ferdinand + Sparks, la bête de scène pop écossaise aux tubes qu’on ne présentent plus, alliée au psychédélisme californien des seventies pour un album fou et une tournée qui passera notamment par Paris ce vendredi.

La bonne nouvelle, c’est que nous poserons nos caméras au Bataclan ce 26 juin pour filmer et diffuser, sur Arte Concert, le concert du supergroupe dont le titre “Piss Off” tourne en boucle chez nous depuis des semaines.

Rendez-vous donc vendredi soir pour regarder en direct le live de FFS. Et danser dans votre salon.

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