La Blogothèque http://www.blogotheque.net Mon, 20 Oct 2014 09:08:18 +0000 fr-FR hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.8.1-alpha Sébastien Tellier http://blogotheque.net/2014/10/19/sebastien-tellier-2/ http://blogotheque.net/2014/10/19/sebastien-tellier-2/#comments Sun, 19 Oct 2014 16:12:04 +0000 http://blogotheque.net/?p=23024 Il y a toujours une certaine absurdité à pénétrer dans un stade vide, à se retrouver seuls au milieu de l’immensité et du silence dans un lieu habituellement plein de vie, de cris et de mouvements. Une sentiment de grandeur vous écrase presque, et il est difficile de ne pas se sentir dépassés par un endroit pareil, peu importe ce que l’on tente d’en faire.

Sébastien Tellier ne semble pas s’être posé cette question là, ou du moins, semble l’avoir élucidée en quelques secondes en foulant la pelouse du Stade Charléty d’un pas léger un vendredi matin gris de mai pour y jouer l’un des titres de son nouvel album, L‘Aventura.

Sébastien s’est approprié le stade de la meilleure manière qui soit : en en faisant un lieu presque intime alors que l’on peinait à compter le nombre se sièges qu’il contenait. En remplissant le vide par la mélancolie de “L’Adulte”, et en redonnant vie à “L’Amour et la violence” de la façon la plus dépouillée qui soit dans les gradins de l’une des salles du stade pendant que les rebonds des ballons résonnaient à quelques pas de lui.

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NO CEREMONY/// http://blogotheque.net/2014/10/15/ceremony-2/ http://blogotheque.net/2014/10/15/ceremony-2/#comments Wed, 15 Oct 2014 14:10:45 +0000 http://blogotheque.net/?p=23013 NO CEREMONY///, c’est l’exaltation malgré la souffrance. C’est un groupe qui prend les cendres de sa tristesse pour en faire des confettis, qui en fait des caisses quand le cœur n’y est plus et danse jusqu’à l’overdose même lorsque les jambes ne semblent plus pouvoir porter le corps. C’est de la dance de club pour soigner la dépression – une idée qui ne fonctionne et ne naît, semble-t-il, que dans les bas fonds de sainte-Manchester et qui a accompagné mes pires moments de spleen l’année passée.

 

NO CEREMONY///, c’est aussi, avant tout, beaucoup de machines, de câbles, de branchements et de beats. Tout un assemblement d’électronique qui déforme les voix, qui leurs donnent cette pâleur fantomatique et confère à l’électro du trio devenu quatuor un son métallique, robotique, quelque chose de presque inhumain.

Ils étaient donc terrifiés. Terrifiés à l’idée de jouer dans la rue devant des enfants et dans cette laverie de quartier sans âme. Terrifiés de se mettre pour la première fois à nus. Et surtout de déshabiller leurs morceaux à ce point, de les racler jusqu’à l’os pour en livrer une version aux antipodes de ce qu’ils avaient originellement composé, de leur enlever leur enveloppe synthétique pour leur redonner vie dans le cadre semi-acoustique dans lequel nous les avions mis au défi de rentrer.

 

Une douceur inattendue planait au-dessus de leur trouille. Quelque chose de profondément touchant dans leur façon de chanter ces titres sans leur habituelle couche d’euphorie. Une certaine surprise aussi à découvrir aux deux morceaux des reflets mélancoliques que je ne leur connaissais pas. Séparés de leurs machines, James, Kelly, Chloe et Adam ont recrée ce jour-là “hurtlove” et “partofme” comme jamais personne ne les avait entendu. Et comme personne ne les entendra plus jamais.

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Gengahr – “Bathed In Light” http://blogotheque.net/2014/10/15/gengahr-bathed-light/ http://blogotheque.net/2014/10/15/gengahr-bathed-light/#comments Wed, 15 Oct 2014 08:56:24 +0000 http://blogotheque.net/?p=23021 Vous vous souvenez de Gengahr ? On en avait parlé il y a quelques mois ici et on les avait même invités à notre soirée Blogo à LaPlage du Galz’art.

Eh bien les petits Anglais seront de retour la semaine prochaine, le 27 octobre très exactement, avec un premier single, “Powder”, dont on vous offre aujourd’hui gentiment la face B comme on dit, “Bathed in Light”.

Le titre est dans la même veine que “Powder”, mais en un peu plus inquiétant et planant, moins guitar-hero, avec toujours cette voix pincée qui me fait penser à celle d’un Andrew VanWyngarden de MGMT (sans MDMA) et une étrange naïveté pop à la Ariel Pink (sans MDMA).

Gengahr n’a pas prévu de revenir en France encore, mais ils seront au Iceland Airwaves en novembre, où nous serons aussi. Pour les autres dates, anglaises, c’est par ici.

Et puis si vous avez envie de vous offrir le single, vous pouvez aller donner vos petits sous à Transgressive Records qui sort leur single par là.

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Kevin Morby http://blogotheque.net/2014/10/14/kevin-morby/ http://blogotheque.net/2014/10/14/kevin-morby/#comments Tue, 14 Oct 2014 13:24:01 +0000 http://blogotheque.net/?p=23002 J’étais à de deux doigts de vous écrire sur quarante lignes “Kevin Morby est formidable” parce que parler du talent de ce garçon à l’heureux pedigree (The Babies, Woods) n’est pas chose aisée.

Et c’est d’autant plus frustrant avec un artiste pour qui tout semble aussi facile que d’enchainer ce “I Hear You Calling” de Bill Fay à son “Parade” sans sourciller.

Si vous n’avez pas écouté Harlem River, brillant et délicat premier album solo de Morby, vous ne savez pas que ce disque est à mettre dans votre sac à dos, à écouter dans votre voiture, que ce folk dépouillé est la bande son parfaite de vos voyages, pour regarder des paysages défiler ou des visages le long d’un canal. Que ses morceaux, qu’ils soient longs et pleins de tiroirs comme “If You Leave and If You Marry” ou aussi éclairs que “My Name”, sont parfaitement entêtants, à en oublier qu’on tient un volant entre les mains, les lignes droites et les bruits de la ville.

Il vous sera aussi facile de vous éprendre des ballades dylaniennes de Morby que pour lui de passer de basse à guitare.  Et à la réflexion, vraiment, 40 fois “Kevin Morby est formidable” ça n’aurait pas été suffisant.

Still Life le nouvel album de Kevin Morby est disponible aujourd’hui chez Woodsist.

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Ought http://blogotheque.net/2014/10/13/ought/ http://blogotheque.net/2014/10/13/ought/#comments Mon, 13 Oct 2014 13:42:47 +0000 http://blogotheque.net/?p=22999 Cerné par les vallons et les plages, les bosquets et les maisons de pierres, les rochers adoucis par les marées, le barrage de la Rance est comme une anomalie dans le paysage malouin : un modèle de droiture et d’austérité. Les routes, les barrières, les murets, les box, tout y est droit, perpendiculaire, massif et inamovible. Toutes les 20 minutes, la route se lève. Les voitures attendent. Puis la route se baisse, les voitures repartent, dans une métronomie qu’un Tati aurait grandement apprécié.

Ces voitures, ces gens dans les voitures, nous regardaient nous affairer, installer une batterie sur cette vaste, cette vide esplanade de granit, à accrocher les mini-amplis aux ceintures, à poser assez de micros pour être sûr de pouvoir restituer le mieux possible la puissance des morceaux de Ought. Eux aussi tendus à l’extrême, droits et décidés, mêlant une violence sourde à une fraîcheur juvénile.

C’était comme si les quatre garçons avaient décidé d’effriter la géométrie environnante, de se joindre au bouillonnement de la mer sous le barrage pour mieux se frotter aux lignes, aux gris, au granit et aux mouvements si bien réglés. Le violon en dissonance, les guitares qui ressassent en vrille, la voix décidée, houspilleuse, tout cela c’était une marée, un courant comme trop longtemps retenu qu’on laisse enfin passer. Le genre de musique qui vous laisse sans voix, essoufflé. Le genre de musique qui, quand elle s’arrête, fait passer pour du silence la somme des bruits alentours. Les bruits de la métronomie, de la rigueur et de la puissance contenue d’un barrage.

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Weyes Blood – Some Winters (vidéo) http://blogotheque.net/2014/10/09/weyes-blood-winters/ http://blogotheque.net/2014/10/09/weyes-blood-winters/#comments Thu, 09 Oct 2014 15:49:33 +0000 http://blogotheque.net/?p=22989 Derrière Weyes Blood il y a Natalie Mering, qu’on a déjà croisée à la guitare chez Jackie-O-Motherfucker et dans les choeurs d’Ariel Pink. Après un passage éclair chez Not Not Fun, la voilà de retour chez Mexican Summer avec The Innocents, qui sortira le 20 octobre prochain. La New-Yorkaise a depuis troqué ses bricolages fantômatiques pour des harmonies léchées et pleines d’enluminures, lorgnant parfois du côté d’Anne Briggs, de Vashti Bunyan mais aussi vers cette partie du folklore britannique ou il est tout à fait concevable de brûler des gens en guise d’offrande aux dieux.

On vous propose aujourd’hui et en avant-première le clip de “Some Winters”, réalisé par Winston Holmes Case (qui a déjà bossé avec Perfume Genius, Wolf Eyes et Tonstartssbandht ). Il est question ici de vivre en forêt, couper du bois, faire du feu et caresser un chien-loup. Ce qui se rapproche ni plus ni moins de l’idée qu’on peut se faire du bonheur tout compte fait.

Weyes Blood – The Innocents (Sortie le 20 octobre sur Mexican Summer/Differ-Ant)

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Pitchfork Paris Ciné-Club http://blogotheque.net/2014/10/09/pitchfork-paris-cine-club/ http://blogotheque.net/2014/10/09/pitchfork-paris-cine-club/#comments Thu, 09 Oct 2014 13:00:17 +0000 http://blogotheque.net/?p=22986 Avant le début du Pitchfork le 30 octobre, le festival a eu une bien belle initiative : s’associer avec les cinémas MK2 pour diffuser un cycle de films autour de la musique.

Le 9 octobre (ce soir donc), vous pourrez voir sur grands écrans le très rare Shut Up And Play The Hits, précieux documentaire qui revient sur la carrière de James Murphy et de LCD Soundsystem à travers leur tout dernier concert au Madison Square Garden.

Le 16, c’est le film musical de Stuart Murdoch de Belle & Sebastian, God Help The Girl, qui sera projeté au MK2 Quai de Seine, avant de voir le groupe sur scène le 31 au festival.

Dernière projection du cycle le 23 octobre : EDEN de Mia Hansen-Løve, film qui retrace l’histoire de la French Touch à travers l’histoire d’un duo de DJs des années 90.

Pour être sûrs d’assister aux projections, qui se dérouleront toutes au MK2 Quai de Seine, vous pouvez réserver vos places sur le site de MK2.
Soyez à l’heure, on diffuse des extraits de Soirées de Poche et des Concerts à Emporter en ouverture !

 

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Sivu – Better man than he http://blogotheque.net/2014/10/07/sivu-better-man/ http://blogotheque.net/2014/10/07/sivu-better-man/#comments Tue, 07 Oct 2014 13:36:10 +0000 http://blogotheque.net/?p=22969 Il suffit parfois de laisser un homme face à sa chanson.  Le mettre face à un paysage sans limite, un ciel doré, une herbe longue balayée par le même vent qui gronde dans les oreilles. Ne pas lui donner le confort d’une guitare, d’une seconde voix. Tout juste, au loin, quatre cuivres qui viendront caresser la mélodie comme un lointain ressac, puissant, lent, imperturbable.

Il va regarder au loin, sans regarder nulle part en particulier. Sivu est seul avec sa chanson, avant même qu’elle ne commence. On a rarement vu quelqu’un paraître si habité par sa musique. On a le sentiment qu’il chante pour une personne qui se cache derrière son épaule, pour une absence trop lourde à porter, qu’il lui fallait l’infini des falaises, le vide alentour, pour pouvoir tourner en rond, rester seul avec ce qu’il a à chanter.

Il nous a alors transformé en spectateurs fantômes. Nous n’existions plus, ni nous, ni les cuivres. Il n’y avait que cette mer, ce ciel, et ce garçon en pardessus qui regarde l’herbe longue. Et qui chante une chanson encore plus belle parce qu’elle est nue, balayée par le vent.

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Oh ! Tiger Mountain http://blogotheque.net/2014/10/01/oh-tiger-mountain/ http://blogotheque.net/2014/10/01/oh-tiger-mountain/#comments Wed, 01 Oct 2014 13:20:43 +0000 http://blogotheque.net/?p=22953 Oh, tu aurais pu nous en vouloir, Mathieu. Imagine, la première fois que nous t’avons filmé, la caméra que nous utilisions enregistrait encore sur cassette. Nous nous en souvenons, parce que nous avions quelques jours plus tard enregistré un autre film par dessus, perdant à jamais ces chansons enregistrées dans une église orthodoxe en bois, cachée au fond d’un jardin du XIXe arrondissement.

Tu nous en as peut-être voulu aussi, de ne jamais avoir publié de vidéos de cette soirée où tu avais ouvert la Soirée de Poche d’Elysian Fields. Mais tu ne l’as pas dit. Tu ne l’as pas fait sentir, jamais. Lorsque nous nous sommes retrouvés au printemps dernier, sous la bâche d’une terrasse couverte, tu avais ce même sourire que j’ai toujours connu, ces même petits rires enfantins, ces yeux plissés et malins, prêts à accueillir tout ce qui viendra, à prendre ce qui peut se prendre, à donner à qui voudra bien recevoir. Et à chanter, bien évidemment.

La démarche a pu paraître un peu trop évidente, mais nous avions, Colin et moi, quelque chose à réparer. Et pour cela, nous avons préféré essayer de reproduire ce que nous avions effacé. Nous t’avons amené, de nouveau, dans une église. St Merry, celle-là même où nous avions filmé Charles Bradley quelques mois plus tôt, celle où Julien, qui en a les clefs, est toujours prêt à nous accueillir. Surtout, étrangement, quand il pleut.

Elle était déserte comme une église un jour de semaine. Il y avait là un vicaire appliqué, deux ou trois discrètes bigotes que l’on aurait cru habituées à ce que des saltimbanques aux boucles longues comme celle de leur Christ viennent là pousser la chansonnette pendant leurs prières.

On a aussi joué à ce jeu, joué à te rendre christique, à te nimber d’un halo de lumière pâle, à découper ton profil dans un vitrail. Parce qu’on aurait aimé, nous, que les Jésus de notre enfance s’appellent Mathieu, qu’il y ait de la malice derrière leur bienveillance, qu’ils chantent comme s’ils sortaient du bayou et ne se nourrissaient que de vieux whiskies, qu’ils soient d’humbles prophètes, avec juste de magnifiques chansons à partager. On est nous, heureux, enfin, de pouvoir partager une des tiennes. Merci de nous avoir pardonnés, petit prophète.

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Soirée de Poche : Baxter Dury http://blogotheque.net/2014/09/29/soiree-de-poche-baxter-dury/ http://blogotheque.net/2014/09/29/soiree-de-poche-baxter-dury/#comments Mon, 29 Sep 2014 14:23:36 +0000 http://blogotheque.net/?p=22941 On n’a pas attendu qu’il se peigne un palmier sur l’épaule pour avoir envie de faire quelque chose avec Baxter Dury. On avait même filmé un concert sur sa dernière tournée pour le courtiser. Mais en bon dandy, l’homme sait se faire désirer.

Nous ne serons visiblement pas les seuls à être comblés que cela arrive enfin : combien, autour de nous, se sont-ils (elles !) pâmés quand nous leur avons glissé la confidence ? Combien rêvent de le voir suer et s’enivrer sur scène, sans jamais perdre de sa droiture, se lâcher sans jamais se perdre, jouer d’une voix prétendument mal assurée pour mieux faire vriller les têtes et bouger les hanches sur un tempo indolent et élastique à la fois

Les filles vont crier, donc. Quelques garçons aussi, en fait. Mercredi 1er octobre, nous accueillerons donc Baxter Dury et sa classe absolue pour notre 44ème Soirée de Poche.

La soirée aura lieu dans l’Est de Paris, et comme Charles Bradley, elle sera diffusée en direct sur Arte Concert. Et si vous voulez être de la fête, vous savez comment faire : envoyez un mail à blogotheque@gmail.com en précisant si vous voulez une ou deux places. Nous ouvrons les inscriptions jusque ce soir, lundi 29 septembre, 22h, puis nous tirerons les gagnants au sort.

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