La Blogothèque » aKa http://www.blogotheque.net Thu, 24 May 2018 07:20:04 +0000 fr-FR hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.8.1-alpha Fast And Furious http://blogotheque.net/2011/02/09/fast-and-furious/ http://blogotheque.net/2011/02/09/fast-and-furious/#comments Wed, 09 Feb 2011 10:28:45 +0000 http://www.blogotheque.net/2011/02/09/fast-and-furious/ http://www.sendspace.com/file/cgzdol] Dix morceaux de moins de 2 minutes, dix morceaux qui vont droit au but et bottent plus de cul à la […]]]>
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Dix morceaux de moins de 2 minutes, dix morceaux qui vont droit au but et bottent plus de cul à la seconde que la Belgique ne comporte de négociateurs au kilomètre carré. Le tout gentiment mixé en une seule piste à télécharger (en moins de 2 minutes).

1 – Gorillaz – “Punk”

Straight to the point. Damon Albarn nous avait déjà prouvé avec son célèbre Song 2 qu’il savait y faire. Voici, en 1 minutes 36 (intro comprise), le morceau punk le plus virtuel qui soit.

2 – Mièle – “Rock”

Hommage ou caricature? Un peu des deux sans doute pour ce qui reste sans doute comme le meilleur rock belge de tous les temps. voila, c’est dit. C’est con, mais c’est dit. Et oui, ce sont bien les même Mièle dont je parlais, il y a quelques jours, ici même.

3 – Pixies- “Isla De Encanta”

2005. Reformation des Pixies. Barcelone, Primavera festival. Concert démentiel devant le meilleur public qui soit. Tout le public qui saute et reprend en coeur “me voy, me voy, me voy ” tandis que Frank, Kim et Joey échange des regards hallucinés et visiblement heureux (l’espace de cette chanson du moins). Rhaaaaa.

4 – The Amps- “Just Like a Briar”

En 1995, Kim Deal veut tourner la page Breeders et se lance dans le projet The Amps. L’histoire n’en retiendra pas grand chose, si ce n’est ce “Comme une ronce ” expédié en 1 minute 14.

5 – Mclusky – “Mi-O-Mai”

59 secondes. C’est le temps qu’il me fallu pour me retrouver a genoux, le souffle coupé, le torse en sueur, le t-shirt en lambeau et les épaules couvertes de bleus, au milieu de la salle. Il y avait aussi ce sourire, insolent, qui ne quittait plus ma bouche et semblait dire “je viens de baiser la terre entière, sans préliminaire et sans capote”.

6 – The Hives – “Abra Cadaver”

C’est assez ironique, en un sens, d’imaginer ces Suédois passer 3 heures à se coiffer et s’habiller pour jouer des morceaux aussi courts, directs et explosifs.

7 – Liars – “You Know I Hate Stupid Phones”

J’ai personnellement fait l’amour avec Angus sur ce morceau. Je devais d’ailleurs initialement figurer sur la pochette de “It Fit When I Was A Kid”, mais ça n’a pas pu se faire (mauvaise coordination de nos plannings). Dommage, j’aime beaucoup me faire ramoner par les Liars.

8 – The White Stripes – “Little Room”

L’insondable mystère de la batteuse apathique, et pas des plus douée, qui s’offre son meilleur solo (LOL) sur un a capella du petit génie infernal. L’embryon d’un tube ?

9 – Sleigh Bells – “Straight A’s”

Au cinéma, les explosions nucléaires sont souvent silencieuses. Un gros nuage silencieux, une onde qui ravage tout, les visages qui se distordent sans un cris et les flammes qui se délectent de ce qui reste, le tout en silence. Mais c’est parce que c’est filmé de très loin, en hélicoptère (on ne voit pas d’autre explication). En vrai, de l’intérieur, ça doit ressembler surement à ce morceau de Sleigh Bells, j’en suis sur.

10 – Katerine – “Patati Patata!”

Cette caricature de Damien Saez est extrêmement jouissive. Désolé.

- Image bandeau : image extraite du film The Last Pogo
- Tous les Mercredix sur La Blogothèque.

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Take Me Away (and I’ll give you some good money) http://blogotheque.net/2011/02/08/take-me-away-and-ill-give-you-some-good-money/ http://blogotheque.net/2011/02/08/take-me-away-and-ill-give-you-some-good-money/#comments Tue, 08 Feb 2011 12:35:25 +0000 http://www.blogotheque.net/2011/02/08/take-me-away-and-ill-give-you-some-good-money/ On vous a déjà parle de l’excellent Voodoo Funk, blog de Frank Gossner qui célèbre le funk africain et tire de l’oubli des vinyles dénichés au cours de passionnants voyages au Ghana et au Bénin, entre autres. Un très beau portrait avait d’ailleurs été réalisé par le non moins excellent Dust and Grooves. Leigh Lacobucci a suivi Frank lors d’un de ses voyages en Afrique et est en train de monter un film. Il lui manque des fonds et le projet peut être soutenu (25$ contre une copie du DVD, par exemple) via sa page KickStarter. Just do it.

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2010, Love Remains http://blogotheque.net/2011/02/03/2010-love-remains/ http://blogotheque.net/2011/02/03/2010-love-remains/#comments Thu, 03 Feb 2011 11:18:11 +0000 http://www.blogotheque.net/2011/02/03/2010-love-remains/ Pas de grande révolution, pas de grand chamboulement, aucune fureur, nul fracas. Juste quelques disques qui font sacrément ’tilt’, beaucoup d’autres qu’on oublie très vite et quelques uns qu’on aura détestés aimablement (ça arrive aussi). Un rapport à la musique qui évolue, interroge, demande encore et toujours à être questionné (la sérénité n’aura pas encore été pour cette année) mais reste mu par la passion. Une obsession continue pour les compilations, des liens qu’on télécharge sans y penser, par automatisme, des disques qu’on achète sans “raison” (non qu’on ne les aime pas d’amour et d’euro frais, mais plutôt que ma raison me dicterait bien de cesser d’en acheter), des vidéos qui buzzent une demi-heure, et puis, au final, un total de 9 Go de musique téléchargée/achetée ET conservée (après nettoyage donc). Soit le volume le plus bas depuis 2006 (source iTunes). Un tiers physiquement possédé (tous achetés), un tiers sans doute supprimé dans les prochains 18 mois, et un tiers que ma raison parvient jusqu’ici a m’empêcher d’acquérir physiquement (ceux-là, on les achètera en solde. Ou pas). Une année tout aussi patchwork que la précédente, et qui peut donc se résumer en quelques disques.

How I got over (and got munny ?)


On savait Black Thought au mieux de sa forme, on ne doutait plus du talent de Questlove et de ses acolytes et on avait fini par plutôt bien accepter leur flirt avec le pop/rock (“The Seed” y étant pour beaucoup). Mais on s’était aussi quelque peu lassé d’albums en demi-teinte, poussés par des singles inégaux. Quand arriva le dernier album des The Roots , How I Got Over . Sortie discrète s’il en fut (autant que je puisse en juger depuis mon exil tanzanien), mais, enfin : un album, un vrai. Troublant d’homogénéité (on est loin des tracklisting inégaux de Phrenology ou Triping Point ), surprenant dans ses choix de production, intime et convaincant de bout en bout, sans doute leur meilleur opus depuis Things Fall Apart . Il y de l’inspiration, de la retenue, de la justesse et des frissons, des risques ET du consensus.

Au rayon hip-hop, on retiendra aussi le formidable EP live de Blitz the Ambassador , StereoLive , gros rendez-vous manqué de 2009, excitant, convaincant et détonnant. Mais aussi Succursale Kinshasa , dexuxième album très réussi, aux couleurs congolaises, du décidément très inspiré Baloji . Ainsi que le récent album de Big Boi dont on n’attendait pas tant : certes il y a un ou deux morceaux hideux, mais le très Jay-zy (époque The Blueprint ) Shine Blockas aura suffit à faire mon bonheur.

Enfin, au rayon “les amis de mes disques favoris sont mes amis aussi” on relèvera l’excellent “New Amerykah Vol.2 : Return Of The Ankh ” de la délicieuse Erykah Badu . Son “Turn Me Away ” m’aura permis d’entamer avec la dame une réconciliation que l’écoute répétée de l’album n’aura fait que confirmer et renforcer. Qu’on se le dise, cette dame la n’est pas prête de se laisser enterrer!

- The Roots : How I Got Over – Vidéo Dear God 2.0
- Blitz the Ambassador : [Stereolive

->http://stereolive.bandcamp.com/] – Vidéos StereoLive
- Baloji : Kinshasa Succursale – Vidéo Karibu Ya Bintu feat Konono No1
- Big Boi : The Son of Chico… – Vidéo Shine Blockas
- Erykah Badu : [New Amerykah Vol.2 : Return Of The Ankh

->http://www.amazon.fr/New-Amerykah-Vol-2-Return-Ankh/dp/B003597ORA/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1296459481&sr=8-1] – Vidéo Turm Me away (Get Munny)

Love remains (the same)


Mais si How To Dress Well a marqué 2010 de son empreinte, c’est (surtout) pour la capacité de sa musique à émouvoir et à surprendre (…). Et cette capacité tient essentiellement en la rencontre de deux univers : la spontanéité d’une production psyché-noise saturée et la sensuelle application d’un chant R&B jamais emprunté.

Je n’ai certainement pas tout dit à propos de Love Remains mais tout ce que j’avais à en dire est là. L’amour est intact, rien à ajouter. Si ce n’est que Active Child aura été un formidable challenger.
- How To Dress Well : Love Remains – Vidéo Video – On the Mix
- Active Child : Curits Lane – Vidéo Wilderness – On the Mix

Courage! (Avançons.)


Totalement inconnu au bataillon de mes références francophones, Bertrand Belin m’aura surpris avec un album d’une douce radicalité dont l’écoute répétée aura constitué l’une des plus belles expériences auditives de l’année. Sobre à souhait, économe sur les mots autant que sur les arrangements, se résignant à parcourir ses mélodies au ralenti, il imprime une émotion singulière qui sublime chaque note, chaque mot, chaque seconde. Tout semble avoir été l’objet d’une incroyable et pourtant nonchalante attention. Les mots dessinent des personnages, des instants dont on ne parvient plus à discerner la tristesse du bonheur. Mais qu’importe. On commence peu a peu à lâcher prise. Une notion singulière du temps et de l’esthétique s’impose à nous. Les secondes durent plus qu’on ne le croirait possible. Le ralenti se fait plus perceptible encore. La température monte. Et pourtant l’on frissonne. La chaleur, l’ancienne chaleur . Tout semble peu à peu figé. Incroyablement léger, mais pétrifié. Et pourtant, c’est indéniable, le vertige nous gagne. On ne sait plus rien, et l’on a soudainement le cœur qui explose lorsque résonne “courage, avançons, ce jour arrivera où nous arriverons… à voyager, légers, légers “.
- Bertrand Belin : Hypernuit – Vidéo CAE – Blogo Interview

O Brother (Where Art Thou?)


Mon camarade Furtif l’a dit avec ses mots a lui. Avec sa subjectivité toute moite et les sens sans dessus-dessous, il a décrit un album sexué jusqu’à la moëlle, une sorte de brûlot erotico-cradingue qui s’insinuerait dans les oreilles des jeunes gens biens pour descendre lascivement jusqu’à leur slip endimanché et y provoquer moult mouvements copulateurs. Un fort joli texte pour un album qui n’en méritait peut-être pas tant. Non qu’il ne rende à moitié fou et que nous ne le considérions sans nul doute comme un des disques pop (oui oui) les plus obsédants de ces 12 derniers mois… Mais il nous semble que les nombreux apparats dont sont ici affublées les incroyables compos des Black Keys aient rendu leur musique plus neutre justement. Là où Thickfreakness plongeait goulûment les doigts dans la vaseline, Brothers dessine une lingerie coquine affolante (un peu Suicide Girl en latex) mais quelque peu neutralisée par ce souci du détail coquin. Mais il s’agit là d’un détail, l’essentiel étant que cet album déchire tout. Ou presque.

Avi Buffalo (au pays des songes)


Je me souviens avoir écouté l’album d’Avi Buffalo d’une traite, pendant que ma fille, née quelques semaines auparavant, faisait sa sieste et alors que j’étais allongé dans le hamac de notre terrasse, le casque vissé sur les oreilles, le baby-phone placé dans une main, l’iPod dans l’autre, les yeux clos. Je me souviens parfaitement du ravissement ressenti à la découverte de ces chansons aigres-douces, aux arrangements délicats et au chant écorché. Je me souviens de la mélancolie ressentie, la tristesse bien réelle, induite par des mélodies assassines, la joie suscitée par un album débordant de chansons merveilleuses. Je me souviens de la belle synchronisation du hasard, quand ma fille se réveilla au terme de “Where’s Your Dirty Mind” et finit par se rendormir dans mes bras, accompagnant ma deuxième écoute de l’album. Un moment résolument à part pour un album qui le fut aussi, à sa manière.
- Avi Buffalo : Avi Buffalo – Video Where’s Your Dirty Mind? (live)

Nacho Umbert (Sin Compania)


Seul disque espagnol ayant véritablement et durablement retenu mon attention cette année (jamais nous n’avions connu pêche aussi maigre), ce Ay… aura été a la fois jouissif et rédempteur. Folk douce et marine, sur laquelle voguent des histoires de départ et de poulpes, chantée par une voix qui évoque le bruit des amarres qui s’étirent et craquent tout autant que le clapotis des vagues qui caressent la coque d’un navire. Un disque de départ et de retour, un album délicieux et poignant. Un disque certes isolé dans ma bibliothèque, mais un disque que la solitude n’effraye nullement.
- Nacho Umbert Y la Compania : Ay… – Vidéo Confidencias en el palomar

Le Mièle (l’Erable et l’Imbécile l’Heureux)


Avec sa pop facile, semblant s’offrir aux oreilles avec la décomplexion d’une fille de joie, Le Jour et la nuit des Belges de Mièle s’est pourtant très vite révélé constituer un album bien plus complexe et réjouissant qu’escompté. Tu n’es pas là et sa gravité légère, Châteaux de Sable et ses faux airs niais, Dans la nuit et son atmosphère de douce agonie, autant de chansons bouleversantes qui resteront à jamais gravées dans ma mémoire comme la plus belle bande-son du plus beau mois de mai de toute ma vie entière à moi.

Surprise et plaisir similaire avec le très réussi La Reproduction d’Arnaud Fleurent-Didier qui commença tout d’abord par piquer ma curiosité avec un single étonnant (du Diabologum à la sauce seventies ?). Avant de susciter une véritable excitation à mesure que je me sentais emporté par cette production pourtant de prime abord jugée un peu putassière. Au final, reste le bonheur de s’être laissé conquérir par un album plein de surprises, de cynisme, de malice, de provocations, de fausse complaisance et de sublimes moments.

Au contraire de ses acolytes francophones ici cités, les albums de Jérôme Minière font toujours l’objet chez moi d’une grande attention, tant l’univers du monsieur s’est toujours avéré constituer un refuge de grand confort pour mes oreilles. On s’attend à des surprises, on anticipe les idées originales, les associations audacieuses, les réflexions lourdes de sens, lâchées au détour d’une mélodie. On se prépare à des accords rugueux, à des désaccords soyeux… On sait ce qu’il y aura au menu et pourtant… Et pourtant on a aucune idée du goût que ça aura. On est bien en peine de deviner si le Canadien aura suivi ses instincts électro ou ses envies pop, ses penchants dance ou ses aspirations folk. Mais à aucun moment on ne doute ; assurément, ça sera à la hauteur de nos attentes. Et ce nouvel épisode, intitulé “Le Vrai, Le Faux “, n’aura en rien déroger à la règle.

- Mièle : Le Jour et la Nuit – Vidéo Chateaux de Sable
- AFD : La Reproduction – vidéo Je Vais Au Cinéma
- Jérôme Minière : [Le Vrai, Le Faux->]

Sharon Jones (& compagnie)


Comme beaucoup, j’en ai plus que soupé de la vague neo-soul. Mais comment ne pas se réjouir de la sortie de I Learned The Hard Way de Sharon Jones and The Dap-Kings , comment ne pas apprécier sa production léchée et ne pas saluer le souci des Dap Kings de ne pas se répéter, de constamment explorer les pans les plus sémillants de la soul-funk. Et comment ne pas admettre que si l’album de Aloe Blacc semble pêcher par une sorte de semi-apathie latente, c’est en même temps cette retenue qui intrigue et qui font que ses compos, fichtrement efficaces et à la production étonnamment sobre, sont parmi celles qu’on a, presque malgré nous, le plus écoutées en 2010. Et puis, dans une moindre mesure, comment ne pas reconnaître que si l’album des Kings Go Forth est trop peu emprunté pour être parfait, ça n’en reste pas moins un putain d’album (“Paradise Lost”, bordel !). Comment ne pas saluer à nouveau le talent de The Budos Band dont l’album III est aussi réussi qu’explosif. Espérons que tous ceux-là continuent longtemps de nous réjouir tandis que la FM se choisira bientôt, on espère, un nouveau cadavre à dépouiller.

- Sharon Jones & The Dap Kings : I Learned the Hard Way – Vidéo I Learned…
- Aloe Blacc : Good ThingsCAE
- The Budos Band III

- Kings Go Forth The Outsiders Are Back

Four Javelin, a Caribou, a Toro (y Moi y moi y moi)


L’année débuta presque avec ce No Mas , de Javelin , étincelle détonante et ludique qui me mit en joie et m’accompagna vers des contrées musicales que j’avais quelque peu désertées. Ce fut l’excitation d’y déceler des influences diverses et toujours recyclées avec talent (et une adoration sincère, un respect “léger” et pourtant profond). Ce fut le plaisir simple de se laisser entraîner par des mélodies enjouées et euphorisantes, ficelées à la perfection et diablement exaltantes. Des morceaux qui prennent au corps et savent titiller les neurones ; un album cérébral et animal, comme on les aime !
Ainsi en fut-il aussi du Caribou et du Four Tet , jouissifs à souhait, et du Toro Y Moi aux compositions savamment déstructurées.

- Javelin : No Mas – Vidéo C Town
- Caribou : Swim – video Sun
- Four Tet : There Is Love In You – Vidéo Sing
- Toro Y Moi : Causers Of This

La moitié d’une déception (et des poussières)


L’année fut notamment marquée par le retour de The National . High Violet n’est certes pas un très bon album, mais c’est un album “plus que correct” (je pèse chaque mot). Il n’atteint pas les sommets de Boxer et surtout, il ne rivalise pas avec son endurance (rien a jeter sur Boxer ) Mais – surtout depuis qu’est sortie l’expanded version – peut-on parler de déception pour autant ? Peut-on oublier l’émotion suscitée par la découverte de “Terrible Love”, jouée tambour battant sur le plateau de Jimmy Falon (version heureusement incluse dans la dite “expanded version” – la première version ayant été totalement sabotée) ? Peut-on occulter le bien (et le mal) que me fit l’écoute répétée de l’entêtant “Afraid Of Everyone” ? Peut on nier les qualités de “Bloddbuzz Ohio”, “Runaway” ou “Anyone’s Ghost” ou du surprenant (l’intro bordel!) “Wake Up your Saints”? Même “Vanderlyle…”, débordant de pathos ne m’enlèvera pas de la tête que cet album est “tout a fait correct”. Les ficelles sont forcément plus évidentes (pas toujours), mais les chansons n’en sont pas moins tour à tour puissantes, émouvantes, envoûtantes.

De l’album de Arcade Fire , je ne saurais en dire autant, tant il me semble s’y cacher moins de motifs de réjouissance. Mais à l’inverse de leur album précédent, The Suburbs m’intrigue et me plaît un peu plus à chaque écoute. Si on y sent le groupe encore un peu hanté par le succès de Funeral , on y décèle aussi des signes encourageants, des directions étonnantes. Et puis un sacré single!
- The National High Violet – Vidéo [Terrible Love
->http://www.youtube.com/watch?v=Efg1h0EzLeE]
- Arcade Fire The Suburbs

Une année de leak (et de brac)


2010, comme chaque année, fut aussi colorée par des albums dont on s’est délecté un peu, beaucoup, mais pas assez à la folie . Noria et sa folk douce et émouvante, Dam Funk et son funk adolescente, Bilal dont la superbe vidéo de “Is This Love” aura créé une attente que l’album n’est jamais parvenue à totalement calmer, un peu comme le Big Echo des Morning Benders, trop inégal (sentence injuste tant ce “Excuses” restera un des plus baux moments de l’année) ou le précurseur Bye-bye Dictators de Hank Harry. Il y eut aussi des oublis , sûrement, mais également des rendez-vous manqués , des albums pour lesquels on n’a jamais trouvé la disposition émotionnelle et affective. Au premier rang desquels se trouve étonnamment l’album de Micah P Hinson, mais aussi ceux de Menomena, Shearwater, Sufjan Stevens, Eagle Seagull et Joanna Newsome. De ceux-là, on ne veut rien dire de définitif. Il y eut des rééditions , dont on retiendra surtout le formidable coffret Syl Johnson. Et puis il y eut des chansons . B.O.B. et Bruno Mars, avec leur “Nuthin’ On You ” tellement tubesque et tellement jouissif, Destroyer et ses “Archer on the beach ” et “Grief Point ” qui auront suffit à provoquer une excitation d’autant plus vive que la sortie de l’album approche à grand pas. Cults et leur “Go Outside ” qui emprunte son intro au massacre de Jonestown. Et Puis, on l’a dit, l’énorme “Excuses ” des Morning Benders.

Enfin, 2010 se termina sur de belles promesses . Celle de Destroyer déjà évoquée, mais aussi celle de Air Waves dont on a dévoré le leak avec une avidité sans nom. A suivre, donc.

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Retro-soul : Soul sides répond au New York Times http://blogotheque.net/2010/11/18/retro-soul-soul-sides-repond-au-new-york-times/ http://blogotheque.net/2010/11/18/retro-soul-soul-sides-repond-au-new-york-times/#comments Thu, 18 Nov 2010 10:27:36 +0000 http://www.blogotheque.net/2010/11/18/retro-soul-soul-sides-repond-au-new-york-times/ A la suite de l’article “Can a Nerd Have Soul?” paru dans le New York Times , Olivier Wang de Soul Sides se fend d’un très intéressant billet sur les nerds, la retro-soul et la question raciale. De quoi recontextualiser le “mouvement” et tordre le cou à certaines idées reçues.

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Sharon’s trilogy http://blogotheque.net/2010/10/20/sharons-trilogy/ http://blogotheque.net/2010/10/20/sharons-trilogy/#comments Wed, 20 Oct 2010 10:59:58 +0000 http://www.blogotheque.net/2010/10/20/sharons-trilogy/ Sharon Jones and the Dap Kings publie aujourd’hui une vidéo, intitulée “Game Gets Old: the Trilogy”, ptit film regroupant trois titres emblématiques de leur album “I Learned The Hard Way”. C’est nostalgique, c’est classe et c’est ici.

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’til The Money Runs Out http://blogotheque.net/2010/10/06/til-the-money-runs-out/ http://blogotheque.net/2010/10/06/til-the-money-runs-out/#comments Wed, 06 Oct 2010 21:37:56 +0000 http://www.blogotheque.net/2010/10/06/til-the-money-runs-out/ Je suis faible. On me demande 10 morceaux, j’en mets 12. Je dois faire une playlist, j’en fais deux. Je ne maîtrise pas l’art de la concision et l’indécision a chez moi statut de religion. Voici donc, en écho au Mercredix précédent, une sélection à la mémoire du soldat Kerviel, une playlist qui fleure bon le billet vert.

Pour écouter cette playlist, cliquez sur Spoti… Ah non c’est là :

1 – Tom Waits – ” ’til The Money Runs Out”

“I sold a quart of blood and bought a half a pint of scotch (…) But listen baby, I’ll stay with you, ’til the money runs out” Les chansons de Tom Waits sont des toiles tendues un soir d’été sur lesquelles dansent des personnages en noir et blanc, des ivrognes sans foie ni loi.

2 – The Little Rabbits – “Lady Money”

J’aime l’ironie de ce titre faussement léger, avec ses paroles simples qui dessinent une scène burlesque, sous un ciel qui semble se faire de plus en plus pesant à mesure que la musique se fait plus pressante. “Tell me where’s your money, And I will let you go”

3 – The Black Crowes – “Downtown Money Waster”

“You got a 38 and your book of Revelations, I got a 44 and load of temptation”. J’aurais aimé que le fantome de Rod stewart (celui de la grande époque) surgissent et renvoie ces paroles à la face de Chris Robinson, chanteur des Black Crowes, avant de s’emparer du micro et de finir lui-meme le travail. Je sais ca va faire hurler, mais le vieux Rod l’aurait emporté facile sur ce titre!

4 – The Kinks – “Money Talks”

“Show me a man who says he can live without bread, And I’ll show you a man who’s a liar and in debt. There’s no one alive who can’t be purchased or enticed, There’s no man alive who wouldn’t sell for a price. Money talks and we’re the living proof. There ain’t no limit to what money can do Money talks, money talks…”

5 – The Invaders – “No Money, No Honey”

Groupe sud-africain des sixties, The Invaders nous gratifient d’un “No Money, No Honey” puissant et réjouissant, issue de la très bonne compilation Cazumbi . Amateurs de Dirtbombs, ruez-vous dessus !

6 – Weird War – “Man Is Money”

Je me souviens, encore étudiant et forcément toujours un peu fauché, avoir déraisonnablement dépensé de trop rares euros pour acheter, sur un coup de tête, ce premier album de Weird War. Un album qui se clôturait par ce “Man is Money”, savoureux à plus d’un titre, du coup.

7 – Gordon Gano feat. Martha Wainwright – “It’s Money”

Je me souviens. Gordon Gano, 1 mètre devant moi, debout sur son ampli, guitare sèche à la main et poing dressé, entonnant “It’s Money” sous les clameurs d’un public restreint mais fanatique. Sans amplification, sans autres musiciens, un rappel impromptu, 10 minutes après que les lumières avaient été rallumées et alors que les roadies dépouillaient déjà la scène de son matériel. La chose a duré un peu, Gordon a enchaîné les titres, dialogué avec le public encore présent. Ce souvenir-là, je me le garde précieusement pour mes vieux jours.

8 – Magnolia Electric Co. – “Lawyers, Guns and Money”

“I was gambling in Havana, I took a little risk. Send Lawyers, Guns and Money and get me out of here!”. Les Magnolia Electric co signent ici, à l’ occasion de leur Daytrotter Session, une délicieuse version de la chanson de Warren Zevon. La voix chevrotante de Jason Molina tandis qu’il conte les méfaits qui motivent ses appels au secours est particulièrement priceless.

9 – Julie Doiron – “No Money Makers”

Que Julie Doiron nous chante qu’il fait beau et nous sortirons danser en vêtements légers, même sous la plus terrible de averses. Qu’elle nous dise que l’argent n’est rien, que l’amour est tout, et nous jetterons nos maigres possessions pour se faire aimer d’elle. Car sa voix, ses mélodies, ses atmosphères, tout incite à la suivre les yeux fermés.

10 – Nick Cave & The Bad Seeds – “Easy Money”

“Money, man, it is a bitch”. Une conclusion que Nas n’aurait pas reniée et qui est extraite du très très beau The Lyre of Orpheus .


- l’image du bandeau est extraite du site Louder Than Swahili. La photo a été réalisée en Tanzanie, la phrase signifiant “La pauvreté n’est pas un frein”
- Tous les Mercredix sur La Blogothèque

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How to dress well http://blogotheque.net/2010/10/06/how-to-dress-well/ http://blogotheque.net/2010/10/06/how-to-dress-well/#comments Wed, 06 Oct 2010 11:19:40 +0000 http://www.blogotheque.net/2010/10/06/how-to-dress-well/ La probabilité que les trois prochains mois viennent bousculer la certitude suivante me paraît infime : l’année 2010 aura bel et bien été celle de How To Dress Well ! Enchaînant les EP, multipliant les vidéos, sortant un premier album remarquable et remarqué, l’homme de Chicago aura rythmé l’année avec une régularité et un talent à faire pâlir d’envie.

Alimentant depuis plus d’un an son blog en EP téléchargeables gratuitement (pas moins de 7), en remix savoureux et en vidéos audacieuses, Tom Krell (alias How To Dres Well – HTDW) a fait le pari de la gratuité et de l’abondance. Petit à petit il a ainsi gagné le respect et l’admiration d’un nombre grandissant de lecteurs. Et de blogueurs, lesquels n’ont eu de cesse, ces derniers mois, de relayer chacune de ces productions. Bien loin d’avoir lassé, cette affluence d’EP, cette boulimie productive semble avoir au contraire consolidé l’enthousiasme et un album (un vrai) a fini par voir le jour en cette rentrée 2010.

Mais si HTDW a marqué 2010 de son empreinte, c’est moins pour ses choix de publication (la quantité) que pour la capacité de sa musique à émouvoir et à surprendre (la qualité). Et cette capacité tient essentiellement en la rencontre de deux univers : la spontanéité d’une productions psyché-noise saturées et la sensuelle application d’un chant R&B jamais emprunté. A ma gauche donc, la musique qui crépite, les basses qui grésillent, les beats qui martèlent, des bricolages maison pas trop regardants, quelque chose d’étrangement lo-fi, perdu dans un univers psyché fait de drum, de bass, de trip et de hop. Un gros bordel, Ô miracle, jamais indigeste et toujours un peu plus obsédant.
Enfin, à ma droite, se jetant à corps perdu dans ce flot d’électrons en ébullitions, surgit la voix du spectre de R.Kelly, réincarné dans le corps d’un petit blanc-bec à lunettes. Une voix qui crache un chant R&B moderne, habitué à tutoyer la mécanique précise des samples en rotation automatique. Un chant qui a appris à flirter avec le tempo, à se jouer de la scansion et à titiller le beat. Procédant par va-et-vient irrégulier, il accélère et décélère le flow, se jouant de la froide régularité du rythme. Un Falseto crépitant et habité, audacieux mais délicat, capable d’évoquer Mariah Carey et Justin Timberlake avec grâce, de détourner le souvenir de Jodeci, Bobby Brown ou Keith Sweat, de soutenir la comparaison avec Bilal ou d’Angelo. Une voix parée de nombreux apparats, cachée sous un imposant costume de grésillements, de strass et d’effets divers et qui nous fait soudainement la surprise de se livrer pour la première fois dans le plus simple appareil dans cette superbe vidéo de Your Truly (seul au clavier, sans artifice, sans répétition, en gros plan contrasté, pour un ami perdu… la plus belle vidéo de l’année?).

HDTW, c’est la rencontre de plusieurs plaques tectoniques autrefois séparées par des océan d’idées reçues et aujourd’hui soudainement réunies, superposées, enlacées, confondues et remixées dans un mouvement harmonieux ; la Fender et le sampler, l’ébène et l’ivoire, l’aigu et le grave, l’acide et la rime… How To Dress Well c’est sans nul doute la grande révélation de l’année 2010 et un fameux candidat au titre de meilleur artiste/album.


- retrouvez HTDW sur son blog
- L’album “Love Remain” est dispo sur Lefse Records
- “Walking this dumb (live)” avait servi de prétexte a la réalisation de cette modeste mixtape

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Cash Rules Everything Around Me http://blogotheque.net/2010/09/29/cash-rules-everything-around-me/ http://blogotheque.net/2010/09/29/cash-rules-everything-around-me/#comments Wed, 29 Sep 2010 15:59:49 +0000 http://www.blogotheque.net/2010/09/29/cash-rules-everything-around-me/ Trésors des uns, putes des autres, nerf de la guerre ou racine de nos péchés, l’argent n’a cessé d’être adoré, pleuré, regretté, imploré, moqué et surtout chanté. petit inventaire et rapide passage en revue subjectif de notre portefeuille de chansons à thème.

(ACTION FLASH PROMO : 20% de morceaux supplémentaires gratuits à l’achat de ce Mercredix !)

Pour écouter cette playlist, cliquez sur Spoti… Ah non, c’est là :

1 – Alice Moore – “Money tree man”

Alice Moore, ou le blues qui pue la déprime, l’abandon, la fin des combats, la corde au cou et le petit coup de pied sur le tabouret pour en finir avec cette vie désargentée.

2 – Elvis Presley – “Money Honey”

“Well, I’ve learned my lesson and now I know. The sun may shine and the winds may blow. The women may come and the women may go. But before I say I love you so, I want… Money, honey”. Il a eu le money, ça c’est sûr, mais a-t-il pour autant eu le honey ?

3 – Jerry Lee Lewis – “Money”

Si l’argent est le nerf de la guerre, “Money” fut certainement l’un des hauts faits de l’invasion rock n’ roll et l’on ne compte plus les versions (plus ou moins réussies) de ce titre. Jerry Lee Lewis, qui en enregistra lui-même plusieurs, en livre ici une des interprétations les plus fascinantes : écoutez les choeurs, qui se lovent dans les cuivres au point de sembler les incarner totalement.

4 – Titus Turner – “People Sure Act Funny (When They Get a Little Money)”

Un seul album, quelques volées de singles, des hypothétiques royalties mais sûrement pas des masses de thunes pour Titus Turner, chanteur R&B de la cote est et pourtant auteur de l’énorme “Sticks and Stones” popularisé par Ray Charles.

5 – Aretha Franklin – “Money Won´t Change You”

En 66, James Brown sort “It’s a man’s man’s world” et “Money Won’t Change You”. Deux ans plus tard, Aretha répondra à la première en reprenant la seconde : ce monde n’est ni celui des hommes, ni celui des femmes, c’est celui d’Aretha and money won’t change that !

6 – The Meters – “Little Old Money Maker”

Zigaboo Modeliste, batteur des The Meters, doit se mordre les baguettes à chaque fois qu’il écoute ce titre. Lui qui continue de poursuivre Allen Toussaint en justice et qui déclara un jour “When I found out how we was pillaged, how we was misused and abused, I couldn’t get over it. I just completely put the drums in the closet”.

7 – 3rd Generation Band – “Because Of Money”

Fabuleux titre mis en lumière par l’incontournable Soundway sur le non moins excellent Ghana Soundz . “Because of money, I’m shouting, shouting, shouting.”

8 – Boscoe – “Money Won’t Save You”

Boscoe enregistra un unique album, sorti discrètement en 1973, totalement oublié, puis recherché et finalement récemment réédité sur le prestigieux label Numero. Originaire de Chicago, le groupe n’a jamais su s’imposer sur une scène en ébullition mais déjà fort chargée (Sun Ra, Phil Cochran, etc.) et n’a donc pu capitaliser le respect pourtant durement gagné sur scène. A défaut de courir le monde et d’empocher les biftons, leur disque est donc devenu rare. Et culte.

9 – Sharon Jones and the Dap kings – “Money”

“Banks folding, President scratching his head, The economy is bad”. La soul des Dap Kings accouche d’une chanson-témoin comme on ne les croyait plus possibles : une voix qui hurle l’impatience d’une époque, des cuivres qui souffle la colère, une basse qui piétine sur place, une batterie qui rythme la marche et des choeurs qui questionne avec insistance : “Everybody needs money, what you gonna do? Without that money never gonna get through”.

10 – 50 Cents – “I Get Money (I Dap Money Remix)”

Je crois que c’est là l’unique morceau de 50 cents qui a jamais survécu plus de deux jours sur mon disque dur. Une performance due à la présence curieuse des Dap Kings, au remix. Une présence qui confine presque au mash-up, tant elle semble de prime abord non-naturelle, forcée. Un mauvais remix en quelque sorte ? Oui, mais un beat qui vaut de l’or.

BONUS TRACKS

11 – Wu Tang Clan – “C.R.E.A.M. (Radio Edit)”

Les disques de Wu Tang auront mis du temps à traverser l’océan. Yo MTV Rap en avait déjà fait les sombres sauveurs du rap US et je me passais en boucle les clips enregistrés sur K7 vidéo au milieu de la nuit quand un ami me ramena ENFIN, des States et en avant-première, leur précieuse plaque. Je n’ai que peu de souvenirs des 6 mois qui suivirent ; le vague sentiment d’avoir vécu alors un casque en permanence vissé sur les oreilles et la main sur le portefeuille. Cash Rules Everyhing Around Me, C.R.E.A.M.!

12 – NAS – “Money Is My Bitch”

Nas a, un temps, lui aussi régné sur mon walkman. Mais c’était avant, avant les caricatures, les excès, les promesses non tenues, les singles et le fric facile. Reste heureusement un flow puissant et quelques éclairs de génie qui, de temps en temps, parviennent encore à tracer leur route jusqu’à ma stéréo. Le poids du flow (mouais…) et le choc du sample, sans doute.


- Photo courtesy of Photos8

- – Tous les Mercredix sur La Blogothèque

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Cien hombres ni uno más http://blogotheque.net/2010/04/16/cien-hombres-ni-uno-mas/ http://blogotheque.net/2010/04/16/cien-hombres-ni-uno-mas/#comments Fri, 16 Apr 2010 13:27:22 +0000 http://www.blogotheque.net/2010/04/16/cien-hombres-ni-uno-mas/ J’ai découvert la musique de Nacho Vegas il y a 7 ou 8 ans, suivant le conseil avisé d’un stagiaire espagnol tenant le stand d’un label anglais (disparu depuis) durant un festival breton. Que de chemin parcouru pour un disque qui s’adressa pourtant à moi sans détours, décochant ses flèches droit au cœur et s’y arrimant très durablement. Je rejoignis la Blogothèque peu de temps après et me promis de très nombreuses fois ensuite d’y faire état de mon enthousiasme pour cet énorme songwritter espagnol. Le temps passant, les albums se succédant (malheureusement un peu moins bons dernièrement) et mon enthousiasme s’amenuisant petit à petit, il a fallu se rendre à l’évidence : Nacho Vegas avait définitivement rejoint la longue liste des “papiers manqués”.

Alors, quand surgit de la péninsule ibérique un nouveau Nacho, un autre, au style voisin et au talent au moins comparable, évidemment, l’excitation est a son comble. On se souvient du premier Nacho, on rumine une dernière fois ses regrets et on y va de son petit couplet de belles promesses et de bonnes résolutions : celui-là, je ne le laisserai pas passer! C’est que l’album de Nacho Umbert aurait facilement pu inaugurer une rubrique “Jusqu’à la corde”, tant il a déjà tourné sur mes différents lecteurs depuis qu’il a fuit sur la toile (il est maintenant en vente ici) il y a quelques semaines. Délicat, précieux, composé et arrangé avec retenue et grâce, ce disque est une perle et une bombe a la fois. Une pièce d’artisanat, taillée avec amour et patience, dans l’arrière salle d’un atelier obscur et oublié.

C’est que l’histoire du Barcelonais n’est pas banal. Auteur en 1996 avec son groupe Paperhouse d’un premier et unique album au titre annonciateur (Adios ), Nacho quitte ensuite Barcelone pendant un an. A son retour, le groupe se reforme, travaille de nouvelles chansons et s’apprête à sortir un second disque chez Acuarela. Projet qui échoue de peu. La vie continue, Nacho conduit la sienne comme tout un chacun, mais loin désormais des instruments, au point d’en oublier presque son passé de musicien. Huit ans d’abstinence auxquels l’écoute d’une chanson va venir mettre fin. Une amie lui fait un jour écouter “The Daily Growl” extrait de Is A Woman de Lambchop et le déclic se produit. Il se rachète une guitare, bientôt deux, reprend même des cours et finit par composer 4 chansons qu’il enverra bientôt à Acuarela. On est en 2007, Nacho Umbert sort de plus de 10 années de silence. Le label écoute “Cien Hombres Ni Uno Mas” et lui propose de réaliser un album. Nacho cherche alors des musiciens pour travailler et étoffer un peu ses compositions. On lui glisse le numéro de Raül Refree, auteur/compositeur/chanteur et producteur bien connu, déjà auteur de plusieurs disques de grande facture. Ce dernier écoute la chanson et lui propose de produire le disque. Le courant passe, la confiance s’installe immédiatement et les deux hommes s’affairent patiemment à la réalisation d’un album qu’ils souhaitent “petit, acoustique et classiqu e”, “de la pop crue, sans trop d’ornement “. Ainsi va l’histoire de Nacho Umbert : un type patient qui, loin de chercher à provoquer sa chance, su l’attendre et la saisir lorsqu’elle passa.

Sorti il y a un mois à peine et intitulé Ay… , l’album de Nacho Umbert & la Compañía (concept plus flexible qu’un groupe et désignant son producteur – Refree – ainsi que les amis-musiciens ayant participé au disque ou l’accompagnant en concert) fait l’effet d’une petite bombe en terre ibérique. On susurre “M.Ward” par-ci, on chuchote “Bill Callahan” par-la. Bref, on frétille des castagnettes et on jure ses grands dieux (“puta madre !”) ne plus rien avoir entendu d’aussi inattendu et réjouissant (en production locale) depuis Actos inexplicables , premier album d’un certain … Nacho Vegas ! La similitude ne s’arrête donc pas au prénom. Et, de fait, on retrouve ici ce savant mélange de décomplexion (laquelle fait généralement toute la saveur particulière des jeunes premiers) et de maturité. Mais au-delà de ça, c’est la sincérité toute simple qui en découle chez Nacho Umbert, une denrée si rare et singulière, qui fait tout le charme de son disque. Car il y a dans ses chansons de la patience, de la maturation, des idées de textes et de mélodies qu’on a pris le temps d’écouter germer et auxquelles on a laissé le temps de s’épanouir lentement. Et puis il y a les textes, loin des jérémiades ou singerie contemporaines. Des récits simples, plus simples et plus bruts que ceux de Vegas, mais non moins touchants. Des contes quotidiens, aux héros humbles, raconté dans un langage sobre. Des chansons qui capturent une micro-psychosociologie sans prétention, mais décrite avec tant de justesse, de simplicité et de compassion qu’elle ne peut qu’émouvoir. Petite révolution dans le paysage pop espagnol où les graines semées par les ainés (Sr Chinarro, entre autres) semblent avoir dessiné des horizons qu’une nouvelle génération s’empresse aujourd’hui d’embrasser avec talent (et avec Nacho Umbert pour nouvel étendard).


“Quería cantar como hablo, usar el lenguaje que utilizo cada día. No me gusta nada intentar ser intelectual o parecer cosas que no soy, quería que fuera simple y de verdad. Salga lo que salga.” / “Je voulais chanter comme je parle, utiliser le langage que j’utilise chaque jour. Je n’aime pas jouer les intellectuels ou feindre ce que je ne suis pas; je voulais que ce soit simple et vrai. Et qu’il en sorte ce qui devait en sortir” (source : El Pais).

Évidemment, c’est en espagnol (cela en rebutera plus d’un), évidemment, ce n’est musicalement pas révolutionnaire (chasseurs de buzz, passez votre chemin), évidemment ça requiert une écoute attentive et apaisée (auditeur du métro, vous ne rendez pas grâce à cet album). Mais dieu qu’il est bon de se laisser emporter par les chansons de ce Nacho Umbert. Lever l’ancre, lâcher la barre et se laisser voguer au grès de sa diction, bercer par les mots, emporter par ces petites récits quotidiens et ses mélodies fluides, parcourir des couplets chaloupés, traverser des refrains apaisés, des images d’un autre temps et d’autres lieux… Il y a quelque chose de marin, de bohème dans la musique de Nacho Umbert. De l’élégance brut, un ton boisé, des amarres humides qui craquent, une diction appuyée, grave et détachée à la fois. Mais Il y a surtout un homme face à ses histoires, sa guitare et ses chansons, un auteur qui avoue “ne plus avoir l’âge pour imiter quiconque” et dont ne peut que se demander aujourd’hui s’il parviendra à préserver cette fraîcheur, gagnée à force de patience et de retenue, et la faire durer au moins autant que n’a su le faire un certain Nacho Vegas.


Album en écoute sur Spotify et en vente chez Acuarela

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Stories From The Cities http://blogotheque.net/2010/04/13/stories-from-the-cities/ http://blogotheque.net/2010/04/13/stories-from-the-cities/#comments Tue, 13 Apr 2010 12:06:53 +0000 http://www.blogotheque.net/2010/04/13/stories-from-the-cities/ Les Cadavres Exquis, ce sont des compilations, réalisées en ping-pong à 2, 5 ou 12, à l’aveugle ou pas, avec des contraintes ou pas. Contrainte soigneusement choisie et scrupuleusement respectée comme dans ce nouveau numéro qui célèbre l’espace urbain (and far beyond).

Nouveau Cadavre Exquis réalisé il y a déjà bien longtemps (2008) du temps où la nécrologie n’était pas encore une discipline olympique, du temps ou les cadavres étaient encore ce projet qu’on choyait secrètement et tentaient de développer peu à peu, à force d’essais-erreurs non publiés. Un cadavre exquis à double détente puisque l’on s’est envoyé les morceaux par paquet de deux, facilitant l’induction d’un thème. C’est à Garrincha que l’on doit donc l’orientation de cet opus, autour des noms de villes. Un cadavre exquis urbain, béton, macadam. Mais aussi un cadavre exquis ambigu, oscillant entre déclarations d’amour et de haine, entre désespoir et profession de foi, entre mélancolie et promesses.

Pour le mixer, j’ai demandé à plusieurs collègues, amis et anonymes de me parler de leur ville préférée, dans leur langue maternelle et dans notre langue commune. En résulte un mélange de sonorités, d’accents, de saveurs, une sorte de cosmopolitisme un brin surfait, à la fois forcé et fluide, digne des temples urbains que sont New York, Paris, Londres… le tout sur fond de troquet bruxellois. Pour y insuffler une note d’humanité et un peu de n’importe quoi. Un cadavre exquis où l’on entend Carlos Gardel et LCD Soundsystem, des amis et des étrangers, des boules de flipper et des bulles de bière, des coups de haine et des coups de cœur, un tel cadavre ne peut être qu’un cadavre réussi. Non ?

(Merci à Le Pédiluve pour leurs très belles illustrations).

Téléchargez le Cadavre Exquis 05

- en m4a – podcast illustré (FaceA+B+CoverPDF)
- en mp3 (FaceA+B+CoverPDF)


#05 – Stories From The Cities – Face A

Téléchargez Face A : mp3 / m4a / PDF


01. Carlos Gardel – Mi Buenos Aires Querido

Envie de partir hors des sentiers battus. Envie de partir de loin, même si c’est pour mieux revenir. Alors autant partir de cette ville fantasm(é)e, de ces rêves d’un bitume différent que deux ans plus tard je n’ai toujours pas vu, ou alors seulement par les yeux d’un Coppola. Autant partir de cette voix hors d’âge, venue d’un siècle qui semble s’être achevé il y a bien longtemps. Je ne connais pas de meilleure invitation au voyage. -Garrincha

> Achetez Carlos Gardel, King Of Tango

02. John Cale – Paris 1919

Repasser directement par chez soi, revenir en terrain familier, essayer de débusquer du neuf dans un décor déjà trop vu ? Pourquoi pas, mais dans ce cas, regardons Paris par les yeux d’un Gallois, New-Yorkais d’adoption. Loin d’une miniature impressioniste, les violons qui s’envolent et cette mélodie sublime sur lit de contrebasses féroces dessinent une symphonie vertigineuse. -Garrincha

> Achetez Paris 1919

03. Beirut – Nantes

Après avoir très durablement marqué les esprits, Beirut revient alors avec un second album. Forcément le soufflé tombe un petit peu. Mais forcément aussi, on trouve ici quelques perles. Occasion rêvée de balader ce Cadavre Exquis sur les côtes bretonnes et de le parer d’un morceau qui nous aura lui aussi durablement marqué. -aKa

> Achetez The Flying Club Cup

04. LCD Soundsystem – New York I love You

D’un continent à l’autre, on enjambe l’Atlantique et rejoignons la grosse pomme. D’un songwriter à l’autre, et un gros coup de cœur pour ce morceau de LCD Soundsystem qui irradie leur second album d’un éclair de génie, ouvrant des perspectives inédites et ô combien réjouissantes. -aKa

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05. Sam Prekop – Chicago People

On ne parle pas assez de Sam Prekop, mais c’est sans doute une chance. Sa musique porte dans ses gènes une discrétion et une délicatesse qui s’accommoderait sans doute mal d’une lumière trop crue. Il faut savoir jouir de ces chansons subreptices et de ce qu’elles disent confusément de ces gens d’ailleurs qui nous ressemblent sans doute un peu. -Garrincha

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06. Hauschka – Chicago Morning

Double peine, double halte, double ration : restons encore un peu à Chicago, cette ville qui doit être douce si l’on en croit, après Prekop, les variations au piano du docteur Hauschka. Dans cette veine qui mélange compositions classiques minimales et bruissements électros qu’on imagine cousus main, on croyait avoir tout vu, tout entendu. Et puis vint ce disque d’Hauschka. -Garrincha

> Achetez Room To Expand

07. Sufjan Stevens – Chicago

J’ai bien essayé de résister à la tentation, à la facilité. Mais l’enchaînement fonctionnait et stagner un peu a Chicago m’amusait, a vrai dire. Première ville de ce Cadavre dont je n’avais pas foulé le pavé et qui pourtant m’atttire intensément depuis que j’en ai lu les descriptions les plus folles dans un article (mais lequel ; ca date!) qui passait a la loupe la vivacité de ses differentes scènes. L’appel de Chicago était trop fort. “All things go, all things go / Drove to Chicago” -aKa

> Achetez Illinoise


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#05 – Stories From The Cities – Face B

Téléchargez Face B : mp3 / m4a / PDF


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08. Patrick Wolf – London

Je garde un souvenir vivace de ma rencontre avec Patrick Wolf. Son arrivée sur scène, sa taille, son apparence, son attitude, son regard, son jeu. Tout était ambigu. Entre majeur dressé au public et grand cri d’amour. Un peu à l’image de cette chanson d’adieu adressée à la capitale anglaise. -aKa

> Achetez Lycanthropy

09. Loudon Wainwright III – Grey In LA

Bien loin des poses de son illustre rejeton, le paternal Wainwright est un trublion qui cultive l’ironie (du sort), les double sens (giratoires) et les friandises amères. Et puis surtout, il y a cette écriture d’une fluidité merveilleuse, qui vous fait croire que tout coule de source. -Garrincha

> Achetez Strange Weirdos OST

10. Timothy Dick – Florence

En contraste total avec la chanson précédente, Timothy Dick semble prier plus qu’il ne chante. Prier quoi, on ne sait pas trop, c’est cryptique, mais sur un mode liturgique, une longue litanie qui s’envole à son rythme. Lentement, très très lentement parce qu’il est des voyages qu’on n’entreprend que péniblement. -Garrincha

> Achetez On a Grassblade

11. Vic Chesnutt – West Of Rome

Doit-on vraiment dire que Vic Chesnutt est un Dieu ? Que sa musique nous remue les tripes upside down, que sa voix nous épile le corps a chaque envolée, que les cordes de sa guitare nous flagellent et que, dieu, qu’on aime cela ? “Yes he’s a glad boy to have such a void”. -aKa

> Achetez West Of Rome

12. Magnolia Electric Co. – Nashville Moon

De l’évocation de Rome à la poursuite du spectre de “Nashville Moon”. Ville symbolique, destination impossible et vaine. “How far away is that Nashville moon / That depends / Where did she leave you / And how many miles til my mistakes catch up /That depends /Which ones you’re counting / And that depends / What you’re forgetting again”. -aKa

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13. Thomas Dybdahl – One Day You’ll Dance For Me, New York City

Une chanson de mégalomane triste, d’ambitieux lunaire, de dandy larmoyant, qui tient des propos démesurés d’une voix subtile, une voix d’or toute en nuances et en variations. Il est dommage que depuis l’élégant Dybdhal n’ait fait que se répéter. -Garrincha

> Achetez One Day You’ll Dance for Me, New York City

14. Les Baxter – Oasis Of Dakhla

De la même manière que sur la ligne de départ j’avais voulu sortir du cadre, ne terminons pas par une évidence et donnons un bon coup de barre. On ira donc se finir en plein territoire Exotica , une sorte d’ancêtre fréquentable du easy listening, avec l’un de ses pionniers égarés dans le grand sud marocain. -Garrincha

> Achetez The Exotic Moods of Les Baxter


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