Rouquinho
Un jour, Rouquinho se demande pourquoi il est accroc aux nouveautés qui n’intéressent que les minorités groupusculaires. Le lendemain, il ne s’explique pas pourquoi il n’aime que ces vieux trucs que tout le monde connaît. Une fois par an, il est persuadé qu’il va lâcher l’indie-pop pour le jazz, parce qu’il n’y a que ça de vrai. Ou alors pour la musique africaine, parce que ça l’excite comme son premier disque des Beatles. Ou alors pour en FAIRE de la musique, à plein temps, enfin. Il n’a toujours pas choisi. Et finalement ne s’en plaint guère.
Franchement, au départ, ce n’était pas gagné. Auteurs, à quelques semaines d’intervalles, de deux albums précieux et déjà largement défendus ici, JP Nataf (Clair) et Arnaud Fleurent-Didier (La Reproduction) avaient, en ce début 2010, des plannings compliqués à croiser. Mais la Blogo a insisté, et a finalement réuni les deux artistes le 4 mars dernier dans un studio du XXe arrondissement de Paris. Pas pour un duo : pour un entretien croisé. A nos yeux (à nos oreilles ?), ces deux univers esthétiques a priori éloignés défendaient, sûrement inconsciemment, une cause commune : faire ’’sonner’’ le français dans des morceaux de pop music. Nous considérons que les auteurs-compositeurs à avoir gagné ce combat-là appartiennent à l’élite resserrée de la nation. Qu’entendre des chansons si réussies dans (...)
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Il est de ces labels aventureux dont on salue régulièrement le travail salutaire et la foi insensée. Cela fait 10 ans que Clapping Music, la maison d’un certain François Virot (un des rares artistes à avoir été filmé deux fois en Concert à Emporter), sort ... oui, des disques. Avec une bonne dose d’abnégation et de courage. Pour l’occasion, le label petit mais costaud fait une fête la semaine prochaine. Pour nous, c’est (...)
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Ce groupe pourrait crâner de tout l’héritage musical qu’il combine dans son répertoire. Prendre la pose face au sticker racoleur - et pourtant fidèle - qu’on collerait volontiers sur le package de son dernier album (quelque chose comme « Dylan enregistre les chansons de Tom Waits dans les studios Stax avec les cuivres de Smokey Robinson »). Se gausser de lire qu’on n’a pas souvent entendu des orgues sonner aussi bien avec des cuivres, jamais vu une vraie contrebasse et des choeurs se stimuler aussi bien depuis les vinyles de papa, rarement trouvé aussi purs des accords aussi crades que ceux de Raise the blinds. The Mumlers pourraient. Mais la formation du leader Will Sprott porte sur elle, dans son discours comme dans ses chansons, une cool attitude qui la rend splendidement attachante au-delà du reste. Le premier coup d’oreille enseigne qu’il n’y a là aucun objectif révolutionnaire, aucun (...)
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