Rockoh
L’urgence d’écrire, d’entendre hurler les guitares ("Licence To Confuse" de Sebadoh en fantasme de jeunesse, Sonic Youth pour le bruit savant et Mogwai en assommoir), de lire le rock ("Great Jones Street" de Don Delillo, immense) ou les belles écrivaines (Chloé Delaume, autre obsession). A part çà, une bonne partie d’échecs, un vin corsé du sud de l’Italie et du rock écossais en doses fortes. Et puis Victor et Tim, rockstars à leurs manières...
"We’re much the same we used to be", une petite phrase d’apparence anodine lancée par Lou Barlow au public du Trabendo, ce lundi 28 avril 2008, comme s’il fallait se justifier, s’excuser de quelque chose... De ne pas répondre à toutes les attentes ? De n’être en tournée que pour la promotion de la réédition (version Deluxe) de Bubble & Scrape (Domino/Pias) et de limiter le set aux morceaux de cet album et des précédents ? De se comporter comme un type finalement banal et pas comme la star indé, le "héros" qu’il a été et qu’il reste pour certains ? Il lancera plus tard un étonnant "We’re a strange band. You’re a good audience".
Un bon public, effectivement, magnanime et qui a compris rapidement qu’avec le line-up originel (Lou Barlow, Eric Gaffney, Jason Loewenstein) il n’aurait pas (...)
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03. Nylon Smile
Paisiblement torturé, "Nylon Smile" s’érige en faux-semblant et nous plonge dans une léthargie inquiétante ; sous l’apparence d’un encéphalogramme régulier grondent des profondeurs de questions insolubles. En surface, pas un son plus haut que l’autre, rien qui ne laisse apparaître le drame qui se joue sous nos oreilles. Une ligne droite qui ondule à peine et dessine un horizon, vaste, figé et calme. Un (...)
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Les piédestaux et les statues élevées bien haut sur des colonnes sont faits pour vaciller tôt ou tard, l’usure du temps ou un séisme en responsables de ces déchéances, progressives ou brutales. Les disques qui sortent de (presque) nulle part et qui ébranlent des certitudes, à force de coups discrets mais efficaces, sont rares et d’autant plus louables quand ils suppléent les idoles en déclin.
Ainsi Emily Jane White et ses façons troublantes de Cat Power, mimétisme et faux airs de "Myra Lee" ou "Dear Sir" (ces disques indépassables dans l’esprit comme dans les formes) : dépouillement, meurtrissures, pianos ou guitares tourmentées, de singulières manières de briser les rythmes quand le ton s’élève et d’autres atouts charmants qui feraient douter de la fidélité un jour promise à Chan… "Dark Undercoat" (Talitres/Differ-Ant) ou un minimalisme folk-rock mieux produit et plus distingué, du Sodastream dans le (...)
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