Toujours aussi audacieux et hivernal, le festival Génériq proposait pour sa deuxième édition une affiche particulièrement alléchante. Eclaté entre six villes de Dijon à Freiburg en Allemagne, Génériq nous a accueilli en Territoire de Belfort pour vous livrer la première Festival Serie. Nous y avons découvert la pop envoûtante de T et Yules, la côté électronique de Generic, et le sourire de Nash quand elle s’est mise à slammer. Il y a eu les retouvailles avec Sophie Hunger et la ferveur de Moriarty à St Joseph. C’était début mars, c’était Belfort, il faisait froid.

Yules

Il y a quelque chose d’historique dans le Concert à emporter de Yules que nous avons capté chez Perello. La plus vieille épicerie de Belfort, qui a accueilli le temps de quelques prises les frères Charret, est à présent fermée. La folk de Yules n’en est que plus belle.
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« Produits de premier choix », « fruits exotiques », « vins fins et liqueurs »… Tout dans l’épicerie fine de Perello rappelle la France de la IIIème République, celle de Jean-Pierre Pernaud et des produits du terroir chers à Jean-Pierre Coffe. L’épicerie a conservé son aménagement et sa décoration baroque ; entre la présentation dans les emballages d’origine, les bouteilles dans leur caisse en bois et les épices rares qui s’y trouvent, il y flotte comme un air de caverne d’Ali Baba. Baptiste du festival Generiq ne s’y est pas trompé, l’endroit est absolument unique, on ne pouvait rêver mieux pour la folk nostalgique de Yules.

YULES - WARNING TO THE POWERFUL ORATORING

Réal : Jeremiah (Kidam)

Tourné à Belfort

Tout le monde joue le jeu. Michel Perello ouvre la porte à Bertrand, la vendeuse, Baptiste et nous autres improvisons une chorale sur « Warning to the Powerful oratoring ». Yules échange un sourire complice, les titres fonctionnent.

YULES - THE RELEASE

Réal : Jeremiah (Kidam)

Tourné à Belfort

Originaire d’une ville de sous-préfecture de la région Est, Yules reste encore méconnu dans le paysage français. Pourtant The Release, paru à l’automne dernier est un recueil de pop songs nourries de mélancolie amoureuse, d’introspection et d’élégance. Autour d’une guitare acoustique, un piano ou ici un glockenspiel, Bertrand et Guillaume partagent un univers hypersensible hérité de l’enfance.

YULES - DESPERATION LAND

Réal : Jeremiah (Kidam)

Tourné à Belfort

Elevés dans une maison pleine de vinyles, de livres et d’instruments de musique, la charge émotionnelle de leur musique fait directement écho aux songwriters que les deux frères écoutent depuis l’enfance : Paul McCartney, Leonard Cohen, Neil Young… Ces deux-là ne semblent vivre que pour la vérité des textes et des arrangements libérateurs.

Quelques flocons de neige commencent à tomber dehors. Il n’en faut pas plus pour que Yules sorte jouer une version de « This is my Xmas song » de circonstance, malheureusement restée dans les cartons des Concerts à emporter.

Lorsque vous passerez à Belfort cet été, ne vous étonnez pas de voir la porte de Perello fermée, allez plutôt voir son fils juste à côté qui, nous a-t-on dit, a ouvert un salon de thé.

Chez Manu

le 17 avril 2008 par Nora
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