Un invité : Luke Temple

De l’art de la fausse piste : un tapis de chœurs alanguis, Luke Temple en falsetto, un banjo en perdition, un refrain aux harmonies plus beatlesiennes tu meurs, un orgue à la mélodie indistincte et presque grinçante. Et encore j’en passe et des meilleurs. Il y a dans une seule chanson de Luke Temple de quoi faire un album entier chez d’autres.

Il y en a peut-être trop, on frôle l’indigestion et puis quand il part dans un énième virage et que le rythme squelettique se déplie en boucle, on aimerait qu’il reprenne au départ, que sa voix revienne. On ne fait que la frôler ceci dit, tant finalement cette chanson incite à en avoir plus.

Il y a là sans aucun doute le goût pour la construction, pour l’architecture d’un Sufjan Stevens. Mais on se dit juste que notre homme est comme Mike ’Sport’ Murphy, un orfèvre minutieux qui construit des pièces uniques. Et alambiquées sans doute, mais comme chacun sait, un alambic c’est fait pour distiller l’ivresse.

"Saturday People", c’est le nom de ce morceau qui ouvre Snowbeast, le deuxième album du New-Yorkais. Qui nous parle ici de 3 chansons qu’il aime.

Cass Mccombs

"La soustraction est dans la majorité des cas plus importante que notre besoin d’expansion qui confine à l’obsession. Cass est connu pour être une sacrée énigme, mais la plupart de ses chansons sont centrées sur des idées très spécifiques, comme de petites métaphores, des illustrations qui résument une image plus large. Et j’aime la mélodie."

- Prefection

Duke Ellington

"C’est une ballade tirée de Far East Suite, qui est extrêmement romantique et qui date d’un temps où la romance avait encore le droit d’être intelligente. C’est aussi une prise absolument parfaite, où le groupe sonne comme des plaques tectoniques qui se déplacent l’une sous l’autre."

- Far East Suite

The Band

"Richard Manuel sonne comme s’il est le dernier homme sur terre chantant la dernière chanson qui sera jamais chantée et, naturellement, Levin est là aussi. Il fait son truc à sa manière : minimaliste et avec ses tripes. J’aime ce côté franc et assumé de types qui font de la musique tout en maintenant une dimension émotionnelle qui sent le vécu, l’expérience : rien de sentimental, de la musique vécue de bout en bout par ses créateurs."

- Music From Big Pink

le 18 avril 2008 par Garrincha

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