Un été en musique : La route du rock
Une petite pause et cap sur St Malo pour la Route du Rock, où là encore je ne reste qu’un soir, le premier en l’occurrence, qui propose justement Alamo Race Track, The Wedding Present et The National. Fandor, qui est là aussi, ne juge pas bon de venir voir Art Brut afin de départager nos amis belges de la Blogothèque. Il a déjà pris parti pour aKa en déclarant péremptoirement que ce groupe est "ridicule", et préfère rester se baigner dans la piscine d’eau de mer de St Malo, cultivant ainsi sa réputation de plagiste invétéré. Heureusement que d’autres sont plus professionnels... Donc je vais voir le concert d’Art Brut et, ma foi, c’était plutôt plaisant.

Le chanteur compense son absence de voix par une propension sympathique à la scansion qui rappelle certains groupes indie de la fin des années 80, comme I, Ludicrous. Il raconte des histoires sur fond de batterie simplette et de guitares gentiment saturées. On est loin d’un énième The Bravery ou Bloc Party comme je le redoutais. C’est pas très bien, objectivement, mais c’est drôle et revigorant. "I want you to go home and form a band, or at least write articles, do something" vagit le chanteur, dans un esprit assez proche du "Todo nos parece una mierda" d’Astrud. Il fait beau, le soleil brille encore, on boit des bières et on mange des galettes saucisses, bref, c’est cool.
Après arrivent sur scène les mêmes hollandais qu’à Sédières, et le constat est rigoureusement le même, ils manquent d’intérêt. Le constat est aussi le même pour The Wedding Present,
c’est toujours aussi bien et abrasif, l’enchaînement des dates ne leur a pas fait perdre une once d’énergie.
Arrive ensuite le clou du spectacle, Yo La Tengo, qui va nous enchanter pendant une trop courte heure et quart. Ira Kaplan commence au farfisa pour un doublé inaugural parfait, Autumn Sweater et Season of the shark. Et puis il se saisit de ses Fender (Stratocaster, et Jaguar vintage, magnifiques ) et le déluge commence, entre perles pop et montées noisy fantastiques. Entre temps, on aura notamment assisté à une chorégraphie interprétée avec classe par Georgia et James (la batteuse et le bassiste). Mais le point culminant est sans aucun doute Blue Line Swinger, qui dure près de vingt minutes, qui commence par un rythme lancinant de batterie accompagné d’improvisations de guitares bruyantes, pour se muer peu à peu en imparable pop song. Du grand art. Le concert se clôt par une version déjantée du Nuclear War de Sun Ra, sous les vivats d’une foule à genoux.
Il faut du temps pour récupérer d’une telle claque, et les monstrueux Mercury Rev nous en offrent l’occasion rêvée. Le chanteur engoncé dans une horrible chemise blanche au col pelle à tarte est à lui-seul le résumé du virage pompeux et grandiloquant qu’a pris ce groupe depuis Deserter’s songs. La production de Dave Fridmann, qui commençait déjà à miner un groupe jusque là plutôt sobre, a été le point de départ de ce tournant fatal. On a l’impression d’avoir un Radiohead gonflé à l’hélium mâtiné de Queen sous les yeux. Mercury Rev ne nous épargne rien, de la voix geignarde du chanteur au look ridiculement rockabilly du guitariste en passant par les messages d’une débilité à pleurer (on les jurerait écrits par Lionel Florence ou les créatifs de Nike) qui sont projetés derrière eux (au hasard "don’t give up just give", "you are beautiful"ou encore "consider adoption"). Fandor craque et les agonit d’injures ("adorateurs de Satan, Scientologues" hurle-t-il).
Ouf, c’est enfin fini, et on conclut la soirée par The National. C’est clairement une déception par rapport aux deux précédents concerts (le 1er mai au Castell Embruxiat près de Perpignan et à Sédières, donc) Sur les deux premiers morceaux le son est très mauvais. Ca s’améliore largement ensuite mais le groupe semble un peu en dedans, et joue sans trop de passion, même si le chanteur finit porté (au sens premier) par la foule en hurlant "I used to be carried in the arms of a cheerleader" sur Mr November. Ca reste très bien, mais j’en attendais mieux encore tant la barre avait été placée haut auparavant. Peut être aussi l’inventivité de Yo La Tengo a-t-elle fait ressortir le côté très classique des compositions de The National, qui creuse un sillon assez emprunté dans le rock américain des trente dernières années. Néanmoins ce fut une bien bonne soirée, et la route du rock est clairement le meilleur festival français de grande ampleur.









































> Un t en musique : La route du rock
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7 septembre 2005, par un courageux anonyme
RE : > Un t en musique : La route du rock
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8 septembre 2005, par VN
> Un t en musique : La route du rock
Fandor, vendu..... (déjà qu’il écrit des lettres dans les Inrocks)
Ps : Art Brut, c’es très très bien... puisque je vous le dis.
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7 septembre 2005, par Pierre
RE : > Un t en musique : La route du rock
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8 septembre 2005, par Fandor