Top 2007 Manur

- The Weakerthans : Reunion Tour

J’ai de la tendresse pour les gens qui ne s’éparpillent pas, qui veulent être simplement un peu meilleurs à chaque nouvel essai, les Britt Daniel ou les Jeff Martin. Alors oui, Reunion Tour est plus ou moins le même album que les deux précédents. Mais quel album ! Tout ce que l’on demande à un disque de rock indépendant (oh le vilain mot désuet) est là : mélodies claires et impeccables, hooks et refrains, une section rythmique impeccable, une voix reconnaissable entre toutes, et surtout des chansons, du songwriting en béton.

> The Weakerthans

> Night Windows (mp3)

- Beirut : The Flying Club Cup

Autant le dire : Gulag Orkestar m’avait semblé sympathique mais éphémère. Le Beirut cuvée 2007 confirme cette idée en pointant l’incroyable chemin parcouru. Avec ce Flying Club Cup, Zach Condon a enfin prouvé qu’il pouvait être un épatant songwriter, un arrangeur et meneur d’hommes galvanisant, mais surtout un interprète de premier plan. Je partage le scepticisme de Chryde sur la prétendue influence française lisible dans cet album, mais tout cela est secondaire : la moitié des titres sont ici des chefs-d’œuvre.

> Beirut

> Cherbourg (mp3)

- Aesop Rock : None Shall Pass

Je ne prétendrai pas posséder une connaissance très exhaustive du hip-hop, mais ce None Shall Pass est de loin ce que j’ai entendu de plus épatant cette année, loin devant Busdriver ou Ghostface. Aesop Rock règne en maître, son flow me tétanise et ses beats sont irréprochables.

> MySpace

- Gui Boratto : Chromophobia

Il y a de la magie dans Chromophobia, dans cette électro qui n’est minimale qu’avec décontraction, exigeante comme il se doit chez Kompakt et pourtant indéniablement addictive. Il y a bien entendu le talent de Gui Boratto pour injecter de la pop dans ses morceaux, mais aussi une habilité sans roublardise à tenir une phrase synthétique indéfiniment, jusqu’à sa résolution, espérée et impeccable.

> Gui Boratto

> Beautiful Life (vidéo dailymotion)

- Calc : Dance of the Nerve

Les Bordelais ont commis, à mon sens, le meilleur disque pop de 2007. Je l’évoquais en octobre, et j’aurais probablement pu insister sur le talent de Julien pour la composition de tubes ligne claire, de belles mélodies qui cachent une faille mélancolique où mon cœur cède à tous coups. L’indifférence relative autour de Calc, pourtant dans le groupe de tête des vrais artisans de nos contrées, reste scandaleuse.

> MySpace

> Streaming

- The Go Find : Stars on the Wall

Mon second meilleur disque pop de 2007. La brièveté des informations autour du projet de Dieter Sermeus est telle que je ne suis jamais parvenu à rédiger suffisamment de texte pour l’évoquer dignement dans ces pages. Ces quelques mots sont donc la totalité de ce que je peux en dire : Anvers, Morr Music, deuxième album, la bande à Styrofoam, électro-pop, mélancolique, splendide, envoutant.

> The Go Find

> MySpace

- Daft Punk : Alive 2007

J’ai passionnément aimé Homework, puis viscéralement détesté Discovery, avec ses hymnes régressifs pour la génération Club Dorothée. J’avais scrupuleusement coupé tous les ponts avec Daft Punk. Mais cet Alive 2007 m’a pris par surprise. Tous les morceaux des deux derniers albums ré-arrangés à la manière d’Homework, puissante, carrée, dancefloor et sans concession à la médiocrité désespérante des versions originales. Je suis épaté ; j’espère que ça va durer.

> Daft Punk (avec Streaming)

- Dirty Projectors : Rise Above

En 2007, Dave Longstreth a quitté le cénacle des inconnus dont on s’échange les albums sous le manteau pour entrer dans la A-list du rock indépendant, notamment grâce à l’inlassable Vincent Moon par chez nous. Le prétexte de ce Rise Above (un vieil album de Black Flag reconstitué de mémoire) me semble bien secondaire comparé à l’excellence du songwriting, de ces titres qui parviennent à rester beaux tout en ne ressemblant à rien de connu. Les chœurs divins d’Amber et Angel n’y sont d’ailleurs pas pour rien.

> MySpace

> Concert à Emporter

- Laura Veirs : Saltbreakers

Il y a des hauts et des bas dans la discographie de Laura Veirs. Saltbreakers est un retour en grande forme, lumineux, d’une maîtrise sidérante, qui fait siffler et battre la mesure ou qui fait méditer et aimer, selon les jours.

> Laura Veirs

> MySpace

- Jens Lekman : Nights Falls over Kortedala

Petits moyens, grand disque. Comptines postmodernes, samples obscurs et délectables, mélodies suaves et arrangements chatoyants, paroles d’une finesse unique mêlée de dérision, on retrouve tout cela dans le Kortedala de Jens Lekman. Aisément parmi les dix de l’année.

> Jens Lekman

> The Opposite of Hallelujah (mp3)

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Mais aussi : LCD Soundsystem, Soy Un Caballo, Chris Garneau, Okkervil River, Patrick Watson, Spoon, Alela Diane, Vic Chesnutt, Promise & The Monster, PJ Harvey, Blonde Redhead, Vampire Weekend.

le 28 janvier 2008 par Manur
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