Top 2005 (2)
pas.longtemps
Albums
THE FIERY FURNACES - EP /Rehearsing my Choir
Ces deux là se contrebalancent des Clap Your Hand Say Yeah, et ils ont bien raison. Eleanor et Matt Friedberger ont commis cette année une exceptionnelle collection de singles intitulée EP (Paroles et songwriting à des kilomètres du reste du peloton), mais aussi un des albums les plus controversés de 2005, Rehearsing My Choir, artefact musical non identifié enregistré en compagnie de leur grand-mère. A quel moment ont-ils dépassé la ligne ? Ils se demandent sans doute de quelle ligne il s’agit... Quelle qu’elle soit, c’est important que certains la dépassent, et comme ils disent : Duffer Saint George, and I don’t care !
Ecouter Duffer St George / Acheter EP ou Rehearsing My Choir
CALC - Real to Reel
Le quintet bordelais ne se repose pas sur ses lauriers. Quelques mois seulement après leur acclamé 12 Steps to Whatever, Julien Pras et sa bande ne perdent pas leur élan et proposent 9 titres merveilleux sur Real to Reel. Un tirage et des moyens limités (1000 exemplaires et 8 pistes), mais une inspiration et un songwriting qui fait mouche, de l’instrumental Saddle Creek saluant le Nebraska au morceau Fluorescent Knives, sa batterie étouffée et sa mélodie qui retourne les tripes.
Ecouter Fluorescent Knives / Acheter
ARCHITECTURE IN HELSINKI - In case we die
Impossible de se lasser des chansons de la bande de Melbourne. Imaginez toutes les combinaisons offertes par huit timbres de voix et suffisamment d’instruments de musique pour remplir un chapiteau, et vous serez encore loin du compte : chaque écoute révèle un nouvel instrument non identifié, un break passé inaperçu, une phrase étrange de plus, tout ça dans la bonne humeur, l’explosion de cuivres, le saupoudrage de synthé, l’essorage de guitares et le jonglage de percussions.
Ecouter Frenchy, I’m Faking / Acheter
M. WARD - Transistor Radio
Sa musique est tellement intemporelle qu’il est peu mentionné dans les tops de cette année. M Ward transforme une instrumentation classique à base de guitare, piano, et batterie en de déchirants blues d’un autre temps, sans doute les plus beaux chants tristes de 2005, que l’on a pu découvrir lors d’une tournée en solo à couper le souffle, ainsi que lors d’un deuxième passage en compagnie de Norfolk & Western.
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THE WEDDING PRESENT - Take Fountain
Bon d’accord on n’est plus en 1992, mais David Gedge est toujours dans une forme olympique et nous a offert un nouvel opus sous son légendaire sobriquet The Wedding Present, truffé de tubes power-noisy-pop estampillés de Leeds mais aussi de quelques incartades vers l’Ouest nord Americain, sans oublier des concerts menés tambour battant, pendant lesquels on rajeunit de 15 ans instantanément, même si "Nous ne faisons jamais de rappel".
FRANK BLACK - Honeycomb
C’est l’année des spotlights pour Black Francis : en plus d’une tournée interplanétaire avec les Pixies pour se marrer et se remplir les poches, le vieux Charles s’est rendu à Nashville pour se faire plaisir et enregistrer avec des pointures du rock et de la country un album très personnel, peut-être son meilleur depuis l’inépuisable Teenager of the year.
Ecouter Sunday Sunny Mill Valley Groove Day / Acheter
Chansons
ARCADE FIRE - Cold Wind : Arcade Fire millésime 2005, figurant dans la bande son de la série Six Feet Under, qui va à ravir au groupe. Première chanson enregistrée après la déferlante Funeral, toute en retenue, magnifique.
KELLY CLARKSON - Since U Been Gone : reprise par Ted Leo, mille fois mash-upée, je préfère l’originale. La gagnante d’American Idol a conquis même les plus branchés avec cette bombe de pop rock FM.
THE SPINTO BAND - Oh Mandy : un des premiers coups de coeur de l’année, The Spinto Band et sa ritournelle truffée de multiples instruments à cordes pincées m’a fait tourner la tête.
ART BRUT - My Little Brother : pas plus de 3 accords, à peine plus de 3 mots, il ne faut rien d’autre aux filous d’Art Brut pour accoucher d’un imparable tube.
ARCADE FIRE & DAVID BOWIE - Wake up (Live at fashion rocks) : quand le beau David vient vous accompagner sur scène à New York... Pas facile de faire mieux ! On ignore si les canadiens passeront le cap du prochain album mais 2005 était indubitablement leur année.
Acheter Live at Fashion Rocks EP
Autres temps forts de l’année :
Bright Eyes : I’m wide awake it’s morning, Ween : Shinola, Björk : Drawing Restraint 9, Albin de la Simone : Je vais changer, House of Love : Days Run Away, La Position du Tireur Couché : Acapulco, Mazarin : We’re already there, Norfolk & Western : If you were born overseas, Lou Barlow : Emoh, Iron & Wine et Calexico : In the Reins, Herman Düne : Not on Top.
godspeed
10 albums, c’était un peu court alors voici mes 11 albums préférés de l’année. Ils sont vaguement dans l’ordre de préférence, en sachant que dans un mois, ça serait sans doute différent.
BRIGHT EYES - I’m Wide Awake, It’s Morning
L’album de Bright Eyes est sorti il y a une éternité (au mois de janvier !), j’aurais pu l’oublier depuis longtemps ; pourtant je n’ai pas cessé de l’écouter toute l’année durant, avec un attachement sans démenti : c’est un exploit dans l’ère de l’ipod et de la musique jetable. Certains regretteront peut-être ses excès et sa fureur d’antan mais je trouve que le classicisme folk sied parfaitement aux vignettes de Conor Oberst, ce dépouillement parait plus honnête et plus risqué, les angoisses et les fêlures n’en paraissant que plus proches, plus humaines, plus touchantes.
Ecouter We Are Nowhere and It’s Now / Acheter
OKKERVIL RIVER - Black Sheep Boy
Peu d’albums auront imposé cette année un univers aussi singulier et cohérent qu’Okkervil River : puissance de l’imagerie dans l’écriture (fleuretant avec le gothique et le féerique), folk-rock poignant et débridé qui caresse le poil dans un sens pour mieux l’arracher (avec la peau) dans l’autre. Ecouter Black Sheep Boy, c’est se jeter volontairement, avec le sourire aux lèvres, dans un nid de ronces et d’épines. Sublime.
DEATH CAB FOR CUTIE - Plans
On le sait bien, il y a des albums auquel il faut laisser du temps. J’étais très sceptique aux 1ères écoutes de Plans, je bloquais sur quelques passages un peu flan. Et puis il s’est enraciné sur la platine et dans ma tête, l’album s’est imposé petit à petit, exposant sa cohérence thématique, sa beauté romantique, sa tristesse endeuillée, un sentimentalisme assumé mais jamais mièvre, une humilité et une humanité qui me bouleversent. Il parle à mon âme, ce disque.
Ecouter Crooked Teeth / Acheter
THE NATIONAL - Alligator
La mention de Tennessee Williams dans l’une de leurs chansons n’est peut-être pas innocente : Alligator est effectivement un album cyclothymique à la dramaturgie tourmentée, tout en tensions, en frustrations, en torsions contrariés sur le point de céder, évoluant de fracas cathartiques en relâchements vénéneux. On savait The National doué et prometteur mais la réussite d’Alligator dépasse toutes mes attentes.
Ecouter All The Wine / Acheter
THE NEW PORNOGRAPHERS - Twin Cinema
Ils ont beau être les maîtres absolus du genre en ce moment, la power-pop des New Pornographers a toujours cultivé un certain paradoxe à mes oreilles : c’est un modèle d’indie-pop ultra-accrocheuse et trépignante mais aussi très exigeante, épaisse, assez longue à décortiquer et à digérer. Dans un sens tant mieux, l’ambitieux Twin Cinema se déguste sur la longueur, nouveau meilleur album d’un groupe qui s’améliore sans cesse et atteint des sommets.
Ecouter Twin Cinema / Acheter
STARS - Set Yourself On Fire
Stars, c’est une musique ardente imprégnée de romantisme, un feu d’artifices d’émotions, une fraîcheur et un charme de tous les instants, des arrangement riches mais subtils, une voix masculine et une autre féminine aussi merveilleuses que complémentaires. Stars, c’est un peu comme si les Delgados étaient Canadiens et avaient acheté un synthé. Stars, c’est une certaine idée du bonheur en fait.
Ecouter Ageless Beauty / Acheter
SLEATER-KINNEY - The Woods
Les trois filles de SK ont pris des risques pour leur 7ème album, collant Dave Fridmann à la production et osant des morceaux plus longs qu’auparavant et aux structures moins linéaires, plus aventureuses. Pari réussi : The Woods est un album de rock "agressif" qui secoue toujours méchamment la table mais qui n’oublie pas non plus d’être ambitieux et imposant.
WOLF PARADE - Apologies To The Queen Mary
Il y a dans Apologies... une urgence, une sauvagerie irrésistible, un joyeux bordel à l’état brut que l’on ne retrouve que dans les premiers albums les plus réussis. Les quelques maladresses ou excès font alors partie intégrale de son charme, de toute façon balayés par des morceaux furieusement accrocheurs et frénétiques. Seule fausse note : après un démarrage si explosif, la suite sera forcement périlleuse pour WP.
Ecouter You Are A Runner and I Am My Father’s Son / Acheter
SPOON - Gimme Fiction
Ce qui renforce mon admiration de départ pour Spoon, c’est une section rythmique d’une habilité captivante et chavirante : Gimme Fiction s’appuie sur un rock plutôt classique pour mieux jouer des variations de rythme ou bien des répétitions, imposant des ambiances fascinantes en jonglant avec le surplace et les ruptures. Le tout est un modèle d’intelligence et de cohésion. Vainqueur aux points dans ma catégorie "album-à-écouter-au-casque-lors-de-mes- déambulations-en-ville" (tous droits réservés).
Ecouter I Turn My Camera On / Acheter
MY MORNING JACKET - Z
Là aussi, on part d’un rock plutôt classique (circa 60’s cette fois, plusieurs morceaux lorgnent du côté des hymnes rock des Who) et aux réminiscences country mais qui, à force de solos, de digressions et d’arrangements insolites, finit par se transformer en fantaisie métissée : un peu comme si Wilco avaient volé les crayons de couleur des Flaming Lips. Et encore un album dans lequel il faut persévérer avant d’être récompensé.
Ecouter Off The Record / Acheter
BLACK MOUNTAIN - Black Mountain
J’ai transformé mon top 10 en top 11 uniquement pour pouvoir l’inclure. Je n’ai pas encore écouté les autre groupes du prolifique Stephen McBean (Jerk with a Bomb et Pink Mountaintops) mais son collectif Black Mountain est une vraie révélation, prouvant qu’on peut encore faire de l’acid-rock sans virer dans la parodie, en croyant au psychédélisme sombre, tantôt percutant, tantôt planant. Et chaque intervention vocale d’Amber Webber est puissamment envoûtante.
Mais aussi :
Architecture in Helsinki - In Case We Die, Art Brut - Bang Bang Rock’n’Roll, Laura Cantrell - Humming By The Flowered Vine, Electrelane - Axes, Hood - Outside Closer, Rogue Wave - Descended Like Vultures, Sigur Ros - Takk, Sufjan Stevens - Illinois, Super Furry Animals - Love Kraft.
Furax
THE NATIONAL - Alligator
Sans nul doute l’album de l’année pour moi. Une classe folle habitant les titres du groupe. Torturé, tendu, éclatant, délicat Alligator mêle la grâce des arrangements à une énergie rock confinant parfois à la rage. The National demeure le groupe qui sait lier avec élégance de belles chansons lettrées à des titres rock, faits pour crier seul dans sa voiture, sur la route.
Quel beau disque.
Ecoutez un titre (Secret meeting) / Acheter l’album
ARCHITECTURE IN HELSINKI - In case we die
Ecouter In case we die, c’est se retrouver plongé dans une multitude d’instruments, c’est retourner à la maternelle avec des percussions, de la joie et de la qualité. Et tout plein de camarades qui tantôt fébriles, tantôt calmes bricolent joyeusement un disque bourré de surprises.
Si un boeuf entre amis devaient prendre forme, j’aimerais beaucoup que cela soit sous celle-là.
Ecouter Frenchy, I’m Faking / Acheter l’album
NOSFELL - pomaïe Klokochazia balek
Disque séduisant, artiste intriguant. Nosfell compose un langage, que littéralement seul lui peut comprendre. Et si des esprits chagrins n’y voient qu’un artiste français de plus, c’est oublier sa voix qui s’étire du grave à des filets aériens, dans des compositions limpides à la guitare.
Se laisser porter par Born in a Bedbei Temple / Acquérir cet album
TP ORCHESTRE POLY-RYTHMO - The kings of Benin (Urban groove 1972-80)
Idéal pour se lever le matin, pour danser seul chez soi, pour danser à plusieurs chez les autres, pour atténuer les coups de cafard. L’ensemble béninois dont sont issus les titres de ce disque ramène le funk et le groove à ce qu’ils avaient d’africain, de charnel et d’excitant.
Epatez vos amis avec cet album
EXPERIMENTAL TROPIC BLUES BAND - Dynamite Boogie
Un groupe déjà présent l’année dernière. Un nouveau disque, de la sueur, des guitares, une sorte d’objet bestial et saturé, rock’n roll. Ni plus ni moins.
Concerts
The National au Trabendo : grande classe, concert impeccable. Pas d’autres mots parce que c’était tellement bien / Architecture in Helsinki à la Flèche d’or : le concert qui m’a donné envie d’acheter le disque. Un joyeux foutoir sur scène, où cela claquait, tapait, trompettait, guitarait, chantait, riait, etc. / Bjorn Berge à Talence : un bluesman norvégien ayant plus le look d’Everlast que celui de Blind Willie Johnson, une virtuosité des doigts rendant un très bon groove / Ez3kiel & Daau à Bergerac / The Ex à Périgueux / James Murphy (LCD Sound system) à la petite aTRAXion : c’est New-York, c’est la rencontre des musiques, c’est un garçon qui est venu du rock pour faire de l’électro, ça se danse, ça utilise des guitares et c’était très bon /
Pierre
Puisqu’il faut opérer une sélection des albums de l’année avant que cette dernière ne soit terminée, voici un petit tour d’horizon préliminaire (sans ordre) de cinq disques pop que j’ai aimés cette année, en attendant une sélection plus mûrement réfléchie pour la fin du mois de janvier.
PATRICK WOLF - Wind in the wires
Après un premier album mal peigné qui partait dans tous les sens et racontait son adolescence bohème, Patrick Wolf revient avec un second opus apaisé et essentiellement acoustique, plus uniformément sombre et dans lequel il laisse libre cours à ses pulsions romantiques.
Ecouter Wind in the Wires / Acheter
RACHEL STEVENS - Come And Get It
L’album de pop préfabriquée que les fans du genre n’attendaient plus, sans morceaux de remplissage ou ballades bancales : 13 tubes imparables pour chantonner sous sa douche ou danser jusqu’au bout de la nuit. Si une certaine orthodoxie indé vous dissuade habituellement de succomber à ces délices honteuses, dites-vous que l’album fut un cuisant échec commercial. Ca pourrait aider.
Ecouter Secret Garden / Acheter
ELBOW - Leaders Of The Free World
Le troisième album des Mancuniens est dans la droite lignée des précédents, déprimé en surface et joyeux en profondeur, limpide en apparence mais multipliant les fausses pistes. Une étape de plus dans le parcours sans faute d’un des groupes anglais les plus enthousiasmants (à mon avis) de son époque.
Ecouter The everthere / Acheter
NITS - Les Nuits
Après 30 ans de bons et loyaux services, les Nits sortent un de leurs meilleurs albums. Délaissant quelque peu la recherche de la chanson pop parfaite qui les a longtemps animés, les membres du groupe se concentrent ici sur leurs talents de coloristes en installant des ambiances souvent sombres et introspectives.
Ecouter The Eiffel Tower / Acheter
HARD-FI - Stars of CCTV
De tous les groupes de rock indé faisant se pâmer le NME, Hard-Fi est, avec Art Brut, mon préféré. Ils ont tout pour plaire aux amateurs du genre : le regard conquérant de ceux qui croient leur avenir assuré, des chansons aux refrains imparables ("Nananana" compris) et des textes décrivant avec précision la vie des prolos pré-trentenaires de l’Angleterre Blairiste des années 2000.
Ecouter Living for the weekend / Acheter
Mentions spéciales également pour les albums suivants, moins pop ou plus difficiles à trouver :
Sunn O))) - Black One,
Fifths of Seven - Spry from bitter anise folds,
Ryan Teague - Six préludes,
Matt Elliott - Drinking songs,
Sons and Daughters - The Repulsion Box et
Ladytron - Witching Hour.












































