Top 2004

Chryde

Les cinq premiers

ANIMAL COLLECTIVE - Sung Tongs

Ce fut un choc, une surprise. Je me suis amusé à décrire cet album comme celui de Simon et Garfunkel qui auraient vraiment pris de la drogue. Un disque de virées folles furieuses entre folk surexcitée et musique tribale, joies psychotiques où les voix ne disent pas grand chose, servant d’instruments hallucinés enivrés du son de percus vivaces et de guitares sèches hargneuses.

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COCOROSIE - La maison de mon rêve

Découvrir les premiers morceaux de Cocorosie, ce fut la même émotion que lors du Homecoming Queen qui ouvrait le premier album de Sparklehorse. Une musique de fin d’après-midi paresseuse, ou de matins endormis, des chansons de délicatesse, qui donnent envie de regarder une fille paresser dans son lit sans rien dire. C’est un ailleurs, mais le plus intime des ailleurs.

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ARCADE FIRE - Funeral

Ça peut paraître facile, l’album le plus hype du moment. Je l’avais même abordé avec scepticisme. Mais voilà. Depuis 15 jours, je ne cesse d’avoir ENVIE d’écouter cet album. Arcade Fire, c’est le Wall of Sound de Phil Spector en vacances chez Silver Mt Zion. Un chaos d’une grande clarté, une rare puissance émotive, un raz de marée sombre mais rempli de vie qui vous donne envie de crier toujours plus fort. Cet album, c’est un peu comme dans ces films où le héros en prend plein la tête, mais à la fin se relève et montre que merde, il va continuer à vivre.

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JOLIE HOLLAND - Escondida

J’ai écouté ce disque un dimanche matin, je me suis senti bien. J’ai écouté ce disque un soir au coin du feu, je me suis senti bien. Jolie Holland donne l’ambiance : quelle que soit la couleur du ciel, vous avez l’impression qu’il fait chaud, qu’il y a plein de monde, des vieux qui vous raconteraient de chouette histoires, leur verre de whisky posé sur une petite table au bois vieilli. Des musiques d’un autre âge qui résonne très bien dans nos quotidiens.

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DEVENDRA BANHART - Nino Rojo

Devendrah, il faut le voir en concert pour encore mieux aimer ses albums. Parce qu’en concert, Devendrah vous fait tout : de la soul, des hymnes fédératrices, des élans pop, des rigolades reggae, des balades au coin du feu. Et puis vous réécoutez ses disques, il y a lui, il y a sa guitare, et vous vous rendez compte que ces balades sont plus que des comptines acoustiques, qu’elles renferment des milliers de secrets, qu’elles éclosent sans même vous le dire. Que dans ces arpèges, dans cette voix canaille, il y a toute la musique, il y a toute l’Amérique.

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Mais aussi

WILCO - A ghost is born

Sans doute le temps a-t-il passé. Sans doute quelques morceaux m’ennuyaient. Mais il a raté de peu le top 5, cet album. Comme si on avait nettoyé le rock des années 70, pour juste en garder la sève, le piano et les guitare côte à côte, les mélodies déchirantes, et la voix, la voix de Jeff Tweedy. Elle a une vie, cette voix.

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THOMAS DYBDAHL - The great october sound

Sans même avoir lu d’article, j’ai fait confiance aux quatre clefs de Télérama. Et à une pochette qui me parlait. Je ne regrette pas. Même s’il est parfois un peu trop léché, parfois un chouïa pleurnichard, cet album est un feu de cheminée, la bande son pour des soirées passées les yeux dans les yeu sans dire mot. C’est beau, c’est romantique. Et puis, au lieu des paroles, sur la pochette, il écrit comment il a écrit et enregistré les chansons. J’aime bien.

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SUFJAN STEVENS - Seven Swans

Pour prouver à tous ces fans de Ukulele que le banjo aussi c’est beau. Pour avoir l’impression de voir les plaines Américaines en hiver. Pour de la jolie mélancolie, pour l’Histoire qui semble porter ces chansons. Pour la belle modestie du tout.

SHUGO TOKUMARU - Night piece

Merci David Fenech pour m’avoir fait découvrir ces petites pièces d’orfèvrerie. Pour ce voyage en miniature, plein d’instruments qu’on imagine minuscules et merveilleux, cette voix fébrile et déchirante. N’ayez pas peur, achetez le au label, il est pas cher, et ils vous mette un mot dans l’enveloppe.

Ecouter un sample de chacun des morceaux.

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Pradoc

The Libertines - Ce disque est presque imparable, qui peut résister au charme et à l’énergie du jeune groupe anglais ?

Interpol -Antics. Bien que ce second album d’Interpol soit inférieur au premier, ces new-yorkais sont à n’en pas douter un groupe qui compte.

Liszt - Années de pèlerinage par Nicholas Angelich. Superbe trilogie, parfaitement éditée et qui m’a fait aimer Liszt que je goûtais peu.

Hexstatic - Master view. Ils sont excellents en concert, leur disque est original. Ils mixent l’image et le son, Hexstatic est ma découverte electro de l’année.

Nick Cave - Abattoir blues. Malgré les années, Nick Cave parvient avec ce disque à se maintenir dans le peloton de tête.


Godspeed

The Libertines - The Libertines (Rough Trade) : pas trop d’hésitation, c’est l’album que j’ai le plus épuisé cette année, aussi sautillant que touchant, aussi narquois qu’introspectif. Un classique, déjà.

Electrelane - The Power Out (Too Pure) : envoûtant, inventif tout en restant pop, le 2nd album protéiforme des demoiselles d’Electrelane comble les hautes espérances que le 1er avait déjà suscité chez moi. En espérant que le prochain soit encore mieux.

The Organ - Grab That Gun (Mint) : divine surprise que ce court 1er album rempli de chansons tristes et passionnées qui ont pénétrés mon cortex pour ne plus jamais en ressortir. J’ai encore du mal à m’en remettre.

The Arcade Fire - Funeral (Merge) : hype amplement méritée pour ce 1er album majeur, foisonnant, flamboyant, tourmenté, nerveux et poignant du début à la fin.

Kings of Convenience - Riot on an Empty Street (Source) : tendre, boisé, sensible et délicat... Je n’ai toujours pas trouvé mieux pour passer l’hiver au chaud.

Badly Drawn Boy - One Plus One Is One (XL Recordings) : Damon Gough continue de soigner comme personne nos petits bobos du coeur et de l’âme (et vive les bonnets en laine).

JP Nataf - Plus de Sucre (Tôt ou Tard) : il est arrivé par surprise, m’a consolé pilepoil quand j’avais besoin d’un disque comme lui et a une place à part pour un tas de raisons personnelles. Et tout simplement, c’est un très bel album dans lequel j’adore me perdre.

Franz Ferdinand - Franz Ferdinand (Domino) : ils sont (plus) cool (que moi), plaisent aux filles, écrivent des tubes trépidants super efficaces et gagnent plein de thune. Et malgré tout ça, je ne les déteste même pas, incroyable...

Interpol - Antics (Labels) : on n’atteint pas les sommets de Turn On The Bright Lights mais Interpol reste toujours impeccable, fiévreux et captivant.

The Streets - A Grand Don’t Come for Free (679) : ou comment j’accroche enfin au hip-hop avec cet impressionnant concept album aux allures de film social sur le morne quotidien des lads anglais ; Mike Skinner est un immense songwriter.

Elliott Smith - From a Basement on the Hill (Domino) : “it’s just a fond farewell to a friend,

who couldn’t get things right...


Jamais Pareil

Je ne suis pas un traqueur de nouveautés, encore moins depuis que j’ai espacé mes lectures d’un hebdomadaire du rock autrefois fabuleux. Je picore sur internet, et mes envies ne m’ont menées que rarement vers 2004. Donc le palmarès ci-dessous n’a pas de signification autre qu’il s’agit là de bons disques de 2004, car je suis loin d’avoir tout écouté de 2004 en 2004.

Brian Wilson - Smile

Quoi, je triche ? Bon, un peu. Mais cette année, je n’ai rien entendu de mieux que la suite Child is the father of the man, qui commence par Wonderful pour se terminer par Surf’ up. Smile aurait pu rester à jamais un album inachevé. Alors applaudissons le miracle. L’album est nominé pour les grammy awards. Quelle belle revanche ce serait si il obtenait le grammy du « Best Pop Vocal Album » (mais pas celui du « Best Engineered Album », please).

Elliott Smith - From a basement on the Hill

Celui-là je l’ai acheté comme une évidence, sans réfléchir une seule seconde. Je suis entré chez le disquaire, il était là, je suis sorti avec, ça m’a pris 5 minutes. En revanche, j’ai attendu un bon mois avant de le mettre sur ma platine, le disque m’angoissait un peu. Et alors ? Il est très beau.

Johnny Cash - Unearthed

On continue dans la nouveauté joyeuse. Ce coffret noir magnifique contient une matière brute intemporelle, inaltérable, à la force à jamais intacte. Donc pas la peine de se précipiter : je le ressors de temps en temps pour en écouter un bout, une chanson, puis je referme le grimoire.

Silverio Pessoa - Bate o manca

Un brésilien hirsute, du pays des cannes à sucre, au nord du brésil rend hommage à son ami, Jacinto Silva, chanteur de Forro, cocos et autres marchinhas. Le résultat très réussi sans passéisme m’a fait comprendre enfin ce dont parlait Claude Sicre lorsqu’il évoquait les liens de la musique des Fabulous Trobadors avec celle du Brésil.

The Arcade Fire - Funeral

Le seul groupe de 2004 (avec TV On The Radio) dont la musique m’a électrisé d’emblée. C’est peu, mais pour un genre aussi vieux que le rock, c’est déjà beaucoup, finalement. Je triche un peu car je n’ai pas encore acheté l’album (c’est imminent), mais il sortira en Europe en 2005 chez Rough Trade, et sur la foi du souffle extraordinaire de Wake up et d’un concert entendu ici, N°5.


Julien - pas.longtemps

Je crève d’envie de mettre Arcade Fire dans mon top 5, mais ça le transformerait en top 7, et vu que c’est déjà un top 6... Alors, voilà l’affaire.

Julie Doiron - Goodnight Nobody (Jagjaguwar)

Enregistré en quelques jours à peine en la compagnie de Herman Düne, les chansons de cet album ont conservé toute leur fragilité, leur magie. La voix de Julie Doiron est magnifique et les arrangements de guitare vont droit au but, droit au coeur. Deux extraits.

Vincent Delerm - Kensington Square (Tôt ou Tard)

Ah ce bon vieux Vincent Delerm, le bobo qu’on adore détester. On peut bien l’accuser de tuer la chanson française, d’être de la musique à papa, on peut voir ses ficelles ou pas, je le colle quand même dans mes favoris de l’année. J’ai flâné avec lui en lisant des quatrièmes de couverture, j’ai fait des kilomètres de natation synchronisée, et ça m’a fait tout drôle quand Keren Ann m’a avoué qu’elle voulait partir à Londres avec moi...

Keren Ann - Nolita (Capitol)

Ce qui m’amène à Nolita, dernier album de Keren Ann. Une écriture slow pop qui me touche particulièrement. On peut penser qu’elle commence à recycler la même recette, pourtant je trouve ça de mieux en mieux, et cet album new-yorkais est parfait pour la fin de l’automne et la première neige. Même si on l’entendra dans tous les coins plus ou moins hip comme l’a prédit mystical beast, ça m’étonnerait que je me lasse de Chelsea Burns, par exemple.

PJ Harvey - Uh Huh Her (Island)

Un peu étonné de ne pas voir plus l’album de Polly Jean dans les divers classements de fin d’année. C’est pourtant à mon sens un vrai retour aux sources pour elle, et un disque bien meilleur que son précédent, pourtant largement porté aux nues, Stories From the City, Stories From the Sea. Enfin, Polly se remet au blues et ne se cache plus derrière une production un peu trop lisse. On peut aussi noter qu’il est assez rare qu’une artiste colle son visage en gros plan et pas forcément à son avantage, en couverture de ses disques. Combien d’artistes peuvent se retourner sur 12 ans (déjà) d’une aussi belle carrière ?

Arnaud Fleurent-Didier - Portrait du Jeune Homme en Artiste (French Touche)

Des textes drôles et intelligents, ironiques et touchants. Des chansons, au sens noble. Des arrangements majestueux lorgnant vers Michel Legrand ou bien le versant symphonique de Neil Hannon. Comme ce dernier à ses débuts, Arnaud Fleurent-Didier a interprété lui même la majorité des parties musicales de son disque, de la batterie aux cordes, de la basse fender jazz Melody Nelsonisante, à la guitare et à la voix. La chanson Vivre Autrement, renversante.

Hayden - Elk Lake Serenade (Loose Music)

Hayden, artiste canadien, distille son folk-rock incontestablement nord américain depuis plusieurs années. Son dernier disque comporte un parfait mélange de ballades au piano ou à la guitare, et de morceaux un peu plus upbeat, avec un groupe complet. On pense à Neil Young, mais pas trop longtemps, c’est juste pour donner une idée. Deux extraits dont le superbe Home by Saturday.

Ils ont failli y être, mais ils y étaient déjà, soit trop, soit juste pas assez :

Arcade Fire, Wilco, Cocorosie, Blonde Redhead, Beulah, Dominique A, JP Nataf, Daniel Darc, Luna, Badly Drawn Boy, Girls in Hawaii.


Vincent Noiray

- Arnaud Fleurent-Didier "Portrait du jeune homme en artiste" (frenchtouche - discograph) : sorti initialement en 2003, réellement distribué en 2004, cet album est déjà un classique, avec des textes universels et un sens mélodique imparable.

- Neulander "Smoke + Fire" (disko b) : une impressionnante série de chansons tendues, un album d’électronique mélodique dense.

- Subtle "a new white" (lex - warp) : Dose one d’Anticon a créé là un hybride fantastique entre electronica, folk et rock puissant. Un chef d’œuvre.

- Dios "dios" (startime) : une année sans Grandaddy passée sans douleur grâce à cet album de pop psychédélique qui ne verse jamais dans le n’importe quoi.

- Blonde Redhead "Misery is a butterfly" (4AD) ; un album de cordes qui submerge l’auditeur. 4AD reprend des risques et ça marche !


Cacochyme

DDAMAGE - Radio Ape (Planet Mu)

De l’électro hyper travaillée bourrée d’influences hip-hop et de passages dotés d’une énergie phénoménale. À écouter en boucle (haha).

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THE DILLINGER ESCAPE PLAN - Miss Machine (Relapse)

Un album de hardcore mais pas vraiment, tant les morceaux sont diversifiés et alambiqués et évoluent dans de nombreux registres, alliant pure brutalité à une virtuosité sans faille, lorgnant vers le jazz et se permettant même quelques incursions mélodiques.

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THE EIGHTIES MATCHBOX B-LINE DISASTER - Royal Society (Universal International)

Mes chouchous de l’année, ou comment un groupe d’anglais à peine majeurs déboule sans prévenir et enterre tous les groupes en "The" du moment, en mélangeant salement Iggy Pop, Elvis Presley et un sens jouissif du décalage.

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KOOL KEITH & KUTMASTA KURT - Diesel Truckers (Dmaft)

Cette dernière collaboration en date du rappeur et du producteur apporte une touche un poil plus électro-barrée à leurs morceaux et s’écoute avec la délectation habituelle.

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SPARTA - Porcelain (Geffen)

Après un premier album emo sympa, la moitié du défunt At The Drive-In menée par Jim Ward fait encore mieux et se hisse à la hauteur de l’excellent De-Loused In The Comatorium qu’avaient pondu l’année dernière leurs ex-collègues au sein de The Mars Volta.

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ZAPPÉS DE JUSTESSE : Ministry - Houses Of The Molé (Sanctuary), Franz Ferdinand - Franz Ferdinand, La Rumeur - Regain de tension (La Rumeur), MF Doom - MM Food (Rhymesayers), Tom Waits - Real Gone (Epitaph), Jello Biafra & The Melvins - Don’t Breathe What You Can’t See (Alternative Tentacles).


aKa

Exercice difficile auquel je me colle de mauvaise grâce mais avec l’honnête volonté de ne pas faire trop mal. Voici, donc, la sélection actuelle de ce que je me rappelle de 2004, dans le désordre de mes souvenirs...

DOMINIQUE A - Tout sera Comme Avant (Labels)

En 2004, Dominique A mit fin, plus tôt que prévu, à une retraite temporaire pour revenir en force et accoucher d’un album qu’on n’attendait pas (encore). Un disque osé, fort, plein d’intelligence et de trouvaille qui confirma encore une fois le statut du Sieur A : aventurier précurseur, cascadeur, homme à ne jamais choisir la facilité, mais à toujours le faire avec finesse, pertinence, bon goût et inspiration. Qu’il s’agisse de la musique ou des textes, tout deux motif de mon admiration.

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KARATE - Pockets (Southern)

Une découverte pour moi, en rotation continue sur ma platine pendant des mois. Un « rock » qui louche sur le « jazz », un « jazz » qui louche sur le « blues », et au final un léger strabisme charmeur, livré sous la forme d’un album inspiré, doux et subtil. Servi par des musiciens d’exception et une voie qui n’est pas en reste.

ELENI MANDELL - Afternoon (Zedtones Records)

Après deux disques aux contours très arrêtés ("Country for lovers" et "Maybe, yes"), Miss Mandel revint à sa chère synthèse initiale, son éclectisme particulier. Et comme à son accoutumée, elle le fit avec une classe inégalable.

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TOM WAITS - Real Gone (Anti)

Un tout grand album et sans doute le truc le plus zoulk de l’année. Que peut on encore vouloir dire sur Tom Waits qui ne semble pas déjà ressassé et convenu... Amen !

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NICK CAVE & THE BAD SEEDS - Abattoir Blues/The Lyre Of Orpheus (Mute)

On pouvait craindre le pire, il est revenu avec le meilleur. On s’attendait à la suite hasardeuse d’un "Nocturama" en demi-teinte, on a eu droit, pêle-mêle, à une bien belle giclé de chansons explosives, alternant titres sombres, éruptions volcaniques et moment de douce intimité. Un an plus tôt, Nick et ses acolytes nous avaient fait, sur scène, la terrible démonstration qu’il leur restait de très beaux restes. Ils semblent en avoir apporté la confirmation définitive sur cette double plaquette siamoise, joliment paquetée.

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GIRLS IN HAWAII - From Here To There (62TV Records)

Pour une fois, la surprise Belge de l’année ne vint pas d’Anvers sous la forme d’un énième groupe d’indie rock aux sonorités désormais convenues, mais bien plutôt sous l’aspect d’une véritable pop, sans autre prétention que d’être joliment jouée et composée par ce groupe de la région Bruxelloise. Un album sans complexe, qui dans la suite logique, et non moins heureuse, de son prédécesseur ("The Winter EP") aura fait naître nombre d’espoirs et généré un enthousiasme qui, cet été, déborda très largement les frontières de notre plat pays.

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KINGS OF CONVENIENCE - Riot On An Empty Street (Source)

Sérénité, calme, espaces, douceur : ça ressemble à de la musique brésilienne grand millésime. Ça en a l’aspect, la délicatesse et presque la saveur. Mais le cépage est nordique et la surprise totale. Vous l’aurez compris : voila un second album pour lequel je ne taris pas d’éloge.

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JOLIE HOLLAND - Escondida (Anti)

Second album ici aussi. Bien belle réussite également. Une prestation scénique parfois inégale mais dont les meilleurs moments furent d’une telle intensité qu’on en oublierait presque les faux pas (débuts difficiles). Et à l’écoute de l’album, c’est l’amnésie totale qui nous gagne, les louanges ne succédant désormais plus qu’aux louanges. Bref, encore de jolies choses et toujours de belles promesses d’avenir !

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COCOROSIE - La Maison De Mon Rêve (Touch & Go)

La claque lacrymogène de l’année. Découvert en première partie de Blonde Redhead. Pas prévenu, pas préparé, j’ai pris la gifle comme elle est venue,sans crier gare. J’ai depuis cherché à reproduire l’expérience chez moi, un casque vissé sur les oreilles. L’effet produit par le disque, bien que légèrement différen n’en fut pas moins décontenançant et toujours aussi ravissant. Ces chansons sont belles comme autant de rêves en sucre d’orge avec des petits anges qui pleurent tantôt leurs tristesses, tantôt leurs joies. Snif, c’est beau.

Ecouter Good Friday / Acheter

TV ON THE RADIO - Desesperate Youth, Blood Thirsty Babes (4AD)

"Ambulance" restera l’un des grands moments de l’année. L’album en compte plein d’autres, tous aussi réjouissants et indescriptibles. Très certainement l’album ale plus boutit donc d’un groupe dont il reste quantité de belles choses à attendre.

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FRANZ FERDINAND - Franz Ferdinand (Domino)

Le tierce quinté le plus efficace et jouissif de l’année... jackpot et no comment !

Ecouter le Fake ID Remix de Take Me Out / Acheter

THE RADIO DEPT.. - Lesser Matters (Labrador)

Belle découverte (pour moi) de cette toute fin d’année. Le collectif Suédois aux tendances aériennes n’en démord pas et nous livre un album splendide de bout en bout. Bref, voici l’inévitable outsider de dernière minute.

Ecouter Why won’t you talk about it ? / Acheter

THE ORGAN - Grab That Gun (Mint)

Flash de dernière minute : L’outsider de l’outsider... j’ai marché dessus y a quelques jours, ici-même.... je soupçonne Godspeed de l’avoir intentionnellement laissé traîner par terre. Depuis lors, ça me colle à la semelle, j’ai beau gratter, impossible de s’en débarasser. Ca m’énerve, ça m’obsède, j’en dors plus la nuit. Rien ne m’avait fait un tel effet en 2004. J’ai même eu le culot de dire que ça ressemblait à "The Smiths avec des nibards" : je ne me contrôle plus, je ne suis plus moi-même...

Ecouter un live sur CBC Radio 3 / Acheter


Rom

Piers Faccini - Leave No Trace, Label Bleu

Tout dans ce disque modeste et génial nous parle. On sait qu’il résonnera longtemps aux oreilles de ceux qui sauront l’accueillir comme il le mérite. Ce n’est pas (seulement) l’album de l’année puisque cette mesure de temps ne correspond pas à sa grandeur.

Nick Drake - Made to Love Magic, Island

Saluons le travail de Robert Kirby, de John Wood et de ses proches : Nick Drake vit toujours au travers de cette anthologie faite de morceaux déjà connus mais aussi de deux chansons réorchestrées avec soin et d’un inédit à la hauteur de l’œuvre du Poor Boy. Il n’est pas trop tard pour la découvrir en attendant la sortie d’un coffret (avec les démos qui circulent ça et là) en 2005.

JP Nataf - Plus de sucre, Tôt ou Tard

Etant passé dans mes jeunes années à côté des albums des Innocents, j’ai littéralement découvert l’œuvre de JP Nataf avec son album solo. Des paroles fouillées sur de la pop en apparence simple mais très construite. Mon album francophone de l’année.

Christophe - Rééditions 1973-1980, Francis Dreyfus Music

Seules de « nouvelles » pochettes assombrissent un peu ces rééditions bienvenues. Tel Nino Ferrer, autre rescapé des sixties qui a comme lui véritablement construit son œuvre dans les années soixante dix, Christophe érigeait là son monde de dandy un peu maudit et prouvait, s’il était besoin, qu’il était (déjà) un grand artiste.

Juana Molina - Tres Cosas, Domino

On ne remerciera jamais assez cette Argentine d’avoir troqué sa carrière de comique à la télévision pour celle de chanteuse d’un délicat folk mâtiné d’electronica. On avait oublié que l’espagnollatino-américain pouvait être aussi doux que la langue brésilienne.

Enfin, prenons un peu d’avance sur 2005 pour signaler que The Great Destroyer de Low figurera dans notre top 5 de l’année prochaine.


Furax

Provisoire, et à compléter dans les jours qui viennent.

Runner andthe Thermodynamics - Runner and theThermodynamics(Acefu Records)

Bumcello - Get me (Tôt ou tard)

Libertines - The Libertines (Rough Trade)

La Rue Ketanou - Ouvert à double tour (Yelen) : un live avant séparation. Gai, frais, enjoué, à l’image du groupe qui avec trois fois rien arrive à des morceaux d’une séduisante simplicité. Francophone et de qualité.

The Experimental Tropic Blues Band - Boogie Bastard : écouté sur les conseils de la blogothèque (merci aKa), en passe d’être acheté car furieusement addictif. En attendant l’album à paraître en 2005, je ne peux qu’approuver ce qui a déjà été dit sur ce site.

Y échappent de peu : The National - Cherry Tree (ep, album à paraître en 2005) ; Man Man - The Man in a Blue Turban With a Face (l’album n’est pas encore entre mes mains)...


Lilou

Jens Lekman - When I said I wanted to be your dog (Secretly Canadian)

Joanna Newsom - The Milk-eyed Mender (Drag City)

Willy Mason - Willy Mason (EP auto-produit)

Xiu-Xiu - Fabulous Muscles (5 Rue Christine/Kill Rock Stars)


Pierre

Sans ordre (et, pour être honnête, sans commentaires).

Micah P. Hinson and the Gospel of Progress. Pour ce qui est des rumeurs, il aurait 22 ans et cet album serait en partie produit par The Earlies (le nouveau groupe hype à citer dans les soirées branchées). Pour ce qui est des faits, disons juste que c’est très beau.

Post Industrial Boys - Post Industrial Boys. Improbable groupe russe à mi-chemin entre Broadcast et Leonard Cohen. Ma deuxième révélation de l’année.

Scissor Sisters - Scissor Sisters. C’est officiel. Elton John est de nouveau à la mode. La disco aussi. Même les boules à facettes sont de retour. Hourrah !

Nick Cave - Abattoir Blues/The Lyre of Orpheus. Après un dernier album, Nocturama, qui avait déçu bon nombre de ses fans, Nick nous revient avec un double album. Pour compenser le départ de Blixa Bargeld, il amène avec lui un choeur gospel.

JC Chasez - Schizophrenic. Après Justin Timberlake, le deuxième membre de *Nsync à tenter l’aventure solo et une sorte de mini-triomphe que j’ai d’autant plus envie de plébisciter que sa destinée commerciale fut pitoyable.


Fandor

TOP 5 d’ouest en est :

- Xiu Xiu "Fabulous Muscles"

(Californie - 5RC aux USA, Tomlab en Europe) : le seul groupe que je connaisse qui réussisse à être aussi expérimental au sein d’un format pop classique. Pour savoir pourquoi Xiu Xiu est indispensable, et à défaut de retrouver l’interview d’eux que j’avais fait sur la première blogothèque, allez les voir en concert !

- Dios "Dios" (Californie - StarTime Intl.) : un genre de nouveau Grandaddy, mais d’autres en ont déjà fort bien parlé dans la blogothèque.

- Moodymann "Black Mahogani"(Detroit-Peacefrog):très jazzy et cinématographique, sur un tempo moins frénétique qu’à ses débuts, ce Black Mahogani offre une deep-house de salon qui s’écoute comme on lit un roman (ou avec, d’ailleurs).

- Astrud "Un Mystique Determinado" ou "Todonos parece una mierda"ou "Performance" (Barcelone- Austrohungaro et Sinnamon). En 2004, Astrud a sorti 2 albums plus un EP de 6 titres. Va-t-on enfin pouvoir les acheteren France en 2005 ?

- errorsmith "near disco dawn" (Berlin - www.errorsmith.de) : errorsmith et son compère soundhack confirment en 2004 tout le bien qu’on pensait d’eux dès leur premiermaxi "smith’n’hack".Mais c’est errorsmith qui emporte la timbale avec cette compilation d’enregistrements live : radicale, terrifiante, dansante, fascinante.


Olive

- Lura - Di korpu ku alma - La très belle voix de la non moins belle Lura rappelle qu’il y a d’autres artistes cap-verdiens que Cesaria Evora, et d’autres styles musicaux, beaucoup plus enjoués que les -un peu trop- langoureuses saudades (qui soit dit en passant ne sont pas un genre musical, tout au plus un sous-genre). Un quart des morceaux sont l’oeuvre d’Orlando Pantera, un des plus grands auteurs cap-verdiens, mort à 30 ans, que beaucoup de « jeunes » artistes cap-verdiens reprennent.

- Daby touré - Diam - Très mélodique, avec des accents très « blues du désert » alors qu’on en est loin, ce premier album de Daby Touré est excellent, égal en qualité, varié dans ses genres, moderne dans ses arrangements. De la pop africaine si tant est que ce genre puisse exister. Hébergé par la bonne fée Peter Gabriel via son sérieux label Real World.

- DJ Nu-Mark & Pomo - Blendcrafters - Nu-Mark, un des deux djs du Jurassic 5, un des groupes phare de la très active scène rap underground de la bay area (donc autour de san francisco), est un amoureux du rythme mention « mitonnage de beats aux petits oignons », un orfèvre psychopathe accro au scratch et à la programmation. Essayer de décortiquer ses constructions ryhtmiques, aussi simples que nouvelles est un réel plaisir. Et puis quelqu’un qui arrive à sampler Imagineavec un vrai résultat ne peutpas être fonciérement mauvais. Ecoute d’extraits ici

- Gonzales - Solo piano - On ne flashe pas comme ça sur rien. Ce disque est un chef-d’oeuvre, c’est tout. Flashez.

- Prince - Musicology - Du Prince, du vrai, du grand , comme pas entendu depuis dix bonnes années et le myhtique Diamonds and Pearls. Le morceau éponyme nous dit tout, tout de suite. Prince est un amoureux de la musique et du travail bien fait, ça s’entend.

- Danger Mouse & Jemini - Ghetto pop life - Sorti fin 2003 mais tellement bon qu’il mérite sa place ici. En écoutant ce somptueux disque, on comprend certains ressorts du Grey album, certes sympathique mais vraiment pas du même calibre que celui-ci. Ah oui, c’est vrai dans le Grey album il y a les mots « pirate » « beatles » et « jay-z » c’est plus porteur. Lâchez donc la hype, achetez ce vrai album de hip-hop du vingt et unième siècle, pas r’n’b’ à la con, gangsta à la noix ou intello en carton, vous vous ferez du bien.


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