Tinariwen, le spleen du désert

Aller à Cergy St-Christophe pour ce concert c’était déjà un peu aller au bout du monde, traverser des quasi-campagnes au soleil couchant. Une nuit encore chaude de mai à écouter Tinariwen.

Tinariwen fait partie de ces quelques groupes (avec Désert Rebel et Tartit) qui ont amenés, il y a deux ans, les sonorités des musiques touaregs à portée des oreilles les plus novices en matière de musiques dites du monde. Un engouement certes tardif mais qui a le mérite de nous offrir, maintenant, des passages plus réguliers du groupe.
Rendez-vous était donné dans une salle plutôt impersonnelle dont les dimensions donnaient l’impression d’être au beau milieu d’un gymnase transformé.

Avec pour toile de fond une ville riche d’une mixité culturelle, mais assez peu attrayante, l’observatoire de Cergy est la deuxième date "parisienne" du mois (après La ferme du buisson, d’est en ouest) pour les hommes bleus.

Ce soir là, il y a eu tout ce que le live apporte de richesses, d’images et de sensations : cette façon particulière de taper dans leurs mains, de se mouvoir et des regards troublants. Il y avait aussi quelque chose d’étrange dans la vision de ce groupe, un peu hors du temps, et de ces petits choses qui semblaient, d’un coup, complètement anachroniques : ces hommes bleus dans leurs tenues traditionnelles et leurs guitares électriques, ces femmes voilées et leurs youyous dans le décor d’une ville "nouvelle" bétonnée.

Mon regard s’est posé successivement sur les visages illuminés d’un public incroyablement varié qui habitent ce lieu peu intimiste et sur l’écran . Y défilaient des images du désert et l’histoire des touaregs : une certaine nostalgie, une quête (« fatigué de chercher ce qui n’est pas ») et de l’année 1963, année d’exil pour certains membres du groupe (« depuis le premier jour de la vie, je marche ») et de la première rébellion touareg.

Des images pour rompre l’ivresse de ces rythmes agréablement lancinants et pour enfin dépasser l’obstacle de la langue tamachek et de l’incompréhension qu’elle induit parfois.

J’ai déjà parlé des guitares du Sahara (ici) et souvent de la fascination que les touaregs exercent sur moi. Alors, plutôt que de risquer de me répéter, j’ai préféré rapporter un morceau de désert à la Blogo, filmé par mes soins, avec mes tout petits moyens.

Écouter : Tinariwen au festival Womad (Espagne)

Tinariwen sera en tournée en France en décembre

Photo Indis

le 2 juillet 2008 par Dali
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Tinariwen, le spleen du désert

Très proche de Tinariwen, il y a aussi Terakaft : un trio de touaregs (dont un ancien de Tinariwen). Pour avoir vu les deux en concert (à l’Olympia en fin d’année dernière... j’étais venu voir mes copains des 17 Hippies, j’ai découvert le rock touareg), je préfère de loin Terakaft, que je trouve plus motivé, plus motivant aussi. Bon, Tinariwen c’est très bien aussi, et leur notoriété récente n’est pas imméritée, mais je regrette un peu que Terakaft soit toujours oublié.

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2 juillet, par nets

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