Third : chapitre 4

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07. Deep Water

Faisons une pause, veux-tu ? Asseyons-nous là. Ne prenons, pour cette fois, qu’un instrument, un petit instrument léger. Un ukulélé, tiens, nous n’avons jamais joué de ukulélé, jamais juste de ça.

Je n’aurai même pas à chercher des accords compliqués, juste à le gratouiller paresseusement. Attention, tu manges le micro. On dirait que tu as un peu trop fumé. Je crois qu’on a un peu trop bu aussi. On se laisse aller, Beth. On se laisse aller.

C’est presque la première fois. On pourrait presque s’arrêter là... (C).

08. Machine Gun

Beat martial, roulements de tambour. Les colonnes avancent en ordre serré, masses de métal et de tripes liées ne laissant sur leur passage aucun prisonnier. Inexorablement, les bras s’abaissent à l’unisson, ne perdant jamais leur tempo rigide et robotique. Comme les visages sont cachés par des masques, on ne sait qui mène la charge et s’il reste une part d’humanité. Les clameurs des estropiés, à peine couverts par le fracas des armes, et les reflets que celles-ci laissent dans les yeux dissuadent de toute façon les curieux qui ont fui depuis longtemps (les fous qui sont venus trop près ne peuvent plus le regretter).

Puis dans le fracas des bottes et de leurs pas, s’élève une voix, celle d’une victime ou d’une survivante, celle d’une coupable ou d’une sacrifiée. Blanche et souffrante, elle monte, plane au-dessus des légions de mort. Les rythmes ne s’arrêtent pas pour si peu, ils accompagnent la complainte froide, l’entourent. La voix s’enhardit une nouvelle fois, adoptant la cadence des soldats, les suivant à distance. Puis elle reprend, pas rassurée mais encore là, résistante. Elle fait maintenant face aux colonnes qui avancent toujours du même pas, imperturbables.

Emportée par sa peine et ses regrets, elle ne les voit même plus, elle ne sent même pas les odeurs mêlées de métal chauffé et de sueur, de crasse et de sang. Elle ne sent même pas que les bras qui cognent les tambours la frôlent de plus en plus, caresses inamicales, préliminaires mortels. Aspirée par son chagrin, la voix ne réagit pas quand les frôlements deviennent des coups, quand les rangs de l’armée déferlent sur elle, imperturbables de régularité. Submergée, elle n’a pas le temps de crier ou de lancer un dernier appel au secours. Elle n’en a pas envie. Elle s’éteint simplement, comme elle s’était élevée.

Survient l’improbable, l’accident : les colonnes stoppent leur marche infernale. Non pour regretter leur geste ou la voix, simplement pour marquer davantage le rythme, l’accentuer jusqu’à la folie. Frappes sourdes et déraisonnables. De loin, on les croirait en train de danser autour de leur victime évanouie. Les machines ont gagné et fêtent leur nouvelle victoire. -(OB.)


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Les bannières des articles représentent la ville de Portishead vue par satellite.

le 24 avril 2008 par Chryde Oslav Boum
commentaires •

Third : chapitre 4

Bon, et alors quoi ? On s’est trop énervé sur le chapitre 2 et plus personne n’a rien à dire ?

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26 avril, par un courageux anonyme

RE : Third : chapitre 4

Très jolie review de ce morceau, la meilleure review avec celle de the rip, en effet il y a une atmosphère de fin du monde, finalement délivré aux machines.

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28 avril, par un courageux anonyme

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