#44 The Shins
Réal : Vincent Moon
Tourné Ã
Tout nous apparaissait si compliqué. Tout fut si simple. On nous avait dit que ce serait infaisable, que le groupe ne voudrait jamais. Mais les Shins ont bien voulu, sans que nous sachions vraiment ce qui les avait décidés. Nous avions peur de ce manager, vieux roadie tatoué qui rechignait à nous laisser emmener le groupe en promenade. Nous avions peur de cette attente, du retard du groupe, qui nous a dépassé, est monté dans ses loges, nous a laissé poireauter. Il devaient faire une setlist. Une setlist ? Pour un Concert à emporter ?
Que nous étions bêtes. Ils sont descendus, et à compter du moment où le bassiste m’a tendu la bouteille de blanc qu’ils avaient prévu pour la balade, tout est venu naturellement. Dans la rue, alors que les deux guitaristes s’amusaient à reprendre des morceaux de Love, James Mercer nous a expliqué qu’ils avaient prévu onze morceaux. Onze morceaux... Nous n’avons eu le temps d’en enregistrer "que" cinq. Les voilà , en deux films.
Rue des Trois Frères, Montmartre. Un quartier à l’agitation paresseuse, une rue grouillante de flâneurs, où l’on avance à pas lents, où l’on prend se temps, rue touriste où l’on aime regarder, rue branchée où l’on aime se montrer. Dans ce coin, l’animation impromptue est légion, les accordéons, les violons tziganes et les groupes de jazz manouche font partie du decorum. Alors pourquoi pas un groupe de pop américain ? Lorsque les Shins se sont plantés devant une terrasse bondée pour y jouer Turn on me, on sentait un sage enthousiasme. James Mercer et ses copains plaisantaient sans cesse sur les piécettes que pourraient leur rapporter ces morceaux, et n’étaient pas si loin de la vérité. Devant le café, puis sur le petit carrefour plus haut, on comptait quelques fans du groupe heureux de la surprise, on comptait surtout touristes et parisiens satisfaits de la petite scène qui avait marqué sans prévenir leur dimanche endormi. Lorsqu’après chaque morceau, je distribuais des flyers, tout le monde m’en réclamait, j’avais le sentiment de vendre les CD gravés d’un groupe formé par des potes.
Réal : Vincent Moon
Tourné Ã
La foule fut même patiente. Nous sommes entrés dans la cour de l’immeuble de Matthieu et Raphaëlle. Deux filles ont regardé le morceau cachées derrière une vitre, une vieille a ouvert sa fenêtre 30 secondes, le temps de juger que cette musique était assez agréable pour ne pas être jugée nuisible. Nous sommes montés, expliquant à deux fans que nous devrions les laisser là . Puis, une fois sur le balcon de l’appartement, nous avons regardé en bas. La moitié de la petite foule qui avait écouté les Shins dans la rue était encore là .
En trois quart d’heure, les Shins n’ont en fait cessé de jouer, ne se sont jamais vraiment posé de questions. Ce n’était pas une session, c’était un après-midi de soleil et de farniente, c’était une ouverture de printemps, et le groupe collait parfaitement au décor.
Ce concert à emporter, cinq morceaux enchaînés naturellement, entamés sur une petite place, terminés dans un appartement baigné de soleil, ressemble aux Shins, ressemble à leur musique, une pop décomplexée, joyeuse, et familère, qui semble aller de soi. Les morceaux de James Mercer ne donnent jamais le sentiment de vouloir nous bouleverser outre mesure, de vouloir révolutionner quoi que ce soit, mais d’être au contraire ultra-solubles, apprivoisables d’instinct. Les Shins étaient à Paris, ils ont pris du bon temps, ont mis en musique une belle après-midi. C’était tout ce que nous leur demandions. Vous imaginez bien, on est reparti de là avec de grands sourires. Et sans doute, grâce à cinq gars de Portland, quelques touristes se sont-ils dit que Paris était une chouette ville.





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16 avril 2007, par gromain
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16 avril 2007, par l’argousin
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16 avril 2007, par un courageux anonyme
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16 avril 2007, par Zum
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16 avril 2007, par J5ff
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16 avril 2007, par felix
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16 avril 2007, par un courageux anonyme
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17 avril 2007, par Henri
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17 avril 2007, par anelyse
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17 avril 2007, par jérôme
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20 avril 2007, par ryanponcet
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25 avril 2007, par un courageux anonyme
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25 avril 2007, par Sophie
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1er mai 2007, par manda-rin
The Shins
Je n’imagine pas cela, o en tout cas, je n’ose l’imaginer. Je suis chez moi, et j’entends un air velout, sublime, beau pleurer, ils sont l, en bas de mon immeuble... J’en avais rv et la blogothque l’a fait. Dlicieux moments offerts dans le plus simple appareil, on ne sait d’o vient la lumire : du soleil ? De cette musique qui semble venir, arienne, du ciel tout entier ? C’est un peu comme si un hypothtique dieu en shamallow nuageux avaient dpos ses sujets : angliques reprsentants de la douceur sur terre... et ces anges ont un nom : THE SHINS.
Merci, tout simplement.
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2 mai 2007, par ValentinTFromParis
La la l a
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11 mai 2007, par FloW
Louis-Philip
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13 mai 2007, par un courageux anonyme
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15 mai 2007, par Tobal
RE : The Shins
Tobal, si tu savais. Nous aussi nous aimerions tourner ailleurs, partir sous les barres du XIII, sur les quais de Seine, en Banlieue, devant la BNF que sais-je ? Il faut juste en vouloir certaines mairies d’arrondissement qui n’ont rien fait pour soutenir leurs salles de concerts (Guinguette pirate ?), il faut juste constater que les salles o passent les groupes qui nous intressent sont entre le XVIII et le XX arrondissement, que nous avons souvent une heure pour tourner les vidos, avant une balance, aprs quatre interviews... Les Shins, nous avions 40 minutes top chrono depuis l’Elyse Montmartre... Et puis ne blme pas la personne qui a ouvert son appartement au groupe de ne pas avoir voulu faire monter tout le monde.
Ce qui est drle, c’est que ce Concert emporter des Shins a t bien moins prpar, et tout aussi (si ce n’est plus) spontan que celui de I’m from Barcelona, par exemple, qui partait d’un dlire dans la rue.
Ce qui est drle, surtout, c’est qu’il y a quelques jours, nous tions avec une fanfare dans une rue et un vieux bistrot de Montreuil. Qu’on n’a pas pu empcher un vieux Brsilien de tchatcher avc le sourire pendant un morceau. Que la veille, nous filmions des femmes touaregs dans une vieille salle dcatie du XVI. Mais a aussi a doit tre carte postale...
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16 mai 2007, par Chryde
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18 mai 2007, par Alain
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19 mai 2007, par ga’
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30 mai 2007, par Hoppipolla
The Shins
Bravo !
Pour les avoir approchs en Black Session (C’est Lenoir/ France Inter), je retrouve parfaitement ce son chaleureux, vrai, simple mais touchant. Flicitations eux pour leur simplicit et au site pour cette merveilleuse ide qui redonne enfin de la vie la musique. Bonne continuation tous !
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3 juillet 2007, par Resiak
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1er octobre 2007, par un courageux anonyme