The Format and The Dog
A peine publié mon billet d’hier (autopromo), j’ai ressenti le besoin de changer d’air. Non pas que je veuille renier aujourd’hui tout le bien que j’ai exprimé hier de Corazon, mais bien parce que l’air de rien, un billet pareil, c’est pas mal de travail et surtout un investissement émotionnel non négligeable : écouter encore et toujours ces mêmes morceaux en tenant d’en maintenir la résonance émotionnelle afin de la transcrire au mieux. Une fois publié, je me suis donc retrouvé à genoux, harassé par cette vague de nostalgie qui m’a accompagné 24 heures durant.
J’ai donc fouillé mon lecteur mp3 avec l’avidité de celui qui consulte la carte de son bistrot préféré à la recherche d’une sensation nouvelle (métaphore foireuse, désolé). Hier matin, j’avais un grand besoin de légèreté, d’un brin de folie, d’optimisme en vrac, un truc plein de caramel, un peu lourd et qui colle aux dents. Un truc ne qui vole pas nécessairement très haut mais qui ait au moins le mérite de faire se secouer ma nuque et mes épaules.
Je ne sais comment m’est venu l’inspiration d’enfin écouter ce disque de The Format, tombé il y a peu dans la toile de mes "gigas mp3". Pile poile ce dont j’avais besoin. Plus encore : des influences évidentes de Fredy Mercury, le truc que je n’aurais même pas imaginé dans mes rêves les plus fous !
Renseignement pris, The Format est un groupe californien plein d’humour et d’ironie. Visiblement le choix du nom s’est fait avec l’idée d’aider leur maison de disque (le The de circonstance) tout en dénonçant joyeusement le formatage opéré par les majors. Lesquelles maisons de disques sont apparemment imperméables à toute ironie : Atlantic (la leur) semble en effet avoir pris au pied de la lettre cette idée de formatage et est tombée de leur haut lorsque le groupe s’est opposé aux recommandations artistiques fortement suggérées par celle-ci. Après la sortie de leur premier album (pas écouté), Interventions And Lullabies, exit donc The Format.
Le groupe ne s’en porte visiblement pas plus mal puisqu’il a sorti en juillet un second album intitulé Dog Problems et dont je vous parle aujourd’hui.
Hier midi je vous aurais dit que cet album avait peu de chance de finir dans mon top 2006. Hier soir je commençais à avoir des doutes, ce matin je ne jure plus de rien. Parce que il faut bien le dire, les tops de fin d’années ont généralement un sérieux besoin d’être quelque peu égayés (entre Liars et Dominique A, une petite farandole ça fait du bien). Et The Format paraît taillé sur mesure pour ce genre de mission impossible : des mélodies "haute tension" qui se tape bien vite l’incruste, des arrangements surréalistes qui réhabilitent Queen (un tour de force appelé petit à petit à devenir la norme), une candeur et une ironie pleinement assumée. Le truc parfait pour se faire du bien mais qu’on afficherait pas sur sa compile blogomix.
J’ai lu de cet album qu’il pourrait bien être "le pet sound de la emo génération". Mouahahaha, j’en rigole encore.
Soyons clair, ce n’est pas l’album du siècle, mais cette plaque risque bien de vous être très utile (dans un embouteillage, au réveil, sur le chemin de l’ANPE, de retour d’un enterrement, ...) vous permettant d’égayer/sauver quelque mornes journées bien mal commencées.
Je vous en propose trois extraits permettant, j’espère, d’en appréhender au mieux la "richesse". Amusez-vous, c’est fait pour ça !

I’m actual m’a séduit directement. Petite ritournelle boosté et abondamment décorée que l’on imagine bien composée pour un opéra rock de série B. Le morceau n’en est pas moins efficace et touchant. La voix ma plaît beaucoup, les chœurs sont attachants, le tout est très naïf, d’une légèreté confinant avec le 36ième degré. Le genre de chanson qui, à l’image de tout l’album, nécessite de l’auditeur qu’il accepte de jouer le jeu, qu’il prenne part à la comédie. Et il faut se l’avouer, on a tous rêver un jour de jouer dans un opéra rock de série B.
Time bomb est la référence la plus explicite à Queen, "Bicycle" semblant avoir chaperonné son enregistrement. Mais si la référence est évidente, elle est tout de même utilisée avec le minimum d’élégance requise. Et quelques pincées de bonnes idées qui accouchent, notamment, d’un refrain enfantin mais tellement irrésistible.
Pour Dog Problems , le groupe sort de son chapeau le joker "ambiance cabaret" (inclut dans la panoplie Queen) auquel il adjoint une section cuivre tombé à pic. Sur ce genre d’album, il en faut généralement pas plus pour me convaincre. On leur pardonnera dès lors les envolés de cordes un peu convenue.
Comme moi vous n’avez jamais compris l’effet Scissor Sister, l’ironie de Polyphonic Spree vous a laissé de marbre et The Darkness ne vous semble guère être plus qu’une farce totalement ratée ? Vous désespérez de constater combien votre sens de l’humour ne suffit plus à partager l’engouement populaire pour ces groupes estampillé "second degré" ? Rassurez-vous : vous avez avec The Format une nouvelle opportunité de tester votre sens de l’ironie et de raccrocher à la farandole médiatique.
Mais attention, l’abus the Dog Problems peut provoquer une furieuse envie de se laisser pousser la moustache et de ressortir son vieux pantalon en cuir. Vous voilà prévenu.
Bonne écoute et, surtout, bon amusement.











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19 octobre 2006, par un courageux anonyme
RE : > The Format and The Dog
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19 octobre 2006, par aKa
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19 octobre 2006, par Chacha
The Format and The Dog
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13 janvier 2007, par xwizex