The Fiery Furnaces : stop ou encore ?

Une bataille d’Hernani secoue la blogosphère. Les Fiery Furnaces, sur scène, c’est bien ou c’est mal ? Est-ce-que c’était pas mieux avant ? Est-ce-que leur grand-mère fait du vélo ? Lecteur de la Blogothèque, fais-toi une idée toi-même avec l’enregistrement de leur concert bostonien de la semaine dernière.

Matt Friedberger et sa petite soeur Eleanor constituent le coeur des Fiery Furnaces. Ils ont grandi vers Chicago et habitent séparément Brooklyn depuis quelques années. Leur album Blueberry Boat a été un succès et a porté au grand jour leur chansons dérangées. De longues plages décomplexées aux structures complexes, des mélodies détraquées, d’étranges paroles... une alchimie tout à fait étonnante qui compose un disque à mon sens pas facile d’accès, mais qui mérite qu’on s’y attarde. Il me fallut en effet bon nombre d’écoutes avant d’être certain d’avoir succombé au charme un peu opéra-rock de l’Inspecteur Blancheflower. Mon ami Wortzik a qualifiés Blueberry Boat ainsi :

Pas un morceau de morceau à jeter, de la liberté, de la réussite, des voix convaincantes, des idées en gerbe soutenue, des mélodies et des riffs nouveaux et/mais évidents et une orgie textuelle à la Pynchon en encore plus drôle.

Ils ont également un drôle de disque long comme un album mais intitulé EP, tout aussi intéressant et peut-être un tantinet plus proche d’un hypothétique format.

Leur nouvel opus, intitulé Rehearsing My Choir, sort la semaine prochaine sur Rough Trade. Cet album a été enregistré avec l’aide de leur grand mère Olga Sarantos, qui raconte des histoires sur fond de Furnaceries allumées. Les échos des chanceux qui l’ont déjà écouté sont dissonants.

Le 12 octobre dernier, pas question de manquer leur passage au Museum of Fine Arts de Boston. La salle est remplie de fond en comble par un public chauffé à blanc, et on sent confusément l’importance du groupe pour tous ces gens. En première partie, Man Man, dont je vous reparlerai.

Matt et Eleanor sont accompagnés d’un bassiste qui n’est autre que Jason Loewenstein, compère de Lou Barlow dans Sebadoh, et d’un batteur nommé Bob Dimico. Elle joue de la guitare, il joue du Fender Rhodes et de la telecaster distordue et rafistolée, un peu pop qui aurait dépassé les bornes de la noisy. Ils sont de part et d’autre de la scène et se jettent des oeillades de frère et soeur, à moitié complices, à moitié je te surveille et tu m’énerves. Elle a la gorge prise suite à coup de froid attrapé au Canada, ça ne l’empêche pas d’assurer la grande majorité des voix. La set list comporte presque tous les titres du nouvel album, ce qui peut déconcerter, ou pas. De toute façon, même les chansons des anciens disques sont presque méconnaissables. Rythmes perturbés, mélanges, structures différentes, échanges de parties... un joyeux capharnaüm.

Alors, les blogs américains s’enflamment sur le concert New Yorkais (donné le surlendemain). FluxBlog, fan des Furnaces, donne un compte rendu très détaillé, et est un peu déçu. Les gens de chez Gothamist ne cachent pas leur déception, expliquant que quand même, c’était mieux avant. Stereogum, lui, était à peu près content, et c’est chez lui que j’ai piqué tous les liens, y compris celui vers Chromewaves, qui n’a que moyennement apprécié le concert de Toronto, et celui vers Brooklyn Vegan, qui a pris des photos à NY, ainsi que son pied.

Quant à moi, je les aime de plus en plus. Après avoir eu du mal à apprécier Blueberry Boat, j’attendais ce concert avec impatience, et il s’est passé quelque chose ce soir-là. Sur le moment je n’ai reconnu aucune des chansons ou presque mais j’ai apprécié le côté déstructuré, joueur, un peu fonceur. Et à ma grande surprise, le concert se laisse réécouter avec pas mal de plaisir.

Mais assez causé, voilà les enregistrements. Le son n’est pas dément, la basse était très forte. Ca vous permettra quand même de vous faire une idée. J’ai indiqué en gras mes morceaux favoris si vous voulez juste un échantillon. Je ne suis pas super au point sur les titres du nouvel album, excusez les imprécisions.

The Fiery Furnaces, 12 octobre 2005, Boston, Museum of Fine Arts

01. I’m gonna run (1.2M)

02. Crystal clear (1.1M)

03. Straight street - Tropical iceland (2.9M)

04. Quay cur (2.3M)

05. Does it remind you of when - The Garfield el (1.5M)

06. The wayward granddaughter - A candymaker’s knife in my handbag (3.9M)

07. Forty eight twenty three twenty second street (1.5M)

08. Guns under the counter (1.6M)

09. Seven silver curses - Slavin’ away (5.7M)

10. Rehearsing my choir (1.8M)

11. Bow wow (1.2M)

12. My dog was lost but now he’s found (1.5M)

13. Up in the north (986K)

14. Asthma attack (946K)

15. Evergreen (1.1M)

16. Chris Michaels (3.4M)

17. Chief inspector Blancheflower (2.2M)

18. Police sweater blood vow (1.6M)

19. Don’t dance her down (1.3M)

J’ai pris les photos moi-même. Merci à mon p’tit frère pour m’avoir aidé à passer le concert au master, et merci à la Drôle de Dame d’être passée dire bonjour dans la queue !

le 18 octobre 2005 par pas.longtemps

Aimez vous cet article ?

commentaires •

> The Fiery Furnaces : stop ou encore ?

J’attends que tu nous reparles de Man Man. Je les avais évoqué dans mon top 2004, je suis curieux d’en apprendre plus sur eux.

Et à part ça, chouette article sur FF

Répondre à ce message

18 octobre 2005, par Furax

> The Fiery Furnaces : stop ou encore ?

Pas Longtemps, après Chris Bell, The Fiery Furnaces. Je vais vouloir me marier avec toi. Arrête tout de suite, je suis un homme. Mais The Fiery Furnaces est mon seul vrai enthousiasme de ces trois dernières années.

Répondre à ce message

18 octobre 2005, par un courageux anonyme

RE : > The Fiery Furnaces : stop ou encore ?

Trop tard, je suis déjà marié ! Merci quand même :)

Répondre à ce message

18 octobre 2005, par julien

> The Fiery Furnaces : stop ou encore ?

C’est bien simple, les fiery furnaces sont le seul groupe anglo-saxon à produire une musique intéressante, originale depuis disons trois à cinq ans en terme de songwriting (paroles+musique). Evidemment elle demande un effort, une attention et donc le plaisir qu’on en retire est plus grand (masochisme d’ex grand sportif/ par ailleurs, la biologie ne ment pas) ; les paroles sont à lire ; des histoires sont racontées. Ils peuvent bien ressortir un remix dance pop de tropical iceland sur EP, les 9 autres morceaux sont des merveilles vicieuses. A vous autres expatriés, que pensez-vous de « when i’m away you’ll be the siren that will finally lead me home » (sing for me). La mélodie n’est-elle pas simplement admirable ? Tout est de cet acabit. Tiens, allez, je les place juste un peu en dessous de ween, le véritable meilleur groupe du monde (allez les voir en video sur liveween.com).

Quod du merchandising ?

Répondre à ce message

19 octobre 2005, par french

> The Fiery Furnaces : stop ou encore ?

hors de question d’attendre noel pour avoir mon T-shirt

Jason lowenstein toujours aussi bourrin !

Répondre à ce message

19 octobre 2005, par un courageux anonyme

RE : > The Fiery Furnaces : stop ou encore ?

Yo. Je viens couter leur nouveau disque et son aspect narratif/thtral nuit un peu mon plaisir immdiat, premire vue. A trop faire, ne risquent-ils pas de se disperser ? Bon, l’autre disque annonc va peut-tre changer la donne. En tout cas, ma dception ne change rien : c’est un groupe qui bouscule la pop, bravo !

Répondre à ce message

27 octobre 2005, par Oslav Boum

> The Fiery Furnaces : stop ou encore ?

french, pas la peine de pleurer, t’auras ton t shirt a noel un point c’est tout ! malgre la volee de bois vert recue par le nouveau disque (pitchfork, popmatters) il y a selon moi des superbes morceaux dessus, dont slavin away et seven silver curses. voila !

Répondre à ce message

5 novembre 2005, par julien

> The Fiery Furnaces : stop ou encore ?

Répondre à ce message

18 décembre 2005, par Makss

RE : > The Fiery Furnaces : stop ou encore ?

salut le t shirt mentionne dans les commentaires a ete achete a un de leurs concerts... mais tu peux en trouver sur le magasin de leur site :

http://store.thefieryfurnaces.com/store/

Répondre à ce message

20 décembre 2005, par julien

A ne pas manquer

liens  |   contact  |   à propos  |   design powered by