#32 Stars Like Fleas

Une musique lente, qui se construit par petites touches. Un groupe volatile et harmonieux, des images sur les murs, des instruments dans une rue déserte. La magie éthérée des Stars Like Fleas.
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#32.1 - SOP THE JUICE

Réal : Vincent Moon

Tourné à NYC, 2007

CAE - #32.1 - Stars Like Fleas - SOP THE JUICE

Lundi soir, un mois d’août, dans la voiture de Thomas ’Doveman’, écrasé au fond du coffre déglingué. On vient de terminer une session vidéo dans l’usine de pianos Steinway, au fond du Queens, qui nous a laissé sur un nuage. On file vers l’appartement de Jennifer Charles à Greenpoint, passer une belle soirée à filmer Elysian Fields. Sur le siège passager, Sam Amidon (qui sort très bientôt un bel et singulier album chez Plug Research) me parle de son autre projet, un groupe à la forme mouvante, Stars Like Fleas. Le nom me rappelle quelque chose, David Fenech me l’avait mentionné avant que je débarque à New York. J’explique à Sam que demain est mon dernier soir à New York, que je suis prêt à tout pour partir sur une belle dernière note. Cela aura lieu, le soir, tard dans la nuit de Brooklyn.

Les vidéos réalisées ce soir là avec les Stars Like Fleas sont, de tous les concerts à emporter filmés jusqu’ici, mes préférées. Les plus radicales aussi, très longues et exigeantes (bordel, une semaine après avoir mis en ligne les vidéos de Cali, on demande un grand écart et c’est plutôt excitant). Un souvenir sublimé forcément et l’impression de vivre un moment unique, de vraiment toucher au but des Concerts à Emporter : partager une création unique l’espace de quelques minutes - devant ses yeux, la musique qui se meut, évolue lentement, trouve un point d’accroche et s’envoie en l’air lorsque tous les membres se retrouvent - la caméra avec.

Stars Like Fleas c’est à l’origine le projet de Shannon Fields et Montgomery Knott, groupe mythique et rare à New York, performant depuis 1999 sous des formations variées. Montgomery est également le propriétaire de Monkey Town, restaurant et magnifique salle de Williamsburgh.

C’est là-bas que je retrouve les neuf membres du groupe, minuit passé. Ils sont nombreux et ont plein d’instruments magnifiques, je suis seul avec ma pauv’ tite cam’. Deux heures plus tard, un verre de Lagavulin à la main, on se regarde tous dans les yeux et ça brille.

La cuisine de Monkey Town d’abord, tous entassés, sons superposés et joli bordel. Ils se mettent lentement en route, commencent à comprendre ce projet que personne, excepté Sam, ne connaît. Je leur demande de venir jouer dans la rue, ils refusent. Je leur demande une seconde fois, ils trouvent cela trop compliqué et bruyant à une heure pareille. J’insiste encore et ils cèdent enfin.

Les neuf magnifiques minutes qui suivent commencent par une impro à trois, Montgomery au chant, jusqu’à ce que le groupe se regroupe et que Shannon pose une mélodie que tout le monde suit. C’est un ami du groupe trouvé au comptoir qui m’aide pour le son, absolument saoul et beau chancelant. Le morceau s’envole sous l’impact de Ryan Sawyer aux percussions en tous genres - regardez le bien dans les deux vidéos, grand musicien aux idées infinies.

Les instruments sont lents à bouger, on trimballe ça à nouveau dans Monkey Town, dans l’arrière salle, celle qui sert de cinéma et de salle à musique, un grand cube aux quatre écrans de projections. Tous plus ou moins alanguis dans les sofas, la lumière des films projetés (une boucle que Montgomery fait tourner, dix minutes plus tôt on aurait eu du Mekas) semble rythmer la musique, donne une tension particulière, on tourne et tourne jusqu’à avoir le tournis, puis le frisson. On éteindra la lumière bien plus tard avant de repartir vers les nuits new-yorkaises. Joli terminus.

Le nouvel album de Stars Like Fleas, The Ken Burns Effect, enregistré en partie à la Rare Book Room brooklynoise de Nicolas Vernhes (génial producteur français exilé depuis longtemps sur qui l’on reviendra en prenant le temps) et mixé à la Greenhouse islandaise, sortira au printemps chez Talitres.

#32.2 - FALSTAFF

Réal : Vincent Moon

Tourné à NYC, 2007

CAE - #32.2 - Stars Like Fleas - FALSTAFF
le 22 janvier 2007 par
commentaires •

Stars Like Fleas

C’est vrai que c’est assez singulier comme musique, elle se droule trs lentement. La premire vido, en entendant la voix du chanteur, j’ai cru que c’tait Sigur Rs ! en plus quand j’tais gamine, j’avais le mme micro qui fait des chos, mais a, c’est un dtail :)

C’est joli en tous cas, tout en finesse, avec une voix toute fragile. Merci Vincent ;-)

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22 janvier 2007, par Kadi

Stars Like Fleas

C’est fantastique, j’aurais aim avoir particip ce genre d’improvisation dglingue et harmonieuse, j’aime l’atmosphre qui se dgage, douce, profonde et envotante...

Comme dambuler sur un nuage infini.

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22 janvier 2007, par Kouka Nicoya

Stars Like Fleas

J’aime beaucoup le deuxime film. La musique toute en retenue souligne le silence qui rgne dans ce coin de Brooklyn. On a l’impression que les musiciens retiennent leur souffle et leurs gestes de peur de briser ce silence. La musique du groupe et celle de la ville se rpondent alors. Les rues sont trangement vides. Tous ces musiciens semblent sortir de nulle part. Ils viennent donner vie la rue dlabre d’une quelconque ville fantme. Puis ce petit peuple de la nuit s’vanouit comme il est venu. C’est une nouvelle fois bien film. Toute la difficult, c’est de filmer la fois la musique et son empreinte dans le dcor urbain. Vincent s’en sort bien. Peut-tre certains moments, un plan fixe un peu prolong sur divers dtails de la rue par exemple aurait pu fonctionner ? Un peu comme les plans fixes la fin de l’Eclipse d’Antonioni ? La musique du groupe, mystrieuse, s’y prte. Encore bravo.

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22 janvier 2007, par Stéphane

Stars Like Fleas

O tait pass Chryde ? en RTT ? :) C’est cool, plein d’instruments loufoques, on ne voit pas a tous les jours. Merci pour ce voyage au bout de la nuit

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23 janvier 2007, par Helsabot

RE : Stars Like Fleas

Ah non, bien au contraire ! Je travaillais, et n’tais pas NYC avec Vincent Moon... Snif !

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24 janvier 2007, par Chryde

Stars Like Fleas

Merde, j’ai prfr Cali. Non, je dconne. Mais j’ai pas aim quand mme.

Je trouve vraiment que c’est prtentieux, et que "l’apparente dconstruction" n’est bien en fait qu’une absence de construction. Taper trois notes de xylo, gratter du pied par terre, et taper fort la fin, dsol mais a ressemble rien. Ca me rappelle Volcano, tiens...

et puis y’a leurs ttes aussi... cet air profond et dtach la fois, genre "on fait de l’art, mais c’est naturel et de toutes faons, c’est pas pour vous"... bref, non seulement j’aime pas mais en plus c’est typiquement le style ind qui m’nerve !!

euh... c’est le groupe que j’ai pas aim, hein, pas la vido. Non, je prcise parce que comme depuis la prcdente les ardents dfenseurs du site sont au taquet...

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25 janvier 2007, par Chtif

RE : Stars Like Fleas

joder. suis dccord avec mon voisin. music school dropouts. i remember a time when you had to know how to play an instrument to be in a band..

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23 décembre 2007, par unavlogger

Stars Like Fleas

euh...

Je comprends pas l, c’est des impros compltes ou c’est juste l’intro qui est improvise ?

Autrement, toujours aussi surprenantes ces vidos :-)

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25 janvier 2007, par XY

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