
Sepia Hours : Entre-vues ’à contre-jour’
Il y a quelques mois, je contactais Sébastien Bizet (alias Sepia Hours) pour lui proposer une carte blanche. Proposer une carte blanche, c’est un peu comme dire à ses invités "faites comme chez vous" ; l’exhortation a beau être sincère, il en est peu à qui cette invitation décide spontanément de se déchausser et de mettre les pieds sur la table. Et si dans le cas d’un repas chez Bree Van de Camp c’est plutôt une heureuse chose, dans le cas qui nous occupe on est autorisé à trouver cela bien regrettable. On aimerait qu’ils soient plus nombreux à voir en cette page blanche une invitation au laisser-aller, un espace de liberté à conquérir, un champ des possibles à explorer. Aussi ma surprise fut-elle grande et ma joie bien réelle lorsque je reçu en réponse ce texte de Sébastien Bizet, fausse auto-interview schizophrénique dans laquelle il nous livre ses points de vues sur la musique, la réception, les webzines et les ’coups de cœur’.
Préambule : Ce texte est daté du mois de mai 2007. Sa mise en ligne, en novembre de la même année, soit 7 mois plus tard, sans pour autant lui ôter l’actualité de son contenu, ne peut rendre compte de l’évolution d’un propos, à la suite d’autres écoutes, d’autres expériences, d’autres travaux, d’autres rencontres, etc. Pour exemple, Jupitter goes Quattrocento (Sébastien Karkoszka) s’apprête à dévoiler son dernier opus, un enregistrement dont j’attends la sortie que j’espère imminente. Inutile de dire que ce micro-événement contribuera à enrichir et à faire avancer les propos ci-dessus. C’est également à la plate-forme Fausse(s) Couche(s) (Jean DL, Impostor, S. biset) que j’aimerais faire allusion, puisqu’elle n’avait pas réellement éclos lors de la rédaction de ces quelques lignes. Cette plate-forme qui s’attache à la quotidienneté d’une création trans (car partagée sous l’effet, au moins, de la triangulation, et ne me demandez pas ce que ça veut dire) - individuelle aura permis une plus grande simplicité dans le processus de composition, et une plus grande liberté dans les possibilités d’expression. Bref, ces propos ont toujours du sens, mais il y a plus, aujourd’hui ; il n’y a que des choses en cours et à suivre, à tel point qu’on ne peut que quitter ce qu’on est déjà en train de dire.
Questions / Suggestions posées un dimanche, en fin d’après-midi...
M. - Je sais que tu es relativement critique vis-à-vis de l’évolution des pratiques musicales, à l’heure actuelle. Si on te demandait “pour quelle raison continues-tu à t’intéresser à la musique ?”, que répondrais-tu ?
S. - Il faut croire que je ne peux pas m’en passer - pour le moment du moins, et plus encore en pratique qu’en écoute. Je m’y intéresse, en partie, parce qu’elle est très révélatrice de nos comportements. De plus en plus je me demande si la musique telle qu’elle se développe aujourd’hui ne modifie pas davantage les modes de réception et les relations à l’autre plutôt que ses possibilités et ses modalités d’expression, son caractère spécifique d’expressivité. En somme, ne serait-ce pas moins le contenu qui évolue et qui change que la position de l’auditeur par rapport à l’objet écouté, à la production ainsi abordée ?
M. - Tu veux donc voir dans l’état actuel des pratiques musicales une évolution moins formelle que, disons, ‘sociologique’ ? Pourtant, on ne cesse pas de découvrir de nouvelles combinaisons et de nouveaux formats ; on peut s’en réjouir, et s’en lasser serait peut-être faire preuve de mauvaise foi...
S. - C’est un fait : mais même si elle reste toujours fonction de l’accès quelque peu ardu aux produits sommeillant à l’ombre des mainstreams culturels, la ‘découverte’, en terme d’appréhension des produits culturels, ne dépend plus de l’effort acharné de l’esthète, mais d’une logique quotidienne d’absorption et d’ingestion causée par le bombardement d’informations et de productions rendues aisément accessibles par l’efficacité des webzines, audioblogs, netlablels, playlists, téléchargements et duplications en tous genres. En ce sens, l’option de la découverte n’est plus l’apanage du seul mélomane averti, pointu et exigeant, fidèle à des affects et à des orientations profondément individuels. On écoute tous, un peu tous azimuts, ce qui est mis à notre disposition : on zappe plus qu’on ne sélectionne, on passe d’un son à l’autre, d’un climat à l’autre, d’une scène à l’autre ; bref, l’« abc » de l’auditeur - alors qu’on pense souvent que c’est là une finalité - réside déjà dans cette habitude de la découverte, puisque c’est elle qui va rythmer un quotidien, compenser un ennui et scander l’évolution d’une écoute. Concrètement, il suffit d’être un peu branché ou curieux pour errer sur MySpaceMusic, cette sorte de cadavre exquis aux mille et un visages sympathiques invitant à la dérive de fiches en fiches et, chemin faisant, à la constitution personnelle d’un patchwork musical impressionnant. Aucun effort dans cette attitude zapping, révélatrice du phénomène de la simplification de la production et des échanges. Ce faisant, ce sont les clivages entre genres qui s’estompent, pas seulement en terme de contenu (l’hybridité des genres) mais surtout en terme de réception (l’éclectisme culturel). Par conséquent, ce n’est pas tant la musique qui est en profonde mutation que sa problématique sociale.
M. - Est-ce que l’évidence de cette problématique t’apparaît être un frein, une difficulté, quand il s’agit d’appréhender un artiste de la manière la plus ‘objective’ possible, en dehors du contexte de la réception ?
S. - En réalité, quand on me demande de parler d’un artiste que j’aime, ou d’un événement qui m’a marqué, je ne peux pas m’empêcher de parler de tout sauf de ce qu’il faut. Inévitablement, je vais parler d’affects, de sensations, d’impressions. A croire qu’appréhender une œuvre, une performance ou un artiste engage sur la voie de la relation : nécessairement on appréhende en fonction de la relation qu’on entretient avec la production, l’événement, l’artiste. Je peux m’essayer à l’exercice, très simplement. Il me suffit de parler, même vaguement, des derniers enregistrements écoutés.
Si je devais mentionner la dernière sortie du netlabel belge Sundays in Spring, le « Zero distance » de Jupitter goes Quattrocento, je ne pourrais pas faire abstraction de l’histoire de cet enregistrement, édité numériquement après 5 années de silence, ainsi que de la relation affective que j’entretiens avec cette musique, et même avec ce netlabel. Ce sont là les paroles d’un mauvais juge donc, chez qui tout souci d’objectivité se voit teinté par la prégnance d’une relation subjective avec l’objet. Mais on sait qu’aucun jugement ne sera jamais lavé de subjectivité. Oui mais quand même.
Enregistré en 2002 - sur un 4 pistes cassette que je garde en mémoire - par Sébastien Karkoszka alors âgé de 21 ans, « Zéro Distance » est un Ep 5 titres à l’enthousiasme mélancolique retenu, complexe et riche. Retrouvant cet enregistrement lo-fi après plusieurs années, je ne peux que situer l’événement, en faisant la comparaison entre ce qui est entendu avec ce qui avait précédé (je pense notamment à son Ep de 2001, révélateur de la sensibilité qui se dissimulait déjà là) et ce qui a été enregistré (des pistes isolées, comme ‘dissimulées’, pour ne pas dire ‘refoulées’) ou performé, plus récemment (je pense notamment à un concert de l’hiver 2006, à la Ferme du Biéreau). Sa musique, c’est aussi, pour moi, le souvenir des mêmes lieux traversés, dès l’origine : « C’est dans le Hainaut, sur le Canal du Centre, que le paysage musical de Jupitter_k s’est lentement élevé : teinté des lumières oranges des autoroutes belges, de feuilles mortes et autres amours héroïques, de sursauts politiques soudains. Sa musique mêle désolation postindustrielle et fureur brute, guitare et accordéon, chant anglais maladroit et accompagnement électronique primaire » (www.brdf.net - septembre 2002). Et il suffit qu’après un long silence Liquorice et ces autres morceaux de 2004 ou postérieurs se fassent entendre pour que tout revienne en surface, aussi bien l’inscription de ces traces dans les hésitations et les tentatives de Jupitter que ses prospectives incertaines mais jamais totalement avortées, en terme de réalisation de soi et de songwriting singulier. Parce qu’il s’agit bien là d’un bijou de singularité, aux pièces détachées (et mélangées, vu la contorsion chronologique causée par la sortie récente de son enregistrement de 2002), dont on ne devrait pas perdre une miette pour saisir l’œuvre dans son ensemble, en lien avec le personnage, son mysticisme post-moderne (cfr. ses courts textes sur www.jupitterg400.be), ‘ses craintes et procrastinations, sa vitalité d’expression’ (dixit Seb_K lui-même, au sujet du ‘fruit de ses entrailles’), bref, ses étonnantes et attachantes pérégrinations.
Il est donc impossible que je dresse le constat formaliste du travail de Sébastien Karkozska. J’échoue à en faire la description, au profit d’une histoire d’impressions et de relations.
M. - Dans ce cas précis, tu parles d’un artiste que tu sembles connaître personnellement. On comprend en quoi la relation devient particulière, car personnelle. Eprouves-tu le même type de rapport quand il s’agit d’approcher le travail de quelqu’un qui t’est, dans un premier temps, inconnu ?
S. - Bien sur, il en va de même pour de nombreuses autres écoutes. Si je poursuis l’exercice avec l’Ep éponyme d’Introva, récemment découvert, là encore, je manquerais au devoir de la médiation objective. Question d’affects, de raisons personnelles.
Introva est le projet du jeune Nicolás Giecco, songwriter argentin avec qui je décidai d’échanger quelques uns de mes enregistrements. Un matin, je reçois un paquet affranchi quelques semaines plus tôt à des milliers de kilomètres d’ici, à Cordoba, contenant un CD et une lettre. L’artwork, à la dominante rose-mauve, présente une série d’antennes élancées surplombant des toits. La lettre, très personnelle, fait avec justesse mention de la ‘singularité’, résumée par le concept « Introva » (orientant l’écoute vers les notions d’introspection, d’introversion, voire de subjectivation), ce qu’exprime Nicolas en d’autres mots : « I’m trying to focus on the human nature from the minimal unit, and the minimal unit is me ». Un chant délicat se pose sur des arpèges de guitare acoustique supportés par des rythmiques fines et complexes. Le tout tient en 6 titres résolument subtils où le songwriter maintient son souci de l’introversion, tout en la formalisant par des compositions très personnelles. Très vite, le chant, allié à une forme instrumentale très éthérée, me rappelle la mélancolie de certains groupes du label espagnol Foehnrecords, ceux-là même qui, il y a quelques années, ont constitué une véritable référence pour ma propre pratique musicale, pour ensuite s’allier à d’autres acculturations marquantes. Je ne pouvais donc pas rester insensible. Loin s’en faut, je me suis mis à apprécier les moindres détails mis en place par Nicolàs, de la complexité des rythmiques à la beauté de ses discrets fieldrecordings. Tout était là pour que l’accroche se fasse, y compris dans le sens même qui excédait l’humble enregistrement auto-produit, cette fascination pour la singularité affirmée par l’artiste dans son projet de subjectivation (Introva, « the minimal unit is me »), cet intérêt pour les modes de subjectivités (très deleuzo-guattarien) central dans mes propres travaux, orientant mes perspectives en terme de création et de médiation.
M. - Cette manière très personnelle qu’on a d’aborder la culture s’étend à tous les niveaux de la création. Notre réception est toujours conditionnée par un contexte, des circonstances quelles qu’elles soient.
S. - Oui, et c’est assez étonnant de voir que ce type de relation ’au contexte’ se joue à des niveaux variables, même lorsque j’aborde une œuvre sans dimension esthétique mais pouvant cette fois porter sur elle, comme les ouvrages traitant de problématiques inhérentes au domaine culturel. Là encore, je fais part de relations subjectives. J’ai ainsi remarqué, me concernant, que tel ouvrage théorique ou critique (mais cela, bien sur, ne se limite pas à ce genre littéraire) sera appréhendé en fonction du moment où la lecture se fera, selon les conditions dans lesquelles elle s’installe et se vit (endroits de lecture, météo, temps morts dans lesquels elle s’insère, etc.). Parallèlement à l’écoute de différents albums dans des conditions à chaque fois différentes, la lecture d’un ouvrage se voit influencée par ces mêmes conditions, ces mêmes circonstances qui conditionnent l’écoute et la réception de la musique en question (exemple : L’Andalousie en septembre, Palaxy Tracks et The Kallikak Family dans les oreilles, et le « Marcher, créer » de Thierry Davilla en guise de lecture ; Lisbonne en septembre, Aviator Lane, Xiu Xiu et Kickball dans les oreilles, et l’ « Invention du quotidien » de Michel de Certeau en guise de lecture ; etc.). Ainsi, dans le cadre d’une découverte, à certains moments donnés, d’ouvrages, d’auteurs et de modes de pensée, des liens se sont tissés entre des sensations et des sujets théoriques, des niveaux de compréhension et d’analyse se sont installés, des modes de significations sont devenus limpides et conditionnent aujourd’hui mon appréhension de tout produit ou fait lié à la culture telle qu’éprouvée au quotidien. Cette manière de lier des produits entre eux (qu’il s’agisse du secteur musical, livres, cinéma, art, etc.) n’est en réalité pas si éloignée du principe de la playlist, qui s’inscrit comme un réseau de références selon une temporalité déterminée (du genre « ma playlist de 2006 », « ma playlist du printemps 2007 », etc.).
M. - La playlist est en effet une habitude largement répandue. Elle serait, pour des auteurs comme Nicolas Bourriaud, un effet de cette ère de la « postproduction », cette esthétique de la réappropriation permise par une diversité des pratiques de l’usage déjà chère à de Certeau, que tu viens d’ailleurs de mentionner.
S. - Oui, exactement. On ne reviendra pas ici sur les propos de Bourriaud en écho à la pensée de Certeau, mais la playlist est une habitude répandue, chez la plupart des consommateurs culturels, et elle peut être très révélatrice des comportements pluriels d’un même individu, que l’on qualifie depuis quelques temps d’éclectisme culturel, que je mentionnais tout à l’heure. J’ai été étonné de remarquer à quel point certains lieux de vente et de promotion pouvaient témoigner de ce phénomène, et à ce titre je peux faire référence - en guise d’exemple car ceux-ci ne manquent pas - à la librairie-espace d’art Quarantaine (rue Lesbroussart, Bruxelles), qui propose, au fil de ses petites expositions et concerts, une table-playlist présentant des livres, des cds ou des films sélectionnés par les artistes investissant alors temporairement le lieu. Je me suis récemment aperçu, ayant été amené à participer de cette playlist collective, à quel point des réseaux personnels pouvaient se dessiner là, et que ces réseaux étaient plus intéressants encore que d’éventuels choix isolés conduisant à présenter un produit qu’on aurait apprécié, hors contexte. Parce qu’on ne peut jamais isoler une production quand on en a fait l’épreuve, et qu’au fond, il est toujours question de contextes et de relations.
M. - M. - Au fond, cette manière très personnelle qu’on a de vivre un objet de culture trouve son expression dans un phénomène de médiation étendu (presse, webzines, playlists, etc.) qui, dans le même temps, ne vaudrait que comme l’expression de sensibilités à chaque fois différentes. Est-ce que cette tendance généralisée est vaine pour autant ?
S. - Vaine, certainement pas. Ce qui est vain, c’est de croire qu’on peut présenter cet objet de culture sans y investir sa propre histoire. A chaque occasion, quand il s’agit d’appréhender une donnée (un bien, un produit, une production, une création, appelez ça comme vous voudrez) culturelle, on met en place, à certains niveaux et selon certains degrés d’ouverture, des références, des histoires, des anecdotes, des sensations, des attentes personnelles, nécessairement décisives dans l’établissement de la relation entretenue avec l’objet. Sans vouloir interroger la vieille question du jugement et de la critique, je constate juste qu’il me semblerait insensé de faire ici les comptes-rendus des albums, Ep ou netreleases de Palaxy Tracks, d’Ursula, de Kickball, d’Aviator Lane, de Xiu Xiu, de Tomas Korber, des Blood Brothers, d’Aki Onda, de Mice Parade, de 31knots, de Jean D.L., d’Impostor, etc., même si chacun d’eux m’a profondément marqué, d’une manière ou d’une autre. Parce qu’au fond, sur quels critères je me baserais pour effectuer des sélections, pour retenir un nom au détriment des autres ? Que choisir et pourquoi, d’autant plus que les extrêmes se confondent (bruitisme-taciturnisme ? Dans quelles limites dois-je parler de mon expérience et à quel point faut-il circonscrire les impressions pour éviter les digressions personnelles ? Une chronique est-elle davantage un exercice de style complaisant, une forme de promotion ou de médiation, ou le souci d’un partage trans-individuel ? Ne vaudrait-il mieux pas se contenter de vivre et d’éprouver ces événements culturels tels qu’ils nous parviennent, plutôt que de chérir des références formelles et des jeux d’identification aseptisés, épurés de nos schizophrénies et schizonévroses incomparables, douleurs et joies indescriptibles - car singulières - à l’approche d’un objet de culture, même si partagé par le plus grand nombre ?
Et quand je parle de vivre et d’éprouver, je parle bien entendu de partager, aussi. Il n’y a donc rien d’inutile à faire mention d’artistes, de produits ou d’événements culturels. Ce qui m’ennuie profondément, ce sont ces pseudo-médiateurs qui jouent le rôle de décideurs ou d’aiguilleurs sans jamais prendre en compte cet état particulier de la réception, cette évidence de l’appréhension plurielle au profit d’une sacralisation de l’objet de culture comme l’opium d’un peuple (les récepteurs) unifié par le lien du consensus et d’une aveugle "sécurité émotionnelle".
M. - Bien sur, mais ceux-là doivent bien faire des choix. Il est légitime qu’ils aient des coups de cœur et qu’ils souhaitent les faire partager...
S. - C’est évident, je n’ai absolument rien contre ça. Justement, tout est ‘coup de cœur’, dans ce qui vient d’être dit. Une histoire de préférences et d’orientations personnelles. Je suis simplement contre l’idée d’un nivellement de l’expérience, habitude de ceux qui s’enthousiasment pour l’idolâtrie de l’icône infiniment remplacée (une figure dont on partagerait l’admiration avec une certaine dose d’entente et d’unanimité) et pour la monotonie des sensations (partagées par tous au même moment, ce qui semble bien improbable que pour ne pas être faux), dans l’ivresse de savourer une extase élégante et à la mode.
M. - Le soleil est bien bas. Je ne te vois plus, tu es à contre-jour...
S. - Tu devines un contour, en cherchant à cerner. Ce n’est pas plus mal, au fond...
(Texte de Sébastien Biset, Sepia Hours)










































