
Rhâââ Against The Machine (2008)
D’année en année, notre amitié pour le Rhâââ Lovely Festival s’est vu renforcée par des éditions toujours surprenantes et mémorables. Petite visite d’une affiche 2008 pleine de promesses, encore une fois.
Le samedi 29 mars, aura lieu la neuvième édition du Rhâââ Lovely Festival. D’année en année, le festival confirme et assoit sa notoriété, faisant figure de véritable cas singulier, en marge des manifestations traditionnelles, sans plan de développement stratégique, sans sponsoring nauséabond, sans souscription maladroite et sans partenaires dictatoriaux, Le Rhâââ Lovely se paye le luxe de demeurer debout, bien ancrée dans sa campagne namuroise, petit David inébranlable et intègre.
En 2008, le Rhâââ Lovely reste plus que jamais fidèle à ses principes : structure artisanale et généreuse, composée de chaleureux bénévoles ; festival à taille humaine, délicieusement installé dans les infrastructures d’une petit école de campagne ; affiche détonante qui fleure bon les découvertes et la passion.
Voilà pourquoi d’année en année, nous avons à cœur d’accompagner ce festival qui a le mérite de bousculer les usages pour ne se conformer qu’à ses envies. Nous vous invitons donc à un petit tour de l’édition 2008 en 14 pages Myspace, histoire de nous familiariser quelque peu avec une affiche pleine de mystères et de découvertes, laquelle semble devoir à nouveau tenir toutes ses promesses.
Infos pratiques : ça se passe la samedi 29 mars, à partir de 14H30, à Cortil-Wodon (Belgique). Toutes les réponses à vos questions ici. Et dépêchez-vous, c’est vite complet !

ROCKETTOTHESKY
Pop illuminée, parfois franchement décalée, toujours bien inspirée, la musique de Jenny Hval, alias Rockettothesky, a de quoi ravir le fin gouteur de comptines dandinantes tout autant que l’exigeant consommateur d’expérimentations sonores. Bousculant les lieux communes, transgressant les frontières, la jeune norvégienne n’a rien envier aux illustres prédécesseurs qui semblent lui avoir montré la voix : Kate Bush, Mark Hollis, Annette Peacock... on a déjà vu des photos de familles plus ternes.

THE CJ BOYD SEXXXTET
"Un bassiste, quatre ou cinq violoncellistes, un percussionniste, une espèce d’orchestre de chambre au service d’une idée fixe : musique et sexualité sont inextricablement liés" Au final une expérience fascinante qui surprend tout au long d’un premier album en forme de jolies montagnes russes : ponctuées de surprenantes chorégraphies d’archets, les montées suggestives sont entamées avec passion et retenue, tandis que les descentes sont dévalées goulument. Tout ici est objet de désire et enjeux de séduction. Cette musique là, on l’aime d’un amour charnel (ou on la quitte) !

DEAD MEADOW
La musique de Dead Meadow est joueuse. Elle jongle avec les références et les clins d’œil mais se refuse à toutes classification. Et c’est tant mieux ! Semblant arborer fièrement les apparats d’un revival psyché-rock seventies, elle multiplie ainsi les incursions audacieuses en terres lointaines. Sans jamais tomber dans les pièges de la caricature, se déjouant des tentations faciles, oscillant par moment vers le blues le plus gras et se lovant à d’autres dans la pop la plus soignée, Dead Meadow varie les plaisirs et opère le miracle de la multiplication des motifs de réjouissance. Amen !

ENABLERS
Sombre à souhait, la musique d’Enablers est de celle que l’on vit intensément. Contée plus que chantée, chacun de leur morceaux s’offre comme un exutoire dans lequel nos pensées les plus obscures peuvent s’épuiser sans risque. Que ce soit pour jouer à se faire peur, flirter avec le vide ou hurler sa frustration, la musique d’Enablers se révèle la une excellente B.O. à nos pensées les plus noires. une B.O. pertinente et excitante ! Car toujours elle se refuse aux excès faciles et semble sans cesse poursuivre un déséquilibre savamment (et cyniquement) imaginé. Sur scène, cette alchimie devient véritable expérience. Ames sensibles s’abstenir.

GRAFFEN VOLDER
Les équilibres savants, Graffen Volder n’en a cure. « Créé en Aout 2006 dans un bunker. Caporal Graffen et Sergent Völder ont pris les armes, canons et baïonnettes pour vous délivrer de votre constipation journalière. Nue, crue, sado-sadique, perverse, jouissive-cinglé, larsen-écorché. ». Vous voila prévenus !

RIEN
Rien est un groupe Grenoblois qui maltraite le post-rock, le délave, l’étire, le détend, force sa taille de cou, n’hésite pas à le salir et à le traîner dans toutes sortes de directions. Jazz, groove, americana, rien ne semble trop beau pour ce post-rock grenoblois. Heureux soient ces gens qui ont ainsi la sagesse de ne pas laisser le genre ronfler sur lui-même !

YOUTHMOVIES
Combinant le meilleur du post-rock, de l’alternatif-rock du math-rock et du prog-rock, la musique de Youthmovies se révèle constituer un cocktail très digeste (si si) et plutôt réjouissant. Technique, mélodique et parfois furieuse, elle réalise la synthèse enjouée de styles voisins en l’enveloppant d’un liant singulier particulièrement efficace et surprenant. Un peu comme des cousins qui, ayant pris la fâcheuse habitude de bouder les fêtes de familles se retrouvent enfin, 15 ans après, et redécouvre, avec étonnement, le plaisir de jouer ensembles. Une musique d’éternel garnements.

MAGYAR POSSE
Visuelle, la musique de Magyar Posse se balade en un long traveling aérien au dessus de la cime des arbres. Elle embrasse les paysages, traverse les mers, flirte avec les monts, dévale les courants et déferle sur nos têtes en une avalanche d’images floues, mais suggestives. Chaque morceau de Magyar Posse se veut ainsi espace projectif, inspirants mille histoires dont nous nous contentons d’affiner les contours et de colorier les formes, en accord avec la dynamique suggérée. Amateurs de salles obscures, soyez les bienvenus.

MUTINY ON THE BOUNTY
Surfant entre technique démonstrative et hurlements furieux, les luxembourgeois de Mutiny on the Bounty se présente comme le fruit de l’union improbable entre un Joe Haege (31 Knots) bourré, un Jordan Blilie (The Blood Brothers) en post-mue et un Trevor de Brauw (Pelican) qui aurait abusé du jus de carotte. Au Luxembourg, on sait capitaliser votre héritage, pour sur !

CUPP CAVE
Cupp Cave triture les octets, tord le coup aux beat et catapultes les pistes les unes sur les autres, pour la plus grande excitation des plus grands comme des plus petits. Le spécialistes annoncent un risque de torticolis, force 7, et la direction générale décline d’emblée toute responsabilité en cas de bug cérébral ou autre attentat nerveux. Be aware.

EL DINAH
Régionaux de l’étape, El Dinah, propose un son "Experimental / Emo / Hardcore" somme toute assez classique mais dont l’énergie scénique semble constituer un des atouts majeurs. Mouillage de tshirt en vue donc pour ces vagues de son alternants entre émo/hardcore pure et expérimentation rythmiques. Ou "comment qu’on a inventé le smashup de composition (et même que ça fait du bruit qui donne envie de bouger)".

SLEEPING PEOPLE
Quatuor californien venu de San Diego, Sleeping People nous rappelle que loin de constituer une science exacte, le math-rock procède bien plus de la profession de foie. Point de formule pré-établies, nulle trace de calculs patiemment démontrés, tout ici est au contraire histoire de croyance en une idée simple : technique, virtuosité et passion peuvent fusionner en une seule et même prière. Transe et autre comportement spirituels sont bienvenus. "Et si tu es brune et que tu pratiques le vaudoo, ça m’intéresse aussi"

THIS WILL DESTROY YOU
La filiation avec Explosion In The Sky semble évidente : mêmes lieux, même milieux, mêmes délire et quelques échanges de bon procédés. Néanmoins, il est possible de ne pas apprécier les premiers et d’affectionner cependant la musique des seconds. Voir même de carrément s’enthousiasmer pour leurs envolées obscures et hypnotiques. Là où Explosion En The Sky ennuye éventuellement par son manque de folie, son "trop de retenue", This Will Destroy You semble avoir pris le parti de ne s’imposer aucune limites. Là où "EITS est aérien et éthéré, TWDY s’avère viscéral et somatique". Que demander de plus ?!

STINKY SQUIRRELS
Créature bicéphale surréaliste (têtes de chevalier Jedi siamois sur corps d’écureuil ; à moins que ça ne soit l’inverse), Stinky Squirrels propose des DJ-set inspiré par l’instant, improvisés sur le moment mais toujours irrémédiablement détonants : grosses guitares et rythmes endiablés à prévoir. "ZOUUULK !"










































Rhâââ Against The Machine (2008)
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20 mars, par un courageux anonyme