Quelques mots sur Jorge Ben

Carolina Carol Bela (Toquinho - 1970)

Terezinha (Força Bruta - 1970)

O circo chegou (Ben - 1972)

Aujourd’hui, je me frotte les mains, car ceux qui ne le connaissent pas vont pouvoir découvrir Carolina Carol Bela, un titre de Jorge Ben et Toquinho paru sur un album de 70 de Toquinho, nommé Toquinho, justement (toujours cette incroyable originalité des titres de disque au brésil).

Si l’album est assez rare, le morceau lui-même a déjà été compilé et c’est d’ailleurs sur une compilation pleine de grooves Brésiliens patinés par le temps, Brazilian Beats que je l’ai découvert il y a quelques années. Dès les premières notes, cette intro m’a cloué sur place, au point de devenir le point de départ d’une quête qui dure toujours : explorer la musique de Jorge Ben.

Il a écrit un classique, Mas que nada, et des dizaines de tubes (Pais Tropical, Taj Mahal, Xica da silva ...) : il a eu du succès. Est-ce pour cette raison que sa discographie n’est quasiment disponible que sous forme de compilations ? Où sont passés les albums de la période 67 - 74 qui fusionnent funk, soul, samba dans son style inimitable ? Jorge Ben a toujours été un musicien d’instinct, créant naturellement ce que les autres théorisaient. Ni revivaliste raffiné de la tradition comme un Edu Lobo ou un Chico Buarque, ni Tropicaliste, il s’est dès le début définit un style propre à partir de ses limites, agglomérant avec un feeling inné le Brésil de toujours et les influences extérieures, la samba, le rock, la soul et les racines africaines. Le résultat n’est pas une simple superposition : sa musique sonne immédiatement, légitimement, brésilienne, et comme le souligne Caetano Veloso dans Pop tropicale et Révolution :

Dans notre volonté pasionnée de transformer radicalement le Brésil, nous, les tropicalistas avons vécu une véritable descente en enfer. Jorge Ben est l’hôte de ce pays utopique, transhistorique, qui vit à l’intérieur de chacun de nous et que nous avons le devoir de construire.

Dans le livre, Caetano Veloso raconte combien la découverte de Jorge Ben les a marqués, Gilberto Gil et lui et comment, avec son album O Bidu, il a réussi à incarner musicalement l’esprit d’ouverture qu’ils voulaient injecter dans la musique brésilienne. Alors, Jorge Ben, inspirateur des tropicalistes ? Certainement, mais son importance ne rend pas sa discographie plus accessible pour autant et quelques uns de ses albums les plus savoureux ne sont toujours pas réédités. Comme Força bruta dont est extrait ce Terezinha délicieux (avec Trio Mocoto en backing band) ou Ben, mon préféré, dont ce O Circo Chegou sinueux et groovy à souhait est issu. On peut espérer en trouver en vinyle, parfois en pressage français (et donc pas chers), puisque Jorge Ben a connu ici quelques fugaces succès dans les années 70 : il a été repris par Nicoletta et il a même enregistré un Jorge Ben à l’Olympia. Ne soyez pas surpris, toutes les pochettes françaises sont aussi horribles que celle de Força bruta.

le 11 novembre 2004 par JPareil

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commentaires •

> Quelques mots sur Jorge Ben

Sans oublier Los alquimisrtas estan chgandou, son tube ultime, selon moi. Sinon, tu les as encodée comment, ces chansons, j’ai du .mpga, sais pas trop ce que c’est...

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11 novembre 2004, par Chryde

RE : > Quelques mots sur Jorge Ben

c’est du mp3, mais j’avais oublié de mettre l’extension dans le lien. C’est réparé. Sinon, pour moi, son tube ultime est peut-être Take it easy my brtoher charly, même si ça dépend du moment. Mais le morceau dont tu parles est très bon, c’est vrai (sur l’excellent A tabua de esmeralda, pour ceusses qui l’ignorent).

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12 novembre 2004, par Jamais Pareil

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