Primaverazoulk 2005, jour 1
Retour sur le Primavera festival qui en mai 2005 délaissait le mythique "Poble Espanol" pour relancer l’aventure musicale sur un nouveau site, tout aussi étonnant, "El Forum". Rencontres suprises, éclats de rire, fortes émotions musicales et Zoulk à gogo.
Jeudi, fraîchement débarqué de notre Belgique natale, on se dirige vers le nouveau site du Primavera festival la tête pleine d’appréhensions. Lors de ses quatre éditions précédentes, le Primavera avait pris place, en effet, dans un lieu si agréable (le célèbre « Poble Espanol », reconstituant, grandeur nature, des villages des différentes régions d’Espagne) qu’il semblait difficile, voir impossible, d’envisager un déménagement « heureux ». La mémoire du concert, par exemple, de Smog, sur la « place du village » restait vivace et il semblait bien difficile d’imaginer cadre plus agréable pour de tels concerts.
Lorsque l’on descend du tram, on découvre un lieu d’autant plus surréaliste qu’un épais brouillard transpercé d’un soleil radieux recouvre l’ensemble du site. Il faudra attendre le lendemain, la dissolution de la brume, pour découvrir enfin nettement toute l’étendue du festival et se rendre compte que la mer borde effectivement une bonne partie des scènes. Le site est vaste, bétonné mais agréable. Composé de 6 scènes idéalement réparties dans une architecture moderniste, faite de blocs massifs, de diagonales immenses, l’espace est très justement exploitée. La foule se réparti tout aussi idéalement sur l’ensemble du site, les files sont rares (les files, pas les filles) et les déplacement aisés (j’ai dit les files !). Décidément, malgré un déménagement périlleux, le Primavera demeure à mes yeux l’un des, sinon LE festival le plus agréable qu’il m’ait été donné de connaître. Et à cela s’ajoute une affiche réjouissante qui tiendra toutes ses promesses et terminera de faire du Primavera mon festival préféré. Après celui de Dour ? Débat trop vaste, dont j’aurais voulu m’entretenir avec vous, mais ayant du, à contre coeur, renoncer cette année au pèlerinage à Dour, je préfère ne pas prendre parti.
Jeudi donc, rendez-vous est pris avec Arcade Fire vers qui, après la claque phénoménale reçue quelques semaines plus tôt à Bruxelles, on avance l’autre joue fièrement tendue, tout excité à l’idée de prendre une seconde gifle. On espère notamment que le public se révélera un peu plus enclin à se laisser aller et que la sauce prendra totalement, donnant lieu à une véritable explosion collective. Malheureusement, hormis quelques fans toulousains de Oasis (et oui, ça existe encore), quelques Anglais éclairés et votre serviteur dont les piles venaient d’être fraîchement changées, le public demeura désespérément trop sage. Une constante sur l’ensemble du festival, à quelques exceptions près. Seconde ombre au tableau, un son exceptionnellement mauvais pour ce concert. Pour le reste, tout cela n’empêchera pas les canadiens de s’offrir sans réserve et de proposer un set, certes nettement moins bon que celui de Bruxelles, mais toujours aussi réjouissant. Bon ok, on y a mis beaucoup du nôtre, mais quand on aime (pardon : "quand on tombe en amour"), on ne compte pas.

- Arcade Fire

- Art Brut
Avant cela on assista médusés aux sets de Maxïmo Park et de Art Brut, deux groupes totalement dispensables dont dire qu’ils sont « The Next Big Thing » est, selon moi, déjà leur faire beaucoup trop d’honneur. Il y a certes de la hype derrière tout ça, on est bien dans l’air du temps et on ne va certainement pas nier que Maxïmo Park propose des compos efficaces (oui, j’ai la tête qui fait des va-et-vient), tandis que Art Brut se distingue par une certaine originalité. Mais cette originalité nous semble bien vaine (et surtout consternante) et cette efficacité bien insuffisante, le tout constituant que trop peu de motifs de réjouissance, à mon goût. Mais tout cela est aussi et surtout une affaire de subjectivité, on le sait, affaire que l’on sera bien impuissant à vouloir résoudre ici. Par soucis d’équité renvoyons donc vers le billet enthousiaste de mon collègue Pierre qui, se refusant à baser ses jugements sur les prestations scéniques, juge la chose (Art Brut) fraîche et intéressante.

- Maximo Park
Oublions donc le "syndicat de la hype". Car s’il y avait bien de l’art brut ce jeudi au programme du Primavera c’est plutôt du côté de Isis qu’il fallait aller le chercher. Succédant à Jesu sur la seconde scène ouverte ce premier soir, Isis n’a pas démenti les rumeurs et proposa un set des plus convaincants, fait de guitares lourdes, nappes obscures, et autre arguments de poids. Contraste frappant avec l’euphorie nostalgique des canadiens, mais aussi réjouissant, à sa manière. Certes, lorsque comme moi on n’est pas, a priori, fort amateur du style, il faut quelques secondes pour se laisser convaincre... mais quelques secondes suffisent, justement !

- Isis
Ensuite le festival tint une autre de ses promesses et se révéla encore une fois un merveilleux espace de convivialité où se bousculent des spectateurs venus de toute l’Europe. On a donc préféré vider quelques verres en profitant du cadre plutôt que d’aller maugréer sur Radio 4. Et ensuite, retour au lit pour quelques heures de sommeil "réparateur" censé nous préparer à une très longue journée de festival : le véritable début des festivités, c’est pour demain. (à suivre)
PS : mon appareil est tombé en rade ; les photos ne sont donc pas de moi... merci Google.






