Mono
L’album précédent de Mono s’intitulait Walking Cloud and Deep Red Sky, Flag Fluttered and the Sun Shined.
Il est beau ce titre.
Long, en friche et beau, comme les groupes de post-rock ont souvent l’habitude d’en signer (une habitude qui glisse parfois vers le cliché, mais c’est un autre problème).
Beau, spectateur et méditatif, élevant un moment éphémère au rang de symbole, ce titre ressemble à s’y méprendre à une note d’intention, au slogan d’un programme à venir. Quand d’autres groupes de post-rock décrivent des montagnes russes (calme-bruyant-calme), s’enivrent dans les répétitions, désossent les structures ou multiplient les concassages, les Japonais de Mono privilégient les textures, la reproduction minutieuse d’un climat, l’élaboration sonore d’une sensation. En équilibre instable, les pieds au bord d’une crevasse, le dos tourné à l’avalanche, Mono se délecte des moments en suspens et les dilate, repousse le plus longtemps possible la rupture du barrage sonique et semble s’attacher à cet axiome : comment décrire la chute d’un flocon de neige à l’aide d’une guitare électrique ?
On le sait, d’un instant à l’autre les flocons vont toucher terre et faire effet boule de neige ; les traditionnelles explosions noisy vont survenir ; des tempêtes de neige vont éclater et déverser des voiles de glace bouillante sur le relief. Mais avant tout ça, il faut laisser le brouillard s’installer lentement et accepter de se perdre dans un blizzard interminable. Adepte d’un post-rock engourdi à combustion progressive, Mono se délecte du piétinement et attend d’avoir le bout des doigts gelés avant de laisser libre cours à la thermodynamique interne pour se réchauffer. Sur Walking Cloud..., ça donnait des ascensions comme Halcyon (Beautiful Days).
Le 4ème album de Mono sort la semaine prochaine, toujours chez Temporary Residence Ltd, il s’intitule You Are There et comme le précédent, il est produit par Steve Albini. Et comme dans les précédents, violon et violoncelle s’entrelacent aux guitares pour créer un tissu mélodique complexe, poétique et cyclothymique.
Sur You Are There, Mono semble avoir gagné en liberté, composant avec une fluidité accrue avec les accidents du relief et les variations de température. C’est surtout un album qui s’achève sur un chef d’œuvre intitulé Moonlight, peut-être le plus beau morceau de Mono à ce jour. Mais pas seulement. En 13 minutes et 4 secondes, Mono se hisse à la hauteur des tous grands, livrant un épopée égale en intensité émotionnelle aux morceaux les plus décisifs de GY !BE et d’Explosions in the Sky, un morceau purement vertical et extatique, qui réclame l’abandon. L’un de ceux que l’on écoute religieusement la gorge serrée, avec des sueurs froides.
Mono a cessé de se rêver déambulant dans les extrémités glacées d’une montagne : ils sont enfin arrivés à un sommet et y ont plantés leur drapeau. And the flag fluttered and the sun shined.







> Mono
Mono, qui sont des gens tres sympas et moins tristes que leur musique le laisse supposer...mais oublieux quand meme, ils ont en effet "oublie" de m’envoyer ce morceau inedit qu’ils comptaient envoyer pour mon projet d’hommage a John Peel... Petite pub gratuite (pardonnez moi) : www.tributetojohnpeel.org
Beaucoup de bonne musique, eclectique autant que possible et bien souvent trop peu connue...
Retour a Mono : leur premiere partie durant la tournee de Decembre vaut la peine de s’y attarder : World’s End Girlfriend...tres joli...a defaut d’etre spectaculaire sur scene...
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7 avril 2006, par Guy L’eclair
RE : > Mono
Ce monsieur a d’ailleurs sign un album en collaboration avec Mono, Palmless Prayer / Mass Murder Refrain (uniquement dispo au Japon, a doit sortir en septembre chez Temporary Residence) : trs beau mais dans le genre anti-spectaculaire a se pose l (en gros, 1h15 de lamentations instrumentales post-truc, j’aime bien mais je ne le conseillerai pas tout le monde...).
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7 avril 2006, par godspeed