Matthias, Faccini, Herbert et Segal

Smalltown Shining et Where Angels Fly — C’est au travail des producteurs que nous nous intéresserons ici. Les artistes sont, eux, très semblables. John Matthias et Piers Faccini ont tous deux un sens très poussé de l’économie d’émotions, une voix toute en retenue qui se refuse à en faire trop, qui fait du chant un don aussi minimum que total. John Matthias - Smalltown ShiningLeurs disques montrent tous deux une âpreté, une rugosité certaine née de leur pudeur. Beaucoup en commun, donc, même si deux ans séparent l’album de John Matthias, Smalltown Shining, et celui de Piers Faccini, Leave no trace, même si le second a l’air moins écorché que le premier.

Ce qui distingue ces deux albums, et les deux morceaux ici proposés, ce sont les shadowboxers. Pour John Matthias : Matthew Herbert, chirurgien en or de l’électro, roi des millefeuilles de sons minimalistes, des accidents ryhtmiques. Il retravaille l’arrière plan de Smalltown Shining, l’enveloppe de microruptures, de nappes tordues, habillant d’un tourbillon sonore la boucle obsessionnelle de Matthias.

Piers Faccini - Leave no tracePiers Faccini, lui, est produit par Vincent Segal, l’homme de Bumcello, un voyageur, collectionneur d’acousticités, et l’un des organisateurs des délicieuses soirées Ragalet. Son travail à lui aussi est profond : pointilleux et généreux décorateur des mélodies de Faccini, il fait son habillage en travaillant l’acoustique des instruments. Sur ce Where angels fly, il souligne le son de la guitare éméchée, renforce la rugosité des cordes, donne de l’amplitude à la basse, double la guitare mélodique. Là aussi, la chanson y trouve sa densité, mais par le seul travail sur les instruments.

Les deux albums sont des merveilles absolues, des bijoux. N’ayez aucune peur. Ils cachent des balades parmi les plus belles que je connaisse. Si belles que j’ai été tenté de les poster ici : mais il serait dommage de ne pas laisser un peu de mystère.

PS : Le John Matthias est difficile à trouver mais vous pouvez l’acheter au téléchargement sur Bleep, la boutique de Warp Records (lien ci dessous). En plus, garanti sans aucun DRM.

Two singers, very close : shy but willing voice, sharp sound. But two very different producers. Matthew Herbert produced John Matthias : known for his work on electronic pieces, he’s a master in playing with cut-ups. Here, he dresses the obsessional Matthias Song Small town, Shining with an electronic whirl. Piers Faccini is produced by the french musician Vincent Segal (who also have a band, Bumcello). Great traveler, he knows a thousand acoustic sounds from all over the world. Here, he does the same work as Herbert on Where Angels Fly, but only playing with the sound of the instruments.

The two albums are great, really. Go and check it, it’s worth it, especially the balads.

le 21 septembre 2004 par Chryde
commentaires •

Beau

Je n’avais jamais entendu leur nom... C’est très beau.

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21 septembre 2004, par manur

> Matthias, Faccini, Herbert et Segal

hmmm, j’aime, je ne manquerai pas de recommander la blogotheque, bonne continuation

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21 septembre 2004, par sofee

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