Mark et les Hillbillies
De lui on ne garde souvent que l’image d’un bouseux le front orné d’un bandana, flanqué pendant des années par un groupe de bar ayant inexplicablement rempli des stades. Mark Knopfler s’est pourtant échappé dès 1986 de Dire Straits, comme pour prouver qu’il pouvait swinguer sans ses sultans.
Son renversant jeu de guitare et ses références ont toujours puisé de façon éclairée dans un certain folklore américain, folklore qu’il entend revisiter avec l’aide de comparses issus d’une scène anglaise qu’il fréquentait dans ses jeunes années. Le groupe choisit comme patronyme The Notting Hillbillies, jeu de mot foireux entre Notting Hill (comme dans "Coup de Foudre à ...") et Hillbilly, un mot qui désigne le larron peu engageant qu’on croise dans tout bon western. Et part immédiatement en tournée pour ne faire paraître qu’un seul album en 1990, date à laquelle chacun de ses membres aura déjà repris ses activités antérieures.

"Missing... Presumed having a good time" s’ouvre par un chant traditionnel hérité des ouvriers qui construisirent les chemins de fer à travers les plaines du Midwest. Une très belle mélopée, aux guitares ciselées et aux harmonies très évocatrices. Les autres chants traditionnels repris sur le reste de l’album sont hélas moins bons. Les membres du groupe ne signent pour leur part que deux compositions : Steve Phillips pour l’abominable "Will you miss me ?" et Knopfler lui-même pour un envoutant "Your Own Sweet Way", où ses lignes de guitare larmoyante s’entremêlent à merveille avec un orgue discret et tout en longues plages ondulantes.
Viennent ensuite, en fin d’album, deux morceaux de bravoure : les Hillbillies s’attaquent d’abord aux Louvin Brothers (Weapon of Prayer) et sortent indemnes de cette épreuve du feu, avant de se casser quelque peu les dents sur Charlie Rich. Au final, cette escapade ne fut sans doute pas une réussite de bout en bout, mais elle aura le mérite d’éclairer la personnalité de Knopfler sous un jour nouveau. Non, cet homme n’est pas qu’un guitariste virtuose et chiant, et s’il a rempli des stades avec du rock de pub pour baby boomers, c’était peut-être - au moins en partie - un malentendu.







Mark et les Hillbillies
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25 avril 2008, par Devosge