Les operas lumineux des Dirty Projectors

En flânant, cet hiver, sur le site de l’excellent label Marriage Records, dont il faudra bien parler un jour, j’ai découvert quelque chose de monumental.

Le groupe s’appelle les Dirty Projectors et ressemble à une espèce de patchwork instrumental nu-jazz folk rock groovy aux accents wagnériens. Ca a une allure incertaine mais c’est totalement jouissif, porté par un grand vent d’air frais qui bouscule tout ce que l’on a pu entendre jusque alors, une musique totale, nouvelle et lumineuse... de Brooklyn, encore une fois. J’ai acheté les disques et les vinyles, lentement, un par un, et cette musique a bercé mes derniers mois comme une amitié nouvelle.

Tout est écrit, imaginé, arrangé par un seul homme, Dave Longstreth, qui a déjà écrit plus de 4 albums et autant d’EP depuis 2002... Le premier s’appelle The Glad Fact, le dernier The Getty Adress. Je vais vous faire écouter un morceau de chacun de ces deux disques, malheureusement introuvables dans notre petit pays, ainsi qu’un tout nouveau titre que le groupe a diffusé hier, issu du prochain album, Rise Above, qui sortira sur Dead Oceans le 11 septembre prochain.

The Glad Fact est le premier album du groupe, un an après que Dave ait sorti The Graceful Fallen Mago, enregistré comme il se doit sur un 4 pistes dans sa chambre. Sur le onzième morceau, Spirit-Future Medley, Dave rappelle Jeff Buckley et McCartney dans une ballade entêtante, qui n’arrive pas à finir.

L’autre album, The Getty Adress, est en fait le dernier du groupe (l’EP qui a suivi, New Attitude, en est très proche). Ce disque étonne par sa singularité, tant musicale que poétique, car il s’agît d’un opéra, écrit comme tel et qui convoque tous les fantômes de l’Amérique : la société post-11 septembre, la civilisation aztèque, le pétrole, avec comme personnage principal Don Henley (batteur et chanteur d’Eagles)... comme une réponse lumineuse au Drift crépusculaire de Scott Walker ? Au contraire de Glad Fact, l’enregistrement a nécessité 25 musiciens, parmi lesquels Joe Grimm, le grand-frère talentueux de Larkin Grimm. On s’apperçoit dès les premières notes de Drilling Profitabiliy, le 12ème titre, que la production et les arrangements ont beaucoup évolué, donnant l’illusion d’un orchestre infini, incroyablement ouvert et aéré, une musique simple mais pourtant impossible, très abstraite. Il tisse, avec une minutie d’orfevre quant à l’usage des machines, un incroyable pont d’or, à l’architecture décousue, entre Thomas Tallis, Wagner et un folk blues psyché ( ?). Ces trous, ces silences inattendus, cette découpe hachée qui ne s’arrête jamais, sont l’expression d’une musique en vie, qui avance, le vol d’un pinçon (l’oiseau revient très souvent dans les paroles) qui aurait tout à coup le vertige.

L’opera a été illustré par Dave Sumner dans un film d’animations de 40 min, The Getty Adress, qui reprend tous les titres de l’album. Le résultat est assez impressionant, je vous montre le chapitre du morceau Gilt Gold Scabs Vous pouvez voir d’autres extraits ici (le bonhomme fait aussi des vidéos pour deerhunter) ou ici, et même acheter le dvd ici.

Enfin, le morceau No More est issu du prochain album, Rise Above, qui sortira le 11 septembre prochain sur Dead Ocean. Les couleurs y sont encore plus vives, des rythmes frénétiques auréolés de choeurs d’ange, des cris convulsifs derrière la voix tremblante de Dave, les Dirty Projectors se rapprochent désormais plus de leur nouvelle formule live. Accompagné de deux chanteuses, les délicieuses Amber Coofman et Angel Deradoorian, Dave Longstreth joue sur scène une musique violente et éthérée, guitares pizzicato et frénésies percussives, avec l’immmédiateté comme seul mot d’ordre.

Pour vous donner une idée de ce que ça donne en live, écoutez donc la magnifique session acoustique que Day Trotter leur a consacré ici, c’est jouissif, et on danse comme des petits indiens le sourire baigné de ferveur, en exorcisant tous les fantômes de l’histoire, en jetant dans le feu tout ce qu’on refuse.

Ce grand groupe a également participé à un Concert à Emporter, ici.

le 25 juin 2007 par
commentaires •

Les operas lumineux des Dirty Projectors

ce groupe est le truc le plus excitant se foutre dans la gueule en ce moment et personne n’a t foutu de mettre un commentaire exprimant sa joie

vive dave longstreth

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28 juin 2007, par vincent moon

RE : Les operas lumineux des Dirty Projectors

non on prfre insulter les vieilles.

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29 juin 2007, par jacques

RE : Les operas lumineux des Dirty Projectors

Certes. Mais finalement, c’est l o a gueule le moins fort que c’est le plus intressant.

Nanmoins, en ce qui me concerne, a reste pour l’instant la claque de 2007.

Merci la blogo ! Vive la blogo !

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15 juillet 2007, par un courageux anonyme

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