
Les guitares trépignent
Tout est une affaire de rythme, de syncope, et d’entente parfaite entre deux instruments. Chez les Dodos, il n’y a la plupart du temps qu’une guitare sèche et une batterie, mais elles marchent, courent main dans la main, calant leur pas l’une sur l’autre, prenant tour à tour la charge de l’impulsion pendant que l’autre reprend son souffle. Fools, c’est une course jusqu’à perdre poumons, qui emporte le chant avec elle, reprend élan sur des cris, une guitare qui semble s’emmêler les pieds comme lorsqu’on est entraîné trop fort par une pente, et reprend de plus belle. Les torses se gonflent, l’air se fait sentir, presque trop frais, les tempes battent, mais la jubilation fait oublier qu’il y a un effort. Ce morceau, c’est la course de Jules et Jim qui durerait une folle heure, et qui se finirait haut, loin du bitume, mais avec les mêmes rires étourdis.
(premier extrait de leur prochain album, Visiter, à sortir chez French Kiss Records).
On pourrait croire à la même course, au même jeu. Sauf qu’une mélodie pointe vers le ciel, que la voix se fait légère et s’élève, laissant la guitare trépigner sous elle, la batterie hurler sur des bidons, de plus en plus lourde, de plus en plus furieuse. Cette voix qui survole le tout, c’est peut-être ce qu’il y a de moins percutant dans ce groupe, et pourtant de plus mûr. Forte, elle sait pourtant rester à niveau, se grimer pour mieux s’adapter à la musique qui l’accompagne, ou s’imposer assez fortement dans un style pour donner une orientation précise à un morceau. Ce chanteur est un excellent guitariste, c’est surtout un très bon chanteur.
(extrait de Beware of the Maniacs, sorti sous le nom de Dodo Bird)

On n’a encore que des bribes de Visiter, qui sort sous peu. Mais l’album précédent des Dodos, Beware of the Maniacs, donne déjà des gages de leur énergie, de leur virtuosité, de leur versatilité aussi. En 11 morceaux, ils singent Devendra Banhart (Chickens), honorent le jeu de guitare Bert Jansch et les balades de Fred Neil (Bob), lancent des valses débridées (Elves) ou des morceaux qui semblent avoir été taillés pour des épopées, comme ce Nerds, ses cuivres pour calmer, son brouillard qui oblige à avancer prudemment, et tout le monde qui trépigne, les arpèges et les baguettes qui tapent du doigt sur la table, mais voilà, la voix, encore, doublée, qui calme le jeu, qui prépare l’envolée, empêche tout le monde d’en faire trop, qui permet le ralenti sur l’envolée, quand les pieds ne touchent pas terre, mais on ne se refait pas, ça déboule dès qu’on retombe, padam-papappamm-padam, et tout explose, et ça a beau être un poil trop long, c’est emballant.
(extrait de Beware of the Maniac)
Avant cela encore, les Dodos portaient le nom de Meric Long, son guitariste / chanteur, et donnaient également des pistes :
(extrait de Dodo Bird)
Est-ce assez pour vous donner envie ? Une vidéo d’un live avec Peter and the Wolf :
Le nouvel album s’annonce plus enthousiasmant encore, et comme nous n’en ferons jamais assez, nous vous en dirons plus très vite, nous irons les filmer. The Dodos, premier grop coup de coeur 2008.









































