
Les Rayees vous vont si bien
« The Rayees, c’est comme un gros moteur à explosion, nourri au Marshmallow et au Carambar et qui alimenterait à flux tendu une drôle de machine hybride faite de boîte à rythmes en sucre d’orge, de vieux Casio tout fluorescent, de cymbales empilées, de manches à basse fièrement tendus, et puis surtout d’une belle paire de bouches gorgées de miel : ça explose de couleurs, ça gicle de cris de joie, ça fout la patate, ça fait revenir l’être aimé, ça mouline dans un même couplet Justin Timberlake, Feist et Mates of State, ça n’a honte de rien, ça ne rougit que par amour et ça vous éjacule son bonheur et sa candeur au visage... J’adore ! » (aKa - Belge lettré)
Il y a des enthousiasmes qu’on aime partager par dessus tout à la Blogothèque. The Rayees mérite diablement cette dithyrambe très imagée.
Le groupe n’a pas de label, pas d’album, très peu de concerts au compteur mais possède pourtant assez de matériel pour sortir un disque aussi séduisant que très intriguant. Indéniablement doué, le duo joue avec les chœurs, empile les pistes de voix comme on retravaille une pierre sculptée peu à peu afin d’obtenir le relief voulu et accouche de petites perles. On y pioche de splendides ballades oniriques (Last Night) comme des incantations religieuses (Mother Mary Father).
Découvrir puis se prendre de passion pour The Rayees, c’est avant tout n’avoir pour seul fil d’Ariane que des photos arty sur leur Myspace et de mystérieux billets mis en ligne aléatoirement. Il faut alors suivre peu à peu les chansons éparses, les clips faits maison et plonger avec cœur et entrain dans des abîmes de perplexité face à du gospel pop fait par des folkeux enfermés dans une maison du bayou et à qui on aurait laissé un 8 pistes et des VHS de films muets et de comédies romantiques.
Les cerner relève de la gageure : de nouvelles chansons apparaissent, d’autres se volatilisent. Un jour annoncés à Hawaï, le lendemain déclarés décédés, Blue B et Cierran sont libres et insaisissables, filant comme le sable entre les doigts. Les croirait-on issus d’un pays imaginaire qu’ils se révèlent jeunes banlieusards français. Les pense-t-on faits pour les ballades nocturnes qu’ils agrémentent leurs harmonies de beats electro, durcissent leur scansion. Et enfin, voilà qu’on veut les rencontrer pour savoir qu’ils retirent leurs chansons à l’exception de leur toute première.
Qu’importe qui ils sont, ils agissent avec une fraîcheur, une sincérité, un enthousiasme et une spontanéité qui suintent de leur production. A chaque chanson son clip, à chaque nouvelle production une surprise, à chaque harmonie vocale son décrochage qui fait mouche. Comment faire le lien entre la touchante My Playground et cette envolée croisée de cordes et de R’n’B qu’est Cose I got u, si ce n’est en aimant les grands écarts, les voies de traverse, les bricolages sonores, les histoires racontées avec finesse et les chœurs qui s’accrochent aux oreilles pour tourner ensuite des journées entières à l’intérieur de la tête...
Leur discographie informelle a réellement un goût de trop peu. The Rayees est une découverte, une vraie, de celles dont je guetterai les nouvelles sorties. La séduction fonctionne parfaitement.
On les imagine - pourquoi pas - reprendre du Kurt Weill et Lotte Lenya comme ils se sont attaqués aux Destiny’s child. On suppose qu’ils ont des tonnes de démos dans des cartons : la vérité n’est pas loin. J’ai passé le miroir récemment, j’en sais un peu plus, juste assez pour aimer encore davantage la fraîcheur de leurs chansons.
- Nous avons invité The Rayees à venir jouer ce vendredi 12 juin, à Paris, au Forum des images. Le festival Pocket Films nous donne carte blanche, ç’aurait été trop bête de laisser passer l’occasion. C’est à 21 heures, c’est gratuit, venez partager notre enthousiasme.








Les Rayees vous vont si bien
Répondre à ce message
11 juin 2009, par blomki
Les Rayees vous vont si bien
Répondre à ce message
22 juin 2009, par echo101
Les Rayees vous vont si bien
Répondre à ce message
26 mars, par un courageux anonyme