
La nuit qui s’en allait vers sa lumière
La voix du nouveau siècle (3)
La voix du nouveau siècle est donc de retour avec ses beautiful Johnsons, après quatre années de silence brisé par un EP sorti à la fin de l’année dernière. Trois morceaux joués sur scène pendant la tournée I Am a Bird Now et une nouvelle composition déjà lumineuse, déjà drapée dans sa détresse de combat : “Another World”. La voix est toujours là. La musique n’est pas plus belle qu’à l’époque de Bird, elle est sa suite resplendissante. Un peu plus aérée peut-être. Ou plus contenue. Ou peut-être pas. Antony Hegarty n’a jamais prétendu remettre en cause sa façon d’écrire d’un disque à l’autre : il avance pas à pas, au sentiment, en s’écoutant.
Début novembre, j’ai eu la chance d’entendre The Crying Light, album tant espéré. C’était dans le petit bureau parisien de Beggars, qui s’occupe du disque pour la France. Tout du long, chacun a respecté un silence respectueux pour la délicatesse des dix chansons qui se révélaient lentement. Aucune déception : la musique était là, la voix aussi. Ouf.
Mais la bulle de verre s’est brisée avec la dernière note traînante d’"Everglade". Une seule écoute… Un cadeau et une punition en même temps. Juste assez pour avoir envie de voler le disque et de courir jusqu’à la maison pour le réécouter, encore, encore, encore.
Dans The Crying Light, il y a des violons presque partout mais jamais trop, en pluie chaude ou en tempête violente. Quelques bois au besoin, et quelques moments où la musique déraille et se fait cri, présents depuis le premier souffle d’Antony entendu auprès de David Tibet. Surtout, il y a cette voix unique que nous sommes chanceux d’entendre comme d’autres ont eu la chance d’entendre celle de Robert Johnson, de Billie Holiday, de Sarah Vaughan, de Nina Simone, Johnny Cash, Barbara, Jeff Buckley.
Une interview était possible lors de la tournée promo d’Antony Hegarty. 45 minutes. Rendez-vous dans le salon du Grand Hôtel InterContinental de Paris, à côté de l’Opéra Garnier. Nous sommes le 5 novembre 2008, au lendemain de la victoire de Barack Obama. Antony Hegarty est comme la musique qu’il compose pour ses Johnsons : patient, doux, préoccupé, perfectionniste, réfléchi, à l’écoute du mouvement du monde. J’aime à croire qu’il n’est pas aussi gentil tout le temps, qu’il râle pour de mauvaises raisons aussi, qu’il s’emporte pour de bonnes, qu’il passe des nuits à faire semblant de lire en attendant un coup de fil qui ne vient pas et s’en veut pendant une semaine ensuite. Ce jour-là, il s’est juste contenté d’arriver un peu en retard…
On a pu entendre ton nouveau disque qu’une seule fois, dans les bureaux du label, avant de faire cette interview. Ça ne te gêne pas ?
Ce n’est peut-être pas le meilleur système. Je n’y ai pas trop réfléchi en fait… Il est certain que la musique devrait être un point de départ pour un échange.
Tu as commencé à travailler sur The Crying Light dans la foulée d’I Am A Bird Now ?
J’ai commencé avant même d’avoir enregistré Bird. Les chansons présentes sur ce disques ont été écrite entre 2001 et aujourd’hui ; celles de Bird avaient été écrites entre 1994 et 1996. Il me reste des chansons écrites entre ces deux périodes et que je n’ai pas terminées, mais après ma dernière tournée, j’ai préféré les mettre de côté et enregistrer les plus récentes. Cela me semblait plus en accord avec le moment, plus proche de mes sentiments aujourd’hui. Il y a dans ces chansons plus de dialogue avec le monde qui nous entoure, et avec notre environnement naturel… Ces problèmes sont présents dans beaucoup d’esprits aujourd’hui.
Avec le succès de Bird, tu es toi-même devenu une partie de l’industrie du disque, dans le sens où cela t’a amené à voyager, à voir des endroits nouveaux et à rencontrer plus de gens. Est-ce que ça a joué dans cette réflexion, dans ce rapport au monde ?
Ça m’a beaucoup changé. Ces chansons sont le reflet de ma vie intérieure des sept dernières années. C’est un mélange de chansons écrites avant, pendant et après Bird. J’ai 37 ans et ces chansons reflètent mon état d’esprit autour de la trentaine. Bird illustrait plutôt ce que j’ai traversé vers 25 ans. C’est une période de réflexion différente.
Mais cette façon de travailler t’oblige du coup à vivre tout le temps avec ton passé…
Non, tout ça me semble très actuel. C’est pour ça que je voulais m’attaquer à ce corpus aujourd’hui, parce que ce sont mes chansons les plus récentes. Ce dialogue fait vraiment partie de moi actuellement, c’est pourquoi je voulais le mettre en avant. Je me sens d’autant plus vulnérable en faisant cela. Dans le passé, ce que j’ai enregistré était un corpus scellé et achevé : j’avais eu quelques années pour y penser. Dans le cas présent, il y a beaucoup de chansons qui sont très actuelles, qui témoignent directement de mon développement créatif, de ce que je suis aujourd’hui.
Comment sont les chansons qui restent à enregistrer, celles de 1996 à 2001 ?
C’est un groupe de chansons appelé America. C’est drôle quand je regarde ce qu’il se passe aujourd’hui dans le monde : ces chansons datent d’avant la présidence Bush et disent des choses troublantes. Personne ne voyait tout ça venir et ceux qui le sentaient ne pouvaient pas l’articuler. Avant l’an 2000, j’avais une vision très personnelle et intuitive des choses… En revanche, ce nouvel album est assez formel, assez pastoral et parle de thèmes bien particuliers : je me libère de choses que j’ai apprises de mon enfance, notamment des structures religieuses, catholiques, etc. Spirituellement, je deviens un être davantage orienté vers le monde naturel…

The Crying Light est un disque assez resserré. Tu as dit avoir beaucoup réfléchi avant de te lancer dans l’enregistrement. Parce que tu voulais arriver à évacuer les sentiments parasites ?
Quand j’étais enfant, on m’a appris que seuls les êtres humains ont une âme, pas les animaux ni les arbres ; que la Terre n’étais qu’une ressource à disposition des humains et qu’à notre mort, on allait dans une sorte de bizarre paradis blanc. C’est une construction étrange pour un paradis : blanc, sans créativité, où rien ne naît et rien ne meurt. Le catholicisme est si effrayé par la femme qu’il a créé un paradis dont toute féminité est absente. Je pense que je me suis éloigné peu à peu de ces idées. Quand j’étais enfant, je ne savais pas d’où je venais, juste que j’étais un humain et que le reste était cette sorte d’endroit sauvage et tordu. J’en étais séparé : je ne me voyais pas comme faisant partie de la nature. Ces dernières années, j’ai de plus en plus pensé au fait que je suis constitué d’éléments simples - eau, carbone, etc - identiques à tout ce qui m’entoure. Alors pourquoi mon esprit devrait être différent du reste du monde naturel ? Je ne crois pas à l’idée masculine de la supériorité et de la singularité de l’esprit humain. Plus je me suis tourné vers la nature et le monde pastoral et moins j’ai cru à un paradis qui serait ailleurs. Je me suis mis à penser que nous sommes dans un paradis, que la meilleure invention de la nature, qui a pris des millions d’années, est la création de ce monde foisonnant, si vivant, plein de couleurs et d’esprit créatif. C’est ce qui me fait avancer.
J’ai donc arrêté de voir les choses comme on me l’a appris pour commencer à les voir d’une manière plus ouverte. C’est aussi pourquoi j’ai mis une photo de Kazuo Ohno sur la pochette de mon disque : c’est ce dont sa danse parle également. J’ai appris beaucoup de choses en le regardant danser : il forme un cercle de lumière dans son esprit et il joue dedans avec le sens de l’émerveillement d’un nouveau-né mêlé à de vieux fantômes. Mais tout y est nouveau et brillant, changeant, tout respire. Dans chaque pas qu’il fait sur scène, il mêle innocence et mystère. Ce sont des principes que j’essaie moi aussi de faire passer en tant que chanteur, et particulièrement dans ces chansons.
Je me sens parfois si seul quand je pense à cette idée de spiritualité, quand j’imagine qu’il y a quelque chose de supérieur et qu’en tant qu’être humain, je suis soumis à un dieu ou autre. “Everglades” en particulier, parle de mon combat contre cela : elle dit que je suis assis sous un arbre dont les yeux me regardent tandis que le soleil danse dans les miens... et je réalise que je suis là chez moi, que je suis fait des mêmes éléments et que je suis à ma place.
Je change de voie, tout comme j’ai changé pour une voie plus féminine. Maintenant je pense que je suis né de la terre et fait de la terre. En tant qu’artiste, je peux prendre le luxe d’explorer cette pensée, en rêver, l’exploiter avec la liberté de mon imagination, danser à travers et y trouver une forme créative. Je peux danser avec ces idées et trouver une voie à l’intérieur de moi en jouant avec ces idées de temps, de fantômes et cette sensation que je suis le point final de quelque chose qui a commencé bien avant moi, avec ma grand-mère, mon arrière arrière arrière grand-mère. Je contiens peut-être toute l’expérience des êtres qui sont venus avant moi et j’en suis le bout du chemin : ces expériences me nourrissent sans doute. Cet album est, d’une façon très large, une réflexion sur ces thèmes. Qu’est-ce qui est en moi ? Quelle est ma relation au monde autour de moi ?
Je pense qu’une des raisons qui font que les religions dominantes tentent de nous faire divorcer du monde naturel, c’est qu’il est plus facile pour elles de l’asservir, de ne le voir que comme une ressource et de fuir l’équilibre, l’assistance mutuelle nécessaire. Dans un sens, c’est ce qui a mené à la crise actuelle. Je me demande aussi si un système social matriarcal nous aurait mené au même point : c’est-à-dire avoir 6,5 milliards d’habitants sur la planète et être proches de l’implosion climatique. Nous vivons une période intéressante et il était opportun pour moi de faire parler une voix féminine sur le sujet, en tant qu’artiste. Prendre l’archétype masculin, le remercier - merci de nous avoir nourris et protégés, d’avoir combattu pour protéger la famille et tuer ce qui nous menaçait - et mettre en avant la part féminine de chacun. C’est un moment idéal pour le faire : nous pourrions utiliser ses ressources pour créer un monde plus durable, qui honore la nature et chacun, nous connecter d’avantage. Est-ce que ça a du sens pour toi ? Ça semble un peu fou mais je me suis habitué à mettre des mots sur tout cela parce que j’ai fais beaucoup d’interviews.
Oui, carrément. Obama a été élu hier, peut-être qu’il porte en lui un peu de ça. En tout cas peut-être est-il le dirigeant qui porte le plus en lui cette part féminine, sensible, dont tu parles…
Oui. Il l’a dit lors dans son discours hier : nous en sommes encore loin mais nous avons désormais la possibilité d’y arriver. Nous avons à faire face à deux guerres, à un climat qui se détruit et à une économie qui s’effondre. La guerre est une excuse pour ne pas penser au climat, pour ne pas se confronter à la réalité que l’homme doit affronter dans son futur immédiat. C’est plus facile de comprendre une guerre que le déclin de la nature. Toutes les espèces sont menacées. On va jusqu’à construire une banque d’espèces dans le Spitzberg où l’on stocke l’ADN dans des chambres froides. On collecte l’ADN des animaux dans les zoos américains aussi, en pensant qu’un jour peut-être on pourra réveiller ces espèces disparues de la surface de la Terre. C’est dingue. En tant qu’artiste, je me sens très chanceux. Mon travail, c’est d’essayer d’être en avance sur cette pensée.
Quand j’écris une chanson comme “Another World”, je dois dépasser mon chagrin pour avancer. Je voulais écrire une chanson où j’assume mon chagrin au sujet des problèmes climatiques, qui fasse partie d’un processus de cicatrisation. Dans un sens, ça me rappelle que quand j’avais une vingtaine d’années, j’ai vu beaucoup de gens que j’admirais mourir du sida à New York. Ce qui s’est passé à cette époque me fait penser à ce qui se passe aujourd’hui au niveau de la planète : c’était une sorte de lutte pour sauver la culture underground de la disparition. Aujourd’hui, il s’agit de sauver la culture mondiale, les espèces, les informations. Certes, il y aura toujours un potentiel, mais ça a pris tellement de temps pour inventer ces formes magnifiques...
Je serais trop seul sans toutes ces richesses. Ce serait un enfer et je ne veux pas être là pour voir le monde sans formes, sans couleurs, sans rêves. C’est quelque chose d’assez évident et ma grand-mère dirait la même chose.
Tu parlais d’un combat intérieur pour alerter les gens sur ce qui se passe. Musicalement, je relie ça au combat, présent depuis ton premier disque mais d’une façon plus appuyée aujourd’hui, entre les sons doux et les sons rugueux… Ce saxophone notamment, ces déviances sonores.
Enfant, j’ai écouté beaucoup de musique alternative et j’aime ça, j’aime les sons saillants… Pour ce disque, j’ai travaillé avec Nico Muhly, qui a fait quelques arrangements. C’est amusant de travailler avec lui parce qu’il crée une symphonie de sons et je n’ai pas ce vocabulaire. Ça ne m’est pas familier alors que les sons tordus le sont. Les cuivres aussi sont un nouveau monde, avec leur résonance, la façon dont ils transforment la musique et lui offre une nouvelle forme. Ça m’a vraiment ouvert les yeux, comme si mes peintures se coloraient beaucoup plus tout d’un coup.
Pourtant, je ne cherche pas l’opposition. Quand je fais un choix, c’est qu’il me semble approprié. Pour cet album en particulier, je me suis beaucoup battu au moment de l’editing. L’enregistrement s’est étalé sur deux ans et le mixage m’a pris six mois, tous les jours, c’en était ridicule. Chaque chanson a été mixée cinq ou dix fois, en tentant de prendre les bonnes décisions sur la direction esthétique que le morceau devait prendre, quels éléments doivent être conservés, lesquels sont superflus. Je voulais un disque intime en son centre mais puissant sur ses contours, qui évoque des possibilités, un album évocateur mais calme. Bird était un disque avec des sommets, alors que celui-ci est plus formé de paysages, comme regarder un lac… Pour moi, l’intérêt des chansons est issu du processus que j’ai vécu avec elles, ce sont des voyages.
Je trouve que c’est aussi un disque en attente d’un événement, positif ou négatif…
Plutôt un disque qui grandit, dans le sens ou un arbre attend pour être un grand arbre. J’essaie d’être patient avec ma façon de travailler. Je ne veux pas sortir quelque chose qui ne me paraît pas fini, qui n’est pas arrivé à son terme. Je suis assez exigeant avec moi-même mais je pense que ça sert le travail.

Nico Muhly n’est pas très connu en Europe encore, même si il vient de participer à une création pour l’Opéra de Paris... Tu as fait deux concerts avec lui en octobre aux États-Unis… Vous travaillez régulièrement ensemble aujourd’hui ?
On a travaillé sur quelques arrangements symphoniques, pour quelques-unes de mes vieilles chansons et quelques-unes de celui-ci. Il est très inspiré et il a introduit des choses que je n’aurais jamais atteint tout seul, des couleurs différentes. Il a un sens de ce qu’on peut faire avec des instruments classiques, dans une forme très organique et expressive. J’ai appris tout seul, je ne lis pas la musique, je ne suis pas éduqué à ce niveau-là et mes compétences sont donc très éloignées des siennes. C’était très intéressant, très ardu mais enrichissant. Nous avons des préoccupations très différentes : les mélodies et les choses simples pour moi, tandis que pour lui, ce n’est certainement pas la mélodie mais davantage le mouvement, comme si sa musique florissait. Elle ne se préoccupe pas des notes. Je travaille dans un sens plus folk, pour les gens ordinaires. La musique classique tend à s’adresser à des gens plus éduqués.
Muhly est capable de mêler les deux mondes non ? Il a un sens mélodique très affirmé en même temps qu’une sensibilité classique.
Il collabore avec beaucoup de musiciens pop et folk parce qu’il s’intéresse à ces musiques, à développer les liens entre les deux. C’est quelqu’un de très vivant et il est très jeune encore. Il a encore beaucoup de possibilités qui s’offrent à lui.
Ta voix te permettrait de te tourner vers des musiques plus orchestrées. Tu te vois comme un musicien purement pop, au sens de musique populaire, sans parler rythmes ou mélodies ?
Comme je te l’ai dit, je n’ai jamais appris la musique ni vraiment pris de cours. Je copie juste mes chanteurs préférés et j’ai pu ainsi trouver la voix qui est la mienne aujourd’hui.
Tu penses que ta façon de chanter a changé après les diverses collaborations que tu as faites depuis Bird ? Hercules and Love Affair, Björk…
Faire des choses dance était bien, ce fut une étape assez nouvelle car cela a quelque chose à voir avec le rythme, chanter pour faire danser les gens, bouger leur corps. C’était un défi vraiment excitant. Björk a aussi quelque chose d’incroyablement spirituel dans sa voix… Et ça m’intéresse de pousser les limites de ma voix et essayer d’être plus expressif, dans un sens. C’était donc très agréable de chanter sur une musique faite pour danser et je vais sûrement recommencer dans le futur.
On espérait te voir faire des concert avec Hercules & Love Affair, mais ça ne s’est pas produit. Etait-ce lié au chant ?
Non, plus à des raisons personnelles. Je travaillais sur mon disque et je ne voulais pas m’en éloigner pour une tournée. J’essayais de finir ce projet. C’est ce que j’avais à faire. Je ne ferai pas de concert avec Hercules je pense, parce que c’est désormais le bateau de Nomi qui est une incroyable chanteuse.
Björk a pris des cours de chant avant Medulla en expliquant qu’elle n’avait jamais réfléchi à sa voix : pas forcément pour l’entraîner mais avant tout pour entamer une réflexion sur sa façon de chanter. Tu as eu cette idée à un moment de ta carrière ?
Quand j’étais au lycée, j’ai pris quelques cours de chant mais seulement des choses basiques comme apprendre à respirer. Je ne sais pas par où commencer pour m’attaquer à ma voix. Quand j’avais 16 ans, j’étais parti pour étudier la musique au lycée, mais les professeurs m’ont dit : "Si tu es heureux de ta relation avec la musique, nous te recommandons de ne pas l’étudier parce qu’il y a beaucoup de gens qui ne l’aiment plus après !" Il y a très peu de personnes qui étudient la musique et qui conservent leur intuition. Ceux qui y arrivent sont les plus grands musiciens de l’histoire, comme Nina Simone… Je n’ai qu’une partie de cela, je n’ai pas l’éducation ou les capacités techniques. Peut être qu’un jour, je serai assez fort pour m’y attaquer. On m’a dit qu’il faut se heurter à un mur pour apprendre à le dépasser, je ne pense pas encore l’avoir fait… Pour ce que j’ai à faire, je pense me sentir bien.
Quand on chante beaucoup, il faut faire attention à ne pas se dépasser : Björk utilise l’ensemble de son corps, tellement elle est impliquée dans son chant. Elle chante bien plus pleinement que moi dans un sens, là où je suis plus nuancé, plus doux. Elle chante toujours en utilisant tous ses muscles et ça m’inspire beaucoup. La regarder travailler en studio était passionnant. Voir quelqu’un de totalement dédié à sa création, toujours à pousser vers quelque chose qu’elle ne connaît pas. La plupart des artistes se contentent de ce qu’ils savent faire. C’était une leçon pour moi…
Merci à Caroline chez Beggars
Antony & The Johnsons sur la Blogothèque
La voix du nouveau siècle (1)
La voix du nouveau siècle (2)
A écouter :
Aeon sur I Guess I’m Floating
Daylight & The Sun sur one.sixoneight







La nuit qui s’en allait vers sa lumière
Témoignage : moi j’ai adoré "I’m a bird now", je l’ai écouté en boucle et puis j’ai entendu Antony ailleurs. Un a capella un peu bidon dans une série télé, un morceau "dance" un peu douteux avec je ne sais plus quel groupe et ma relation avec lui a commencé à se détériorer.
Je le trouvais un peu trop poseur et sa voix avec tjs les mêmes effets de manche commençait à m’énerver.
Arrive maintenant ce "Crying light" et je me dis "trop d’émotions tue l’émotion". A vouloir trop en faire, ça devient indigeste.
Je comprends les gens pour qui Antony est une véritable muse, un summum de l’émotion mais pour moi il franchit la ligne rouge en voulant en faire trop. Ça manque de simplicité. Trop d’emphase.
Et puis les paroles. Another world. Traduit en français, ça fait poème de collégienne pré pubère. I’m gonna miss the wind et hop les ptits sons de "vent" derrière, rrooohh un peu lourd.
Voilà, si vous partagez mon témoignage fait moi savoir que je ne suis pas tout seul.
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19 janvier 2009, par Piet
RE : La nuit qui s’en allait vers sa lumière
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19 janvier 2009, par Joseph Gerard
RE : La nuit qui s’en allait vers sa lumière
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20 janvier 2009, par Garrincha
RE : La nuit qui s’en allait vers sa lumière
tout à fait d’accord à propos de "another world", que je n’ai jamais vraiment aimé écouté "seule". Dans l’album, elle est magnifique.
et sinon, sur another world, il y a quand même shake that devil....
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22 janvier 2009, par éèëê
La nuit qui s’en allait vers sa lumière
Merci pour cette interview très intéressante ! Je partage entièrement son point de vue sur la vision catholique du monde, si ça vous intéresse je ne peux que vous conseiller de lire du Michel Onfray ("L’Art de Jouir" par exemple).
À écouter également, "Epilepsy Is Dancing", toujours extrait de The Crying Light : http://www.wjkbx.fr/mp3/2009/01/17/antony-and-the-johnsons-epilepsy-is-dancing-nouveau/
Piet, j’comprends assez bien ton témoignage, mais je ne le partage pas ; personnellement je n’ai pas encore atteint le "point de rupture" si on peut dire, lol ! En même temps je n’ai pas écouté Bird tant de fois que ça, peut-être que ça a joué. Rien que le souvenir de cette voix irréelle me suffisait :-)
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19 janvier 2009, par Eddie
RE : La nuit qui s’en allait vers sa lumière
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22 janvier 2009, par un courageux anonyme
RE : La nuit qui s’en allait vers sa lumière
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23 janvier 2009, par Emmanuel
La nuit qui s’en allait vers sa lumière
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19 janvier 2009, par Paco
RE : La nuit qui s’en allait vers sa lumière
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19 janvier 2009, par Volt
La nuit qui s’en allait vers sa lumière
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19 janvier 2009, par Grosquick
RE : La nuit qui s’en allait vers sa lumière
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19 janvier 2009, par gab
RE : La nuit qui s’en allait vers sa lumière
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19 janvier 2009, par Grosquick
La nuit qui s’en allait vers sa lumière
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20 janvier 2009, par Tanguy
RE : La nuit qui s’en allait vers sa lumière
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20 janvier 2009, par Piet
La nuit qui s’en allait vers sa lumière
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20 janvier 2009, par Lily
La nuit qui s’en allait vers sa lumière
J’ai beaucoup aimé i am a bird now. Par contre à l’instar de qui se dit ici, je trouve ses interviews un peu chiantes... (cf celle du dernier inrocks, la même en plus courte) Même si je ne doute pas qu’il ressente et pense tout ce qu’il dit et qu’en plus cela construise tout ce qu’il est et donc tout ce qu’il offre généreusement à voir et à entendre, tout son art, je finis par décrocher et lire l’interview en diagonale...
Je voulais aussi parler d’une collaboration d’Antony dont on ne parle pas souvent, celle qu’il a faite avec Michael Cashmore... Un 5 ou 6 titres contenant de sublimes morceaux, je vous le conseille. Quant à moi j’ai ma place pour le grand rex, mais damn it ! 80 Euros, ça fait mal quand même. Mais même ça, ne peut gâcher mon plaisir d’entendre cette voix en vrai... Can’t wait...
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21 janvier 2009, par stadtkind