L’autre Brésil (1) : stupéfiants
Je fais ici entorse à toute déontologie, qui voudrait que j’ai vérifié que oui, ces morceaux ont été composés et enregistrés sous l’emprise de drogues. La consommation de divers stupéfiants dans le Brésil du Tropicalisme n’est pourtant plus un secret, et la drogue fut donc, ici comme ailleurs, un moteur des créativités. Démonstration ?
I don’t know whether these artists took drugs when recording these songs, but in the seventies it was in Brasil like everywhere else : you could feel the influence of drugs behind many songs. Here are three examples :
Os Mutantes - Panis & Circenses (Reprise) (1,2 Mo)
Les Os Mutantes sont les meilleurs représentants de ce phénomène. Il y aurait assez à dire ici pour en faire un article complet. Ils n’étaient pourtant pas très portés sur la transgression : la première fois qu’ils rencontrèrent Caetano Veloso et Gilberto Gil, ils avaient peur que ceux-ci ne les embarquent dans une partouze. Mais leur musique semble imbibée de la plus douce des ganjas et des plus terrifiants acides. L’exemple court donné ici est issu d’un enregistrement parisien publié sous le titre Technicolor. C’est une version alternative de Panis and Circenses, l’un des morceaux les plus baroques et timbrés que je connaisse. Les flutes ont l’air d’avoir été piquée lors d’un délire dans une école maternelle, et la répétition a du être chantée les yeux fermés, la tête dodelinante.
Os Mutantes were three, very young and very kind and shy, but you can’t imagine their songs being created without a bit of acid. Here is a reprise af Panis and Circenses, recorded in Paris in the seventies
Joyce - Please, Garçon - (1,5 Mo)
Joyce était l’une des plus belles chanteuses des années 60 à Rio. Elle a travaillé avec Vinicius de Moraes, Milton Nascimiento, Dori Caymmi... Sur son premier album, elle imbibe une bossa-nova dèjà très pop d’influences presque soul, un brin easy-listening. On pourrait penser à du Gainsbourg, comme sur ce morceau Please, Garçon, bonus de la réédition CD, qu’on imagine assez bien illustrant un début de soirée ennviré et lascif sur des canapés seventies.
One of the prettiest singer in Rio at the end of the sixties, Joyce dresses classic Bossa Nova with soul and lounge influences. This track sounds lilke Gainsbourg music, a piece of music for luxurious evenings on orange couches.
Quarteto Em Cy - Incelensa - (4,2 Mo)
Quand on voit leurs vêtements, difficile d’imaginer les quatre soeurs du Quarteto em Cy posant un joli timbre coloré sur leurs langues. Leur groupe, créé à la fin des années 50 et vite pris sous l’aile de Dorival Caymmi et de Vinicius (encore eux), s’est longtemps cantonné à de sages harmonies bossa. Mais dans les années 70, la drogue faisait de l’effet même à ceux qui n’y touchaient pas. Ainsi, les soeurettes passèrent entre les mains de Veloso et Gil. Le résultat, un album de charmantes pucelles qui ont fumé leur premier joint. Et ce morceau, Incelensa, à la sage mélodie, mais enrobé de vapeurs illicites et psychés.
The four sisters in Quarteto Em Cy don’t look as they were taking drugs. For a while, their voices were used in classic bossa nova tunes. But here, with the influence of Caetano Veloso and Gilberto Gil, you can feel a clear drug background











































