Khmer Songs
Voyage au Cambodge, pluies tropicales et sourires d’enfants, à la recherche d’un paradis perdu.
Le prince Norodom Sihanouk, au terme d’un règne mouvementé de plus de 60 ans, de la gloire de l’indépendance aux heures sombres de la guerre froide, vient d’abdiquer en faveur d’un de ses fils, danseur émérite. Car la famille cultive, en plus de la politique, un grand attachement à l’art. Sihanouk lui-même a réalisé plusieurs films (certains seraient regardables...) et composé et interprété de nombreuses chansons. Elles sont pour la plupart accessibles sur son site web dont le lascif Monica (450 Ko), chanté en français.
Dans les années 1960, le non-alignement mène le Royaume à son apogée. Une nouvelle élite urbaine, à la suite de son roi, est avide de fêtes et de musique. Le rock psychédélique, peut-être importé par les GI qui égorgent et napalmisent dans le Vietnam voisin, se marie sans complexe avec les sons traditionnels.
On trouve encore quelques traces de cet incroyable accouplement sous la forme de cassettes audio passées en boucle par de vieux chauffeurs de camions. Sous le choc, un jeune américain les ramène en Californie à la fin des années 90, et parvient à en éditer un CD, Cambodian Rocks, qui bien que non tracklisté connaîtra un succès d’estime sur les college radios US.
Ecoutez Cyclo (4,1 Mo), la complainte du conducteur de cyclo, "Tourne à gauche, tourne à droite, arrête-toi... Cyclo !". Ca balance pas mal à Phnom Penh.
Ecoutez aussi Gloria (3,2 Mo), ou du moins la version locale de ce sommet du British Rock des Them.
Années 2000. Zac et Ethan Holtzman, deux frères californiens pour qui cette compilation a été un choc, créent un groupe pour faire revivre ce rock khmer, s’entourant d’amis musiciens appartenant à l’entourage de Beck ou des Radar Brothers. Ils engagent une chanteuse de Long Beach (l’une des plus grandes concentrations de khmers hors du Cambodge). Ainsi nait Dengue Fever, groupe à part qui mélange reprises de standards locaux des sixties et compositions personnelles.
Le résultat est magnifique et confondant. Ecoutez I’m sixteen (4,0 Mo), hymne à l’adolescence. "My year 16 - no worries in the world, what is love, the sweetness of it puzzles me".
L’année dernière, quatre jeunes musiciens américains de moins de vingt ans partaient à Phnom Penh étudier la musique traditionnelle auprès de l’un des derniers maîtres encore vivants de cet art. Avec lui, ils enregistraient un très bel album quelque part entre le jazz et la senteur du jasmin. C’est le Khmer Fusion Project, et si le CD semble difficile à se procurer de ce côté-ci de l’Atlantique, le titre en écoute (pourtant une version de travail) me paraît d’une beauté sans égale : Sat Mahaori (5,8 Mo).












































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27 octobre 2004, par pradoc
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31 octobre 2004, par Jamais Pareil
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18 avril 2005, par un courageux anonyme
RE : > Khmer Songs
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25 octobre, par un courageux anonyme
Sinn Sisamouth
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9 juillet 2007, par Boebis