Junip

Lorsque, il y a quelques mois, Jose Gonzalez s’était fait connaître des amateurs de musique par sa reprise du Heartbeats de The Knife, la plupart des commentateurs semblaient particulièrement impressionnés par son jeu de guitare, proche de la guitare classique, où les cordes étaient pincées individuellement (le fameux ’finger-picking’ qui revenait immanquablement dans tous les billets anglophones qui lui étaient consacrés). Cela m’avait à l’époque un peu étonné parce que, bon, les écoles de musique sont pleines de jeunes enfants qui apprennent à jouer de la guitare de cette manière et seraient sans doute très surpris d’apprendre qu’ils sont en fait à la pointe de la mode. En fait, son jeu de guitare m’apparaissait personnellement assez quelconque (mais bon, je suis le premier à reconnaître que je ne suis pas guitariste et que les considérations techniques m’ennuient prodigieusement).

En revanche, l’interprète Jose Gonzalez m’intéressait par sa voix, à la fois fragile et assurée, aux intonations chaudes mais empreintes de détachement. Je m’étais donc surpris à rêver de ce qu’aurait pu donner cette voix transposée sur des morceaux moins anémiques. Ce rêve s’est retrouvé exaucé quelques semaines plus tard, quand j’ai eu l’occasion d’écouter le Black Refuge EP de Junip, le groupe qui réunit l’ami Jose avec le percussionniste Elias Araya et l’organiste Tobias Winterkon. J’ai depuis fait une recherche à rebours sur les blogs et les grands médias francophones et j’y ai trouvé très peu de mentions du groupe et de ce EP (dix fois moins d’occurences Google en français que pour son album solo) et me suis donc dit qu’il méritait sans doute d’être (re)mis en évidence [1].

Une chanson comme Official par exemple, donne une bonne idée de ce que pourrait donner la rencontre de la voix de Jose Gonzalez avec les compositions de Low (période The Great Destroyer) et la production cotonneuse de Brian Eno. Turn to the Assassin, pourrait quant à lui être vu comme le fruit de la rencontre avec Nico et Neil Halstead.. Non, non, je n’exagère pas. Ces deux morceaux sont en tous points aussi enthousiasmants que ce que ces descriptions à l’emporte-pièce pourraient laisser croire.

Du groupe, je ne connais en fait que ce EP (sorti je pense en 2004 et qui contient, outre les deux morceaux sus-cités, la chanson-titre, un instrumental et une reprise de The Ghost of Tom Joad de Bruce Springsteen). A en croire le minimalisme du site du groupe, il n’y a sans doute pas grand-chose d’autre à en savoir. J’ajouterai donc seulement que ces cinq chansons me semblent être une meilleure porte d’entrée dans le monde de (not-so-)Speedy Gonzalez que ne l’était son album solo, et j’espère secrètement que l’énorme succès rencontré par ce dernier ne le fera pas renoncer aux joies de la composition en groupe.

Bonne semaine.

le 15 octobre 2006 par Pierre
commentaires •

> Junip

J’ai dcouvert Junip sur la compilation "Cowboys in Scandinavia", qui regroupe la "nouvelle scne folk" du Nord, avec la reprise de Sringsteen justment et c’est un des groupes qui ressort clairement de la compil, avec des gens comme Thomas Dybdhal ou Tobias Froberg. Donc je ne peux qu’appuyer cette mise en lumire :o)

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16 octobre 2006, par Ronan

Junip

Salut à tous ! Il y a quelques temps déjà, il était possible de télécharger gratuitement un de leur titre, "chickens" sur http://rcrdlbl.com. Ceux qui veulent les découvrir, allez-y : c’est peut être encore possible !

Bye Bye

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8 mars, par Blueselephant

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