Idaho : le malentendu

Tout part d’un malentendu : c’est une chanson qui commence sur un larsen et qui s’élance à partir d’un premier solo de guitare. Pas ma came, a priori. Du slowcore, ce que je peux aimer, mais avec un guitariste qui semble prêt à en faire des tonnes et à s’épancher sur des mesures et des mesures. Mais.

Mais la facture est saisissante. Allez savoir... Je crois que c’est d’abord le son (précis, rond, harmonieux et réconfortant) de la basse, qui s’introduit en douceur et pose les bases comme pour nous rassurer. A partir de là, tout n’est que perfection : le tempo toujours mesuré mais jamais plombant, le chant étrangement contradictoire de Jeff Martin, sa voix à la fois très posée et profondément déstabilisée, comme si on pouvait chanter les choses les plus fondamentales sans que nos cordes vocales ne se mettent à brûler.

Il y a aussi, dans un premier temps, une discrète deuxième voix qui introduit un peu d’harmonie, qui l’épaule tant qu’elle peut, mais elle disparaît pour finalement la laisser seule face aux échos lancinants de la guitare. Sur le refrain, on sent bien que cette voix restée seule ne peut aller bien loin, mais ce n’est pas pour ça qu’elle se contente de ce qu’elle a. On la sent se cogner au plafond de verre qui l’empêche d’ailler plus haut. On la sent par instants sur le point de se déchirer, mais il y a là comme une maîtrise qui fait qu’elle tient la route, qu’elle s’y accroche en patinant parfois un peu. Peut-être pas de la maîtrise, disons une certaine forme d’abnégation en tout cas.

Car c’est finalement un chant de lutte. Pas une internationale idéaliste et pleine d’espoir, pas une vocifération de braillards partant au combat. Plutôt un chant de mineur qui chaque matin retourne au fond, résigné mais pas tout à fait, chercheur d’or lassé d’aller voir au-delà des apparences, de mettre les mains dans la boue pour en sortir des joyaux, mais qui ne conçoit pas d’autres chemins. Un laborieux qui taille sa route vaille que vaille, même lorsqu’un énième solo de guitare le transperce de part en part...

"Bass Crawl", c’est le nom de cette découverte d’un jour d’août 2004, mon introduction à l’univers d’Idaho et à une cascade de découvertes au moins aussi belles. C’est aussi l’une des perles que vous pouvez enfin trouver chez votre disquaire, Talitres ayant eu l’excellente idée de sortir une édition spéciale de The Forbidden EP/Alas, jusqu’ici inédits en Europe.

Photos : Cécile / POPnews pour la bannière - Ethel* pour la photo carrée

le 20 mars 2008 par Garrincha
commentaires •

Idaho : le malentendu

D’Idaho si je puis me permettre je conseille le merveilleux album Levitate.

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20 mars 2008, par Renaud

Idaho : le malentendu

Tout le monde a dans sa discothèque quelques disques entrant dans la catégorie "Knout". Mon number one s’appelle Hearts of Palm . Ca fait 8 ans que ça dure. HUIT ans que j’use ce disque encore et encore et huit ans qu’il continue à me filer la boule au ventre systématiquement dès la première seconde. J’ai complètement oublié de le demander en mariage à Saint Malo....blast !

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20 mars 2008, par E.

Idaho : le malentendu

"Hearts of Palm"est mon album favori aussi, et j’aime beaucoup le "We were young and needed the money", collection de faces B et autres inédits.

Idaho est un groupe magnifique, à découvrir absolument.

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25 mars 2008, par fabest

Idaho : le malentendu

Oui , et que dire de "The Long Gunman" ?? C’est le seul album d’Idaho que je connaisse, et c’est une perle !

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25 mars 2008, par un courageux anonyme

RE : Idaho : le malentendu

The Lone Gunman. Il est assez différent des précédents : pas mal d’orgues, une orchestration moins mnimale, moins sobre en tout cas... C’est du très bon aussi.

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25 mars 2008, par Garrincha

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