
Ian Ilavsky, 10 ans de Constellation
Une discussion presque improvisée après un beau concert de Thee Silver Mt. Zion au Cabaret Sauvage, avec le guitariste du groupe et cofondateur du label montréalais. Histoire de se rappeler que Constellation nous réjouit les oreilles depuis dix ans déjà.
Ça devait être une interview, mais le matin je ne savais toujours pas si un membre de Thee Silver Mt. Zion serait disponible avant le concert parisien prévu au Cabaret Sauvage, au bord du canal de l’Ourcq dans le parc de la Villette. Ni même si je pourrais aller voir ce concert. Et puis finalement oui, l’attachée de presse me laisse un message avec un mot d’ordre simple : « Demande Ian à la table du merchandising, il est au courant. »
Sur scène c’est l’un des deux guitaristes du groupe, qui fait face à la chevelure d’Efrim Menuck. Il a aussi joué dans Sofa, Sackville et Re :. Ça nous rajeunit pas... Il est aussi le cofondateur de Constellation, qui fêtera discrètement ses dix ans le 30 mai, anniversaire de la sortie du 7” New Era Building de Sofa, premier disque du label. Ce hasard de dates n’était pas calculé mais ça tombe bien. Ian arrive avant moi au point de rendez-vous, on se faufile dehors, vers un coin d’herbe au bord du canal. Ça devait être une interview, finalement ça a été une belle discussion avec un militant musical.
Vous avez joué beaucoup de nouveaux morceaux ce soir, la quasi-totalité du set même... On a entendu parler d’un EP, mais finalement ce sera un album ?
L’année dernière on a tourné avec les morceaux de l’album Horses In the Sky... C’était un peu tard, un an après la sortie du disque, mais l’une de nos musiciennes s’était cassé la clavicule et ça a mis longtemps à se soigner. Du coup, puisqu’on revenait en Europe au printemps 2007 pour une quinzaine de dates dans des villes qu’on connaît assez bien maintenant, à Paris, Bruxelles, Londres... avec des gens qui nous ont déjà vu l’année passée, on s’est dit qu’on allait jouer des nouveaux morceaux, ceux qu’on va enregistrer quand on sera de retour à Montréal le 10 mai.
Et puis on a aussi un nouveau batteur [Eric Craven] depuis le mois de septembre 2006, donc ça avait davantage de sens de lui apprendre les nouveaux morceaux en priorité. Eric jouait déjà dans le projet War Radio avec lequel on a tourné il y a un an et demi, et vient de Hanged Up. Comme ça il se prépare aux enregistrements qui arrivent. Si on avait tourné en Espagne ou en Italie, où on a très peu joué, on aurait pensé à des vieilles tounes. Au final c’est une chance pour nous tout ça, parce qu’en général, quand on peut jouer des nouvelles tounes avant de les enregistrer, ça marche beaucoup mieux. Avec Horses In the Sky, c’était la première fois qu’on a pu faire ça. Les chansons ont beaucoup évolué sur scène avant l’enregistrement du disque. Y’a quelques tounes sur des vieux albums qu’on aurait aimé enregistrer de cette façon, après la tournée... J’espère que c’est pas trop égoïste comme démarche, mais on s’est dit que cette fois-ci ce serait une bonne façon se préparer pour le studio.
Le fait de mettre ces morceaux en forme sur scène, ça vous emmène vers des enregistrements plus live ?
De plus en plus oui... Nous sommes un groupe qui a toujours travaillé assez vite en studio. Les tracks de fondation on les fait très vite, une take deux takes environ. Après, les overdubs et le mixage ça peut être plus ou moins long. Mais je pense qu’avec ces nouvelles tounes en particulier, on veut vraiment garder ça assez cru, assez live en studio. T’as entendu qu’il y a un morceau très très blues, avec un peu d’improvisation, et un autre qui est encore plus improv’, le troisième morceau qu’on a joué ce soir, Engine Broke... On va garder cet aspect en studio, être beaucoup plus libres. On veut l’être plus qu’avant en tout cas.
C’est la suite du glissement qu’on voit depuis le premier album de A Silver Mt. Zion non ? Vous êtes partis d’une musique très en place et écrite, et au fur et à mesure vous bazardez tout ça pour aller vers quelque chose qui tient plus de l’émotion ?
Oui c’est ça. C’est sûr que tout est motivé par des émotions qu’on vit et qu’on veut communiquer. Les paroles deviennent de plus en plus importantes, et la musique est de plus en plus connectée à ces paroles. Mais c’est pas quelque chose de calculé, en fait on veut essayer de créer notre musique de protestation, d’une façon ou d’une autre. Quelque chose que nous n’avons pas entendu jusqu’à présent. On trouve que c’est une impulsion qui manque peut être dans la musique rock indépendante, à une époque où elle devrait être beaucoup plus vivante. La musique ça sert à ça aussi. Chez nous ça s’est fait organiquement. Nous discutons un peu de ces questions-là entre nous, d’une musique de protestation qui ne serait pas polémique, où la poésie des paroles d’Efrim (ça c’était à l’époque de Godspeed) est bien supportée par la musique et vice-versa. Nous savons que nous n’avons pas de message, mais plutôt un régime d’émotions que nous voulons communiquer.

Le fait de chanter en chœur ça rentre dans ce mouvement ? C’est une attitude qu’on retrouve chez beaucoup de groupes de Montréal...
J’ai pas beaucoup à dire au sujet d’un son montréalais. Je pense qu’on n’a pas grand chose à faire avec cette deuxième ou troisième vague de groupes qui viennent de la ville. Nous ça fait dix ans que quotidiennement, à Constellation et avec Mt. Zion, on tient à garder la tête froide, à faire notre propre truc. Du coup la décision de chanter en chœur, c’est très personnel. C’est une façon de nous réimpliquer dans la musique, entre sept personnes qui se connaissent quand même depuis très longtemps et qui veulent rester connectées. Ça nous implique dans le spectacle, ça nous fait sortir de notre rôle individuel. Sur scène, c’est facile d’être trop préoccupé par son seul instrument, et chanter ça nous aide un peu à combattre ça. Être tous tournés vers le centre de la scène, faire un pas ou deux vers le micro... Ça joue beaucoup dans l’implication de chacun dans le groupe.
Ça vous pèse qu’on vous rattache systématiquement à la scène de Montréal ?
Pour nous les enjeux ont toujours été les mêmes. Ce qui est le plus important, c’est tout ce que nous faisons en arrière-scène, notre fonctionnement en autogestion et tout le reste. Si je prends un peu de distance avec quelques groupes montréalais plus récents, c’est à ce niveau-là. Par exemple Arcade Fire, c’est un groupe qui a pris des décisions que je ne défends pas du tout, qui vont dans le sens de l’industrie musicale. C’est un groupe qui a des préoccupations très différentes de nous au niveau des enjeux, de la création... On ne se trouve pas beaucoup de points communs avec eux. Mais là on parle de perspectives de carrière très différentes. Pour tous les membres de Mt. Zion, il a toujours été très important de ne pas tout mettre dans le même projet, le même groupe. Parce qu’on trouve qu’il est plus sain et plus humain, comme artiste, d’avoir des envies diverses. Et c’est la même chose au niveau économique. C’est ça qui est important, d’avoir une diversité de choix. (...) Dans Mt. Zion, tout le monde joue dans d’autres groupes, moi je travaille au label, certains dans des studios d’enregistrement. Je pense qu’à partir du moment ou tu décides de gagner ta vie avec un groupe, ça mène à des décisions qui finissent par être un problème. Parce que, de plus en plus, un musicien ne vit pas avec les ventes de disques : il vit avec les licences, les musiques de pubs, les musiques de films, la télé... Tout ça on le nie. Si tu décides de te limiter aux concerts et à la vente de disques, il y’a des limites qui s’imposent d’elles mêmes. Y’a donc beaucoup de choses qu’on ne fait pas en tant que label, et le groupe appuie cette attitude. Avec Silver Mt. Zion, on est chanceux quand on vend 20000 exemplaires [1] d’un disque, donc c’est pas ça qui va nous faire vivre.
La protestation commence là, en choisissant l’autogestion dans tous les domaines ?
Dans un sens oui. Pour moi c’est sûr, en tant que cofondateur du label. On n’avait pas de manifeste au début, mais déjà une analyse. Pas seulement de l’industrie musicale, mais de la vie en général. Et puis de l’échange, de notre rôle. Ce débat sur l’autonomie est plus évident en France, mais en Amérique du Nord ça ne l’est pas du tout, même s’il y a une très belle tradition de protestation au sein des arts. Dans ce sens là, l’industrie musicale est vraiment une faillite depuis dix ans. Il y’a plus de groupes que jamais qui accèdent à un certain niveau, qui ont la chance de faire des tournées, qui vendent des disques, qui trouvent un public... Mais nous, nous trouvons qu’il y a de moins en moins de groupe qui sont dédiés à cet enjeu, qui devrait pourtant être évident pour tout le monde...

Vu d’Europe, on n’a pas l’impression de faire mieux...
Je ne suis pas idéaliste pour l’Europe non plus, mais au moins ici, dans la presse et dans le discours qui circule au sujet des arts, il y a un peu plus de sens... En Amérique du Nord, quand on parle de la musique, populaire mais aussi « indépendante », il n’y a presque jamais de contexte. C’est vraiment une course de chevaux, on est juste intéressé par celui qui réussit. C’est comme un sport. Je suis sûr qu’en France vous avez aussi ces problèmes, mais je vois sur les sites que les gens sont plus engagés. Ce n’est pas qu’un business. Y’a une petite différence. (...) Pour les points positifs, s’il faut le dire, en Amérique du Nord il y a un esprit entrepreneur qui concerne aussi l’économie indépendante et autonome. Donc les structures qui durent sont très solides. Et puis il y a l’histoire aussi. Tout a commencé dans les années 80 avec des labels américains comme Dischord, Touch&Go ou Simple Machines, qui n’existe plus. C’était des gens qui, en même temps qu’ils éditaient des sept-pouces, ont écrit des pamphlets pour expliquer comment sortir soi-même son album. (...) On prend ça comme une fierté et je suis fier dans ce sens de l’histoire de notre indy rock, parce que c’est une histoire autonome qui permet à chacun de définir son engagement et ses moyens. Par exemple en limitant son action au local, aux gens proches de soi, à une échelle humaine. C’est l’une des raisons pour lesquelles Constellation travaille presque exclusivement avec des groupes montréalais ou de la région. En dix ans, on n’a jamais signé un contrat, et jusqu’à présent aucun groupe n’a quitté Constellation pour partir sur un plus grand label. Ça c’est très satisfaisant.
Tu parlais de Dischord, c’était un modèle quand vous avez créé Constellation ?
Dischord c’était une inspiration. Un modèle... Je ne sais pas, parce qu’avec Constellation on n’a pas étudié le marché avant de se lancer. On ne savait absolument rien sur la distribution et tout le reste... On a commencé avec des petits tirages faits à la main dans nos chambres, et on s’est dit que si ça marchait on se lancerait vraiment. À ce moment-là, Dischord et Fugazi c’était une inspiration. Dischord avait déjà dix ans... Eux aussi appuient avant tout les groupes de leur région, et on pense que c’est un modèle sain. On peut parler de toute sorte de bien, de n’importe quelle industrie, je pense que le modèle pour le futur doit être de plus en plus local, avec des réinvestissements locaux. C’est quelque chose que Constellation a toujours fait, avec l’appui des musiciens. Godspeed en particulier... Plusieurs des membres ont versé tout ce qu’il ont gagné avec ce groupe dans d’autres projets autonomes à Montréal - des salles de spectacle ou des studios d’enregistrement. Je pense que si tu travailles dans cette dimension locale, tu inspires d’autres gens et ça crée un réseau qui se supporte dans ta ville ou ta région. Alors que si un groupe qui fonctionne dans son coin se met à gagner de l’argent, ça ne bénéficie qu’à quatre personnes... Et comme elles sont occupées avec la prochaine tournée, le prochain album, leur contrat, leur avocat et tout le reste, ça devient une richesse privée. Ce n’est pas quelque chose qui nous intéresse... Par contre on reste réalistes avec l’argent, on sait qu’il faut payer le loyer, etc. Et puis Constellation c’est aussi un groupe de trentenaires aujourd’hui... On ne vit pas collectivement, mais chacun a fait des choix assez tôt dans sa vie. Et on vieillit, donc on va voir comment nous allons changer, avec les enfants et tout le reste. Mais je pense qu’après dix ans nous avons des principes en place et qu’on n’aura pas d’arrangements à faire avec notre choix de vie.
The Ex m’a scotché. J’ai un respect incroyable pour ce groupe. On les a rencontrés, on a joué avec eux quelques fois... Ils ont fait des choix que je trouve fascinants, notamment celui de partir en Éthiopie pour faire de la musique. Ce sont des musiciens incroyables et des modèles absolus, et c’est rassurant de savoir qu’il y a des gens qui ont 10 ou 15 ans de plus que nous et qui agissent comme ils le font. On a beaucoup en commun. Mais ce qui est différent pour nous aujourd’hui, comparativement à The Ex ou même Fugazi, c’est qu’il devient de moins en moins évident de gagner un peu d’argent avec des disques. Ça a beaucoup changé. Au début, la crise du disque c’était pour les majors... mais depuis deux ou trois ans, je dirais que c’est une crise pour tout le monde. Ça devient de plus en plus difficile. On ne parle pas de gros chiffres, mais même à notre petit niveau c’est dur de convaincre la nouvelle génération des iPod et des mp3 qu’il faut faire un choix conscient, acheter un disque ou deux de temps en temps. Faire des choix en tant que consommateur. Je pense que c’est quelque chose que Fugazi et The Ex n’ont pas connu. Ils ont commencé pendant des années glorieuses, les années 80 et 90, où les labels indépendants et les autoproduits se vendaient tranquillement. On ne se plaint pas pour autant, on vend toujours des disques, mais à Constellation on a vu depuis deux ans à quel point il est dur de capter l’attention de quelqu’un, de vendre juste 2000 ou 3000 copies... Notre fonctionnement est tel que si on vend 3000 ou 4000 disques, on fait un peu de bénéfices pour les artistes, mais dans ce cas là on ne peut pas mettre d’argent dans la promotion. En France par exemple, une pub dans Magic ça coûte 600 ou 800 euros [au moins !], donc le budget est vite épuisé. Le bouche à oreille est plus essentiel que jamais pour nous. Heureusement qu’en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord, où on vend 95% de nos disques, il y a des gens qui comprennent cet enjeu-là et font le choix de supporter des groupes qui défendent des valeurs d’indépendance.
Je ne sais pas si c’était conscient au début de Constellation, mais le fait de vendre des digipacks très travaillés ça va dans ce sens non ? Faire un objet que les gens ont envie de posséder parce qu’il est beau.
Ce n’était pas du tout un calcul marketing, vraiment pas. Moi et Don, l’autre cofondateur de Constellation, nous préférons les vinyles pour toutes sortes de raisons, audio et artistiques. Graphiquement, avoir un canevas de 12 pouces par 12 pouces c’est chouette déjà ! On a donc reproduit cet esprit pour les CD. Mais aujourd’hui... On a beaucoup pensé à cette question du fétichisme de l’objet, mais aussi au gaspillage du papier, face à un système d’échanges numériques qui dans un sens est meilleur.
Pour les majors qui font des millions d’exemplaires, moi je préfère que tout ça soit livré numériquement. Ça sauve beaucoup beaucoup de plastique et beaucoup beaucoup de papier. Pour nous, comme on l’a dit en 1997 quand on a commencé, si on garde une échelle humaine, si nos enjeux déterminent que nous ne ferons jamais de surproduction, que nous serons toujours contents avec des petits tirages, on pense que l’objet lui-même peut rompre ce cycle de surconsommation facile... Mon analyse à moi, c’est que dans tout ce qui est digital, si l’objet est bien fait, s’il a du caractère et qu’on en fait pas trop, juste pour quelques milliers de personnes qui s’y intéressent vraiment, ces personnes peuvent créer une rupture dans la consommation, en inspirer d’autres. On espère également que ça peut amener des gens à passer du temps avec nos disques. L’un des problèmes avec la musique aujourd’hui, je pense, c’est que tout doit être immédiat. Même si tu as un groupe indé qui fait de la musique intéressante, tu dois absolument avoir le single qui accroche ! Même s’il ne sera pas joué à la radio, ni même sur les college radios ! Tu dois avoir un morceau snappy et dansant ou je ne sais pas quoi... Le single avec un truc pour accrocher les gens, parce qu’ils ne lui donneront qu’une seule chance et ne prendront pas le temps d’explorer l’album entier. On essaye de construire autre chose. J’ai découvert des albums en m’asseyant devant ma chaîne, sans faire cinq choses en même temps, juste en écoutant le travail de quelqu’un. C’est ce qui nous intéresse : essayer de créer un contexte qui inspire celui qui a acheté un disque de Constellation, qui va lui faire prendre le temps de laisser l’album grandir en lui. Prendre le temps de décider s’il l’aime ou pas en l’écoutant plusieurs fois, de préférence sur une chaine stéréo et pas devant un ordinateur pendant un chat. On compte sur des gens qui tiennent autant que nous à ça... À cette chose incroyable qu’est l’immersion dans un album. C’est vraiment un truc particulier.
Du coup comment vous vous situez face au P2P, où les albums ne s’échangent pas toujours entiers et où l’objet disparaît au passage ?
Je n’ai rien contre l’échange gratuit, dans le sens où je faisais la même chose quand j’étais ado. J’ai fait des compilations pour des amis, j’ai copié ma collection de disques pour partager. Je ne demande pas à chacun de payer pour écouter un disque. Même plus que ça : allez découvrir tout ça gratuitement ! Mais à un moment il faut choisir son mode de consommation, prendre le temps de s’informer sur les modes de production des labels, les différences entre Constellation, par exemple, et Sub Pop... Il y a beaucoup de différences entre nos enjeux, la façon dont on travaille. Mais à côté de ça échangez la musique, c’est un bénéfice pour tout le monde ! C’est génial que les kids d’aujourd’hui puissent écouter autant de musiques intéressantes et très expérimentales, les essayer. C’est à eux ensuite de choisir un système d’échange avec lequel ils sont confortables...
C’est à dire ?
Au niveau économique, si on décide que tout doit être numérique et virtuel, c’est la défaite. Parce qu’on sait très bien que ce sont les grandes multinationales qui contrôlent les plateformes d’achat en ligne. Donc ça va finir en système de souscription, comme le câble. C’est à dire que les majors vont avoir une part de chaque fichier échangé, et c’est une des raisons pour lesquelles nous ne mettons pas nos morceaux en vente sur iTunes, ni sur les autres grandes plateformes, même si elles vendent beaucoup. Tout ce qui les intéresse c’est d’avoir un catalogue toujours plus vaste, elles se foutent de ce qu’elles vendent tant qu’elles en touchent une partie. Si on est engagé dans la défense d’une alternative face à cette sorte de centralisation, alors il faut réfléchir plus localement. (...) C’est sûr que les disques qu’on vend en Europe, on les envoie à travers l’Atlantique d’une façon ou d’une autre et que ça dépense de l’énergie. Mais c’est encore à un niveau limité, un petit tirage. Le principe du « je veux que ma musique soit écoutée par autant de gens que possible » n’est pas une finalité pour nous. On doit se fixer des limites, et elles sont souvent économiques. Et donc, créer une alternative au tout accessible en permanence et immédiatement, c’est aussi une nécessité. Dans le même sens qu’on prête attention aux dépenses d’énergie ou à l’agrobusiness. C’est le même genre de problème, et le même genre de choix à faire. Et à la fin ça demande la même foi dans la consommation raisonnée... Nous savons que nous serons toujours dans la minorité, mais chacun peut faire une petite contribution en diffusant cette prise de conscience.













































Ian Ilavsky, 10 ans de Constellation
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11 mai 2007, par anonyme comme il se doigt
RE : Ian Ilavsky, 10 ans de Constellation
Merci pour cette interview, trs significative des problmatiques que connat la musique en ce moment.
Julien.
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13 mai 2007, par Julien
Ian Ilavsky, 10 ans de Constellation
oh
quelle belle interview
ca fait du bien, vraiment, un discours aussi cohrent et engag - et mister barney fait une belle entre, non ? la musique reste forte
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16 mai 2007, par vincent moon
RE : Ian Ilavsky, 10 ans de Constellation
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16 mai 2007, par DJ Barney
Ian Ilavsky, 10 ans de Constellation
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19 mai 2007, par un courageux anonyme
Ian Ilavsky, 10 ans de Constellation
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23 mai 2007, par waheu
Ian Ilavsky, 10 ans de Constellation
Une tourne franaise gnial, pour moi qui viens seulement de les dcouvrir cette occasion.
L’interview est en tout cas super intressante !
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28 mai 2007, par Neige