#25 Guillemots

Comment fait on tenir des morceaux qui débordent, un chanteur ultra-charismatique, deux saxos, une contrebasse et une machine à écrire dans une ruelle parisienne ? Les Guillemots ont trouvé tout de suite. Et Vincent Moon profite de ce concert anniversaire pour faire un point.
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Et si les Guillemots, c’était tout simplement le meilleur Concert à Emporter que l’on ait fait ?

C’est ce que m’a soufflé Chryde hier soir, au milieu d’une bouteille de beaujolais bien entamée. Et je crois qu’il avait un peu raison. Il venait de passer une heure à regarder et re-regarder les vidéos, pour choisir lesquelles seraient les deux que l’on mettrait en ligne - on en avait tourné 4, en l’espace d’une heure, je sais plus trop comment d’ailleurs.

J’ai envie de dire plusieurs choses sur ces vidéos aujourd’hui, un peu en vrac. On est arrivés tout de même, déjà, au numéro 25, et on a tous bien besoin de prendre un peu de recul, pour jeter un regard un peu plus distant sur un projet qui questionne, je l’espère pour vous aussi, notre rapport aux images.

Tout d’abord, on a pensé ce podcast vidéo depuis le début comme devant être vu sur écran portable, dans la rue, dans le métro, en extérieur. C’était un peu gadget pour moi, mais je m’amusais en me persuadant que cela marchait moins bien sur un écran large, que l’attention focalisée sur une action somme toute anodine se lassait assez rapidement dans ce contexte là, et que ces séquences assez courtes se regardaient bien mieux sur un iPod. A vrai dire, je n’ai un iPod vidéo que depuis 3 jours, ce qui m’a permis de tester ces idées un peu vite énoncées.

#25.1 - MADE-UP LOVE SONG #43

Réal : Vincent Moon

Tourné à Paris, 2006

CAE - #25.1 - Guillemots - MADE-UP LOVE SONG #43

Effectivement, presque à ma grande surprise, je me suis aperçu que le plaisir pris à voir ces vidéos n’en était que plus grand lorsque on les voit dans le contexte même de leur création - l’urbain, la rue - le son du métro et des paroles autour se mêlant aux sons des vidéos, le tout nouant un lien étonnant et assez magique, la frontière devenant subitement floue - donc excitante.

- le regard s’accommode parfaitement, sur des petits écrans transportables, de cette attention diffuse (on se fait bousculer dans la foule des transports, on lâche parfois l’écran pour balader ses yeux aux alentours, on sent la présence de regards autour de nous) et courte (une séquence de 5 minutes comme une drogue, un shoot direct dans les yeux, j’espère que l’on prescrira bientôt les Concerts à Emporter contre la désublimation dont nous faisons l’objet).

- le principe du plan-séquence est une donnée forte pour retranscrire ces moments là (un sentiment de vérité émanant, évident) tandis qu’un montage trop découpée fait douter sur la ’réalité’ des événements que l’on a sous les yeux (jetez donc un oeil sur l’affreuse vidéo des Hushpuppies jouant devant l’opéra, on n’y croit pas une seconde - peut-être parce qu’elle reproduit à l’identique la forme télévisuelle, la monoforme que dénonçait Watkins ?). Car il est bien affaire de croyance, oui, de croire en cette réalité banale soulevée non pas vers une version "fictive" mais bien vers une version rêvée que l’on peut atteindre (j’espère bien que ce projet donnera des idées à chacun de se ré-approprier l’espace public à sa façon).

- le peu de mise en scène, le maximum d’improvisation, la prise unique (la prise de risque) et l’ouverture à l’accident du réel crée l’émotion, toujours sur un fil, miracle rare qui, lorsqu’il surgit (cette annonce vocale lorsque Doveman se met au piano, la chef de station qui m’interdit de filmer Dean et Britta, ces feuilles d’automne qui semblent irrémédiablement attirées par les Guillemots...) a le don de me faire croire un peu plus à l’idée de sublimation du réel (Bernard S, are you around ?).

- la base de ce projet, surtout, c’est de pousser des musiciens à réaliser des chose qu’ils n’oseraient pas faire habituellement - et la camera est là pour les persuader de le faire. Or la camera est juste un artefact, une excuse, pour enclencher des actions. Ensuite, l’action démarrée, la camera enregistre ce qu’elle a provoqué, simplement. Je ne suis qu’un passant, parfois un passeur, avec un peu de chance.

On débute. On pose les premières pierres. On construit, qui sait, une façon de se comporter dans le monde de demain ? C’est en tout cas diablement excitant, et je remercie tous ceux qui chaque semaine me disent que ces petites images en mouvement leur apportent du bonheur.

Merci tout spécialement à Gil Savoy, notre preneur de son qui a superbement assuré sur cette session.

#25.2 - ANNIE LET’S NOT WAIT

Réal : Vincent Moon

Tourné à Paris, 2006

CAE - #25.1 - Guillemots - ANNIE LET’S NOT WAIT

Voilà, alors les Guillemots, c’est tellement évident après ça, que dire... Y’a Fyfe Dangerfield, son nom de détraqué et sa gueule d’ange, Mc Lord Magrao le guitariste brésilien qui s’est reconverti en dactylo de luxe, Rican Caol qui sait qu’un bon batteur est un mec qui tape partout, et Aristazabal Hawkes, dont l’entrée musicale à la contrebasse sur ’Annie Let’s not Wait’ me fout des frissons à chaque fois. Sans oublier les cuivres qui savent se faire oublier pour mieux surprendre leur monde.

Oui, je crois bien que les Guillemots, c’est le meilleur Concert à Emporter. Pas mon preféré, mais tout est là, non ?

le 20 novembre 2006 par
commentaires •

> #25 - Guillemots

Toujours du frisson ! Ce qui manque ma ville, c’est les concerts emporter...

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20 novembre 2006, par un courageux anonyme

RE : > #25 - Guillemots

Je ne suis pas afficionnado, mais j’ai souvent eu des bonnes surprises. Votre format et les choix des endroits sont trés souvent judicieux. Là n plus je découvre ce groupe qui apparemment a voulu jouer le jeu à fond préparant de ci delà des interventions que peut-être il ne pratique pas sur scène. (je pense à la machine à écrire). Les deux chansons sont chouettes, l’arrivée des instruments sur la première est judicieuse. Bon point aussi à la scie musicale sur la deuxième et au plantage sur l’intervention des cuivres qu’on apperçoit se réaccorder dans la foulée...c’est ça aussi qui fait du bien, la chanson est là, on se fait plaisir...Ah oui trés belle feulles mortes au démarrage du deuxième clip...bonne vie aux concerts à emporter...faut que je m’abonne ?

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29 juillet 2008, par Arnaud

> #25 - Guillemots

je retrouve toute la magie de ce samedi aprs-midi pass avec vous et les Guillemots, un grand merci vous deux, et plein de bises. (j’ai hte de dcouvrir les autres !!!)

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20 novembre 2006, par lara

> #25 - Guillemots

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20 novembre 2006, par socraticofritz

> #25 - Guillemots

l’enthousiasme me faire faire les plus belles fautes dsol lol

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20 novembre 2006, par socraticofritz

> #25 - Guillemots

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20 novembre 2006, par lilou

> #25 - Guillemots

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20 novembre 2006, par Tycho Brahe / Geoffroy

> #25 - Guillemots

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20 novembre 2006, par progosk

> #25 - Guillemots

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20 novembre 2006, par Kanevera

> #25 - Guillemots

j’ai pas attendu la prescription du mdecin pour me shooter au concerts emporter !! merci les gars et keep it up.. Les Guillemots est pour moi le 2me meilleur (aprs Herman Dne) ! spciale ddicace au expressions franaises de Fyfe Dangerfield "l’amour c’est comme une grande chatte noire.." Gainsbourg aurait pas fait mieux ! et Annie let’s no wait, quelle putain d’ambiance dans la rue ! (vous les avez recruts les "clappeurs de hands" ?) a vous dirait pas de faire des concerts emporter Toulouse ?...un complexe de plus par rapport aux parisiens :(

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20 novembre 2006, par Kadi

> #25 - Guillemots

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20 novembre 2006, par manur

> #25 - Guillemots

les couleurs de Annie Let’s not wait sont incroyables. On dirait un Chagall.

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20 novembre 2006, par david

> #25 - Guillemots

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22 novembre 2006, par jess

> #25 - Guillemots

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22 novembre 2006, par davnat

Guillemots

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11 janvier 2007, par emmanuel

Guillemots

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2 mai 2007, par The Gostins

Guillemots

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3 mai 2007, par Thalma

An american’s Point of View

HOOOSHA ! This is MARVOLOUS !!I LOVE IT !!Thank you for bringing good music to the states. ...see americans CAN enjoy good music..we don’t all love rap.

line.

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22 mai 2007, par un courageux anonyme

Guillemots

D’abord cette session prend aux trippes, lorsqu’il est seul dans cette cour d’immeuble, puis elle nous surprend lorsqu’apparait dans les escaliers les autres musiciens et faire prendre une autre dimension tout aussi magnifique une vrai russite !!

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12 septembre 2007, par Dyorama

Guillemots

D’abord cette session prend aux trippes, lorsqu’il est seul dans cette cour d’immeuble, puis elle nous surprend lorsqu’apparait dans les escaliers les autres musiciens et faire prendre une autre dimension tout aussi magnifique ; une vrai russite !!

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12 septembre 2007, par Dyorama

Guillemots

Là je suis sur le cul, non pas tant par les vidéos, que par ce que Vincent écrit à propos de ce concept. Ce mec est un manuel intello...

Il arrive à combiner la théorie et la pratique, il fait ce qu’il dit ,il dit ce qu’il fait.. Et nous on est là, on lit ça, et on apprends, on sort de là un peu moins idiot...

Tout le contraire de la frime de l’artisssssssssssste qui se la pète. Une simplicité, une transaprence.. Merci , plus que toutes les musiques, cette posture laisse à espèrer que tout n’est pas foutu !!

Encore Merci pour tout

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28 mars 2009, par André

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