Gil et Curtis

Aujourd’hui c’est fête. J’ai reçu un disque que je n’attendais pas aussi vite. Bridges (77) n’est pas l’album le plus connu du duo Gil Scott-Heron - Brian Jackson, il contient pourtant l’excellent We almost lost Detroit, évocation d’un accident de central nucléaire dans le Michigan en 1966.

It stands out on the highway /

like a creature from another time /

It inspires the babies’ questions (What’s that ?) /

For their mothers as they ride

Ce n’est pas ce morceau que j’ai choisi, qu’on peut trouver sur les bonnes compilations, mais Song of the wind et sa soul capiteuse matinée de Jazz. Enveloppé de sa voix chaleureuse de conteur concerné, on laisse Gil Scott-Heron parler du vent porteur de messages, qu’anime le mouvement des peaux de tambours. Le pont de ce morceau, sur You alone have been to Africa to hear the rythm of the drum, and at the same time in America you greet the morning sun donne son titre à l’album et il vous restera longtemps en tête.

Bridges m’a donné envie de vous ressortir la douceur d’un autre commentateur acide de la société américaine. Curtis Mayfield enrobe de la musique la plus charmeuse qui soit des inquiétudes insoupçonnées tant il les chante d’une voix d’ange. Sur (There’s no place like) america Today (titre ironique, il suffit de regarder la pochette) se trouve le fragile Blue monday people, qui parle des gens. Et qui nous touche sans qu’on en comprenne plus.

le 28 avril 2005 par JPareil

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