
Forest Fire, l’affaire du siècle
Cela commence sans chichi, un accord folk sur une première guitare, une deuxième tintinnabulant à l’arrière. La chanson s’appelle ’I make Windows’ et on pourrait la croire sortie de vieilles archives, enregistrée par les Stones un soir de paresse, sur un vieux canapé pourri, après une session d’enregistrements d’Exile on Main Street. Il y a dans cette chanson d’intro une nonchalance générale, un sentiment de liberté et d’insouciance qu’on croirait difficilement possible aujourd’hui. Un morceau sans contrainte, pris au vol, chacun souriant et fermant les yeux après avoir chanté sa part.
’I make Windows’ ouvre Survival, premier album officiel du groupe Forest Fire. Un album qu’on ne trouvera pas en magasin, qui sera probablement ignoré par la plupart des médias. Il a été publié par CatBird Records, le label du blog Catbirdseat. Il a une politique simple : des tirages confidentiels, de beaux objets, et le plus souvent, de grands disques. Survival en fait partie.
C’est le genre de disque à vous donner envie d’acheter une platine vinyle, à vous pousser à chercher les craquements, les couleurs passées sur les photos du groupe. Sans être passéiste ou parodique, ni faire dans l’hommage ronflant, il nous renvoie à une époque bénie, où l’on décidait de se lancer dans un morceau en fonction des amis qui passaient, s’en foutant d’avoir un ou trois micros, en poussant les cannettes en désordre sur la table et s’asseyant sur les lits.

C’est un disque touffu, au son riche, dont on a du mal à s’ennuyer. Passé ’I make Windows’, on aura droit à ’Fortune Teller’, un morceau rageur, entêté, annonné, soliloque colérique appuyé par des accords comme des idées qu’on a du mal à chasser. Puis ’Sunshine City’, légèreté ébahie, éclaircie émerveillée cernée par des orages ronflants de guitares.
Toute la richesse de ’Survival’ est résumée en deux morceaux, en milieu de disque. ’Promise’ est un soir enfumé dans le Lower East Side, cordes narcotiques et velvetiennes entraînant une caisse claire dans leur dérive, éruptions violentes de saxophone, un chant qui n’en est pas un, phrases déclamées comme des manifestes, qui n’auront que deux minutes à vivre : ’Promise’ est coupée brutalement par ’Echoes Coming’, clairière au son boisé, ballade hippie engourdie pour soleil couchant.
C’est un disque que vous pouvez télécharger gratuitement sur à peu près toutes les plateformes existantes, que vous pouvez commander en CD pour moins de 5 euros port compris. C’est une putain d’affaire, pour un disque qui vous donnera envie d’acheter une nouvelle chaîne hifi et vous persuadera qu’en 2008, on peut encore se prendre de belles baffes par des groupes inconnus.












































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15 septembre, par Roots
RE : Forest Fire, l’affaire du siècle
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16 septembre, par Cécile
Forest Fire, l’affaire du siècle
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16 septembre, par pop hip
RE : Forest Fire, l’affaire du siècle
Me priver d un demi pour de la musique ! Jamais ! La pop passe apres la biere.
Ecoutez le disk de zach hill !
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16 septembre, par Guilo
Forest Fire, l’affaire du siècle
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18 septembre, par Olga
Forest Fire, l’affaire du siècle
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30 septembre, par arbobo