Fatal Error

Il n’y a pas que la pop musique dans la vie. Il y a aussi toutes les musiques qui font peur, la tendance électro-bruitiste, ces concerts qui ont lieu dans des hangars réaffectés à la création post-industrielle. Et puis il y a les dance-floors couverts de sueur et de miettes de produits chimiques. Parfois (rarement) des musiciens tentent le grand écart entre les deux ; c’est encore plus rare quand c’est réussi, mais le résultat peut être grandiose. Prenez Smith n Hack. Un premier LP, Tribute, sorti en 2001 : succès immédiat pour ces 12 titres qui réalisent un mash-up minimal mais ultra efficace de samples empruntés à l’idole funk Hamilton Bohannon. “To Our Disco Friends” devient l’étape incontournable de toute soirée où ça danse. On se renseigne sur les auteurs du coup de maître : il s’agit du duo formé par Errorsmith et Soundhack, deux activistes de la foisonnante scène berlinoise, et auteurs respectivement de 2 excellents LPs (Errorsmith 1 et 2) et EPs (Soundhack 1 et 2).

Quand ils jouent chacun dans leur chambre, Soundhack est plutôt disco-funk, et Errorsmith plus barré expé, mais quand ils décident de mettre en commun leurs collections de Big Jim, tous les enfants du quartier ont envie d’être leurs amis. Vient donc un second maxi réalisé en commun, Pacemaker, et puis cette sélection signée Errorsmith de titres enregistrés live : Near Disco Dawn. En apparence, la technique est toujours la même : passer la disco-funk à la gégène pour lui faire avouer ce qu’elle n’a jamais voulu dire. Le son est aussi tranchant que celui de Smith’n’Hack, mais l’atmosphère est beaucoup plus sombre et délétère. “In a Sweat” ouvre le bal des maudits sur une pseudo montée acide qui ne mène nulle part - ou alors : quelque part entre la musique d’un film d’horreur de série Z (à la fois mortellement sérieux et parfaitement stupide) et le tube pour club de l’Interzone. En un sens, c’est monstrueux - mais aussi fascinant que les freaks de Tod Browning.

le 21 février 2005 par Fandor
commentaires •

> Fatal Error

Des terroristes du groove réduit à sa plus méchante expression, electropunk décharné, obsedant, alienant, à checker !

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21 février 2005, par Redhotcar

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