Emily Jane White, une infidélité du moment

Les piédestaux et les statues élevées bien haut sur des colonnes sont faits pour vaciller tôt ou tard, l’usure du temps ou un séisme en responsables de ces déchéances, progressives ou brutales. Les disques qui sortent de (presque) nulle part et qui ébranlent des certitudes, à force de coups discrets mais efficaces, sont rares et d’autant plus louables quand ils suppléent les idoles en déclin.

Ainsi Emily Jane White et ses façons troublantes de Cat Power, mimétisme et faux airs de "Myra Lee" ou "Dear Sir" (ces disques indépassables dans l’esprit comme dans les formes) : dépouillement, meurtrissures, pianos ou guitares tourmentées, de singulières manières de briser les rythmes quand le ton s’élève et d’autres atouts charmants qui feraient douter de la fidélité un jour promise à Chan… "Dark Undercoat" (Talitres/Differ-Ant) ou un minimalisme folk-rock mieux produit et plus distingué, du Sodastream dans le maniement du violoncelle et du Mazzy Star dans le paysage : l’écriture est sobre, riche et la belle est fréquentable, si l’on se fie aux échos bienveillants. L’apitoiement étant justement un tort critique (et un critère personnel de dévotion) on se raccroche avec mauvaise foi aux défauts minuscules ou négligeables, comme ce chant trop propre qui ne tirera pas de larmes, pour s’éviter un plongeon fatal corps et âmes.

Le jugement évoluera sûrement, mais sur l’instant la marque des doigts dans les chairs s’incruste profondément : la claque est belle mais on ne tend pas l’autre joue de peur de devenir masochiste et sans contrôle. Attendons le prochain album pour la conversion définitive…

le 17 avril 2008 par Rockoh
commentaires •

Emily Jane White, une infidélité du moment

Tiens donc, encore une actrice qui se met à la chanson... Mais même avec un pseudo, on t’a reconnu Mathilde Seigner !

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17 avril, par Pete Thornton

Emily Jane White, une infidélité du moment

Merci pour la découverte, ca me donne envie d’aller la voir au point FMR ! :)

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18 avril, par Davidous

RE : Emily Jane White, une infidélité du moment

Surtout que ce soir là, y’a My Brightest Diamond dont le nouvel album est un peu un truc de fou quand même....

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18 avril, par Garrincha

Emily Jane White, une infidélité du moment

très bon. magnifique découverte. 2008 sera sans nul doute marquée par cet album. émotion, pureté, candeur, délicates mélodies, piano. un prochain concert à emporter et conserver et savourer, consacré à emily jane serait un pur bonheur.

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21 avril, par bro’

RE : Emily Jane White, une infidélité du moment

Il a été tourné, à San Francsico. Mise en ligne prochaine !

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22 avril, par Chryde

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