#15 Elysian Fields
Doveman l’avait dit : pour comprendre Elysian Fields, il faut voir leur appartement. Alors, Vincent Moon est allé filmer Jennifer Charles chez elle. Elle a chanté en Français dans son salon surchargé, sussuré des mots d’amour sur les toits de Brooklyn. Pure douceur.
Première vidéo extraite des New Yorkers Documents

L’après midi touchait à sa fin, on venait de terminer une superbe session vidéo avec Thomas ’Doveman’ Bartlett dans l’usine de pianos Steinway, au fin fond du Queens, à faire les cons en essayant tous les pianos même pas terminés, et en rentrant vers Brooklyn, coincé dans le coffre de sa voiture toute déglinguée, il me précise à quel point l’appartement de Jennifer, anciennement ’appartement de Jennifer Charles et Oren Bloedow’, était le point névralgique de l’univers Elysian Fields. "You’ll see the place, and you’ll understand".
8pm tout juste, et à peine entré chez Jennifer, elle m’offre ce charmant cadeau, un t-shirt blanc avec col en V, tout simple tout fin, presque tout pourri, sur lequel elle a inscrit, au feutre noir, ’ELYSIAN FIELDS’. Wow, la classe que je me dis, tout en trempant allègrement mes lèvres dans le mojito qu’elle venait de nous préparer, sans me rendre compte qu’au premier lavage, l’inscription déjà magique allait devenir souvenir. Oren, lui, débarque de l’aéroport dans la foulée, telle une furie rentrée d’une semaine de sexe sauvage dans la capitale française, et me saute au cou avant de sauter au cou de Jennifer - ’hey baby, you’re so sexy in that dress’, elle minaudant à tout va et jouant de sa voix et de son regard, faisant tout pour ne pas calmer les ardeurs - elle y arrive assez bien, passant la soirée à jeter ces regards embrasés et à les laisser s’échapper ailleurs, comme si de rien n’était, alors que justement tout y était. Elle part s’enfermer pendant quelques minutes dans une chambre, et en ressort dans une tenue encore plus érotique. On est prêts.
Je crois que Oren n’a pas bien compris le principe de la session vidéo, il n’a pas pris la peine de regarder les précédentes sur le net, alors c’est à Jennifer et Thomas, qui joue du piano avec eux (ainsi qu’avec Yoko Ono, c’est amusant), de le motiver - sur la fin de la soirée, il me mettra calmement mais posément la pression pour mettre un terme à ces enfantillages, refusant tout net de jouer la version tant espérée des ’Amours Perdues’, la reprise de Gainsbourg que l’on pouvait entendre à la fin de ’Sombre’, le film culte (pour les quelques personnes qui ont pu le voir) de Philippe Grandrieux, enregistrée pour la compil hommage au Serge sorti sur Tzadik et qui continue à hanter mes nuits - mais Jennifer et Oren n’ont toujours pas vu le film (et n’ont d’ailleurs toujours pas été payé pour, soit dit en passant).
#15.1 - JEZEBEL
Réal : Vincent Moon
Tourné à NYC, 2006
Tant pis pour la reprise de Gainsbourg, on aura la reprise de Piaf : c’est Thomas qui me glisse à l’oreille ’Jezebel’, ce morceau inouï de la môme que le duo new-yorkais a tendance à reprendre sur scène. J’ai envie de la voix de Jennifer, juste pour moi, je l’emmène dans les escaliers, expliquant bien à Oren et Thomas de rester dans l’appartement, et d’attendre. Seul avec elle, je presse le bouton rouge lançant l’enregistrement, moment suspendu, elle respire pour deux. Le sentiment que quelque chose passe, un ange peut-être. Son français est caressant, délicieux.
On monte ensuite sur le toit, probablement la plus belle vue sur Manhattan possible - un mur de lumières, jaillissant à la verticale, traînée déchirant l’obscurité et écrin de ce moment unique, elle susurrant presque dans l’oreille de Oren, son ancien compagnon, ’we’re in love’, le dernier morceau de leur plus récent album, comme une ultime supplique pour que tout ne s’écroule pas - et tout s’envole, Thomas tenant comme il le peut la lampe torche, Jennifer semblant dévorer du regard son ex, et tout devient trop intime, je suis presque gêné derrière ma caméra, j’essaye de me faire tout petit.
Le morceau se termine, Oren en a marre et se casse. Je reste seul avec Jennifer, le vent souffle, elle me demande de tourner comme une toupie sur moi même, je tourne, elle tourne avec moi, je manque de m’écrouler. Peut être aurais-je dû.
#15.2 - WE’RE IN LOVE
Réal : Vincent Moon
Tourné à NYC, 2006



> #15 - Elysian Fields
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11 septembre 2006, par jey
> #15 - Elysian Fields
qu’est-ce que a fait tomber amoureux...
la corografie pensante de camra pour jezebel ! le plaisir de lire ta pense s’ajoute l’exprience vraiment sensuelle de la performance.
les volcano ! j’ai aim comme moment et comme scne, leur musique j’ai eu difficult (peut-tre il faut les deguster en cd). mais l c’est presque trop parfait (lire : potentielment commerciel) comme promo...
tu continues merveiller.
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11 septembre 2006, par progosk
> #15 - Elysian Fields
Donc j’adore....
Travaillez-vous tout seul la prise de vue ?
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11 septembre 2006, par VictorH
RE : > #15 - Elysian Fields
tout d’abord merci, ca rchauffe
videmment que je travaille seul sur ces vidos (en tt cas, toute la srie new yorkaise, qui dbute, a t ralise seul), c la condition sine qua none pour crer justement cette atmosphere d’intimit... sinon, sur les prochaines vidos on bosse aussi avec un trs bon preneur de son, pour assurer ce niveau l
v ;
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11 septembre 2006, par vincent moon
RE : > #15 - Elysian Fields
J’ai lu quelque part que vous pensiez rduire au maximum les moyens utiliss (jusqu’ filmer avec un portable...).
J’imagine que c’est aussi ce dsir d’intimit ?
Ouah.. Faites attention Vincent Moon, Vous filmez des musiciens, certains risquent de vous filmer filmant des musiciens.... ;)
Bravo en tout cas... Oeuvrant dans la mme ville, je ne manquerai pas de vous saluer si je vous croise au hasard d’un concert...
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11 septembre 2006, par VictorH
> #15 - Elysian Fields
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11 septembre 2006, par bleach
RE : > #15 - Elysian Fields
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11 septembre 2006, par manur
> #15 - Elysian Fields
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12 septembre 2006, par Furax
> #15 - Elysian Fields
robert gomez vient le 30 octobre la maroquinerie en premire partie de The Dears, et personne ne doit savoir qui il est. pourtant allez couter sur son site la chanson "i went away", c’est impratif que vous en parliez, au moins vous
http://www.robertgomezmusic.com/
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13 septembre 2006, par un courageux anonyme
> #15 - Elysian Fields
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14 septembre 2006, par noemie journaux
RE : > #15 - Elysian Fields
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14 septembre 2006, par progosk
> #15 - Elysian Fields
sublime sublime sublime... Comme toujours, mme si trs diffrents.
Vincent, je t’avoue ? En plus de ton image, c’est aussi ton texte d’intro/de commentaire/de vie qui me fais frissoner chaque fois...
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16 septembre 2006, par Zeka
> #15 - Elysian Fields
Putain de grandiose ! On s’y croirait ! Lbas, juste avec eux et petites lumires des immeubles...
(Sourire de hyne).
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17 septembre 2006, par Kouka Nicoya
> #15 - Elysian Fields
En tant que fan d’Elysian Fields, je ne peux que te remercier pour cet instant de grce. J’ai copi ton article sur mon blog (en en donnant l’auteur et la provenance bien sr), histoire de le faire dcouvrir mes lecteurs. Si tu veux quand mme que je l’enlve, dis le moi... sinon je serais honore qu’il reste sur mes pages.
Quel moment magique tu as d passer !
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20 septembre 2006, par Avril
> #15 - Elysian Fields
ouah ouah... trs trs beau, toi on peut dire que tu es un chanceux et que nous sommes beaucoup qui aurions voulu tre ta place.
Mais ce qui est saisissant dans ton travail, c’est que l’motion est vraiment prsente...
encore merci
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27 septembre 2006, par Tycho Brahe
Elysian Fields
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3 mai 2007, par un courageux anonyme