Du José au bord du canal

Point Ephémère affiche complet pour la seconde scène parisienne de José Gonzalez. Un plébiscite prévisible vu l’engouement suscité par son unique album qui, depuis les trottoirs d’Oslo jusqu’aux rues valonnées de San Francisco, ne cesse de faire des adeptes. Il monte sur scène vers 22h30, seul avec sa guitare. La tête baissée, les yeux mi-clos, il égrène les meilleurs chansons de "Veneer".

Sa technique est très impressionnante : à plusieurs reprises, je cherche à ses pieds la pédale d’un sampler qui expliquerait cette impression répétée d’entendre deux guitares à la fois. Mais d’effets, le suédois n’en a pas besoin après avoir hérité d’un savoir qui remonte aux grands noms du folk anglais des années 70 (Davey Graham, John Martyn, Richard Thompson...) et auxquels il se retrouve affilié sans peut-être les connaître vraiment. Modestement, il introduit la reprise de The Knife ("Heartbeats") grâce à laquelle il a vendu plus de 200.000 disques en Angleterre, puis celle de Kylie Minogue parue sur un EP ("Hands on Your Heart") avant de finir sur le "Teardrop" de Massive Attack. A ce stade d’excellence dans l’appropriation des chansons des autres, j’en viens presque à souhaiter que son prochain album, dont il a dévoilé deux titres, soit uniquement composé de surprises du même acabit.

Rappelé, il revient, toujours aussi peu locace. Mais il n’en a pas besoin. Alors que je crois reconnaître les premiers accords de "Love Will Tear Us Apart", il conclue sur le "Smalltown Boy" de Bronski Beat, sans savoir qu’André Herman-Düne, dans un registre pas si éloigné, lui a déjà damné le pion. Sur la pointe de mes sandales, je tente de percer le secret de son jeu. Les basses sont jouées avec le pouce alors que les autres doigts composent la mélodie, conformément aux principes du finger-picking cher à Marcel Dadi.

José Gonzalez aura expédié en 40 minutes un set d’une sobriété et d’une beauté exemplaires. Un autre mystère subsite pourtant : comment fait-il pour supporter un polo à manches longues par une chaleur pareille ?

Bonus : quelques titres live chez Songs/Illinois, dont "Born in the USA" et "Hands on Your Heart" et des vidéos live chez Blender : "Heartbeats" et "Suggestions".

Photo JBeckers

le 8 mai 2006 par
commentaires •

> Du Jos au bord du canal

Je suis fan de Jos, il a un style impressionnant, a faon de chanter me fait penser celle de Nick Drake, mme si son jeu est moins complexe que les pepites de ce dernier...bref un vrai gratteur folk (avec gratte classsiqueuuh un peu comme moi au faite=) comme il en faut dans ce chien de monde ou rgnent des groupes formats teenagers de merde.

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10 mai 2006, par Insolent Verlaine

> Du Jos au bord du canal

Si il chante du Springsteen sa doit tre pas mal du tt !!! :-)

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24 mai 2006, par un courageux anonyme

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