Devo, hors d’âge

Encore un vieux groupe qui revient pour payer ses impôts ?! Devo à Villette Sonique, on pouvait s’inquiéter un peu.

Il m’a toujours semblé que le rock dans une salle, tout comme le cinéma, demande que l’on lève la tête - ou bien au moins qu’elle rencontre en droite ligne le regard des artistes sur scène. Le 3 juin dernier, dans la salle Charlie Parker de la Grande Halle de la Villette, cet axiome est contredit par une énorme structure de pylônes d’acier que l’on peut atteindre par des escaliers du même métal. C’est donc que tous les gens qui y prennent place vont être au-dessus de la scène. On peut donc craindre le pire pour ce concert de Devo ("le premier en France depuis 25 ans", dit le programme), surtout lorsqu’on a pour seul souvenir les 3 performances bordéliques de Devo Live : The Mongoloid Years.

Craintes partiellement dissipées par Marvin, power trio de Montpellier, qui, sous des influences aussi recommandables que Transam ou Salaryman, remplit assez bien son office de première partie : chauffer le public pour la suite en le bombardant de Krautrock bruyant - ils ont même réussi à me faire aimer Led Zeppelin, c’est dire... Le temps d’aller prendre une dose de nicotine dehors et me voici de retour dans ce hangar dans lequel Bird aurait sans doute refusé de jouer - la performance de Marvin a été quelque peu gâchée par le son de la batterie mixée trop en avant pour que cet effet soit signifiant.

C’est parti pour le show des mutants d’Akron et tout de suite, impossible de prendre du recul et de faire la fine bouche. Oui, c’est un vieux groupe qui chante des vieilles chansons, et pourtant, au-delà des apparences physiques de Mothersbaugh & co., l’ensemble n’a non seulement pas pris une ride mais est toujours aussi moderne trente ans après. "Uncontrolable Urge" donne toujours envie de taper du pied instantanément, Josh Freese est toujours le meilleur prétendant au titre de métronome humain (ex-aequo avec Steven Morris, il va sans dire), Bob 1 et Bob 2 sont grave au taquet, Mark Mothersbaugh beugle toujours aussi bien et pourtant, presque pas de réaction côté public (seule la fosse est concernée)... Il faut rapidement se l’avouer : ce n’est pas Devo qui est vieux, c’est son public qui n’est plus très jeune.

Au bout d’un moment, nous, old guys, sommes tous rassasiés et les hommes en t-shirt, shorts et genouillères noires quittent la scène. C’est fini ? Non, ils reviennent pour une demi-heure avec "Smart Patrol / Mr DNA" et Booji Boy vient ensuite nous porter la bonne parole de la Devolution. On ne peut que lui donner raison, il n’y a qu’à voir notre état : on venait prendre des nouvelles du vieux passé new wave et on vient de se prendre une grosse claque.

P.S. : Dans le cadre de sa stratégie d’entrisme, Devo a sorti une nouvelle version de "Whip It" dans le format d’une brosse à dents. Ca s’appelle bien sûr "Brush It".

Photos :
- Devo action figures : SansPoint

- Mark Mothersbaugh : Ollographik

le 30 juillet 2008 par Rom
commentaires •

Devo, hors d’âge et hors de prix

Ca m’avait bien tenté mais le prix m’en a dissuadé... et la crainte que ça ne soit pas bien... tant pis... j’aime pas les reformations... en tout cas je crois que c’était bien mieux que Throbbing Gristle...

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30 juillet, par Kill Me Sarah

RE : Devo, hors d’âge et hors de prix

Mais c’était bien TG !! Bon un peu rude et repoussant... Mais au moins ça remuait les entrailles.

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30 juillet, par DJB

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