Crazy est meilleur à doux tempo
Aujourd’hui, le meillleur moyen de faire parler d’un disque aux médias traditionnels, c’est de savoir le vendre un minimum sans eux, puis de les faire parler de cet incroyable et impromptu succès plutôt que de l’album. Comme si le postmodernisme était la seule posture acceptable, télé, radios et magazines adorent parler de ces albums qui se sont fait sans eux, et les louer pour ça. Ils aiment se faire doubler. Ce furent les Artic Monkeys qui se sont faits comme des grands sur le web, ce furent les Clap your hands say yeah marketés à coups de "les blogs adorent" (oui, oui).
C’est aujourd’hui Gnarls Barkley.
Même si vous n’avez pas encore entendu Crazy, vous entendrez sous peu parler des Gnarls Barkley. Et neuf fois sur dix, l’article s’ouvrira sur la même accroche : "le premier single a être entré dans les charts britanniques sur ses seuls téléchargements". La qualité de la chanson importe moins que le nouveau modèle économique qu’elle valide pour une industrie du disque qui s’accroche à la plus petite branche à sa portée. Gnarls Barkley aura montré qu’on n’a plus besoin de produire des singles CD, la belle affaire.

J’ai considéré Crazy comme cela, de prime abord. Même si Danger Mouse est derrière ce projet, je suis allé chercher le morceau comme on va se tenir au courant d’une oreille discrète de la dernièr rumeur à la mode. Et je n’ai pas vraiment accroché, tout en reconnaissant une certaine efficacité tubesque.
Mais voilà . Une vidéo sur YouTube. Gnarls Barkley interprétant Crazy à Tops of the Pops. Lentement, laissant à Cee-Lo tout le temps de poser sa voix, d’étirer les fins de mots, de donner une ampleur dramatique à son Craaaaaaaaaazyyyyeeeaaaahhhhh. Et jamais la batterie n’appuie, jamais la voix n’accélère, jamais elle ne satisfait les gamins prêts à sauter dans la fosse. Elle se satisfait de sa puissance, elle vient des tripes, l’orgue hoquète timidement et se déploie alors un grand morceau de soul. C’est ci-dessous.
Depuis, j’adore la version studio.
Allez lire l’article que le Guardian a consacré la semaine dernière à Gnarls Barkley. Il commence par une réflexion délicieusement rétrograde de Danger Mouse :
"La musique était mieux quand on était gamins. On était plus attentifs à l’époque. On avait des cassettes, et on écoutait tous les morceaux. On n’avançait pas si l’une nous gonflait. Et peu à peu, les chansons qu’on n’aimait pas devenaient nos préférées, parce que l’album devenait une personne. Il vous imprégnait. Maintenant, si les gamins n’aiment pas les premières mesures, ils sont perdus pour vous. Il faut les accrocher. Je vais vous dire : le problème, c’est le téléchargement".
Je ne sais pas si l’album de Gnarls Barkley va m’imprégner. Il n’a pas fini de télécharger.







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1er mai 2006, par enjoi
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1er mai 2006, par enjoi
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1er mai 2006, par don’t believe the hype !
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1er mai 2006, par Jean-Charles Boute en Train
RE : > Crazy est meilleur à doux tempo
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1er mai 2006, par Chryde
> Crazy est meilleur à doux tempo
It’s a grower baby !
ps : tu recois ca dans moins de 2 (mais gaffe a ton ratio sinon tu te fais gicler pronto !)
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1er mai 2006, par Jean-Charles Boute en Train
RE : > Crazy est meilleur à doux tempo
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4 mai 2006, par un courageux anonyme
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2 mai 2006, par Urariano Mota
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2 mai 2006, par Jamais Pareil
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3 mai 2006, par vincent moon
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4 mai 2006, par dfracheb.blogspot.com
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8 mai 2006, par Olivier
RE : > Crazy est meilleur à doux tempo
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8 mai 2006, par Chryde
> Crazy est meilleur à doux tempo
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26 mai 2006, par jean-yves Kerbrat