Chanson seule cherche album
La chanson seule brille suffisamment pour qu’on la remarque et qu’on achète tout un disque pour l’écouter, la réécouter. Ou bien, elle s’affiche mineure, décalée et on ne la découvre que tardivement. Cette chanson seule nous parle d’un album qui n’existe pas, qui reste à créer et dont elle serait la matrice. Deux exemples.
Ainsi du premier album d’un faux groupe nommé The Bells : escapade d’un membre régulier de formations indus (Revolting Cocks, Pigface, Ministry) dans des ballades walkeriennes où brille parfois l’ingénierie sonore de Jim O’Rourke, bref un disque aussi recommandable qu’heureusement réédité sous l’appellation "Chris Connelly and The Bells". En son milieu trône un duo orgue-voix, "No More Changing Of the Guard", chose trop singulière qui se retrouve bien souvent en transition de programme radiophonique, îlot gracieux qui en vient vite à démolir le fragile équilibre d’une compilation-bouteille à la mer - gare au moment où nous vient l’idée d’en faire profiter un(e) inconnu(e) qui attend un blogomix comme on attendait une cassette jadis. Là donc, un orgue de fond de chapelle et une voix dédoublée qui n’en est que plus seule : ce n’est pas que cette chanson soit mieux que les onze autres plages du disque, elle leur est autre, différente, étrangère, presque intouchable.
Sur mon vinyle Let There Be Rock, "Overdose" ouvre la face B d’un album où se répartissent quelques morceaux, respirations-seconds rôles qui plantent le décor pour d’autres plus amples, dits "de bravoure" qui auront plus tard leur multiples versions live de rigueur. Contrairement aux "one, two, three" et d’autres signaux introductifs donnés par le batteur, c’est une guitare qui l’introduit. A priori, elle ne présente rien qui puisse la détacher du reste de ce corpus proto-albinien : couplet-refrain-solo, scandés par une section basse-batterie-guitare rythmique (la Gretsch Jet Firebird de Malcolm Young reste scandaleusement moins remarquée que la SG du frangin) digne de n’importe quelle formation Krautrock dans sa dévotion au métronome, d’où se détachent tour à tour la gueulante écorchée de Bon Scott et les petites mains électriques de l’écolier Angus. C’est pourtant dès l’intro hors-champ que réside l’étrangeté du
morceau : à mi-parcours du disque, on entend un groupe jouer derrière la machine, de l’électricité va et vient, de l’interdépendance et les possibles failles qui vont avec, loin de l’imagerie de "maître-homme" qui caractérise le genre.
Autre signe d’étrangeté, l’apparition des arpèges dans un paysage où le riff est roi : on y entend rarement ce couple Mi / Si7 (un Si7 pas très éloigné ici d’un Si mineur) déroulée de manière si entière, sans distortion, si ce n’est dans un genre contraire qu’est la pop. Dernières bizarreries : outre sa durée (plus de 6 minutes) qui en fait la chanson la plus longue de l’album, "Overdose" fait partie de la poignée de chansons d’AC/DC qui n’ont jamais été jouées en concert.










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9 mars 2007, par SgtPepper
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9 mars 2007, par rom
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9 mars 2007, par SgtPepper
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9 mars 2007, par Zitoun
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10 mars 2007, par The little snail
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11 mars 2007, par Garrincha
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14 mars 2007, par The little snail