
Ces filles qui en font des tonnes
C’est une fille qui fait ses comptes, qui est arrivé au bout de la route, au bout de tout et qui ne demande plus qu’à solder le bilan. Qui pose ses dernières questions, qui tire ses dernières cartouches, qui veut que les choses soient bien claires. Elle dit tout ce qui lui reste sur le coeur, et sa voix n’en cesse de déborder, de lancer des phrases à rallonge qui sortent de la mesure et qui se rattrapent à la mélodie comme on se redresse de justesse.

Elle veut être bien sûr de n’avoir rien laissé de côté, mais, quand elle a épuisé tous les sujets, elle continue à fredonner. Parce que finalement, même si tout est dit, même si la route ne mène plus nulle part, elle ne peut pas se taire. Pas encore. Parce qu’il y a des conversations dont on ne voudrait jamais voir la fin. Parce qu’il est bon de se complaire un peu, quelques minutes de plus, dans ces moments d’adieux. Le moment même où se mélangent les regrets et la sensation d’une liberté nouvelle. Et en fait, c’est là qu’on la comprend le mieux : c’est ce fredonnement sans forme et dénué de mots qui parvient à dire pleinement toute la tristesse, l’amertume et la joie, l’humour chagrin et l’ironie mordante qui font chavirer cette fille sur une mer tantôt verte et tantôt bleue.
[Et “Corduroy”, ça parle de fringues mais c’est beau aussi]
Jaymay sera (en première partie d’Ed Harcourt et de The Bird & The Bee) pour le Blue Note Festival à la Maroquinerie les 3 et 5 avril prochains.







































