Canada 1, reste du monde 0

L’auteur de l’admirable weblog The Nation est au festival Primavera Sound, en Espagne. Il a eu la gentillesse d’accepter notre invitation, et vous raconte son festival au jour le jour. Premier épisode, avec les problèmes de son d’Arcade Fire, qui écrase néanmoins tout le monde.

Timide début des hostilités hier soir à Barcelone, pour la première soirée du Festival Primavera Sound. Cette année, les organisateurs ont planté leurs chapiteaux, tentes et autres baraques à churros dans le Forum, néo-quartier (toujours) en développement depuis les J.O. de 1992. Repérage des lieux en fin d’après-midi, et retrait des accréditations dans un étrange voile nuageux qui enveloppe les lieux. Ce qui frappe en premier, c’est l’architecture très particulière de l’Auditorium, bâtiment bleu métal tout droit sorti de Stargate. Ce qui frappe ensuite, c’est le côté Club Med de l’affaire. Un vrai village de vacances pop-rock, où les « G.O. weed » vous accueillent sans vergogne pour du commerce équitable bien pratique. Nous reviendrons la nuit tombée, humer l’air du bord de mer et de la programmation pléthorique du Festival.

22:15

La nuit noire est tombée sur Primavera. Premier round sur la scène Rock Delux (sic), avec les Anglais Maxïmo Park. Le quintette de Newcastle déroule sans heurt les chansons de son premier album ‘A Certain Trigger’ (sorti le 16 mai chez Warp) devant une assistance visiblement venue pour Arcade Fire. Bon élève bien rodé, poli et appliqué, Maxïmo Park peine à justifier l’emballement « top 20 » de ces derniers mois, faisant plutôt penser à une version « Podium » d’un « best-of UK rock 70-90 ». Amuse-bouche lisse, vivement Arcade Fire.

23:00

Direction le Danzka CD Drome pour jeter une oreille sur les britanniques Jesu (aka Justin Broadrick, ex-Godflesh). Boîtes à rythmes et mur de guitares sombres, on se croirait revenus en 1984, sans les douleurs adolescentes, et donc l’honnêteté en moins. Jesu hypnotisera le public pendant 10 longues minutes instrumentales, avant que celui-ci ne fuie par grappes à la première vocalise de son chanteur. Vivement Arcade Fire.

23:30

Rock Delux. Arcade Fire entame son set avec Neighborhood #1 (Tunnels). Pris à la gorge et aux tripes, je ressens enfin la puissance émotionnelle de leur cabaret-rock, qui révèle toute sa beauté vénéneuse en live. Hélas, après trois morceaux, l’édifice sonore se désagrège, et je ravale mes larmes... Heureux les 2 premiers rangs, seuls spectateurs pleinement immergés dans l’univers mélodique hanté des Canadiens. Win Butler a beau forcer son organe, le charme est momentanément rompu, malgré l’énergie délivrée par les musiciens du groupe, qui à l’instar de leurs compatriotes Broken Social Scene, se montrent excellents dans l’art d’intervertir leurs instruments. Une petite heure plus tard, Arcade Fire plie bagage sans rappel (ah, le timing infernal des festivals). Frustration d’avoir entr’aperçu les flammes, et d’avoir dû nous contenter d’une Soirée Sans Lumière. Vivement Arcade Fire. Ailleurs.

00:45

Rock Delux, légèrement dépeuplé. Place aux gloires locales Los Planetas, sorte de Death in Vegas hispanique pillant à tous les rateliers de l’ABC du rock. Insipide, limite vulgaire, Los Planetas fera beaucoup de bruit pour rien, nous poussant vers le stand crèpes, ou après une heure de queue, nous plions à notre tour bagages, pour aborder un Day 2 particulièrement alléchant (Broken Social Scene, New Order, Iggy Pop, Human League, Sole, Mercury Rev, Acid House Kings, Antony & The Johnsons et j’en passe...). Où le don d’ubiquité sera essentiel, et où nous braverons les interdits photographiques sans vergogne.

« Bona Nit », comme l’on dit ici.

le 27 mai 2005 par
commentaires •

> Canada 1, reste du monde 0

Pauvre vilain ! Au delà de leurs problème de son, les Arcade Fire sont tout simplement lessivés. C’est ce que m’avait confié leur batteur-manager à l’issue du décevant concert à l’Elysée Montmartre.

Y’a pas à dire, il fallait être au Nouveau Casino...

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27 mai 2005, par t-ry

> Canada 1, reste du monde 0

Rien à voir avec la lessive : le son était tout simplement mauvais et le public espagnol désespéprement amorphe...

Ce soir là, il y avait également et surtout Isis, qui scoth n’importe quel jesu en deux coups de manche à guitare.

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29 mai 2005, par aKa

Concerts Arcade Fire

J’étais un des heureux veinards des premiers rangs à Primavera. Wim et Regine avaient encore de la voix. Les ingénieurs son ont tout simplement merdé (ce fut également le cas pour Daniel Darc dont l’ingé son était ivre de collère sur son collègue catalan). Le set fut entamé avec Wake Up et non Neiborhood #1 ; Wake Up dont les borborygmes d’ouverture furent spontanément chantées par un public catalan chauffé à blanc et pas du tout amorphe (suis d’accord qu’ensuite les problèmes de son ont tout gaché). Par ailleurs, pas de bol pour les spectateurs de l’Elysee Montmartre. Pour leur consolation, TAF avaient donné un concert historique la veille à Bruxelles : 800 personnes figées à la fin du set, pleurant de bonheur et ouvrant une haie d’honneur aux musiciens descendus dans le parterre !

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4 juin 2005, par un courageux anonyme

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