
Black Eyed Dog, solitaire et d’exception...
C’est une conjugaison, une juxtaposition de fantasmes, de hautes espérances et, comme il est d’usage, de désillusions amères. Il est question d’amour et d’un songwriter solitaire, outrageusement doué et maudit par procuration : Fabio Parrinello, italien de trente ans, qui a pris les armes (guitares acérées en l’occurrence, d’abord) à la découverte de Nevermind, a réalisé ses rêves d’Amérique et d’Angleterre, avant de revenir s’installer en Sicile et de faire son poète loin du monde, en apaisant ses mélodies et en adoucissant ses arrangements.
En multipliant également les raisons de s’enthousiasmer et les prétextes à frissonner : en quelques chansons et au gré d’instrumentations fluctuantes (piano jazzy soft, harmonica strident, accordéon démodé, violon langoureux ou guitare folk rassurante), on se prend déjà à l’addiction, tous écrins ne servant finalement qu’une voix exceptionnelle, déjà éraillée ou douée à le prétendre, malléable à souhait et capable de tout chanter s’il le fallait, la country la plus débraillée comme le métal le plus violent.

- Black Eyed Dog - Rhaianuledada (Songs to Sissy)
En s’abritant derrière un nom de groupe, emprunté à une chanson de Nick Drake, Fabio Parrinello fait son Smog, son Palace ou son Katamine : un passeur de frissons et d’emballements nobles, d’atmosphères propres au recueillement passionné et à la génuflexion… A une différence près, majeure, l’absence d’austérité dans ses compositions. Les chansons de Rhaianuledada (Songs To Sissy) , son deuxième album, sont tristes, désabusées, fortes (ou faibles) d’un amour inconditionnel déclaré, mais luxuriantes à leurs façons. Elles pourraient inspirer de la pitié, elles forcent le respect plutôt, l’élégance et la noblesse du jeu, et elles s’offrent une redoutable ligné en comparaison : Leonard Cohen, Tom Waits, mais aussi Mark Eitzel ou même Tom Barman… Certaines ("Salina’s" et "Lazy.B", deux choix subjectifs) se permettent de la grandeur et une impressionnante hauteur de vue, une érudition propre à certains Italiens de goût (on devra un jour écrire sur les Têtes de Bois, qui reprennent judicieusement Léo Ferré), mais toutes n’ont pas ce charme et il faut, hélas avouer que l’album entier n’est pas de cet acabit, son cœur étant juste simplement très appréciable. Des promesses magnifiques en entrée, une trilogie poignante en conclusion, Black Eyed Dog devra s’exercer au centre et rafler ensuite d’autres louanges garanties…







Black Eyed Dog, solitaire et d’exception...
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24 février 2009, par Paco