Azymuth (Azimuth)

Attention je vais dire des gros mots. La semaine dernière déjà, c’était limite, mais les morceaux nous ramenaient vers le festif, le funk, le samba. Seulement voilà, Azymuth est, pleinement, un groupe de Jazz fusion. Ce sont des « musicos’ », de ces types en chemise à fleurs qu’on peut voir tripatouiller des étages de claviers dans les retransmissions télé du Festival de Jazz de Montreux. Bref, tout ce qu’aime la blogothèque.

A l’étape description je dirais qu’Azymuth c’est une rythmique efficace et aérée enrobée de nappes de claviers planants ; ce sont des vocaux éthérés retravaillés électroniquement, des envolées synthétiques dans le plus pur style Jazz fusion. Là où Azymuth se distingue, c’est par le fond de cuisson, un mix parfaitement maîtrisé de saveurs brésiliennes qui colore et aromatise subtilement une musique calibrée pour être écoutée sans efforts. Une élégante musique d’interlude entre deux flash de France Info, une bonne musique de bord de piscine, ce que vous voulez, ce n’est pas forcément une critique. A vrai dire, si je peux écouter Azymuth, je préfère de loin Azimuth.

Azimuth a été le nom du groupe le temps d’un album, le premier, sorti uniquement au Brésil sur le label de TV Globo, Som Livre [1]. Par la suite, signé par Warner (via Atlantic) et orienté vers une carrière internationale, le groupe devra changer de nom, un autre Azimuth sévissant sur le label de Jazz ECM. Ce qui rend cet album si particulier est qu’il est le résultat d’une lente maturation. Après des années passées dans l’ombre des autres, Ze Roberto, Alex, Mamão et Ariovaldo se sont sentis prêts à développer leur vision d’un mix de Jazz, de funk et de rythmes brésiliens, avec une forte prédominance des claviers. Ca n’est pas encore une formule, celle, allégée, qui leur permettra de briller sur la scène internationale des années plus tard. Les textures sonores sont amoureusement fignolées, les rythmiques merveilleusement huilées, chaque morceau, écoute après écoute, fascine par sa précision, moments de zen construits avec maniaquerie. Bien sûr cette perfection peut sembler vaine et creuse à qui n’est pas sensible au genre. Pour qui est réceptif au contraire à ce qu’on pourrait appeler de la bonne musique de salon, cet album est une réussite inusable.

Si vous le cherchez en vinyle sur le marché de l’occasion, il vous en coûtera plus de cent euros mais bonne nouvelle, il vient d’être réédité par les anglais de Far Out, l’actuel label d’Azymuth. Tous les morceaux de l’album ont en plus le droit à un léger dépoussiérage de la part de quelques remixeurs, Peanut Butter Wolf, 4Hero, Mark Pritchard, DJ Venom, Kirk de Giorgio .... La plupart du temps il ne s’agit que d’un ré-edit des morceaux d’origine. En enlevant juste un petit intermède jazzy à Manhã (Morning), la version de Peanut Butter Wolf en fait ressortir la puissance et l’étonnante modernité. Sorti en 1975, le morceau paraît avoir été composé hier pour accompagner un after sur la plage. Ecoutez aussi le luxe de détails de Faça de conta, ce son riche, spatial et moelleux, on ne trouve ça que sur le premier album d’Azimuth. Et last but not least, mon plaisir coupable, la cavalcade synthétique de Melô dos dois bicudos, un des morceaux les plus sirènes que je connaisse [2].

le 7 juin 2007 par JPareil
commentaires •

Azymuth (Azimuth)

a fait des sicles que je vois des disques trainer, et dans lesquels je n’ose pas me plonger mentionnant "avec le fameux batteur : joueur de triangle/ chanteur d’AzYmuth". J’imaginais que ce devait tre un groupe important. Du coup, en en ayant t tout intrigu, j’avoue que je suis un peu du par les deux premiers morceaux. Le troisime me rappelle beaucoup un Herbie Hancock dans ce qu’il a de meilleur. Un gros merci.

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7 juin 2007, par michelsardou

RE : Azymuth (Azimuth)

J’ai commenc par ce titre avant de franchement accrocher l’album qui commence aussi par un dlicieux - limite coupable - Linho do horizonte. Leur musique, mis part Melo dos dois bicudos n’est pas franchement saillante et cet album rvle toute sa richesse sur la longueur. Bertrami, le batteur Ivan Conti et le bassiste Alex Malheiros sont aussi trs connus pour avoir particip des tonnes de disques avant Azimuth (puis Azymuth) comme j’en parlais la semaine dernire. Je crois que la carrire du groupe s’est ensuite droule essentiellement en dehors du Brsil.

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7 juin 2007, par bruno

Azymuth- Live at Copacabana palace

Salut,les fans de Jazz-Funk. Je le suis aussi, au point d’être un cramé d’Azymuth. Il existe un disque incroyable de ce groupe qui vient d’être réédité en cd mais qui n’existe qu’en pressage Francais sur SBA en vinyl. Un live incroyable enregistré au légendaire Copacabana Palace. Le son est énorme et laisse croire que c’est un enregistrement Studio. ULTRA RARE mais si bon...

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17 janvier, par papastomp

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